Michel LÉVY-PROVENÇAL | Michel LEVY-PROVENCAL
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Bienvenu sur le site de Michel LEVY-PROVENCAL. Entrepreneur, fondateur de TEDxParis, l'agence éditoriale BRIGHTNESS, le do-tank L'ECHAPPEE VOLEE, l'agence objets connectés Joshfire, le site d'info Rue89, dénicheur de talents et provocateur de changements.
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Author: Michel LEVY-PROVENCAL

12 Déc Une époque merveilleuse

Plutôt que d’imaginer que l’intelligence artificielle va forcément engendrer notre perte, utilisons-la pour imaginer un avenir meilleur.

Un livre pour enfants écrit en 1957 avait pour titre « Time of Wonder » : une époque merveilleuse. Il racontait les vacances d’une famille sur une île. Le soleil, le calme de la nuit puis, d’un coup, le fracas, la tempête et la détresse… L’humanité sur notre Terre insulaire vit des instants comparables. Notre époque est merveilleuse. Pourtant, comme les enfants du livre, éblouis et terrifiés par le voyage que nous avons initié, nous rêvons, figés, les yeux grands ouverts. Nous restons impuissants, parce que nous nous laissons dérober nos imaginaires par de bruyants oracles. Ils nous paralysent en restant prisonniers de leurs vieux récits de science-fiction dystopiques et nous empêchent d’imaginer de nouvelles utopies.
Ne prenons qu’une technologie pour exemple : l’avènement d’une « super intelligence artificielle » marquerait notre ultime défaite face à la machine ! Jamais ces mêmes oracles n’interrogent la possibilité d’une autre voie… Car cette même intelligence pourrait nous libérer des tâches les plus avilissantes plutôt que de nous asservir. Elle pourrait nous rendre le temps aujourd’hui perdu à réaliser ce pour quoi nous ne sommes pas efficaces. Elle pourrait aussi nous aider à imaginer des mondes meilleurs.
Cette imagination artificielle existe déjà aujourd’hui dans une forme embryonnaire. On l’appelle « design génératif », et elle sert dans les laboratoires à déterminer la forme idéale d’une aile d’avion ou d’une chaussure, à simuler leurs propriétés, leurs avantages et leurs défauts. Demain, elle pourrait servir aussi à imaginer les solutions de transport et d’alimentation énergétique de nos villes, et pourquoi pas à créer nos médicaments ou nos programmes éducatifs ? À l’opposé des Poutine, Musk ou Hawking, attachons-nous à voir en l’IA une arme de construction massive.
Et elle n’est pas la seule… La blockchain, les biotechnologies, les neuro-technologies ont cette même propriété créatrice. Notre responsabilité n’est pas seulement de réinventer l’école pour que nos enfants soient prêts. Elle est aussi de chercher la complémentarité entre l’humain et la machine, plutôt que de la craindre et de tenter de la freiner. À retrouver du sens en tout acte, à créer, expérimenter, implémenter les scénarios qui servent d’abord le bien commun. En somme, à être les vrais héros de notre merveilleuse époque.

 

Publié dans les Echos le 12/12/17 : https://www.lesechos.fr/idees-debats/sciences-prospective/0301005513425-une-epoque-merveilleuse-2137732.php

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11 Nov Les machines pourront-elles financer l’humanité ?

Un bouleversement sans précédent s’opère depuis quelques mois dans l’univers de la finance avec la démocratisation des cryptomonnaies. Les ICO (« initial coin offering »), ces levées de fonds en monnaies virtuelles, se multiplient comme les pains, le montant de ces opérations atteint des centaines de millions de dollars pour des projets en phase de lancement, la volatilité sur les nouveaux marchés qui en découlent en devient surréaliste et le flot d’investissement ne cesse d’augmenter. Point d’orgue de ce phénomène, le cours du Bitcoin a été multiplié par trois en un trimestre, passant de 2.000 dollars à plus de 6.000 la semaine passée.

Que dit ce phénomène sur le futur de nos économies ? Des plateformes d’échanges électroniques comme l’européenne HitBTC, l’américaine Poloniex ou la chinoise DaBTC permettent la création de nouveaux écosystèmes. Parmi eux émergent des plateformes de trading automatique permettant à des investisseurs de louer les services de bots, développés pour suivre différentes stratégies d’investissements sur différents supports. Autrement dit, pour quelques dizaines ou centaines de dollars par mois, des développeurs vous proposent leurs algorithmes, gestionnaires de patrimoine et traders virtuels qui achètent et vendent en temps réel des cryptomonnaies sur les plateformes du monde entier avec la promesse de faire fructifier votre capital. Cryptotrader, une des premières solutions cloud, héberge des dizaines de bots proposant des stratégies de long terme ou intraday, avec possibilité d’achat et vente à découvert…

Personne ne sait qui se cache derrière les développeurs de ces robots de trading et quels intérêts ils servent réellement. La volatilité de ces marchés est telle que les gains et les pertes peuvent être très violents en quelques jours seulement. Mais ces services ont en revanche un immense intérêt, celui de nous laisser percevoir l’aube d’une nouvelle économie. Une économie constituée de machines plus ou moins intelligentes, capables de « travailler » et faire fructifier un capital pour leur concepteur. C’est exactement ce que Robin Hanson prédit avec une grande précision dans son livre monument, « The Age Of Em », lorsqu’il décrit une société où les humains ne travailleraient plus et bénéficieraient de la valeur créée par les robots.

Publié dans Les Echos le 7/11/2017

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25 Sep Connecteriez-vous votre cerveau ?

En 1995, Jeunet, dans sa Cité des enfants perdus, imaginait une horde de cyclopes s’emparant des rêves des enfants à l’aide d’une machine extraordinaire. Matrix, Total Recall, Inception ont fait fantasmer notre génération sur la faculté un jour de lire et manipuler les pensées. A tel point que des chercheurs japonais y sont partiellement parvenu en 2013. Leur solution utilise une intelligence artificielle interprétant l’activité cérébrale humaine et parvient à la traduire en contenus graphiques correspondant aux images rêvées par les patients.

Depuis 10 ans, les dispositifs permettant de lire l’activité du cerveau ont été miniaturisés et leur cout a drastiquement baissé. Cela explique l’apparition d’une multitude de casques neuro-technologiques dédiés au bien-être comme Halo pour les sportifs, Muse, Thync, Relax ou Melomind pour la méditation et Dreem pour le sommeil. D’autres dispositifs proposent de nouvelles interfaces d’interaction entre le cerveau et la machine comme Emotiv ou Neurable. Cette accélération amène même Facebook à s’intéresser à l’intégration de ces technologies dans Oculus, son système de réalité virtuelle.

Mais depuis peu, le fantasme prend une ampleur sans précédent dans la Silicon Valley. En 2014, Nicholas Negroponte le fondateur du MIT Medialab, prédisait sur la scène de la conférence TED, qu’à l’horizon de 2045, nous serions en mesure d’avaler une pilule contenant des nano-robots dont le rôle serait de se fixer sur nos neurones afin de les « augmenter » et nous permettre de connaître tout Shakespeare ou de comprendre une nouvelle langue étrangère en un clin d’oeil ! Cette idée folle est prise très au sérieux au point que des centaines de millions de dollars y soient investis. Le projet Kernel par exemple ambitionne de proposer des interfaces de lecture et écriture cerveau-machine et un des plus grands chercheurs en neuroscience du MIT, Ed Boyden, y travaille. Neuralink une des startups financées par Elon Musk poursuit l’objectif de connecter les neurones à des bases de données et au cloud et viserait les premiers résultats vers 2022 (sic) !

Les conséquences de ces travaux seront immenses dans le domaine de la santé, de l’éducation, de l’organisation du travail, des libertés individuelles et plus largement de la société de demain. A qui appartiendront les données issues de nos cerveaux, nos rêves nos pensées ? Quelles garanties auront nous quant aux algorithmes utilisés pour interférer avec nos processus cérébraux ? A quelles fins seront utilisées ces technologies ? Quelles nouvelles inégalités créeront-elles ? Les enjeux induits sont évidemment avant tout d’ordre éthiques et philosophiques.

 

Publié dans les Echos le 25/09/2017

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17 Juil Fédérer l’innovation au service du bien commun

De plus en plus d’initiatives visent à innover en faveur du bien commun. Pourquoi ne pas créer un label pour les réunir, sur le modèle de ce qui a été fait pour la French Tech.

Le 21e siècle a vu l’industrie supplanter le modèle agricole. Depuis les années 1970, la société de l’information a radicalement transformé notre civilisation. Internet et sa puissance de désintermédiation ont révolutionné des pans entiers de nos économies et de nos sociétés. La prochaine étape de cette révolution est celle qui va raviver notre responsabilité individuelle vis-à-vis du collectif. Depuis quelques années, plusieurs mouvements ont été lancés afin de trouver des solutions concrètes et contribuer à transformer positivement nos sociétés.

Aussi, l’année 2017 semble marquer un tournant majeur. L’Europe, après une longue période de déclin, le Brexit et l’élection de Donald Trump, voit naître une opportunité unique de refondation. La récente sortie des Etats-Unis de l’Accord de Paris transfère au reste du monde la responsabilité de résoudre les grands défis de notre temps comme l’environnement, la maîtrise de l’énergie et plus largement, la solidarité, l’éducation, la santé…

Nouveau modèle

Simultanément, une génération a grandi avec Internet et possède la formidable opportunité de construire un nouveau modèle. Un modèle où le service public, l’entreprise et le citoyen agrègent leurs forces. Un modèle qui redonne un sens à l’action individuelle, locale, simple, efficace, responsable, impactante, réplicable, contagieuse et virale. Les premiers signes de l’émergence de cette société apparaissent aux confluences de nombreuses initiatives citoyennes en France. Elles mettent en lumière les forces vives de l’innovation scientifique, technologique, sociale et d’usage. « Certaines initiatives sont éparses et parfois même perçues comme concurrentes.

Aujourd’hui, ces initiatives sont efficaces à leur échelle. Elles mettent en relation chercheurs, entrepreneurs, industries, acteurs publics et citoyens au service d’une transformation positive de notre société. Mais elles sont éparses et parfois même perçues comme concurrentes. Pourtant, elles oeuvrent, chacune à sa manière, à mettre l’innovation au service du bien commun et leur coordination à travers un label commun décuplerait leur impact à l’échelle nationale, européenne, et peut-être même mondiale.

Nouvelle société

Une opportunité s’ouvre par conséquent pour la France. Sur le modèle de l’initiative qui a été menée lors du précédent quinquennat en faveur de l’innovation technologique grâce au label French Tech, il serait utile de créer un nouveau label permettant à ces acteurs de se rassembler. Tout en respectant l’indépendance de ses membres, il rassemblerait les acteurs de l’innovation au service du bien commun afin de les doter d’une plate-forme de communication globale et des moyens d’agir pour faire croître leur influence en Europe et dans le monde.

Au-delà des clivages politiques traditionnels – droite, gauche, anciens, modernes, libéraux et collectivistes -, il est urgent qu’une nouvelle société émerge. Cette société, agile, pragmatique, résolument inscrite dans l’action, en permanence dans l’expérimentation, sait que la somme des responsabilités individuelles est plus efficace que le poids de l’obligation collective. Aussi, ce nouveau label permettrait de valoriser et d’aider ceux qui, dans l’ombre, tentent de réinventer des nouveaux modèles et redonner un sens positif à la révolution technologique, sociale et environnementale en cours.

Alice Barbe, cofondatrice de Singa ; Mathieu Baudin, président et fondateur de l’Institut des futurs souhaitables ; Alexandre Cadain, fondateur et directeur général de @Anima et ambassadeur d’AI XPRIZE ; Marine Couteau, cofondatrice de Leka ; Paul Duan, fondateur de Bayes Impact ; Xavier Duportet, président d’Hello Tomorrow ; Pierre-Emmanuel Grange, fondateur de microDON ; Romain Lacombe, président-fondateur de PlumeLabs ; Elliot Lepers, fondateur de Pole.paris ; Michel Lévy-Provencal, fondateur de TEDxParis et L’Échappée Volée ; Julie de Pimodan, directrice générale et fondatrice de Fluicity

Publié sur les Echos le 17/07/2017 http://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/030445896271-federer-linnovation-au-service-du-bien-commun-2102152.php#WRBW1xwBvu0G6ICf.99

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20 Juin Le silence, denrée trop rare

Quelques grammes de silence par KaggeSi vous ne pouvez vous offrir qu’une courte lecture pendant l’été, n’hésitez pas une seconde, et procurez-vous «Quelques grammes de silence », d’Erling Kagge. Cet explorateur norvégien nous chuchote un rappel à l’ordre capital : nous vivons une époque où silence et pauses sont des luxes inestimables. Il souligne à quel point nous fuyons le présent en cherchant sans cesse de nouvelles activités, pour la plupart numériques, qui accaparent notre attention et l’éloignent de nous-mêmes. En l’an 2000, notre temps de concentration était en moyenne de 12 secondes. Aujourd’hui, il est de 8 secondes – une seconde de moins que les poissons rouges.

Notre besoin permanent d’être distrait, par exemple en consultant pendant des heures des fils d’information interminables est lié à une substance produite par notre organisme, la dopamine. C’est elle qui nous pousse à souhaiter, chercher, désirer quelque chose – par exemple à vérifier sans cesse notre smartphone, à la recherche de la satisfaction d’un nouveau message ou d’une alerte Facebook, Twitter, Whatsapp, Snapchat, Instagram… Ce mécanisme d’addiction génère la perte d’attention et de concentration. Pire, elle vous fait éprouver ce stress de manquer une information cruciale (« Fear Of Missing Out ») et conduit certains au burnout.

Ne comptez pas sur les GAFA pour vous en protéger, car leur modèle d’affaire est construit sur votre addiction. C’est ce que décrit Nir Eyal dans son livre « How to Build Habit-Forming Products ». Le New York Review of Books a récemment décrit cette course à l’attention entre développeurs d’applications comme la nouvelle guerre de l’opium. Il ne serait pas étonnant qu’aient lieu dans les prochaines années des procès retentissant contre certaines compagnies de la Silicon Valley, comme ce fut lecas au XXe siècle pour l’industrie du tabac.

Alors, profitez de l’été pour lire « Quelques grammes de silence». Pensez à désactiver les notifications de votre smartphone. Si vous vous en sentez le courage, désinstallez les applications de vos réseaux sociaux préférés. Interrogez-vous sur votre emploi du temps et vos routines quotidiennes. Et prenez le temps de vivre l’instant.

 

Publié le 20/06/2017 dans les Echos.

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09 Juin Formation exclusive : « Révélez le change-maker qui est en vous ! » délivrée par Michel Lévy-Provençal   

Depuis 2012, l’équipe Brightness et moi-même évoluons aux confluences de différents réseaux d’innovations internationaux comme TED, la Singularity University, MIT Innovators, Ashoka et par son engagement au sein de L’ÉCHAPPÉE VOLÉE et TEDxParis. Dans le cadre de Brightness, nous accumulons connaissances et savoir-faire afin d’accompagner la transformation des organisations. Nous vous proposons donc de découvrir la formation « Révélez le change-maker qui est en vous », qui mobilise les formateurs consultants de Brightness afin d’aider les acteurs du changement à se doter des modèles, du réseau et des compétences nécessaires pour contribuer à la transformation de leur organisation.

 

RÉSERVEZ VOTRE PLACE

 

Pourquoi suivre cette formation ?

La formation « Révélez le change-maker qui est en vous !» a pour but de :

  • Mettre à plat les fondations de la révolution technologique en cours et à venir.
  • Décrire et approfondir les grandes orientations et applications technologiques des 5 à 15 prochaines années.
  • Poser les questions clés à propos du rôle des organisations et des individus au sein de la société qui se dessine.
  • Mettre en pratique ces savoirs pour questionner et repenser la stratégie de son entreprise, son propre métier, son activité, sa carrière.

Dates / Modalités d’inscription : 
Les prochaines formations « Révélez le change-maker qui est en vous ! » délivrées en exclusivité par Michel Lévy-Provençal auront lieu :

  • le mardi 4 juillet 2017  de 9H30 à 18H00
  • le mardi 19 septembre 2017 de 9H30 à 18H00

Lieu de la formation : Brightness – 38, rue de la Folie-Regnault – 75011, Paris

Formateur : Michel Lévy-Provençal 
Michel Lévy-Provençal, est le fondateur de la première conférence TEDx européenne, TEDxParis. Entrepreneur multirécidiviste, il a cofondé Rue 89, le premier site d’info pro-amateur français, Joshfire, la première agence internet des objets de France… Intervenant à Sciences Po, chroniqueur récurrent pour Les Echos et le Huffington Post, Michel est un conférencier reconnu comme une des voix qui compte dans l’écosystème d’innovation hexagonale.

Coût par participant : 1 270 €HT / participant (déjeuner compris).

La formation est limitée aux 15 premiers inscrits (possibilité d’être mis sur liste d’attente en vue des prochaines dates de formation)

Plus d’informations sur la formation « Révélez le change-maker qui est en vous ! »

À bientôt !

Michel Lévy-Provençal

 

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06 Avr Demain, territoire de tous les possibles : le 3 mai en librairie !

D’ici à 2030, nous allons vivre une révolution technologique, économique, sociale et politique exceptionnelle. Cette transformation sera bien plus radicale que celle des trente dernières années. Nous aurons à repenser nos villes, nos modes de production énergétique, la relation au travail, les systèmes éducatifs, la politique de santé, l’équilibre géopolitique mondial… Face à ce constat, quels choix ferons-nous ? Continuerons-nous à jouer la rengaine masochiste et décliniste que les cassandres nous servent quotidiennement ? Céderons-nous aux pessimistes permanents qui croient notre pays suicidé ? Braquerons-nous nos regards sur les échéances à court terme, les élections sans enjeux, les résultats économiques déprimants et les tentatives de réformes avortées? Ou, au contraire, nous résoudrons-nous à accepter que le temps de l’action est arrivé ? L’action individuelle, locale, simple, efficace, responsable, impactante, réplicable, contagieuse et virale. Les défis à relever sont nombreux mais les solutions existent. Partout, des projets innovent, inventent, avancent.

N’en déplaise aux sceptiques, le désir d’engagement et la quête de sens n’ont pas disparu de la société !

Notre époque bruisse de la même inventivité, des mêmes aspirations d’émancipation et de progrès qu’à la Renaissance. La convergence des nouvelles technolo- gies introduit dans notre vie les mêmes bouleversements engendrés par l’imprimerie de Gutenberg et les décou- vertes de Copernic. Les avancées récentes en matière de connectivité, dans les biotechnologies, la robotique, les nanotechnologies, l’intelligence artificielle ou la mégadonnée, et l’avènement de l’économie du par- tage offrent des outils inédits aux utopistes en action, aux inventeurs de solutions sociales et humaines. Réso- lument au service des grands enjeux de notre temps, ces acteurs du changement s’engagent pour la culture, l’éducation, la santé, la solidarité, l’aide au dévelop- pement, le développement durable, la gestion des res- sources et de l’énergie, les territoires, les transports, la connectivité, les villes de demain, les communautés, les droits des femmes, l’égalité des chances…

C’est pour toutes ces raisons, que nous avons voulu, l’équipe TEDxParis et sa communauté, créer L’Échappée Volée, une expérience unique, un pro- gramme construit autour des piliers de cette nouvelle Renaissance et des initiatives dont le but unique reste d’apporter des solutions aux défis de notre temps.

L’Échappée Volée a été fondée sur une conviction profonde : à l’heure de l’accélération exponentielle de la transformation du monde, innover sans conscience est une folie ! L’innovation doit d’abord être mise au service du bien commun.

Comme le souligne Salim Ismaïl, directeur exécutif et ambassadeur de la Singularity University – une université dont le but est d’éduquer, inspirer et responsabiliser les leaders afin de répondre aux grands défis de l’humanité – nous vivons une époque o le changement prédomine sur tout autre chose.

Il rappelle à quel point il n’est pas naturel pour le cerveau humain d’appréhender la croissance expo- nentielle que connaissent les technologies depuis quelques décennies. Notre constitution cérébrale intègre mal une évolution aussi rapide. D’ailleurs les experts dans les secteurs qui ont connu une croissance exponentielle n’avaient pas ciblé ce phénomène et avaient, au contraire, prédit une croissance linéaire. Un exemple édifiant est celui du smartphone puisque personne n’avait anticipé cette révolution.

L’Echappée Volée a été créée pour appréhender cette transformation du monde, en questionnant le sens de la révolution technologique qui marque notre époque.

Elle s’est déployée avec l’exigence perpétuelle d’un contenu unique et d’une forme singulière. La recherche permanente de l’ouverture et du débat, de la confrontation d’idées nouvelles, et la découverte de personnalités hors du commun nous ont menés sur des terrains inexplorés.

Nous avons poursuivi la nouveauté sous toutes ses formes et avons compris qu’elle émane systématique- ment à l’intersection d’univers qui ne se côtoient pas, aux confrontations de nos différences plus qu’aux célébrations de nos ressemblances. Enfin, c’est notre souci du concret et un certain pragmatisme qui nous ont conduits à chercher, à rencontrer et à nous lier à ceux qui agissent et s’engagent dans des territoires inattendus.

Paul Duan, Sandra Rey, Nicolas Huchet, Xavier Duportet, Primavera De Filippi, Santiago Siri, Erwan Kezzar, Timothée Boitouzet et bien d’autres ont foulé une de nos scènes avant de devenir ces signaux faibles dont on parle de plus en plus. Ils méritent d’être reconnus et soutenus parce qu’ils contribuent à inventer un nouveau monde. Notre rôle est de les mettre en lumière au cœur d’une communauté d’individus curieux et pleins d’énergie, pour, le temps d’un week-end suspendu, s’émerveiller, créer des liens et se donner l’occasion d’agir.

Pour toutes ces raisons, le programme est soigneu- sement pensé et préparé afin de surprendre, de pro- voquer le questionnement et de donner envie d’aller plus loin. Les projets présentés sont sélectionnés pour leur qualité et n’ont pas vocation à faire leur publi- cité sous prétexte qu’ils contribueraient au finance- ment de l’événement. Les arts, la culture, la création sont célébrés avec passion. Nous cherchons toujours à explorer les frontières, au risque d’emprunter des chemins périlleux et des lignes de crête.

Notre démarche s’inspire de ce que nous avons appris de TED, sans la dimension « boy-scout », que nous n’envions pas à nos amis américains. Elle s’appuie sur la vision fascinante que nous avons découverte au cours de notre expérience avec la Singularity University, en évitant la naïveté qu’on peut parfois lui reprocher… Elle s’inscrit enfin dans notre culture, notre sens de la controverse et du débat, en essayant de rester constructive et d’éviter le piège de l’indignation perpétuelle.

Nous nous adressons à ces individus qui dans chaque groupe humain incarnent les bonnes volontés ambitieuses, pragmatiques et ouvertes. Nous nous adressons à chacun(e) d’entre nous, à chacun(e) d’entre vous, au-delà de notre statut social ou de nos responsabilités. Nous recherchons et cultivons les liens avec ces « linchpins » dont parle Seth Godin, alias ces pivots, ces clés de voûte, et qui existent par- tout, qu’on ne voit pas forcément, mais qui sont la clé du changement qui s’opère. Nous nous adressons à celles et ceux qui, toujours, sortent du cadre pour sans cesse inventer, créer et participer à l’émergence d’un monde meilleur.

>> RDV le 3 mai pour la sortie de cet ouvrage qui m’est très cher.

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22 Mar L’IA ou la fin du raisonnement pur

Hier, suite à une conférence donnée sur le thème de l’impact de l’IA sur nos vies et au détour d’une conversation avec des acteurs de l’économie réelle – en l’occurrence du secteur du bâtiment – nous nous sommes étonnés à quel point les modalités de compréhension du monde étaient altérées depuis quelques années.

 

En effet, à l’heure des grands nombres, de la bigdata et de l’IA par apprentissage profond, nous oublions petit à petit ce qui nous a permis de décrypter les lois de l’univers depuis la révolution scientifique : le raisonnement logique. Il est clair que depuis quelques années la statistique semble avoir pris le pas sur la logique. Certains diraient la corrélation supplante la causalité. Nous nous satisfaisons désormais de la véracité d’une loi par sa vérification sur un grand nombre de données plutôt que par l’exercice de la démonstration. À ce rythme, il suffira que la même bêtise se répète un milliard de fois pour qu’elle devienne une vérité ! Étrange écho aux phénomènes populistes, au développement des fake news, aux bulles cognitives dont on parle de plus en plus au coeur des sociétés les plus développées.

 

L’usage massif des réseaux de neurones est la manifestation de cette dérive qui finira par déléguer notre intelligence à des boîtes noires dont on ne connaîtra rien de la logique interne. En délaissant l’art de la démonstration mathématique, autrement dit la recherche de la causalité, et en lui préférant la corrélation et la loi des grands nombres nous cédons à la facilité offerte par les capacités de calcul exponentielles. Nous perdons un des héritages majeurs de la révolution scientifique : la recherche de la vérité par le raisonnement pur, réservée jusqu’à maintenant aux seules intelligences humaines.

 

 

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15 Mar Ne sous-estimons pas le facteur humain

Serions-nous prêts à confier nos vies à des véhicules autonomes si un doute subsistait quant à leur infaillibilité ? Probablement pas… Pourtant, l’erreur est bien souvent humaine… Une tribune de Michel Lévy-Provençal.
Que faisiez-vous le 25 juillet 2000 vers 17h00 ? Pour ma part, je me rappelle parfaitement de cet instant. J’étais au sous-sol du centre d’affaire Regus de l’avenue Kleber à Paris. A l’époque j’étais dans les bureaux de la startup que j’avais rejoint : la première place de marché française de cotation alternative à Euronext. Je me remémore parfaitement de cette date, et de cet instant, car les télévisions qui entouraient nos bureaux ont brusquement interrompu leur programme pour annoncer le crash du Concorde sur un hôtel de Gonesse. La catastrophe avait fait 113 morts…

Cet accident tragique a été un coup fatal pour le Concorde. Lancé en 1976, le premier avion commercial supersonique aura volé 27 ans, pour ensuite être retiré du marché en 2003. Certes, son exploitation était déficitaire car trop coûteuse en maintenance et en énergie, mais il est clair que l’impact psychologique de l’accident sur le marché a été catastrophique puisqu’entre 2000 et 2003 le carnet de commande s’est brusquement tari !

Depuis quelques années, plusieurs projets privés issus de la Silicon Valley semblent vivre l’aventure qu’a connu le Concorde à la fin des années 70. Regardez SpaceX qui avance une révolution dans le domaine spatial et promet un vol habité sur Mars au cours de la prochaine décennie et un tour de Lune dans une capsule autonome pour deux touristes l’an prochain ! Regardez encore les annonces stupéfiantes de TESLA qui chaque semestre confirme la démocratisation imminente des véhicules autonomes partout, sur nos autoroutes, routes, avenues, boulevards et rues de nos cités !

Ce tsunami d’annonces n’est pas sans danger pour ces projets. En effet, que se passerait-il si par malheur, le vol autonome habité vers la Lune subissait un accident et se soldait par la mort des touristes spatiaux ? Que se passerait-il si demain, plusieurs familles trouvaient la mort dans des voitures autonomes ? Evidemment, toutes les études prouvent que des vols ou des trajets effectués par des intelligences artificielles sont, ou seront, bien plus sûrs que ceux effectués par un humain. Evidemment, on sait depuis des décennies que la grande majorité des crashs d’avions ont pour cause des erreurs humaines. Pourtant l’idée que notre vie soit entre les mains d’une machine ou d’un algorithme nous effraie bien plus que si elle était entre celles d’un humain. En effet, rouleriez-vous dans une voiture autonome ou voleriez-vous dans un avion dont vous n’avez pas l’assurance à 100% de ne pas subir de défaillance ? Probablement pas. Pourtant il vous arrive très souvent de prendre un risque bien plus important quand un humain est aux commandes…
Ce phénomène, à savoir « le facteur humain », est le frein le plus important à la démocratisation de l’usage de l’intelligence artificielle dans la prochaine décennie.

Les ardeurs démiurgiques d’Elon Musk et de ses pairs ne feront qu’aggraver la situation. Ces Christophe Colomb des temps modernes font abstraction de cette donnée sous prétexte qu’elle n’est pas rationnelle ! Ils l’ignorent en espérant qu’elle se résume à un problème technologique alors qu’elle est avant tout un défi psychologique. Comment expliquer cette tache aveugle ? La plupart de ces révolutionnaires, que l’on soupçonne de plus en plus atteints du syndrome d’Asperger, sont dotés de capacités intellectuelles supérieures mais ont de réelles difficultés à appréhender les processus spécifiquement humains : relations interpersonnelles, émotions et comportement non rationnels.

En sous-estimant le facteur humain et en donnant trop d’importance au QI, la Silicon Valley préparerait-elle sans le savoir une révolte qui pourrait annihiler des années d’évolution scientifiques et d’avancées technologiques ?

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06 Mar Présidentielles : le temps de la disruption

A quoi reconnaît-on les « disrupteurs » ?

Les disrupteurs restent longtemps sous le radar. Dans une période de forte volatilité ils grandissent subitement de manière exponentielle pour apparaître soudainement, comme venus de nulle part, en raflant la mise et en mettant en péril les acteurs les plus puissants et installés du secteur.

Ils remettent en question les méthodes traditionnelles. Ils désintermédient et contournent les structures et intermédiaires traditionnels. En créant des plateformes, ils mettent en relations directement entre elles les parties prenantes (clients et fournisseurs, fournisseurs et fournisseurs, clients et clients).

Ils construisent des écosystèmes ouverts de partenaires, où même des concurrents se croisent parfois pour coopérer… Ils s’incarnent dans une marque portant une mission claire auxquelles les parties prenantes adhérent et trouvent leur intérêt.

Ils tentent de limiter les effets du système immunitaire de l’ancienne organisation. C’est pour cela qu’ils restent le plus longtemps possible indépendants, autonomes, loin des circuits traditionnels et grandissent de manière frugale, par leurs propres moyens. Jusqu’au moment où ils deviennent assez puissants pour renverser les règles du jeu.

Ils sont centrés sur “leurs utilisateurs”, pas sur eux-mêmes. Ils évoluent de manière agile en étudiant finement les attentes de leurs cibles afin de s’adapter au mieux.

Ils n’ont pas peur de l’échec, et n’ont pas grand-chose à perdre. Ils prennent des risques qu’une structure traditionnelle ne peut pas prendre.

Enfin, ils n’hésitent pas à tuer les vaches sacrées, les piliers sur lesquels reposent l’ancien système.

Jacques Juliard évoque dans le Figaro “l’heure du centre” et s’interroge sur l’arrivée probable des centristes au pouvoir. Il explique ce phénomène par l’apparition soudaine d’une configuration résultante des primaires, qui a pour effet de radicaliser droites et gauches et de laisser un boulevard au centre à Emmanuel Macron dont la victoire est désormais possible.

Certes.

Mais cette analyse masque un phénomène plus profond : les grands partis politiques, tels les grands groupes, sont mis à mal par des acteurs qui essaient de les disrupter de l’intérieur comme de l’extérieur. Dans un environnement à volatilité extrême comme celui dans lequel nous sommes entrés, les acteurs traditionnels ont peu de choix devant eux : tenter de résister et mourir, s’adapter en rejoignant le mouvement pour survivre, tenter de faire semblant en adopter les postures du changement ou basculer et jouer à fond le jeu de la transformation.

Si vous passez en revue les différentes stratégies des candidats en course depuis six mois, au regard de ce qu’est une organisation qui disrupte, vous vous rendrez compte que certains se griment en startups de la politique en adoptant les postures sans changer leur logiciel, d’autres voient en leur sein émerger des “intrapreneurs” osant remettre en question les féodalités et l’ordre établis sans véritablement y parvenir car ils sont neutralisés par le système immunitaire qui les entoure, d’autres enfin adoptent la posture des “pure-players” venus de nulle part, prennent tous les risques, pour tenter d’imposer un nouveau modèle.

Je ne vous ferais pas l’affront de remplir les cases en revanche je vous laisse aisément imaginer ceux qui incarneront les Yahoo, Kodak et Uber de cette élection avec les bénéfices et les méfaits qui en découlent…

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