Michel LÉVY-PROVENÇAL | Michel LEVY-PROVENCAL
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Bienvenu sur le site de Michel LEVY-PROVENCAL. Entrepreneur, fondateur de TEDxParis, l'agence éditoriale BRIGHTNESS, le do-tank L'ECHAPPEE VOLEE, l'agence objets connectés Joshfire, le site d'info Rue89, dénicheur de talents et provocateur de changements.
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Author: Michel LEVY-PROVENCAL

29 Août L’arrivée de l'iWatch ? L'aube d'une nouvelle ère.

D’après la presse américaine, le 9 septembre prochain, Apple pourrait dévoiler l’iWatch en même temps que les nouveaux modèles d’iPhone. Si cela était confirmé, une nouvelle étape dans le développement du marché de l’Internet des objets serait franchie : celle de la maturité. 

9/9/2014

La date de commercialisation de certains produits correspond parfois au début d’une nouvelle ère. Ma génération a vécu ce phénomène à deux reprises. Cela a été le cas, une première fois en aout 1995 lorsque Microsoft a lancé Windows 95. Je me souviens qu’à cette époque nous avions perçu l’arrivée du nouveau système d’exploitation comme une révolution par la capacité qu’il donnait au grand public de se connecter à Internet. Cette date coïncide avec le début de la révolution Internet. La seconde date correspond à l’arrivée de l’iPhone sur le marché de la téléphonie mobile. Pour la première fois un smartphone, conçu comme un produit grand public destiné au plus grand nombre, allait nous faire basculer de l’ère du web à celui de la mobilité.

Voilà quatre ans que nous attendons fébrilement l’explosion du marché de l’Internet des objets comme le nouveau Graal de l’économie digitale. Mais, au même titre que dans le début des années 90 avec les pionniers du net ou vers 2005 lorsque les premiers smartphones ont commencé à arriver sur le marché, l’Internet des objets a du mal à devenir un phénomène de masse. Evidemment les prévisions des analystes sont plus qu’optimistes : 60 milliards d’objets connectés  sur la planète en 2020, une croissance exponentielle, un marché de plus de 2 trillions de dollars en perspective… Pourtant, aujourd’hui, il se limite à un écosystème d’éditeurs à la marge et à l’opportunisme d’annonceurs jouant sur des coups de communication autour de produits fantômes destinés au buzz.

Mais l’arrivée de l’iWatch devrait changer cela. Pour plusieurs raisons. D’abord parcequ’au delà du produit lui-même, Apple propose un écosystème standardisé ouvert aux accessoires de santé et de domotique : iOS8. Ainsi, en proposant l’iWatch, Apple concrétise des opportunités esquissées il y a quelques mois. Ensuite, Apple par son exigence en matière de design et sa puissance marketing va démocratiser les usages que ces quatre dernières les pure players ont dessinés avec énormément de difficulté. Enfin, l’iWatch, par ces deux effets cumulés, va incarner dans l’inconscient collectif le passage de ce nouveau marché à l’ère de la maturité.

Est-ce une mauvaise nouvelle pour les acteurs de la première heure ? Oui, pour ceux qui s’entêteront à essayer d’imposer leur solution propriétaire ou à tenter de réinventer ce que désormais Apple fait et fera mieux qu’eux, sans commune mesure. Non, c’est une excellente nouvelle pour ceux qui sauront adopter ces nouveaux standards, à l’instar des agences mobiles dans les années 2007 – 2010, et qui continueront à avoir la capacité d’inventer des concepts et de réaliser des produits manufacturés exploitant pleinement ces standards.

C’est surtout une opportunité rare pour la plupart des acteurs économiques de repenser leur stratégie, leur métier, leurs produits, leurs processus de production. Il devront le faire, encore plus qu’à l’époque de la démocratisation d’Internet puis du mobile : le marché et les enjeux étant plus important. Les faussaires de l’innovation auront encore quelques mois de gloire devant eux. En effet, beaucoup d’acteurs du passé, des agences web et mobiles, penseront que ce marché leur est ouvert parcequ’ils présenteront l’iWatch comme un simple nouveau dispositif connecté sur lequel ils proposeront des applications… Mais, la véritable révolution sera ailleurs. Le marché qui s’ouvre nécessitera des compétences nouvelles. Elles consisteront à concevoir, prototyper et industrialiser des dispositifs connectés intégrés à l’écosystème standard qui se dessine : pour l’instant iOS8, l’iWatch et l’iPhone.

Le 9 septembre 2014 pourrait être une des ces dates à noter : celle du début d’une nouvelle ère, le moment où Apple a pris une avance non négligeable sur ses concurrents dans le marché de l’internet des objets, au même titre que Windows en 1995 et l’iPhone en 2007.

 

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08 Mai L’émergence de la « société du sens »

Ce billet est la version longue de ma chronique prospective mensuelle publiée dans Les Echos

Une révolution est en marche. Le XIXeme siècle a vu l’industrie supplanter le modèle agricole. Depuis les années 70, la société de l’information a radicalement transformé notre civilisation. Internet et sa puissance de mise en réseau et de désintermediation ont révolutionné des pans entiers de nos économies et de nos sociétés. La dernière étape de cette révolution est celle qui va transformer notre rapport à la vie de la cité et à notre responsabilité individuelle vis à vis du collectif.

Les crises économiques, écologiques et sociales qui se succèdent depuis des décennies aboutissent à une crise politique qui nous oblige à repenser notre rôle dans une société qui a de plus en plus soif de solidarité et de partage. La répartition des richesses n’a jamais été aussi inégale sur la planète. Simultanément jamais les modèles économiques basés sur la contribution et le partage n’ont connu une telle croissance. A tel point que les experts, économistes, prospectivistes les plus reconnus s’accordent à dire que nous sommes condamnés à construire une nouvelle « société du sens ». Une société faite des énergies individuelles, décuplées par la puissance du réseau planétaire. Les premiers signes de l’émergence de cette société apparaissent sous les traits de ce que l’on nomme communément « l’économie du partage ».

Cette nouvelle société se réinvente au-delà des clivages politiques du passé. Les anciens modèles, qui subordonnaient l’action au niveau central et aux dogmes, ont peu à peu fait perdre au citoyen le contact avec la collectivité, le sens de son action et, du même coup, le sentiment d’influence sur le destin de la communauté. Jeremy Rifkin décrit le phénomène dans son dernier ouvrage « The Zero Marginal Cost Society » . Il y voit le déclin progressif du capitalisme ainsi que l’émergence de mouvements collaboratifs et de la production à petite échelle. Aaron Hurst, auteur de « The Purpose Economy », décrit aussi cette émergence comme la voie idéale pour une sortie de crise.

Au delà des clivages politiques archaïques, de la droite, de la gauche, des anciens, des modernes, des libéraux et des collectivistes, la société du sens est une société condamnée à se réinventer en marchant. Agile, pragmatique, résolument inscrite dans l’action, en permanence dans l’expérimentation, elle intègre le risque d’échec dans son processus de réinvention. Elle pense que la somme des responsabilités individuelles est plus efficace que le poids de l’obligation collective.  Elle pense de nouveaux produits et services sans voir de contradiction entre entrepreneuriat et intérêt général. Elle réinvente un modèle où le service public, l’entreprise et le citoyen combinent leurs forces. Elle redonne un sens à l’action individuelle, locale, simple, efficace, responsable, impactante, réplicable, contagieuse et virale. A chacun d’y prendre part…

 

 

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05 Avr Amazon Dash : allons nous (encore) regarder passer le train ?

dash

Amazon a annoncé aujourd’hui la sortie d’un objet connecté révolutionnaire (Amazon Dash), permettant de fluidifier radicalement l’acte d’achat en proposant gracieusement à ses clients un mini-scanner permettant depuis chez soi, dans sa cuisine, ses placards, son frigo d’identifier un code barre, un coupon, une image et ainsi de commander des produits !

Pour une majorité d’acteurs du digital l’internet des objets est une tendance, un mystère, une mode, sans concrète application dans le monde économique actuel. A l’exception de quelques éditeurs, pure players, qui commercialisent tant bien que mal des gadgets autour de l’e-santé, l’internet des objets ne touche pas (encore et assez) les marques, produits et services traditionnels.

60% du marché IoT (intérêt of things) est porté par le marché de l’eSanté. Mais ce n’est qu’un début, car la prochaine vague touchera l’e-commerce et s’appuiera sur la simplification, la fluidification et la contextualisation de l’acte d’achat. Amazon joue son rôle de précurseur et vient d’avertir ses concurrents que la bataille va se jouer à nouveau sur le terrain de la relation avec le consommateur. Comment réagiront Carrefour, Leclerc, Monoprix et les autres quand Dash arrivera sur le marché français ?

Il est plus que temps de prendre des risques, d’innover et de planter son drapeau sur ces nouveaux territoires. Voilà 4 ans qu’en France, je rencontre des grands acteurs qui ont eu plusieurs fois l’occasion de se lancer dans une telle aventure. Certains l’ont compris très tôt (dont le groupe Danone avec la goutte connecté Evian par exemple), d’autres s’y sont mis fin 2013 et ont gagné un temps précieux… Il n’est jamais trop tard. Pour faire une analogie, l’objet connecté vit aujourd’hui ce qu’Internet a été fin des années 90 et ce que le mobile a commencé à être dans les années 2005-2007. Nous avons 60 milliards d’objets à créer d’ici 2020, faisons en sorte de ne pas laisser encore passer le train…

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31 Mar Google, en route vers le cerveau augmenté.

Ce billet est la version illustrée de ma chronique prospective mensuelle publiée dans Les Echos.

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La semaine passée avait lieu à Vancouver la conférence TED. Les plus influents innovateurs de la planète se sont retrouvés pour fêter pendant cinq jours les trente ans de l’événement. Parmi eux, les deux fondateurs de Google, Serguei Brin et Larry Page. On pouvait aussi y croiser le fugitif le plus recherché de la planète : Edward Snowden . Incarné par un robot sur roulettes, doté d’une caméra, d’un écran, d’un micro et de haut-parleurs, Snowden pilotait le dispositif à distance et a pu ainsi assister à quelques interventions et interagir avec certains participants.

Pourtant, l’intervention la plus remarquable resta celle de Larry Page . Interrogé sur l’avenir de Google, il a rappelé que des avancées majeures dans le domaine de la recherche de contenu, coeur de métier de Google, sont réalisées chaque jour au sein de son groupe. Page a insisté sur le fait que ces quinze dernières années n’ont été que les prémices d’une révolution majeure dans le domaine de la cognition. Aujourd’hui, Google élabore des algorithmes donnant à la machine des capacités d’apprentissage similaires à celles du cerveau humain.

D’après Page, malgré une diversification massive, le métier de Google restera de mettre à disposition de l’homme des solutions pour aider à trouver des informations pertinentes quel que soit le contexte. C’est pour cette raison que la firme multiplie les investissements dans l’intelligence artificielle, comme tout récemment avec le rachat de Deepmind, une start-up britannique pionnière dans le « machine learning ».

Où va Google ? Sur un territoire encore en friche : celui du cerveau augmenté. C’est ce que répond Ray Kurzweil, un des grands théoriciens du transhumanisme, aujourd’hui directeur de recherche chez Google, lorsqu’il est interrogé sur une des applications majeures qui marqueront les vingt prochaines années. Il prédit que Google proposera une interface directement accessible par le cerveau et capable d’interroger instantanément des machines et de bénéficier d’intelligence déportée, de ressources de calcul et de stockage de données. Terrifiant et passionnant à la fois !

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08 Fév Les entrepreneurs sont-ils majoritairement sujets au vertige ?

Je suis sujet au vertige. La dernière fois que j’ai ressenti cette désagréable sensation de chute dans le vide, je participais à un séminaire organisé par un grand groupe, dans le sud de la France. Nous visitions un bâtiment tout neuf, truffé de capteurs et dispositifs innovants en tout genre. Au milieu de la visite, on nous a proposé de rejoindre les toits de l’édifice afin de découvrir la vue. Il fallait emprunter une passerelle en acier, étroite et grillagée. Sur la dizaine de personnes présentes, quelques-unes ont rebroussé chemin, tétanisées par le vertige, certains ont réussi à surmonter leur peur, et la plupart ont traversé le pont suspendu sur 30 ou 40 mètres de vide. Je faisais partie du premier groupe. Nous sommes restés une vingtaine de minutes à attendre que le reste de l’équipe revienne de leur périple au dessus de nos têtes. La conversation s’est donc engagée et au bout de quelques minutes nous nous sommes rendu compte que nous avions tous un profil d’entrepreneur. Autre fait étonnant, les entrepreneurs étaient aussi majoritaires dans le second groupe. Le dernier n’en comportait pas.

Voilà plusieurs années que l’intuition d’une relation entre profil entrepreneurial et sensibilité au vertige me taraude. A chaque fois que j’en ai l’occasion, j’alimente ma petite étude, qui certes n’a rien de scientifique, mais me convainc de plus en plus que ce lien existe bien.

Et vous actuels ou anciens entrepreneurs ? Sujets au vertige ? Ou pas du tout ?

PS: Cadeau bonus.

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14 Jan Le travail de 2030 se prépare aujourd'hui.

Ce billet est la version illustrée de ma chronique prospective mensuelle publiée dans Les Echos

En 1997, Jeremy Rifkin écrivait « la fin du travail », best-seller visionnaire qui décrivait l’inexorable augmentation planétaire du chômage et dessinait les prémisses de la nouvelle économie positive et solidaire.

En 2014, la question est toujours d’actualité. Le chômage a effectivement globalement augmenté entre 1990 et 2012 dans le monde développé (aux USA de 5% à 8%, en Europe de 7% à 10%, au Japon de 2% à 4%) et le phénomène est loin d’être terminé. Une étude publiée par deux chercheurs de l’Université d’Oxford en septembre dernier décrit au contraire une accélération. D’après le document de 72 pages disponibles sur Internet, jusqu’à 47% des emplois aux Etats Unis pourraient, à horizon 20 ans, être confiés à des machines intelligentes.

Le développement exponentielle de la puissance informatique, la démocratisation des machines apprenantes et l’avènement de la robotique mobile devraient d’après les deux chercheurs faire disparaître dans les 20 prochaines années la plupart des emplois manutentionnaires, les métiers de maintenance et de la construction et entamer très largement la masse de professions administratives, de fonctions de bureaux, de chauffeurs, de télé-marqueteurs… et même de mannequins ! Seraient épargnés les acteurs de l’économie solidaire, de la santé, du secteur social, de l’éducation, des arts et de la culture, de l’ingénierie, de l’informatique et des sciences.

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Alors, face à cette transition économique et sociale majeure, entamée depuis les années 80 et que nous appelons communément « crise », mais qui n’est en réalité que la fin d’une époque comme le fut les dernières années du XIXeme siècle, que faire ?

Clive Thompson explique dans son dernier ouvrage « Smarter than you think », que la course contre la machine est une lutte vaine. Qu’au contraire, les technologies de l’information permettent de développer de nouvelles capacités cognitives, en déléguant certaines tâches cérébrales aux intelligences artificielles. Autrement dit en « sous-traitant » à la machine ce qu’elle fait le mieux et en développant le plus possible la spécificité du cerveau humain : ses capacités uniques d’intuition, de créativité, mais aussi de perception et de production. Il va de soi, que cette transition se fera plus naturellement si nous préparons la génération avenir.

Celle-ci devra imaginer, concevoir, hacker, inventer nôtre nouveau monde. L’école ne peut donc se contenter d’être le sanctuaire qu’elle a été au XXeme siècle, lieu de seule transmission du savoir. Elle doit aussi intégrer les modifications massives que la technologie a apporté à nos processus de travail, de socialisation et de cognition en devenant un lieu de création du nouveau savoir par l’expérimentation et la découverte.

La bonne nouvelle est que corps enseignant commence à prendre conscience de cela. Il s’y met, à l’instar de cette initiative du CRI portée par Ange Ansour, enseignante en CM1 et CM2 qui transforme la salle de classe en laboratoire et ses élèves en chercheurs. La mauvaise est que nous n’avons pas le temps de tergiverser. Vingt ans c’est court !


L’intervention d’Ange Ansour à TEDxParis 2013

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10 Déc TEDxParis 2013, le 10/12/2013 à 22h50 sur Canal+

La saison 2013 de TEDxParis s’achève et toute l’équipe TEDxParis vous propose un dernier rendez-vous avant une longue période de calme et nos retrouvailles le 5 octobre 2014 pour les 5 ans de TEDxParis, dans le prestigieux théâtre du Châtelet !

A l’occasion de la diffusion du documentaire consacré à TEDxParis, mardi soir à 22H50 sur Canal +, nous vous avons concocté un programme spécial.

Rendez-vous mardi 10 décembre dès 22h30 sur Twitter pour un live tweet avec toute l’équipe TEDxParis qui sera mobilisée pour répondre en direct à toutes vos questions. Puis, pendant l’émission, tentez à nouveau de remporter votre place pour TEDxParis 2014 en proposant le titre qui selon vous, serait le plus juste pour chaque intervention inédite !

L’équipe retiendra alors un titre par talk qui deviendra le titre officiel de la vidéo lors de sa mise en ligne sur notre chaine Youtube TEDxParis et les auteurs des titres choisis se verront offrir chacun leur précieux sésame pour TEDxParis 2014, le 5 octobre 2014 au Théâtre du Châtelet !

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26 Nov Le fantasme du cerveau artificiel

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Ce billet est la version illustrée de ma chronique prospective mensuelle publiée dans Les Echos.

L’humanité n’a eu de dépasser les limites de la nature. Au siècle dernier, la révolution industrielle a été un formidable accélérateur pour l’espérance de vie et la démographie mondiale. Les avancées scientifiques et technologiques, notamment grâce aux NBIC (nanotechnologies, biotechnologies, informatique et sciences cognitives) mettent un nouveau défi à notre portée : le rallongement radical de l’espérance de vie.

D’autres abordent la question sous l’angle de la cybernétique. C’est le cas de Dmitry Itskov, entrepreneur russe, qui a lancé l’initiative 2045 (http://2045.com). Son projet vise plusieurs objectifs, dont le plus extravagant consiste à copier le contenu d’un cerveau et l’implanter dans un corps artificiel !

Pour ce faire, Itskov a planifié quatre étapes. Au cours de la première, entre 2015 et 2020, seront développés des robots contrôlés à l’aide d’interfaces cerveau-machine dont nous voyons déjà apparaître les premières versions. La deuxième étape, entre 2020 et 2025, consisterait à construire une enveloppe artificielle permettant d’héberger un cerveau vivant. La troisième étape, entre 2030 et 2035, permettrait la conception d’un modèle informatique de l’intelligence et de la conscience humaine, donnant naissance au premier cerveau artificiel, capable de recevoir le contenu d’un esprit vivant et de le faire évoluer de façon autonome. Cette hypothèse, folle, permettrait d’envisager rien moins que l’immortalité cybernétique de l’humanité. Enfin la dernière étape, en 2045, annoncerait l’avènement de l’esprit indépendant de toute matière, et ainsi transférable à souhait dans des enveloppes holographiques capables de se déplacer instantanément partout et tout le temps !

Evidemment, ces anticipations peuvent faire glousser par leurs accents prophétiques. Pourtant, la course à la modélisation du cerveau humain est déjà largement entamée et alimente les scénarios prospectifs les plus passionnants de notre époque.

Michel Lévy-Provençal est le PDG de Joshfire et le président de TEDx Paris.

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16 Nov Comment j’ai redécouvert la presse écrite (et mon iPad).

Presse-et-iPad

Voilà presque quinze ans que je consacre entre trente minutes et deux heures chaque jour à m’informer sur Internet. J’ai fait partie des premiers utilisateurs de toutes sortes d’outils en ligne pour cela. Des lecteurs RSS fin des années 90, des agrégateurs de contenus début 2000, des sites de curation en 2005 – 2006, des premiers réseaux sociaux entre 2005 et 2010. Cette année encore, mon compte Google Reader comprenait plus de 5000 sources d’information validées et classées au cours de ces longues années de veille.

Lorsque Google Reader a définitivement fermé en juillet dernier, je n’ai pas eu la présence d’esprit de sauvegarder ma base de données. Et du jour au lendemain mon rituel quotidien s’est vu radicalement chamboulé. J’ai cru pouvoir récupérer les sources les plus pertinentes, je m’y suis attelé mais le résultat a été vain. C’est là qu’a commencé une expérience très instructive. Après quelques semaines à tenter de ne m’informer qu’au travers des réseaux sociaux, je  me suis vite rabattu sur une stratégie beaucoup plus conservatrice : parier sur la presse écrite et diminuer drastiquement ma consommation de contenus émanant du web gratuit. Presque simultanément, j’ai déménagé et nous avons décidé avec ma femme de ne plus avoir de télévision chez nous. En résumé, en l’espace de quelques mois, j’ai bouleversé ma façon de m’informer et de me divertir : plus de télé, plus de flux RSS, beaucoup moins de réseaux sociaux, contre beaucoup plus de lectures. Etonnant de la part de quelqu’un qui pendant une demi douzaine d’années à contribuer à la transformation de plusieurs medias à l’ère du net, de la gratuité des contenus, de l’explosion des réseaux et de l’avènement des nouveaux écrans ? Et pourtant.

Voilà donc un peu moins de six mois que je consacre entre trente minutes et deux heures de mon temps chaque jour à lire la presse écrite. Certes je n’achète pas de journal papier, mais mon iPad est devenu un compagnon indispensable. Je me suis abonné à trois quotidiens (Libération, Le Figaro et Le Monde) deux hebdomadaires culturels (Télérama et Les Inrockuptibles), deux mensuels scientifiques (Sciences&Avenir et Wired) et je butine de façon totalement aléatoires quelques titres en fonction de mon temps et de mes envies (en vrac Time Magazine, The Guardian, Clés, Elle, La Recherche, Science & Vie, Le Point, L’Express, Le Nouvel Obs, Courrier International, Challenges et La Tribune). J’ai bien sur conservé quelques anciennes habitudes : faire une passe rapide sur Google News au réveil, écouter la radio le matin dans ma salle de bains, jeter un œil le midi sur la page d’accueil de Techmeme (l’agrégateur techno américain de référence), et passer quelques minutes sur Facebook quand j’en ai envie principalement en vadrouille sur mon mobile.

Chaque jour, j’ai construit une routine : le matin je commence par lire Libération. Je lis la une, les grands titres « news » en diagonale, puis je picore quelques articles d’opinion (que je neutralise quelques minutes plus tard en répétant la même méthode dans le Figaro), puis je prends le temps de plonger plus profondément dans les papiers d’analyses ou d’enquêtes quand par bonheur j’en découvre. La lecture de Libération me prend une quinzaine de minutes. Je passe alors à celle du Figaro qui dure un peu moins longtemps puisque j’économise un bon tiers de l’édition en sautant les « news » déjà lues. Vient alors le moment que je préfère : celui des suppléments. J’y découvre la plupart du temps de vraies pépites documentées et que je ne trouvais jamais sur le web auparavant. Le soir en rentrant je prends une demi heure pour parcourir Le Monde exactement comme je le fais le matin pour Libé et le Figaro. Puis vient la lecture exhaustive et délicieuse des hebdomadaires et mensuels. J’y consacre la plus grande part de mon temps de veille. C’est ainsi que j’ai littéralement redécouvert des livres, des albums de musique, des expositions, des documentaires, du cinéma aussi, bref autant de références culturelles que mon ancien processus de veille ne me permettait pas de voir.

Grace à l’usage d’un iPad je n’ai pas perdu mon habitude de partager sur les réseaux sociaux ma veille quotidienne. Chaque jour je publie sur Facebook et Twitter entre 3 et 5 contenus que je choisis parmi mes découvertes. Je le fais en retrouvant un lien sur le web ou en faisant une copie d’écran du journal que je lis – je sais que cette pratique n’est pas tout à fait légale puisque je « libère » sur le net des contenus la plupart du temps protégés, mais je suis convaincu que le bénéfice tiré par les medias en terme de publicité est bien plus important que ce « piratage » parcellaire.

L’iPad dont j’ai acheté les différentes versions au fur et à mesure qu’elles sont sorties sur le marché n’a jamais été aussi efficace à mes yeux que ces derniers mois. Le passage à la version mini a-t-il été un déclencheur ? Probablement. Mais le plus extraordinaire dans cette histoire est que ce changement de stratégie a renforcé  mon influence sur le net. En effet mon taux de reprise sur les réseaux sociaux a quadruplé ces derniers mois. Tout se passe comme si la singularité avait changé de territoire, comme si le net reconnaissait l’originalité, la rareté, hors du réseau… Argument qui ne se discute pas, le score Klout agrégeant l’influence de mes comptes Twitter et Facebook réunis a évolué de plus de 10 points depuis ce changement de stratégie.

Je suis convaincu que certains d’entre vous trouveront ce témoignage tout à fait banal. Je connais beaucoup de monde qui s’informe principalement par la presse écrite et qui utilise une démarche similaire à la mienne pour ce faire (sans forcément aller jusqu’à partager leur veille sur les réseaux sociaux). Mais pour un (quasi) natif d’internet, en tout cas quelqu’un qui a fait du net son outil de travail et de la transformation digitale son produit, c’est une véritable révolution ! D’autres diront un reniement. A l’aube de mes 40 ans, suis-je passé de l’autre coté de la frontière ? Dans le territoire des anciens, des réfractaires, osons le mot, des réacs ? Je ne le pense pas. Au contraire, je crois que les modes passent et que d’autres reviennent. Que mon exemple est une manifestation partielle d’un phénomène plus large, plus profond, plus durable. Que le net a tout nivelé par le bas, en oubliant que la valeur vient du travail de fond et que le contenu original passe par l’enquête, l’analyse et la recherche d’un temps plus long, enfin que le « payant » face au « gratuit », que l’exclusif et le premium face au buzz ont une encore une carte à jouer. A suivre…

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23 Oct Révélez le speaker qui est en vous !

Il est courant de croire que la France est le pays des mots et de l’éloquence. Il est aussi courant de penser que nous, français, sommes médiocres à l’oral, que nos prises de parole en public lors de conférences ou congrès professionnels, par exemple, montrent leur faiblesse. En effet, comparées aux anglo-saxons et particulièrement aux américains, notre présence, notre prestance ou notre capacité à captiver une audience restent très médiocres. Pourtant il est à la porté de tous d’améliorer de façon conséquente sa capacité de prise de parole en public.

Mon aventure d’organisateur de conférence et de « préparateur » d’intervenants a commencé en 2009. Je venais alors de récupérer pour la France la première licence TEDx, inspirée de TED, la conférence organisée chaque année aux États-Unis et qui rassemble la fine fleur des spécialistes dans leur domaine. Cette expérience m’a permis d’observer les exemples étrangers, d’analyser les différences culturelles, mais surtout de mesurer à quel point la prise de parole en public n’a rien d’un don, et encore moins pour un Français ! Elle fut le point de départ de la méthode que j’ai développée, d’abord intuitivement puis dans le cadre de l’agence Brightness que j’ai créée au printemps 2012.

La Methode BRIGHTNESS

J’ai passé les premiers mois de cette année à rassembler dans cet ouvrage l’ensemble des conseils que mon équipe et moi-même donnons aux intervenants que nous préparons pour leur talk à TEDxParis, aux ONFI, à LeWeb, au Women’s Forum, etc.

Il sort en librairie et sur Amazon le 15 novembre prochain.

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