L’Ubimedia, de la vision à l’implémentation : nouveau point d’étape

Gérer une startup c’est monter un groupe de Rock. Mêmes étapes : du garage au premier mécène, du premier morceau au concert culte. Depuis décembre dernier, nous sommes en train de passer ces différentes étapes : le recrutement, la première levée de fond, la première version du produit, le grand test de la rencontre avec les utilisateurs… Nous avons trouvé notre style, nous savons où nous allons, il nous reste maintenant à trouver un public.

Depuis 9 mois je martèle le même message, auprès de l’équipe ou à l’extérieur : « Une vision claire et précise. Des réalisations concrètes et démontrables! ».

Une vision : l’Ubimédia.

Le concept d’Ubimédia a été introduit par Adam Greenfield en 2006 dans son livre « Everyware » : à savoir les contenus embarqués dans tous les objets et surfaces de notre vie quotidienne, un monde où toute chose peut devenir un « ware » (software et hardware).

Une approche : l’ouverture, l’open source et la standardisation.

Depuis plusieurs années déjà, l’industrie du numérique construit un monde massivement connecté dans lequel les objets du quotidien sont de plus en plus « intelligents ». Cela a commencé avec le téléphone, s’est poursuivi avec le livre, le magazine, puis la TV. Bientôt l’automobile, mais aussi le mobilier et les habitations… La plupart des écosystèmes interactifs qui sont construits sont malheureusement fermés. Cela constitue un réel problème car empêche l’interopérabilité et freine d’autant la mise en œuvre effective d’environnements ubimedia. L’approche que nous avons choisie consiste à bâtir un système ouvert interopérable qui permet de sauter les « walled garden » construits par les grandes marques comme Apple, Microsoft, RIM, Samsung, etc…

Des réalisations : du concret pour susciter l’imagination et inviter à poursuivre le mouvement.

En 9 mois nous avons initié la base de l’écosystème, un framework de développement multi-support. Nous avons aussi construit au dessus plusieurs applications et prototypes d’objets connectés. L’idée recherchée est simple : créer le plus d’applications démontrables répondant à un usage et favoriser ainsi d’autres initiatives; organiser et participer à des événements communautaires pour partager avec d’autres développeurs, designers et électroniciens la vision et la démarche.

Changer de paradigme. Le design comme stratégie.

Nous autres ingénieurs et techniciens français avons ce défaut de penser système avant usage. L’antidote consiste à rééquilibrer les rôles entre techniciens et designers en construisant des produits autour de l’usage, “du creux”, “du manque” et contribuer à le combler du mieux que nous pouvons. Nous essayons pour l’instant d’y parvenir à petits coups de sprints, de « Designers day », de Hackatons, où les designers sont au centre du ring. Je ne parle pas là de “Design de style” mais de l’approche qui consiste à redonner la priorité à la mélodie et à l’efficacité. Nous n’en sommes qu’aux préliminaires…

Un marché embryonnaire aujourd’hui, massif dans cinq ans.

Les analystes s’accordent sur ce point : la prochaine frontière de l’internet est celle des objets. 15 milliards d’objets connectés en 2015 et 50 milliards en 2020.  La plupart des grands acteurs préparent l’infrastructure. Facebook ouvre son graphe social à toute sorte d’actions, on imagine que demain l’environnement pourra interagir avec. Google y travaille depuis plusieurs années déjà avec Android et Chrome OS. Microsoft unifie les interfaces dans Windows8 et avec l’arrivée de la Kinect prépare des interactions plus naturelles avec l’environnement. Apple depuis quasiment le début, a fait de l’iPhone une matrice, un connecteur central vers une multitude d’objets connectés… (Nike+, Withings, ARDrone…)

Sur les 15 milliards d’objets connectés en 2015, une partie moindre, certes, sera constituée de  surfaces et de terminaux pour la distribution de contenus mais c’est déjà assez pour continuer à travailler sur cette piste là.

En savoir plus :

4 réflexions sur “L’Ubimedia, de la vision à l’implémentation : nouveau point d’étape

  1. Pierre Col dit :

    J’ai travaillé dans une start-up lyonnaise qui s’appelle justement UbicMedia (avec un “c”) et a inventé une technologie innovante pour la diffusion de films sur Internet, favorisant une libre copie et rediffusion des fichiers numériques tout en permettant un contrôle et un suivi de leurs usages… Voir http://www.ubicmedia.com

  2. [...] ne sont pas les premiers.  Comme le rappelle Mikiane , c’est Adam Greenfield qui, dès 2006, a écrit « Every(ware) – La révolution de [...]

  3. Jessie dit :

    Nice article. I’ve finally found it.

    welding
    training

    NCAA
    Men’s Final Four Tickets

  4. [...] Chaque trimestre à son point d’étape dans la construction de Joshfire (l’entreprise que j’ai fondée en novembre 2010). – Joshfire, l’agence qui accompagne l’émèrgence de l’Internet des Objets (12/2010) – Reinventer le rapport aux contenus numériques grâce aux objets connectes (3/2011) – Point d’étape vers un monde d’objets augmentés (6/2011) – L’Ubimedia de la vision à l’implémentation, nouveau point d’étape (11/2011) [...]

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