
Passionné de technologies et de nouveaux média, je suis CEO de Joshfire, solution pour la création d’applications multi-devices et objets connectés. Par le passé j’ai co-fondé le siteRue89, dirigé l’activité digitale de France 24 & RFI et lancé la conférence TEDxParis. Je blogue aussi sur mikiane.com depuis 2003.
Biographie par Pierre Laurent, mercredi 3 Février 2010

Il n’a pas vraiment le profil d’un geek. La trentaine alerte, brun plutôt souriant, Michel Levy-Provençal semble entretenir un look d’étudiant mais ce constat risque bien de le faire bondir… Passionné, il n’aime pas cette« tendance très française » de mettre les gens dans une case. A voir de plus près son parcours, on comprend son agacement : « Mikiane » -c’est son surnom- n’a jamais voulu se cantonner à un genre. Bien sûr, les fanas de catégorisation professionnelle pourront le cataloguer « homme du web », mais ils risquent fort de se tromper. Ingénieur de formation, spécialisé dans l’imagerie de synthèse et les SSII, il a fait… les Beaux-arts avant de co-fonder Rue 89 en 2007 puis de devenir directeur du studio multimédia de France 24. Autre réussite en 2009, il a collaboré au projet Les observateurs avec Julien Pain et participé à l’élaboration de l’application iPhone de France 24, avec le studio multimédia et la direction de la distribution. La chaîne internationale a été récompensée d’un Webby Award pour ces deux projets.
Les Beaux Arts, un refuge temporaire
Michel Levy-Provencal et l’art, c’est une longue histoire. Sa formation artistique lui a plutôt réussi : de 2000 à 2006, ses dessins et ses peintures, ont connu un certain succès, de la Villette Numérique au MK2 de Beaubourg, du salon parisien de la peinture contemporaine jusqu’au 202, à un café-concert situé dans le 11ème arrondissement. Cette parenthèse enchantée, Michel Levy-Provençal la perçoit comme un redémarrage,« une période plus lente », après une carrière lancée sur des chapeaux de roue, tournée vers l’Internet. Fraîchement sorti de l’ESIEA (Ecole Supérieure d’Informatique Électronique Automatique) en 1996, ses recherches en réalité virtuelle et réalité augmentée font vite de lui un élément qui compte dans une France un peu à la traîne sur le Web. Alors qu’il a quitté les bancs de l’école depuis à peine un an, il anime déjà des sessions d’informations sur Internet à l’ENA et au Cnam. Puis son expertise informatique l’amène à s’intéresser à la finance. En tant que membre assumé de la génération start-up, il met en œuvre les premiers systèmes français de paiements en ligne et de banque électronique, avant de co-fonder en 1999 Web-Bonds et Web-Afterhours, la première place de marché alternative à la Bourse de Paris. Son nom d’initié ? Anthium. « Notre objectif était de compléter la Bourse de Paris quand elle était fermée, de 18h à 22h. C’était pas un joujou ! Des entreprises et des banques nous ont accordé leur confiance, et tout allait bien… Jusqu’à l’éclatement progressif de la bulle Internet et au 11 septembre 2001 » dit-il dans un sourire, amusé de son propre optimisme. L’expérience tourne court et s’achève courant mars 2002. Le coup est rude et Mikiane encaisse, plus ou moins bien. Mais il ne regrette rien. « Les choses arrivent comme elles arrivent. J’ai l’habitude de vivre au jour le jour et de ne rien calculer. Je vis pleinement une expérience à la fois, mais quand j’ai tourné la page, je passe à autre chose ».
Le besoin de redémarrer
Mais à multiplier les expériences, on peut finir par s’essouffler. Vidé, Michel Levy-Provençal traverse en 2006 une phase de dépression, faute d’avoir un projet en tête ou un objectif en vue. « J’avais envie d’échapper à mon destin d’informaticien. Le milieu est fermé, assez cloisonné. Ma vie manquait de créativité, de rythme » glisse t-il, toujours échaudé. C’est là que son destin d’homme multifacettes prend le dessus. A l’occasion d’un bref séjour à New-York, il appelle un « vieux pote », Laurent Mauriac, journaliste depuis 1995 à Libération et correspondant du quotidien dans la Grande Pomme. Les deux hommes discutent, passent un bon moment et finissent par évoquer leurs envies respectives. Michel Levy-Provençal, qui a pour violon d’Ingres le journalisme et la lecture de la presse, lâche à son ami, l’air de rien, qu’il ferait bien un« truc sur les médias ». Hasard providentiel, Laurent Mauriac a également un projet média dans les tubes. Bien sûr, la soirée passe vite, mais en quelques heures, Mikiane et son ami journaliste concordent leur vision du métier, sans l’avoir anticipé.« En buvant des coups, sur un coin de table, on dessine de façon assez brouillonne le futur plan de Rue 89 » glisse t-il, encore surpris par la tournure des événements. Du papier à la conception, leur vision du métier finira par se concrétiser. "Par la suite, nous avons mis en place les principes fondateurs de Rue89, comme le concept de l’information à trois voix, le link journalisme, la conférence de rédaction par chat, l’idée d’un Rue69 à cette occasion, mais aussi avec des anciens journalistes de Libération comme Pascal Riché, Pierre Haski et Arnaud Aubron à partir de décembre 2006"… Soit pour Mikiane « autant de personnalités voulant que le journalisme revienne à son rôle de sourceur, de vérificateur des source ». En conséquence, Michel Levy-Provençal annonce à ses futurs collègues qu’il arrête son boulot du moment, pour se consacrer exclusivement à ce nouveau projet commun. Il pense alors lancer un site « dans les trois mois ». La promesse sera tenue.
Rue 89 : son "échec"
Rue 89 est officiellement lancé le 6 mai 2007. La suite, on la connaît. Dans la nuit du 19 au 20 février 2008, après moins d’un an de collaboration, il annonce sur son blog son retrait du projet, dans un billet assez controversé. Avec le recul, Mikiane dit regretter« les vieux réflexes des anciens de Libé » dénonçant un « journalisme qui parle de tout et de n’importe quoi, sans légitimité ». Pareille confession n’est pas une trahison. Simplement l’aveu professionnel, intime aussi, qu’il ne se « reconnaît plus dans ce projet aux allures de caste », « après nombre de réunions aux allures de cercle fermé ». Il confirme par ses actes qu’il exècre les cloisons, des années après sa fuite du microcosme informatique. « Je n’ai pas de regrets, je sais que cela n’est pas un échec pour les autres fondateurs, mais pour moi oui » reconnaît-il, blessé mais toujours « en de bons termes » avec l’équipe du site. Dans un premier temps, il reste actionnaire de Rue 89, mais sa déception prend le dessus. Il finit par revendre ses parts avant l’augmentation de capital. Une manière de mettre un point final à l’aventure, et aussi d’éviter les ragots qui auraient circulé s’il s’était enrichi au passage… Mais la respiration est de courte durée, et il n’a pas le temps de gamberger. Il rejoint France 24, où il officie comme directeur technique « nouveaux médias ». Puis il lance après quelques mois « The Observers / Les Observateurs », un projet collaboratif où les contributions des amateurs sont sourcées, vérifiées, validées par l’équipe des journalistes de la chaîne et complétées par le regard d’experts ou de témoins à l’étranger. De loin, le concept a des allures de session de rattrapage. Mais il se défend d’y faire « ce qu’il aurait fait à Rue 89 ».
Primé aux Webby Awards 2009
A bien y regarder, on ne peut pas lui donner tort. Simple projet web initialement, The Observers a désormais son émission télévisée en français, en anglais et en arabe. Parallèlement, Mikiane tient toujours son blog -la vitrine personnelle de sa propre curiosité web-, et a lancé sur France 24 le « Lab », un site de veille sur l’actualité technique du Web de demain. Rénovateur du site de RFI en 2009, il tient à rester un agitateur d’idées. C’est la raison de son engagement au sein de l’association à but non lucratif TedxParis, un projet qui est la version française d’une conférence américaine« propagatrices d’idées » réunissant des esprits novateurs issus de domaines comme les sciences, les arts, la politique, les questions mondiales, l’architecture, la musique. A tour de rôle, les participants prennent la parole pendant un laps de temps compris entre 3 et 18 minutes pour ne pas perdre l’attention du public. Ainsi, le 30 janvier 2010, TEDx PARIS a regroupé 650 personnes et 20 intervenants à l’Espace Pierre Cardin et a été retransmis en direct sur…Internet. La preuve, s’il en était encore besoin, de sa relation fusionnelle avec le web.
Hello, Mikiane! I am also TED’s fan and I would like to talk to you about TED in Paris. I live in Paris. Could you write me please