Michel LÉVY-PROVENÇAL | Reflexions après « le meurtre Facebook »
Michel LÉVY-PROVENÇAL | Reflexions après « le meurtre Facebook »
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Reflexions après « le meurtre Facebook »

06 Mai Reflexions après « le meurtre Facebook »

« Currently splitting » : Pan !

« Currently splitting » est le statut qu’affichait sur Facebook la jeune femme assassinée par son mari parcequ’il avait découvert qu’elle projetait de le quitter.

Reconstitution et exposition de morceaux d’identité

Il n’y a pas si longtemps nos différents “morceaux d’identité” (que nous exposons à certains moments, dans certains lieux, à certaines personnes, dans certaines conditions) étaient plus ou moins cloisonnés, protégés. Désormais, peu importe le lieu et le moment, la “transparence globale” permet de tout rendre visible. Elle permet la reconstitution et l’exposition des  parcelles d’identité privées et publiques.


Nous ne sommes plus des personnalités individuelles, tentant de rester fidèles à elles-mêmes, mais au contraire nous prenons plaisir à jouer avec différents Dividus, selon le contexte social dans lequel nous nous trouvons.
(Extrait de
misskplane.com dans un billet sur les netocrates )

Aujourd’hui, la tendance est donc à la « dividualisation ». La tendance est surtout à l’exposition des « dividus », comme si il était urgent de se libèrer du “joug du secret” et de l’intime.  Cette idée d’émancipation par “la fin de l’intime” me rappelle l’erreur que (certains de) nos parents ont fait en 68 en confondant pudeur et pudibonderie. Les corps et les esprits libérés n’avaient plus de raison de se cacher. La nudité était naturelle. La pudeur était la “honte du corps”. Se cacher était presque devenu suspect et la transparence garantissait l’authenticité.

Après la transparence, la pervasivité

Non seulement nos outils tendent à laisser transiter des informations sur nos comportements, nos gouts, nos désirs, mais plus encore, ils vont jusqu’à accélérer la transmission, l’éparpillement, la dissémination et ce avec ou sans notre consentement.

Nous sommes en train d’aller encore plus loin que la transparence : bientôt les zones protégées deviendront accessibles automatiquement.

Un environnement pervasif (ou environnement ubiquitaire) est un fonctionnement de la communication où les objets communicants se reconnaissent et se localisent automatiquement entre eux. Les objets interagissent entre eux sans action particulière de l’utilisateur. Autrement dit, l’on peut être connecté partout et tout le temps. L’environnement ubiquitaire numérique sous-entend la notion de pro-activité, c’est à dire que des processus peuvent envoyer de l’information à ces terminaux à cœur numérique et en obtenir sans action d’un utilisateur.
(Wikipedia)

Sans Internet nous n’en serions pas là : vannes ouvertes !

L’explosion des réseaux sociaux  a accéléré le mouvement. Nous pensions peut-être construire des lieux virtuels de convivialité, des outils de rencontres, des moyens de retrouver nos connaissances passées, de bâtir nos relations futures et finalement nous ne faisons que ruiner toute possibilité d’amours ou d’amitiés durables (par pur voyeurisme, délire mégalomaniaque, simple ignorance ?). Je vis, j’expérimente au quotidien ce phénomène et j’ai en tête une multitude d’exemples (j’en mettrai en commentaire…) qui illustrent comment la transparence globale piège les relations et génère des délires paranoïaques.

Nous sommes condamnée à éviter que nos enfants ne deviennent paranoïaques.

Notre génération est-elle sacrifiée? Je le pense. Mais la suivante peut profiter de cette expèrience en rétablissant un certain nombre de limites nécessaires (sans tomber dans l’extrèmité répressive) : repenser des notions fondamentales comme la « pudeur » et le « territoire » (…aussi notre rapport à la féminité. Mais ça c’est une autre affaire – compliquée et matière à polémique – qui mérite plusieurs autres contributions) ?

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