Michel LÉVY-PROVENÇAL | Pourquoi les américains sont-ils beaucoup plus forts que les français pour prendre la parole en public ?
Michel LÉVY-PROVENÇAL | Pourquoi les américains sont-ils beaucoup plus forts que les français pour prendre la parole en public ?
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Pourquoi les américains sont-ils beaucoup plus forts que les français pour prendre la parole en public ?

13 Jan Pourquoi les américains sont-ils beaucoup plus forts que les français pour prendre la parole en public ?

Il est courant de croire que la France est le pays des mots et de l’éloquence (encore que…). Il est aussi courant de penser que nous, français, sommes médiocres à l’oral. Je veux parler de nos qualités de prise de parole en public, lors de conférences ou congrés professionnels par exemple. En effet, comparé aux anglo-saxons et particulièrement aux américains, notre présence, notre prestance ou notre capacité à captiver une audience reste trés médiocre.

Voilà trois ans que j’aide des intervenants français à se préparer pour des conférences publiques « à l’américaine » dans le cadre d’événements TEDx à Paris. En trois ans, nous avons « coaché » pas moins de 70 intervenants. Chaque préparation nécessite 3 à 10 répétitions en moyenne. Avec systématiquement la même démarche : comprendre le sujet, construire une histoire en x points de passages, extraire les messages, identifier les anecdotes, illustrer avec photos et diapositives et répéter, répéter, répéter au point d’habiter le discours. Pendant ces trois années, je n’ai jamais vraiment compris pourquoi un français a tant besoin de temps et de travail pour parler en public, alors qu’un américain du même niveau social, possédant le même type de diplôme, les même responsabilités professionnelles et travaillant dans le même secteur d’activité possède, à l’oral, une aisance sans comparaison !

J’ai longtemps cru que la réponse à cette question venait de la langue et des modes de pensée. Le Français est une langue subtile, complexe, alambiquée par certains aspects. L’anglais beaucoup moins. Certes. Et pourtant un français parlant couramment anglais reste en moyenne moins performant qu’un américain lors d’une prise de parole en public. La question est donc restée entière, jusqu’à ce que mon collègue et ami Sébastien Turbot, avec qui j’ai coaché de nombreux intervenants pour TEDx et qui a vécu les 10 premières années de sa vie de l’autre coté de l’Atlantique, ne  me soumette une réponse…

De mémoire de quadragénaire, il me semble, qu’à aucun moment dans le cursus éducatif français, je n’ai été confronté à la prise de parole en public. Pire, je n’ai aucun souvenir de cours de rhétorique ni même d’organisation de débats pendant mes études. Or, et ce fut une découverte lumineuse, les jeunes élèves américains sont tous habitués depuis leurs premières années de classes à prendre la parole en public. En effet, des sessions de « Show and Tell », littéralement « Montrer et Raconter », imposent à tous les élèves américains de prendre la parole régulièrement devant leurs camarades de classe pour présenter un objet quelconque leur appartenant. L’idée est d’acquérir les reflexes permettant de captiver une audience, tenir un discours, susciter de l’émotion et transmettre un message…

Le système éducatif français actuel ne semble pas attacher d’importance à l’éloquence et à la rhétorique. Or, lorsque nous nous retrouvons dans le monde professionnel, savoir passer un message à l’oral et être persuasif lors d’une présentation est primordial dans un grand nombre de métier. Je me disais donc que, même si d’autres problèmes sont probablement plus urgents à régler dans nos écoles républicaines, ce serait pas mal de rétablir des cours de rhétorique et organiser des sessions de « Montrer et Raconter »…

49 Comments
  • Michelle
    Posted at 02:16h, 13 janvier

    J’avais complètement zappé le Show & Tell – – c’est génial quand t’es petit parce que tu choisis le truc que tu adores plus que tout
    En tout cas, hâte de voir TEDx Paris cette année 😉

  • Hélène Gloux
    Posted at 07:02h, 13 janvier

    Article intéressant au possible ! Effectivement, même si certains ont comparé l’intervention orale de X. Niel à celles données par S. Jobs, on est bien loin en France de l’aisance anglosaxone.

    Personnellement, si j’ai du faire une quantité de présentation orale au cours de mon parcours scolaire et étudiant (à partir du collège, de mémoire), jamais le corps enseignant ne nous a donné les clefs d’une présentation réussie du point de vue de la prestence ! Bien entendu, les profs font des remarques ou donnent de petit conseil sur la façon de se tenir ou de parler lors d’une intervention mais, avouons-le, c’est bien léger.

    Je partage ton point de vue, donc. Même si je pense malgré tout qu’il y a d’autres facteurs tels que (liste non-exhaustive) : la langue (tu en parles d’ailleurs), notre culture de « peur de l’échec » (qui fait aussi de nous des entrepreneurs plus frileux), …

  • Laurent Laforge
    Posted at 08:14h, 13 janvier

    Bonjour Michel, article super intéressant, qui me touche, en tant que père de 3 enfants.
    Dans l’école maternelle de mes aînés (qui ont 5 ans), ils peuvent (mais pas d’obligation), raconter une histoire qu’ils ont lue avec leurs parents.
    C’est un bon exercice, mais qui fait plus travailler la mémoire. Je vais soumettre l’idée du Show and Tell à l’école maternelle de mes kids, en leur montrant ton article.
    Expérience à suivre 😉

    • mikiane
      Posted at 08:19h, 13 janvier

      Cool. C’est exactement pour cela que j’ai écrit l’article…!

  • Em. de Saint-Bon (@saintbon)
    Posted at 08:20h, 13 janvier

    Pleinement d’accord avec ton analyse, Michel. Je dis parfois aux jeunes gens que je rencontre, avec un peu d’exagération, certes (quoique), que la qualité professionnelle la plus importante est… la capacité à raconter une histoire.
    Je ne parle pas bien sûr de bagout, de baratin ou de salades ; je parle de celle qui consiste à savoir faire vivre un récit et captiver son auditoire.

  • Gilles
    Posted at 08:59h, 13 janvier

    Bonjour,

    Je recherche des ouvrages sur ce sujet (la présentation orale, intéresser son audience …).

    Auriez-vous des ouvrages de références à nous conseiller ?

    D’avance merci.

  • Rubin Sfadj (@rubin)
    Posted at 09:16h, 13 janvier

    Il y a un autre facteur à l’oeuvre, il me semble : c’est le rapport différent, entre les deux cultures, à la relation entre le message et celui qui le porte — entre le contenu et le contenant, en fait.

    C’est probablement trop long à raconter dans un commentaire de blog, mais pour faire très bref les cultures latines en général et la française en particulier confèrent traditionnellement une plus grande importance aux qualités instrinsèques du message et à son agencement logique. La culture anglo-saxone est plus libérale là-dessus : le but est un peu moins la cohérence interne et un peu plus la conviction de l’audience.

    C’est ce qui explique par exemple, tu l’as peut-être remarqué, qu’à l’oral un Français garde généralement ses conclusions et ses points les plus forts pour la fin de son intervention, tandis qu’un Américain, un Anglais ou un Allemand ont plutôt tendance à les exposer en premier, puis de les démontrer ensuite.

    Enfin, my two cents.

    • Beatrice Thèves-Engelbach
      Posted at 16:34h, 15 janvier

      C’est vrai Rubin; un prof Finlandais de communication interculturelle nous l’avait très clairement expliqué pendant notre Master de Management de Projets innovants. (nous étions en voyage en Finlande pour rencontrer les CEO des entreprises les plus innovantes :)
      Ce qui intéresse un américain, c’est d’être compris par son auditoire, d’être efficace – et de rendre l’autre cultivé et intelligent.
      Ce qui intéresse un Français, c’est de briller par (la complexité de) ses idées et la manière dont il les agence…Bref de paraître intelligent, au risque d’être incompris.

      • Nicolas
        Posted at 01:38h, 31 janvier

        Merci, Rubin & Beatrice!
        Vous m’éclairez bcp, là…
        Étant d’origine belge, (Je suis un vendeur belge au Brésil) j’ai un peu les deux tendances.

        Je crois comprendre ce qui énerve les flamands!!! lol

        Personnellement, j’ai toujours pris partis inconsciemment pour la méthode américano-allemande professionnellement, mais j’ai des tendances de méthode française…

        Conscientiser, c’est maitriser.

      • Nicolas
        Posted at 01:42h, 31 janvier

        ps

        le portugais ressemble drôlement au français, dans cette histoire, et le brésilien, à l’américain…

    • SamyXXY
      Posted at 10:08h, 17 janvier

      Il y a de magnifique démonstration de cette réalité dans la série Community avec Jeff Winger, ex-avocat qui arrive à convaincre ses camarade d’université en les manipulant ouvertement grâce à la maîtrise de ses prestations orales.

  • Sébastien d'Insidedaweb
    Posted at 09:35h, 13 janvier

    Je ne connaissais pas le Show & Tell mais de la à dire que ca se fait pas du tout en France, faut pas pousser mémé dans les orties 😉
    Ma fille de 11 ans fait des présentations toutes les semaines… en cours d’anglais.
    En ce qui me concerne, j’ai toujours eu à faire des présentations orales pour tous mes diplômes et j’ai toujours eu la chance d’avoir été bien suivi de ce côté là. Nous étions même filmé pour le debriefing individuel. Peut-être qu’aujourd’hui encore trop peu d’école le propose, mais il ne faut pas dire que c’est absent en France, tout n’est que question d’expérience perso.

  • steren
    Posted at 09:46h, 13 janvier

    Je te rejoins concernant le manque d’aisance de beaucoup de speakers français.

    Je vais ajouter mon témoignage en ce qui concerne le système éducatif :

    Du plus loin que je me souvienne, on m’a demandé de m’exprimer en public dans mon parcours scolaire :
    – des « raconte ton weekend » en maternelle
    – des poésies en primaire
    – des exposés au collège
    – des oraux de travaux personnels au lycée et en prépa
    – des présentations de projets en école

    Mais en effet, les enseignants faisaient très peu de remarques concernant les possibilité d’amélioration de la présentation, bien que se soit pris en compte dans la note lorsque ces activités étaient notées.
    Ce même parcours m’a également offert la possibilité de faire facilement quelques activités supplémentaires en dehors des cours, organisées par les enseignant ou étudiants : des ateliers théâtre au collège, lycée et prépa ou même de l’improvisation en école.

    Donc selon moi, nous avons l’occasion de nous exprimer, mais il faut faire l’effort de le faire et avoir un regard critique sur sa prestation car on nous fait peu de retours à ce sujet.

    A mon avis, la différence d’aisance est peut être liée à une différence de pression imposée. J’ai pu remarquer que la prise de parole chez nous était un moment que l’on redoute, un moment où tout le monde nous juge, un moment où il y a de l’enjeu… Et ceci depuis tout petit, alors que je pense que pour être à l’aise, il faut relativiser cette pression, se dire qu’on va s’amuser, il faut être avec son public et non contre lui.

    • Nicolas
      Posted at 01:51h, 31 janvier

      …en effet, de là la remise en question du système éducatif français.

      Nous avons presque le même, à peux de chose près (du moins à mon époque, hors école Freinet) car je suis de Bruxelles, en Belgique (quasi)francophone, qui est en lui-même une frontière culturelle européenne.

      J’ai souvent eu l’occasion de voir ce qui ce faisait en Flandre, et c’était déjà mieux, plus ludique et franchement chouette!!

  • François Rigal (@ProjetRigal)
    Posted at 15:00h, 13 janvier

    Il y a aussi peut être une attitude en classe qui ne favorise pas la prise de parole. J’ai souvenir que prendre la parole à l’école, pour moi, c’était double risque : de se faire gronder publiquement par le prof en cas d’erreur, et de se faire chambrer par ses camarades sans que le prof n’intervienne. Souvenir général d’un manque de bienveillance en cours à ce sujet.

  • msirna
    Posted at 16:04h, 13 janvier

    Je suis en France depuis une vingtaine d’années et j’ai toujours entendu dans les tours de tables dans presque toutes les réunions de travail, une petite prise de parole des français suivie d’un … voila!!! Et finalement je l’ai vu aussi chez les responsables politiques qui essayaient d’éviter un long discours et de finir une fois pour toute cet expérience parce que j’ai toujours pensé que : Les français ils ont peur du ridicule……

  • Bernard Lebelle
    Posted at 17:28h, 13 janvier

    Michel, entièrement d’accord avec toi et je le déplore tous les jours. Ce fut une des raisons qui m’ont poussé à écrier « L’Art des Présentations Powerpoint » pour tenter d’aider les adultes à reconquérir la prise de parole et la construction de supports de présentations digne de ce nom.

    En tant que père, j’essaye de transmettre à mes enfants l’importance de cette compétence et reste sans voix lorsque je constate que les parcours académiques (tant au 1er cycle, au collège ou dans l’enseignement supérieur) ne laisse aucune place à cette discipline.

    A mon sens l’Enseignement Français est encore trop prisonnier des carcans de programmes en décalage avec la réalité opérationnelle en entreprise. Il n’y a qu’à voir la dramatique baisse de la note de la France dans les derniers scores PISA… Il serait grand temps que nous réagissions !

  • max
    Posted at 21:15h, 13 janvier

    « …la réalité opérationnelle en entreprise… »
    les pauvres gosses…

    « prisonnier des carcans »
    Tu veux dire de la poésie, de l’esprit critique, de la philosophie. Je te comprend, moi aussi je trouve qu’on paie trop d’impôts. C’est tous des feignants…

    « Ce fut une des raisons qui m’ont poussé à écrier “L’Art des Présentations Powerpoint” »
    « Qui est aujourd’hui l’ennemi numéro un de l’armée américaine ? Les Talibans ? Al-Qaida ? L’Iran ? Non, l’ennemi, c’est PowerPoint, comme l’a affirmé, en avril 2010, le général des Marines James N. Mattis, selon lequel « PowerPoint nous rend stupides ».  »
    http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-La_pensee_PowerPoint-9782707159533.html

    Je n’ai pas été à la même école que vous, je n’ai pas eu ces profs, pourtant j’étais en France.
    Un homme réservé peut être intelligent. Il faut peut être apprendre à écouter, à se concentrer, aller au delà des apparences.

    L’éloquence « What’s that shit », ce qu’il nous faut c’est de l’esprit.

    • vincent
      Posted at 15:55h, 08 février

      aha bien joué Max , suis d’accord ! powerpoint …

  • Bernard Lebelle
    Posted at 21:48h, 13 janvier

    Max, préparer une vrai bonne présentation requiert du temps, de l’analyse, de la répétition, des capacités de synthèse et de prise de paroles en public. L’outil (Powerpoint en l’occurrence), n’est que cela… un outil.

    Comme nous ne formons pas les gens à en faire une bonne utilisation, on obtient la plupart du temps des résultats médiocres. En plus, on le considère trop souvent comme un outil de PAO par sa capacité à gérer des images, du texte et des formes.

    Mais nous nous éloignons du sujet de Michel, l’appréhension de la prise de parole, le développement d’une aisance face à une audience se développe au fil du temps. Et ceci n’est en rien contraire à un travail de réflexion et d’analyse dans la grande tradition de notre approche « Thèse / Antithèse / Synthèse ».

    Pouvoir aujourd’hui convaincre une audience (privée ou professionnelle) devient de plus en plus important. Si l’on pouvait faire développer cette aisance à côté des autres compétences au cours du parcours scolaire, que de temps de gagné.

    • max
      Posted at 11:19h, 14 janvier

      Je trouve quand même dommage que vous passiez votre temps à critiquer l’école et les profs. À croire que vous n’avez pas compris que l’école fait partie du système société->école ->société. Les profs ils ont pas besoin qu’on leur dise comment il faut faire. À vous entendre vous feriez bien mieux. Les profs feraient des merveilles avec les enfants si on ne détruisait pas en permanence à l’extérieur le travail qu’ils font à l’intérieur. Je veux parler de l’esprit de compétition, la productivité, la dictature des apparences, les phrases du type « l’Enseignement Français est encore trop prisonnier des carcans de programmes en décalage avec la réalité opérationnelle en entreprise ». Je veux parler de parents qui se plaignent alors qu’ils ont plusieurs télés à la maison, qu’ils passent en moyenne 3 heures par jour devants, qu’on y assiste à des débats plus débiles les uns que les autres. Je veux parler des psychiatres qui diagnostiquent des enfants hyperactifs alors que leurs parents ne savent tout simplement pas leurs dire non et sont de toute façon dans l’incapacité de le faire tant leurs vies sont en incohérence avec leurs attentes en matière d’éducation. Je parle des cours de soutient qu’on met en place à l’extérieur alors qu’on enlève sans cesse des moyens à l’école elle même. Je parle de l’idolâtrie de personnes comme steve jobs qui est en fait un commercial plus fourbe que les autres, un mauvais informaticien, un esclavagiste moderne (foxconn). Je parle de l’exemplarité sans laquelle aucune pédagogie n’est concevable.

      • Bill
        Posted at 20:12h, 16 janvier

        Et ben… Avec une vision aussi radicale et aigrie, j’espère que vous n’êtes pas prof !

        Au passage, la baffe à Steve Jobs, sur la base d’arguments simplistes et d’informations incomplètes, devient aussi classique que ridicule.

      • Arcadium
        Posted at 23:51h, 16 janvier

        Je suis entièrement d’accord avec vous contrairement aux autres. Ce n’est pas être aigri que de privilégier les grandes facultés aux techniques de vendeurs de tapis. La France n’est pas l’Amérique, l’Amérique n’est pas la France, cessons de vouloir créer un profil type du citoyen du monde qui serait élevé selon une.doctrine universelle. Cela tue la diversité des courants de pensée et des cultures. Il est prouvé qu’à force de glorifier les jeunes américains ceux-ci se surestiment clairement lors de tests d’intelligence. Nous devons privilégier ce qui favorise l’intelligence, pas ce qui la feint.

      • Gaelle
        Posted at 05:56h, 17 janvier

        @arcadium la « faculté de vendre des tapis » comme vous dites permet de survivre. Avant d’atteindre les étages supérieurs de la pyramide se Maslow, il faut assurer les premières marches. De plus ce n’est pas une faculté mais un art. Enfin ça permet aussi de communiquer, de partager et de promouvoir ses idées, ses valeurs etc….rien de mineur me semble-t-il

        @max ah notre verre à moitié vide…. ce n’est pas une « critique des profs », ni une idolâtrie de l’Amérique que de constater un manque, un déséquilibre et de suggérer d’y remédier. Il y a une centaine d’année, il valait mieux être littéraire à l’école, aujourd’hui il est plus facile d’y réussir en étant matheux….suggérer une évolution c’est partir du principe que l’éducation nationale est vivante et capable d’évoluer, comme ses profs… plutôt positif, me semble-t-il, non? J’ai eu une prof de lettre qui déclamait « à la Sarah Bernhardt » . Elle vouait une admiration à Boileau et elle m’a appris ceci : Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage,: Polissez-le sans cesse, et le repolissez …

        C’est vrai aussi pour l’éducation. je vous suggère ce petit film (sur youtube, pas à la télé !) – je précise que l’auteur est anglais, pas US!

        http://youtu.be/zDZFcDGpL4U

  • Gaelle
    Posted at 22:23h, 13 janvier

    La réthorique à été une matière majeure… détrônée par les maths et la logique dans l’éducation. Mais dans la vie – en général- , c’est toujours aussi utile.. Un équilibre entre les la logique et l’art de communiquer serait bienvenu….
    je ne pense pas qu’il faille opposer la capacité d’écouter et l’art de la communication. Les deux sont indispensables.

    • Beatrice Thèves-Engelbach
      Posted at 17:24h, 15 janvier

      Gaelle, tu introduis la notion d’intelligences multiples: il y en a beaucoup plus que 2! http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9orie_des_intelligences_multiples
      Cela me permet de répondre également à Max et au système scolaire à la française, qui privilégie encore les maths et la section S pour la sélection à l’entrée des Grandes Écoles et des disciplines longues et difficiles comme la médecine (alors que de bons médecins, ce sont ceux qui comprennent la nature humaine dans sa globalité). Je rêve d’un enseignement beaucoup plus multiple, en prise avec les réalités du monde professionnel. D’ailleurs j’ai un projet dans mes cartons, qui verra peu-être le jour un jour. Je le présente ce mardi 17 janvier au Pacte Civique IdF. Il s’appelle CISM: Collège International, Solidaire et Modulaire. Heureusement, j’avais rencontré en 2008 plusieurs profs de collèges qui y adhéraient: preuve que tous les profs ne sont pas à l’aise avec l’EN qu’on leur sert….

  • Franonyme
    Posted at 03:23h, 14 janvier

    Souvent, au Québec, nous taquinons nos connaissances française en leur soulignant qu’ils parlent souvent beaucoup pour rien dire; j’ai même déjà aller jusqu’à oser dire que certains d’entre-eux aiment bien s’écouter parler.

    Alexandre Astier en fait d’ailleurs une certaine parodie qui illustre un peu la chose:

    Par contre, si je reproche à certains français d’avoir de la difficulté avec la concision de leurs propos, lorsque viens le temps de comparer la lecture de nouvelle ( d’un unique lecteur sans entrevue ou interaction ), la qualité de la nouvelle est généralement beaucoup plus profonde, ce qui est très positif.

    … enfin, tant qu’on ignore les anglicismes beaucoup parfois trop présent à mon goût ( parking, weekend, hotline, etc… )

    Bref, je crois que le mode d’expression pèse aussi dans la balance quand il s’agit de captiver et maintenir l’attention d’un public.

    • mikiane
      Posted at 17:07h, 15 janvier

      Excellent, le talk d’Astier sur la physique quantique…

    • Gaelle
      Posted at 06:00h, 17 janvier

      ah oui un peu de détente :-)

    • lude
      Posted at 01:19h, 25 janvier

      Je disgresse mais parlons anglicismes au Québec : checker, scheduler, bargainer, whatever il y en a tout autant, ce ne sont juste pas les mêmes.

      Français vivant au Québec je trouve de manière générale les Québecois plus à l’aise à l’oral + décomplexés surtout. Effectivement en comparaison le Français est souvent confus, un peu coincés.
      Je pense que cela vient surtout de la confiance en soi qui semble plus développée ici sans doute liée à une éducation et une vision de la vie plus positive

  • Communication et confiance en soi by nomadity - Pearltrees
    Posted at 12:50h, 15 janvier

    […] Voilà trois ans que j’aide des intervenants français à se préparer pour des conférences publiques “à l’américaine” dans le cadre d’événements TEDx à Paris. En trois ans, nous avons “coaché” pas moins de 70 intervenants. Chaque préparation nécessite 3 à 10 répétitions en moyenne. Avec systématiquement la même démarche : comprendre le sujet, construire une histoire en x points de passages, extraire les messages, identifier les anecdotes, illustrer avec photos et diapositives et répéter, répéter, répéter au point d’habiter le discours. Pendant ces trois années, je n’ai jamais vraiment compris pourquoi un français a tant besoin de temps et de travail pour parler en public, alors qu’un américain du même niveau social, possédant le même type de diplôme, les même responsabilités professionnels et travaillant dans le même secteur d’activité possède, à l’oral, une aisance sans comparaison ! J’ai longtemps cru que la réponse à cette question venait de la langue et des modes de pensée. Pourquoi les américains sont-ils beaucoup plus forts que les français pour prendre la parole en pu… […]

  • Desirade
    Posted at 07:44h, 16 janvier

    On n’enseigne surtout plus à cultiver la mémoire, apprentissage qui était au centre de l’acquisition et de la conservation des connaissances, lorsque celles-ci se transmettaient essentiellement par l’oral.

  • Stéphane Deschamps
    Posted at 11:00h, 16 janvier

    Depuis des années je dis exactement la même chose mais comme c’était juste ma vision empirique, je n’étais pas sûr de mon coup. Content de voir que l’hypothèse est partagée et tient la route :)

  • odenis
    Posted at 07:27h, 17 janvier

    Si mes souvenirs sont bons, c’est Jacques Salomé qui milite pour que la « communication » soit enseignée à l’école au même titre que les autres matiéres.

  • Pauloo
    Posted at 08:44h, 17 janvier

    En fait en France on fabrique surtout des robots : on nous enseigne à penser carré, à respecter le cadre fixé et on ne laisse pas de place à l’innovation, à la créativité. La logique et les maths prennent une grande place dans l’enseignement français, mais je n’ai jamais eu dans ma scolarité par exemple des cours de communication, de débats… De plus il faut attendre d’être dans l’enseignement supérieur pour qu’on aborde vraiment les concepts de business, d’entreprise, d’entrepreneuriat. Au collège et au lycée, rien de tout cela. Pas étonnant qu’après on ait du mal à entreprendre, à créer, à prendre la parole en public et à être compétitifs sur le marché du travail dans une société mondialisée. Moins de Maths et plus de savoir vivre aiderait à mon avis.

  • Caroline (une orthophoniste)
    Posted at 17:56h, 17 janvier

    Bonjour

    Article très intéressant !
    De mon point de vue, il y a encore un autre facteur :
    – le système éducatif américain est basé sur la confiance en soi, sur la récompense. Les notations américaines à l’école notent ce que l’enfant a réussi à faire et les appréciations scolaires soulignent ce que l’enfant réussi. Le système scolaire américain est basé sur l’oral. Rien de tel pour construire une belle image de soi qui favorise aussi l’aisance à l’orale et qui évite la peur d’être ridicule.
    – le système éducatif français est perfectionniste et basé sur la punition. Les notations françaises scolaires notent ce que l’enfant a raté et les appréciations scolaires le soulignent encore d’avantage. Le système scolaire français est basé sur l’écrit. Rien de tel pour foutre en l’air l’image de soi et favoriser la peur du ridicule.

    Just sayin’…..

    Quand nos enseignants auront compris que casser un enfant ne le fait pas avancer dans la vie…. on aura gagné une bataille pour nos enfants !

    • Caroline (une orthophoniste)
      Posted at 17:59h, 17 janvier

      l’aisance à l’oral (sans « e »). Désolée pour la faute de non-relecture !

    • Fabrice
      Posted at 18:18h, 02 février

      Caroline, j’étais en train d’écrire … la même chose que toi ! Je suis entièrement d’accord.

      Dans le milieu professionnel, en dehors des prises de parole devant une large audience, on voit aussi qu’un Français sera plus timide à poser une question dans une simple réunion, de peur qu’on lui dise que c’est une question « bête », que tout le monde le sait sauf lui, etc.

      Les Américains sont très terre-à-terre. Ils veulent comprendre et faire comprendre. Ils ne veulent pas juste « paraître ». C’est une grande différence de culture.

      Et merci à Michel LP pour son billet très intéressant… (pour la petite histoire, je suis arrivé ici via un de ses posts sur drupal.org, donc un trucs très technique :-)

      Keep Up The Good Work :-)

  • Veille Antic
    Posted at 10:32h, 23 janvier

    […] Pourquoi les américains sont-ils beaucoup plus forts que les français pour prendre la parole en pu… […]

  • Education | Pearltrees
    Posted at 21:13h, 24 janvier

    […] Pourquoi les américains sont-ils beaucoup plus forts que les français pour prendre la parole en pu… Voilà trois ans que j’aide des intervenants français à se préparer pour des conférences publiques “à l’américaine” dans le cadre d’événements TEDx à Paris. En trois ans, nous avons “coaché” pas moins de 70 intervenants. Chaque préparation nécessite 3 à 10 répétitions en moyenne. Avec systématiquement la même démarche : comprendre le sujet, construire une histoire en x points de passages, extraire les messages, identifier les anecdotes, illustrer avec photos et diapositives et répéter, répéter, répéter au point d’habiter le discours. Pendant ces trois années, je n’ai jamais vraiment compris pourquoi un français a tant besoin de temps et de travail pour parler en public, alors qu’un américain du même niveau social, possédant le même type de diplôme, les même responsabilités professionnels et travaillant dans le même secteur d’activité possède, à l’oral, une aisance sans comparaison ! J’ai longtemps cru que la réponse à cette question venait de la langue et des modes de pensée. […]

  • Mathieu
    Posted at 21:53h, 24 janvier

    Bonjour Michel, si tu lis l’espagnol il y a ce compte d’un pro très intéressant sur le sujet. Il le traite en étant ancré dans notre environnement contemporain (entendre numérique) > https://twitter.com/#!/ArtePresentar
    ++ Mathieu

  • Le Touilleur Express » Blog Archive » Techniques de présentation à l’oral : les secrets des speakers de Devoxx France
    Posted at 17:23h, 11 février

    […] même le titre d’Evangéliste… Lisez par exemple l’article « Pourquoi les Américains sont beaucoup plus forts que les Français pour prendre la parole en public »  publié le 13 janvier […]

  • Cécile Lemerle
    Posted at 23:18h, 03 mars

    On ne peut que déplorer l’état de notre enseignement en France, et la soit disant absence de moyens ne fait que cacher l’absence d’imagination. Pourquoi nos gouvernants se sont toujours crus obligés de s’impliquer dans un domaine dont ils ignorent tout. Un Ministre une réforme : peu de résultat.
    Dans le domaine de l’enseignement nous ne savons que former des élites, en petit nombre, comme en matière industrielle beaucoup de projets géniaux restent à l’état de prototypes.

  • Découvrez le programme TEDxESCP (et remportez une place gratuite)
    Posted at 10:39h, 09 avril

    […] évidemment, nous pourrions avoir quelques doutes sur la qualité des TEDx français. Les français, souvent, n’ont pas les mêmes compétences que leurs homologues anglosaxons pour captiver une audience. Et la recette TED, c’est […]

  • Giselle Hardt
    Posted at 13:17h, 13 juin

    Je confirme, le niveau d’excellence en prise de parole des français est très médiocre. Je n’ai pas vécu mon enfance aux States, mais au Brésil. Peut de gens le savent, mais nous vivions sous la dictature militaire. Donc, quoi qu’étudiant toujours dans des écoles catholiques, nous avions tous les vendredis matins une heure de « hommage au drapeau ». Intonation des hymnes (national, régional, de l’école, du soldat, de l’indépendance, etc…) et toujours des représentations, mini pièces théâtrales, déclamations… Ainsi, très souvent nous étions tenus de parler devant une assemblée de quelques centaines, voir milliers de personnes! Je ne sais pas si l’effet a été le même pour tous, mais pour ma part, je suis plus à l’aise devant 100 personnes que devant 2 😉 ) Aujourd’hui je « coach » aussi des présentateurs pour leurs prises de parole en public, et les entraine sur les présentations que nous avons crée pour eux. La transformation est incroyable! Quelqu’un a dit: on nait poète, on devient orateur!

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