Michel LÉVY-PROVENÇAL | « Web2 » : Attention nouvelle vague
Michel LÉVY-PROVENÇAL | « Web2 » : Attention nouvelle vague
Bienvenu sur le site de Michel LEVY-PROVENCAL. Entrepreneur, fondateur de TEDxParis, l'agence éditoriale BRIGHTNESS, le do-tank L'ECHAPPEE VOLEE, l'agence objets connectés Joshfire, le site d'info Rue89, dénicheur de talents et provocateur de changements.
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« Web2 » : Attention nouvelle vague

17 Jan « Web2 » : Attention nouvelle vague

Depuis quelques mois nous entendons et lisons partout sur la toile qu’une petite révolution est en marche. Je veux parler du grand Buzz de l’année 2006 : le Web 2.0. Moi je préfère écrire « Web2 », j’trouve ça mieux ! Le Web dit classique, certains l’appellent déjà le « Web1 », on sait à peu prés tous ce que c’est. En gros, vous avez un navigateur, un site, des pages d’information, des systèmes d’achat en ligne et puis voilà. L’information nous arrive via un ordinateur et nous surfons de pages en pages, nous zappons, nous achetons…

« Le Web2 » c’est quoi ? À première vue (toujours se méfier de la première, toujours), c’est un concept un peu fumeux, une création de marketeux. C’est un acronyme qui a été inventé par quelques gourous du net (Dale Dougherty et Craig Cline, puis relancé par Paul Graham) pour désigner deux tendances actuelles du Web. La première tendance concerne l’utilisation de certains principes et technologies à la mode ; comme le développement d’applications dites « webisées» (c’est-à-dire la migration progressive des logiciels classiques disponibles sur le bureau des utilisateurs vers le Web : le mail, les agendas, la suite bureautique) ou la réaparition du Network Computer (saupoudré de nouvelles technologies, normes, formats et bonnes pratiques ; bref des trucs un peu techniques comme Ajax, XML, RSS2, ATOM, SOAP, XML-RPC). La seconde tendance, la plus originale, a démarré il y a quelques temps déjà. C’est une lame de fond qui devient déferlante depuis un an : la transformation de l’infrastructure réseau en réseau humain. Le « Web1 » était en grande partie constitué de contenus créés par une minorité pour une majorité. Le « Web2 » inverse la tendance. Le réseau humain devient créateur du contenu. Certains avancent même le mot « Révolution » pour désigner ce mouvement. Ils parlent d’un Web social, de Webocratie ou de Nétocratie… Les habituels adeptes de la vulgarisation, comme de Rosnay, vont jusqu’à qualifier la Cyberplèbe de « Pronétariat ».

En définitive, on assiste à une « Renaissance » de l’internet. Dix ans après la vague, les jeunes pousses, la génération startup, la nouvelle économie, on sent le vent souffler, on retrouve des sursauts de créativité, des envies de jouer, des rêves de fortunes faciles, des idées qui fusent. Les projets repartent… Cette nouvelle vague, on la doit à deux concepts (les wikis et le blogging) et un acteur majeur. Cet acteur, la locomotive du « Web2 », c’est évidemment Google (avec son gmail, son blogger, son reader RSS, son lab et surtout ce qui nous attend pour 2006… Allez faire un tour sur Netvibes.com je suis prêt à parier que MyGoogle ressemblera à ça !). Certains outsiders, des petits acteurs comme des hébergeurs de blogs, des annuaires (Technorati), des services destinés aux bloggers (Flickr, Daily Motion ), des systèmes communautaires ou publics de construction et de partage de la connaissance (Wikipedia, del.icio.us) ont déclenché le mouvement. Bien sur une multitude de suiveurs comme l’eternel Microsoft et son Windows Live confirment la tendance… Avec tout ça : ce regain, cette fièvre, cette folie qui semble revenir, on peut légitimement s’interroger. Nous rejoue-t-on la sempiternelle ritournelle du « Tout pour tous », qui finira comme il y a dix ans en « Beaucoup pour quelques-un… » ? Oubien faut-il croire, effectivement, que l’histoire se répète, mais en farce ! Et que, par conséquent, compte tenu de la trahison des années 99-2000, nous assisterons cette fois à une vraie révolution ? Le grand soir déboulera-t-il finalement sur la toile ? Euh… c’est un bon mot, je plaisante.

Quoi qu’il en soit, un mouvement de fond a débuté dans les années 80 dans les pays les plus riches. Une démocratisation qui a abouti en dix ans à la révolution technologique que l’on a connue avec Internet. L’infrastructure technique nous apporté des outils qui ont permis de conquérir les canaux de communication et de distribution de l’information initialement détenus par une minorité. Je pense ici aux moyens de communication numériques (l’email pour le plus simple), à l’accès à l’information en temps réel, à l’ouverture des marchés financiers, à la création et la diffusion de biens culturels… Aujourd’hui, avec le « Web2 » on est probablement en train de toucher à la dernière étape de cette révolution. L’accélération de l’appropriation des pouvoirs économiques, politiques et médiatiques par la foule. Souvenez-vous de la polémique à propos de la copie privée. Ce n’est rien d’autre que le symptôme d’une lutte de pouvoirs entre deux camps : une minorité de distributeurs qui détiennent des droits, en use et abuse et compte bien les conserver pour assurer leur survie dans le marché. En face on retrouve les internautes et certains artistes désireux de plus d’indépendance et de liberté. Rappelez vous l’arrivée en masse des hommes politiques sur le réseau et les débats qui ont explosé pendant la campagne référendaire sur la constitution européenne. Les blogs, (et c’est devenu presque une banalité maintenant, même Claire Chazal en parlait ce soir au JT sur TF1) deviennent un contre pouvoir aux médias dits « officiels ».

Finalement le « Web2 », c’est bien. C’est l’avènement d’une révolution douce. Chacun redevient auteur de sa propre histoire. Les artistes (les musiciens, les écrivains, les vidéastes…) assurent toute la chaine de production, depuis la création jusqu’à la distribution. Les vedettes en herbe font leur propre « émission réalité ». Ils rêvent secrètement à être le gagnant d’un Loft Story planétaire, ou d’une Star Academy mondiale, par blog, podcast et videocast interposés. Les politiciens du dimanche font leur tribune. Les journalistes amateurs publient leurs éditos, ils présentent leurs JT, etc…

Non, sèrieux, le « Web2 » c’est bien !

PS : Pour le fun testez votre site, pour savoir si vous êtes dans le moov’ Web2 Validator

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