Michel LÉVY-PROVENÇAL | Michel LEVY-PROVENCAL
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Bienvenu sur le site de Michel LEVY-PROVENCAL. Entrepreneur, fondateur de TEDxParis, l'agence éditoriale BRIGHTNESS, le do-tank L'ECHAPPEE VOLEE, l'agence objets connectés Joshfire, le site d'info Rue89, dénicheur de talents et provocateur de changements.
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Author: Michel LEVY-PROVENCAL

17 Oct JOSHFIRE : pivoter pour être de plus en plus fidèle à son ADN !

Voilà 3 ans que Joshfire s’est lancé dans l’aventure folle de l’internet des objets. Folle, parcequ’il fallait cette pointe d’inconscience en 2010, pour penser pouvoir gagner sa vie en réalisant des prototypes d’objets connectés. Nous avons prêché dans le désert pendant près d’un an. Après plusieurs tentatives de projets avortés, notre activité s’est finalement centrée sur le développement d’apps multi-écrans : mobiles, tablettes et TV connectées. Ce choix, de raison, nous a permis de vivre pendant deux ans. Survivre je devrais dire. Notre envie d’objets connectés était mise en veilleuse, devenue un point sur l’horizon.

Aussi, au bout d’un temps,  l’idée de tirer nos revenus d’une seule activité de service a finit par nous gêner : ce maudit modèle californien centré sur le « produit » ! Je n’ai jamais voulu céder à cette tendance qui consiste à confondre client et investisseur et j’ai toujours voulu imposer à l’entreprise de gagner chaque sou qu’elle dépense. Pourtant j’ai cédé pendant prés de deux aux sirènes du produit ! De société de service, métier que je connais très bien pour l’avoir exercé pendant 10 ans, je me suis improvisé éditeur ! Donc nous avons développé notre produit, en créant une plateforme Saas de génération d’apps multi-devices : la Joshfire Factory.

Après un an et demi de production, plusieurs clients prestigieux nous ont pourtant suivi. Mais, malgré la qualité de nos équipes de développement, nous nous sommes rendu compte que le chemin que nous avions emprunté était un leurre. Pour créer un produit, le commercialiser et le rentabiliser il faut des investissements, du temps et beaucoup de motivation. Il nous fallait donc choisir entre le fait de trouver des investisseurs pour développer notre plateforme malgré la faible motivation que nous avions à le faire ou nous concentrer sur notre activité de service en conservant notre indépendance et surtout renouer avec l’envie qui nous animait au tout début du projet, notre ADN. Nous voulions innover, être un acteur qui compte sur le marché de l’internet des objets et mettre notre créativité, notre souci de qualité et notre vision au service de nos clients. En réalité nous étions devenu l’éditeur d’un produit industriel, sur un marché saturé, avec un modèle low cost. Ce n’est pas un hasard si nous ne nous levions plus avec la même énergie le matin.

Cet été, nous avons donc décidé de revenir à ce qui nous motivait le plus et renouer avec ce qui constituait notre ADN. Exit donc les apps et focus sur l’Internet des objets. C’est ainsi que Joshfire a pivoté pour la seconde fois, en revenant au point de départ. Avec une différence de taille  par rapport à 2010 : le marché de l’internet des objets  commence à décoller. En effet, les produits de fitness, les Google Glass et les smart-watch aident… Pour l’instant, ce choix commence à porter ses fruits, les clients suivent et notre offre est plus simple et plus claire. A notre connaissance nous sommes la première agence à nous concentrer sur la création d’objets connectés pour des marques : de la phase de conseil, d’idéation, de prototypage, jusqu’à l’accompagnement industriel. En 2006, apparaissaient les premières agences mobiles, en 2013, l’analogie avec l’Internet des Objets nous a parue évidente…

Du même coup, nous avons retrouvé cette envie, la motivation et la joie de travailler sur des projets innovants. Nous avons aussi renoué avec une vieille habitude : chaque mois nous réalisons un dispositif connecté. Nous y consacrons un peu de temps en équipe, en parallèle de nos projets clients. Ce mois-ci l’équipe a réalisé une magnifique borne d’arcade à l’interface gestuelle, autour d’une maquette LEGO et d’un capteur LEAPMOTION ! Voici quelques images animées qui font chaud au coeur.

Cette énergie, cette envie retrouvée, la bonne humeur et la créativité qui en découlent, valent tous les investissements que nous aurions pu obtenir même en nous acharnant sur notre ancienne stratégie. Je dois beaucoup à l’équipe de Joshfire. Je leur dois d’avoir suivi ce virage. Je dois aussi beaucoup à certains de l’avoir initié (ils se reconnaitront… Sachez que je suis fier de cette belle aventure qui s’offre à nous et que cette nouvelle chance est grandement de votre fait).
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17 Sep Si les maires dirigeaient le monde

Ce billet est la version illustrée de ma chronique prospective mensuelle publiée dans Les Echos.

Au cours des deux dernières décennies, notre système économique a connu une révolution majeure. L’avènement d’Internet a entraîné une désintermédiation des échanges. Il semble inévitable que l’élimination des intermédiaires au profit de relations directes entre pairs touche aussi, tôt ou tard, les structures de notre système politique, et donc de notre démocratie. A l’heure de la mondialisation, il faut admettre que notre modèle d’institutions, conçu il y a quatre cents ans, n’est peut-être plus à la hauteur des défis de notre temps. Benjamin Barber, professeur de sciences politiques à l’université du Maryland, va publier le 4 octobre un livre qui esquisse un nouveau modèle démocratique, « If mayors ruled the world » (Yale University). Il en a présenté les grandes lignes lors de la dernière édition de TED Global, au mois de juin.

Barber pense que la solution à notre crise politique occidentale passe par la construction d’un système à l’échelle à la fois locale et globale. Il propose de changer de paradigme et de commencer à raisonner à l’échelle des villes et non plus des nations. Les zones urbaines sont le lieu où la culture et la civilisation sont nées. De plus, la majorité de la population mondiale vit désormais dans des villes. Benjamin Barber pense qu’il pourrait être temps que les gens qui les gouvernent se chargent de diriger le monde.

Les maires sont pragmatiques. Leur tâche est de faire avancer les choses au-delà des idéologies. Leur taux de popularité est souvent supérieur à toutes les autres catégories d’hommes politiques. Les villes sont profondément multiculturelles, ouvertes, participatives et démocratiques alors que nous vivons encore dans un système politique basé sur des frontières et des Etats – des Etats qui, souvent, refusent d’agir ensemble. La démocratie est née dans la cité antique. Elle peut renaître dans la cité contemporaine, globalisée, cosmopolite. Pour y parvenir, Benjamin Barber appelle à la création d’un parlement mondial des maires qui permettrait une participation globale plus directe. A l’approche des élections municipales en France, voici un thème propice à un débat de fond.

Conférence enregistrée à l’EFNI sur le sujet (durée 1:10). La version courte enregistrée à TED Global devrait être publiée dans quelques semaines.

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18 Juin Matternet : un internet fait de drones pour le transport de la matière !

Voici la version longue et illustrée de ma chronique prospective mensuelle publiée dans les Echos aujourd’hui.

Longtemps réservés aux passionnés de modélisme, les multicoptères – de petits drones dotés de plusieurs rotors – ont commencé à être vendus au grand public il y a quelques années. Une entreprise française, Parrot, a été la première à proposer un tel produit dès 2010. Trois ans après, la technologie s’est largement améliorée, notamment en matière d’autonomie. A tel point qu’aujourd’hui ce type de dispositif pénètre le marché professionnel, par exemple pour la surveillance de zones protégées (pipelines, parcs naturels…)

Un jeune entrepreneur grec, Andreas Raptopoulos, a inventé une solution qui permettrait au milliard de personnes isolées des routes d’avoir accès en cas d’urgence aux fournitures, marchandises et médicaments essentiels. Il a développé Matternet, le premier réseau de transport basé sur des drones autoguidés. Matternet fonctionne vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept. Il est composé de drones, de stations d’atterrissage (permettant aussi le ravitaillement électrique) et d’un logiciel de routage, qui pilote l’ensemble du maillage. Matternet est en somme à la matière ce qu’Internet est à l’information.

Chaque drone est capable de transporter des charges de 2 kilos environ, peut couvrir une distance de 10 kilomètres en quinze minutes et vole à une altitude de 400 pieds, hors des voies empruntées par les autres aéronefs. Matternet a déjà été déployé à Port-au-Prince, après le séisme de 2010. L’intérêt est son très faible coût : un parcours de 10 kilomètres coûte 24 cents, avec une dépense d’énergie de 2 cents seulement. A titre d’exemple, au Lesotho, la création d’un réseau de drones pour connecter 47 cliniques et 6 laboratoires sur une superficie de 138 km 2 coûterait moins de 1 million de dollars.

En France, le 1 er avril dernier, le groupe La Poste annonçait un service de livraison à domicile par les airs – un poisson d’avril qui en a fait ricaner plus d’un ! Et pourtant, Andreas Raptopoulos, qui intervenait la semaine dernière sur la scène de TED Global 2013 à Edimbourg, est convaincu que Matternet pourrait aussi permettre de décongestionner nos villes, notamment pour le courrier et les petits colis… Le futur est souvent encore plus étonnant qu’on ne l’imagine.

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16 Juin TED Global 2013 : le temps de repenser la démocratie.

La conférence TED Global a lieu chaque année en Europe depuis 2006. Entre le 11 et le 14 juin, ce sont près d’une centaine d’intervenants au total et huit cent participants qui ont eu l’occasion de « réfléchir à nouveau » à notre monde en crise. Les organisateurs ont choisi leur moto cette année : « Think Again ». TED met en scène chaque année les idées les plus originales, parfois les plus radicales et l’audience vient y chercher cette singularité. Durant ces cinq jours le questionnement du modèle démocratique était en filigrane de nombreuses interventions, sur scène et dans les couloirs. Une fois n’est pas coutume, je retiens de cette semaine trois talks politiques qui invitent à repenser notre modèle démocratique.

Le coup d’envoi est donné avec une introduction plutôt étonnante. Bruno Giussani directeur de TED Europe et le responsable de la programmation, a décidé de donner la parole à Georges Papandreou, l’ancien premier ministre grec. Le choix est cohérent compte tenu de la thématique de la conférence : repenser notre monde. En effet, quoi de plus logique que de commencer par un constat d’échec ! Si on laisse de coté la forme de l’intervention de Georges Papandreou, qui ressemblait plus à une excellente opération de communication qu’à une authentique prise de parole, le coeur de son discours est d’une actualité criante : la sortie de crise en Europe passera par plus de démocratie directe et une citoyenneté européenne. Certes, le « comment » reste encore une grande inconnue et une véritable lacune.

Les jours qui ont suivi ont donné ont apporté un peu plus de matière au débat. Parmi les interventions les plus remarquées celle d’Eric X. Li a suscité de très nombreuses réactions contradictoires.

Né à Shanghai en 1968, au plus fort de la Révolution culturelle, ce journaliste a raconté comment il a grandi avec la doctrine communiste : « toutes les sociétés humaines se développent en progression linéaire, commençant avec la société primitive, se déplaçant à travers le capitalisme, le socialisme et enfin, le communisme. Tôt ou tard, l’humanité tout entière, sans distinction de religion ou de culture, atteind ce stade final de développement politique et social. » Après la chute du mur de Berlin, le monde a changé du jour au lendemain et déçu par la religion manquée de sa jeunesse, Eric X Li s’est installé en Amérique. Dès lors il a commencé à percevoir un parallèle troublant entre le modèle démocratique de l’Ouest et la doctrine de sa jeunesse. Pour lui la narration est la même : « toutes les sociétés humaines, sans distinction de religion ou de langue, se développent dans la progression linéaire, progressant de sociétés traditionnelles où les groupes forment les unités de base des sociétés modernes dans lesquelles des individus atomisés sont des entités souveraines. Et ils veulent tous une chose : le vote. Avec le vote, ils produisent un gouvernement et vivent heureux pour toujours ». 

Partant de ce constat il conclut sans une certaine dose de provocation que finalement le système chinois à parti unique actuel est une alternative intéressante au système démocratique ! Il concède que le pays est confronté à d’énormes défis (la pollution, la population, la sécurité alimentaire, la corruption…) et précise que son objectif n’est pas de condamner la démocratie mais de nous faire comprendre que le système chinois, bien que non exportable, reste un système alternatif qui fonctionne compte tenu du developpement accélèré de la Chine cette dernière décennie. En somme Éric X Li prouve qu’il existe bien des alternatives au modèle démocratique qui fonctionnent puisque le modèle chinois est en train de transformer le pays en première puissance mondiale.

Le propos est évidemment provocateur. Le mot « alternative » est certes une formidable invitation à repenser nos systèmes politiques. Pour autant le modèle chinois ne peut raisonnablement pas être pris pour exemple compte tenu des inégalités, des injustices et des atteintes aux libertés qu’il génère. C’est en tout cas, ce qui se disait dans les couloirs après cette intervention. À décharge, il faut souligner que l’Ouest connait très mal la Chine et certains dispositifs participatifs locaux qui, parait-il, serait un modèle de consultation populaire très répandu.

Benjamin Barber, politologue américain, professeur à l’université du Maryland a suivi Eric X. Li pour rééquilibrer le débat. Il a commencé son intervention en évoquant la mémoire des manifestants de la place Tian’anmen… et rappelé tout de même le triste constat qu’il partage avec son prédécesseur sur scène : « la démocratie est un modèle en danger ». Nous cherchons des solutions à cette crise politique dans le système démocratique alors que nous sommes confrontés à des institutions conçues il y a 400 ans.

Benjamin Barber, comme plusieurs de ses pairs sur la scène de TED cette semaine, pense que la solution pourrait être dans un système à l’échelle locale qui investirait politiquement les citoyens de façon plus active. Ainsi il propose de changer de paradigme et de commencer à raisonner à l’échelle des villes et non plus des nations. Les zones urbaines sont le lieu où la civilisation et la culture sont nés, de plus la grande majorité de la population mondiale vit désormais dans les villes. Etant donné que les villes sont dirigées par des maires, Barber propose qu’il pourrait être temps pour les maires de gouverner le monde. Les maires sont pragmatiques. Leur métier est de faire avancer les choses au delà des idéologies. Les maires ont des niveaux de popularité que tout autre categorie d’homme politique. Aux États-Unis, seulement 18% des Américains approuvent le Congrès quand ce taux avoisinne 70% pour les maires. Les villes sont profondément multiculturelles, ouvertes, participatives et démocratiques alors que dans le fond nous vivons encore dans un système politique basé sur des frontières, des états, et des états qui refusent d’agir ensemble. Le monde réel est sans frontière : un monde de maladies sans frontières, de Médecins Sans Frontières, où l’économie et la technologie sont sans frontières, où l’éducation est sans frontières, où le terrorisme et la guerre sont sans frontières. C’est désormais notre monde réel. Barber conclue en appelant à la création d’un parlement mondial des maires et des citoyens.

TED est un excellent indicateur du monde qui vient et ce cru confirme bien que les crises économiques, écologiques et sociales sont en train de se transformer en une crise politique majeure. Face à cette situation les modèles participatifs, décentralisés et à l’échelle locale ont été plébiscités. Parallèlement la tentation du rejet démocratique au profit de systèmes autocratiques reste vive. À suivre…

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21 Mai Thorium, le rêve d'un nucléaire « vert »

Voici la version longue et illustrée de ma chronique prospective mensuelle publiée dans les Echos aujourd’hui

Aujourd’hui l’humanité utilise trois types d’énergies : les énergies fossiles (charbon, gaz et pétrole), les énergies dites renouvelables (éolien, solaire, géothermique et hydraulique) et le nucléaire. En moyenne le coût nécessaire pour élever un million de livre d’eau d’un degré Farenheit (l’unité BTU) est de 44$ via l’énergie solaire, 18$ avec du pétrole, 2$ avec du charbon et 0,92$ avec de l’uranium ! Les énergies fossiles sont en effet peu chères et sécurisées mais très polluantes et leur pérennité remise en question compte tenu de l’érosion croissante des stocks. Les énergies renouvelables sont propres et générées à partir de ressources abondantes mais leur coût est conséquent. Enfin le nucléaire propose le meilleur retour sur investissement financier mais induit le plus fort risque environnemental.
Aucune de ces sources ne répond simultanément aux critères de propreté, d’abondance, d’économie et de sécurité. La solution qui cumulerait toutes ces qualités serait considérée comme la pierre philosophale pour nos sociétés modernes !


How Thorium can save the world: Salim Zwein at TEDxBeirut 2012

Pourtant, dans les années 60 le physicien américain Alvin Martin Weinberg a mis au point dans son laboratoire du Tennessee un réacteur nucléaire à sels fondus qui a la capacité d’atteindre des températures de plusieurs centaines de degrés à pression ambiante éliminant ainsi les risques d’accident par explosion. Ces réacteurs de quatrième génération utilisent le thorium comme combustible. Abondant sur la planète, ce composant est aussi commun que le plomb. Comme le rappelle Jean-Christophe de Mestral dans son récent livre « L’Atome vert », l’utilisation de thorium au coeur de réacteurs à sels fondus génère des déchets au cycle de vie 1.000 fois plus court que ceux de l’uranium. Et le temps nécessaire à la dégradation de ses déchets est équivalent à celui qu’une canette de soda jetée dans la nature (quelques centaines d’années). Son efficacité est redoutable car 1kg de thorium est équivalent à 200kg d’uranium et une bille de thorium capable de tenir dans la paume de la main permet de produire de l’énergie pour un individu pendant une vie entière.

Si cette technologie est à portée de main depuis les années 1960, pourquoi ne l’avons nous pas exploitée ? A cette époque le nucléaire à base d’uranium a été privilégié car il répondait aussi à une exigence d’efficacité militaire ! Les recherches sur les réacteurs à sels fondus à base de thorium, n’étant d’aucun intérêt pour les armées de la guerre froide, elles n’ont reçu aucun financement de recherche. Aujourd’hui cette technologie retrouve un intérêt certain au regard des problématiques de développement durable auxquelles les sociétés modernes sont confrontées. La Chine et l’Inde investissent massivement sur ces solutions pour développer le nucléaire de nouvelle génération. La NASA s’y intéresse sérieusement pour permettre demain à des colonies humaines de produire de l’énergie à faible coût sur la Lune ou sur Mars. Si les recherches aboutissent, elles pourraient bouleverser l’industrie du nucléaire en apportant simultanément propreté, abondance, économie et sécurité. 

TEDxYYC – Kirk Sorensen from Nasa – Thorium Energy for space colonies

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16 Avr Les nouvelles frontières de la procréation

Chronique prospective publiée dans les Echos aujourd’hui

Saviez-vous que la procréation assistée à partir de spermatozoïdes congelés est possible depuis la fin des années 1960, alors que celle à partir d’ovules congelés n’est maîtrisée que depuis quelques années ? Cette dernière avancée permet d’aider les patientes atteintes de cancer à retrouver leur fertilité perdue à cause d’un traitement par chimiothérapie. Désormais, il est possible d’isoler des cellules souches germinales à partir de tissu ovarien congelé avant le traitement, puis de le greffer plusieurs années plus tard (*). Dans quelques années, cette technique pourrait servir à effacer l’inégalité face à la procréation. Elle permettrait par exemple à des femmes qui repoussent l’âge d’avoir des enfants de ne plus envier ce confort aux hommes. Dans les décennies qui viennent, les techniques de procréation assistée devraient permettre d’aller encore plus loin. Comme l’expliquait récemment le docteur Laurent Alexandre dans « Le Monde », « il va être possible pour un couple homosexuel d’avoir des enfants biologiques porteurs de gènes des deux parents ». Grâce à la découverte de la technique des cellules souches IPs par le prix Nobel de médecine 2012, Shinya Yamanaka, il est désormais possible de faire naître un souriceau à partir de deux spermatozoïdes. La technologie ne devrait pas tarder à pouvoir être appliquée à l’homme, d’autant que l’utérus artificiel est déjà en train d’être expérimenté au Japon. Le planning familial à la fin des années 1960, le combat pour le droit à l’avortement dans les années 1970, la fécondation in vitro dans les années 1980 ont été des marqueurs forts du mouvement d’émancipation sexuelle du XX e siècle dans les pays occidentaux. Sur fond de découvertes scientifiques et d’avancées technologiques, les prochaines décennies s’annoncent riches en débats de société et en avancées culturelles sur la question de l’égalité homme-femme… et au-delà.

(*) Le docteur Michael Grynberg, responsable de la plate-forme de préservation de la fertilité à l’hôpital Antoine-Béclère de Clamart, a présenté ses travaux à TEDxParis le 28 mars dernier.

A voir à ce sujet ce documentaire en 4 parties diffusé par Arte sur l’Uterus artificiel.

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06 Mar A propos de la mémoire de Chavez

Je ne m’exprime que très rarement sur mes convictions politiques. Pour une simple raison, je ne suis pas (plus) militant depuis de nombreuses années. Je l’ai été. Plutôt à gauche. Tendance rouge. J’ai déchanté méchamment dans les années 2002 – 2003 au coeur des débats post 11 septembre en prenant conscience de l’aveuglement et de la bêtise de certains militants intellectuels de gauche.

Ce matin, à la lecture des unes de journaux français et de quelques commentaires sur les réseaux sociaux, ce parfum nauséabond, oublié depuis une bonne dizaine d’années, m’est subitement remonté au nez. Chavez mort est célébré par toute une « intelligentsia » rouge, tendance brune, qui a (ou fait semblant d’avoir) oublié que ce type a été un dictateur, petri de populisme et d’anti-impérialisme aux accents antisémites.

Ce qui fait le plus mal dans tout cela, c’est que notre pays, est à la fois fondateur de la Démocratie moderne et inventeur des Droits de l’Homme, mais reste aussi englué dans un paradoxe très singulier. Il se traduit parfois par le romantisme sombre du militant rouge élevé à la nostalgie des révolutions ratées, celles de 1871, 36 et 68 et des rendez-vous héroïques manqués de la seconde guerre mondiale et des guerres d’indépendance.

Si seulement les peuples pouvaient passer sur le divan et vomir une fois pour toute ces contradictions, souffrances et manques de courage pendant trop d’années refoulés…

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12 Fév L'économie de la débrouillardise

Chaque mois, retrouvez ma chronique mensuelle dans le cahier Prospective des Echos, vous trouverez ci-dessous la version longue  et illustrée de la chronique du mois.


Le système D est une économie à part entière. Elle est incarnée par cette jeune femme qui vend des produits alimentaires dans sa pirogue au Vietnam, ou par ces hommes qui vendent des crédits de communication mobile sous un parasol au Nigeria. Cette économie informelle existe dans le monde entier et concerne 1,8 milliard de personnes. Le produit de leur commerce s’élève à 10.000 milliards de dollars par an, ce qui en fait la deuxième économie mondiale après les Etats-Unis. Si bien que certains groupes la considèrent comme un véritable segment de marché : Procter et Gamble évalue la part de ses ventes par des canaux parallèles à 20% !

L’économie du système D détricote le modèle industriel du siècle dernier et rétablit un modèle artisanal à la fois global et hyper local. Les acteurs de cette économie distribuent des biens et services, mais les produisent aussi. Les anglo-saxons l’appellent l’économie du « Do It Yourself », où demain les unités de production seront assurées par des individus dotés d’outils rudimentaires, mais aussi très avancés comme l’imprimante 3D ou les composants électroniques « open source ». Ils imprimeront des pièces détachées pour réparer des produits industriels. Ils « hackeront » des dispositifs électroniques à l’aide de composants standards.

Ces acteurs de la résilience, nés dans une économie industrielle et mondialisée en déclin, renversent les schémas habituels. Exemple avec le projet « Facts », initié par Veolia Environnement. Son objectif est de faire circuler d’un continent à un autre des solutions et découvertes réalisées par des acteurs de terrain. Ainsi, une invention indienne pour fabriquer à bas coût des lunettes de vue profite aux Philippines, au Vietnam mais aussi au Nord! Car ces solutions émanant de pays pauvres commencent à être appliquées dans les pays occidentaux frappés par la précarité.


Cette économie développe aussi ses propres monnaies, alternatives, libres ou parallèles. Elles se basent sur le troc et ont parfois un système de change avec les monnaies traditionnelles, comme le TEM en Grèce.

Toutes ces initiatives laissent entrevoir une tendance de fond : l’économie de la débrouillardise pourrait devenir la première économie mondiale à un horizon de quinze ans.

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15 Jan Tous cyborgs ?

Ce billet est la version longue de ma chronique mensuelle publiée ce jour dans le cahier Prospective des Echos.

L’homme est un cyborg depuis la nuit des temps. Évidemment, pas ce cyborg que les auteurs de science fiction fantasment à longueur de romans et de grosses productions hollywoodiennes ; mais un cyborg plus silencieux, moins visible, bien plus réel. Un cyborg est un organisme auquel on a ajouté des composants exogènes pour lui permettre de mieux s’adapter à l’environnement. Vous lisez cet article lunette sur le nez, en ingérant votre dose de caféine quotidienne? Littéralement vous êtes un cyborg. Il existe des cyborgs encore plus évolués bien sûr : les spationautes, les plongeurs sous-marins ou les champions des jeux paralympiques. Avec l’avènement des technologies de l’information, l’impact sur l’être n’est plus physique mais bel et bien cérébral. Nous avons modifié notre façon de penser, de communiquer, de créer du lien social. En somme, le réseau est devenu une extension plus ou moins importante de notre cerveau. Vous en doutez? Pensez à ces notes, ces courriels ou ces listes de taches stockées dans votre smartphone, votre ordinateur ou vos serveurs. Si soudainement vous les perdiez, ne perdriez -vous pas une part intrinsèque de votre mémoire ?

Je vous l’accorde, dans le langage courant, les cyborgs évoquent plutôt ces êtres hybrides, ces créatures singulières dotées de dispositifs sophistiqués, ces monstres aux facultés physiques et mentales extraordinaires. Extraordinaires dites-vous? Non, les avancées technologiques que nous voyons progressivement sortir des laboratoires incitent à penser que ces facultés sont en train de devenir tout à fait banales. A force d’accélération exponentielle des évolutions technologiques et ce à coût constant et avec l’avènement des NBIC (Nanotechnologies, biotechnologies, informatique et sciences cognitives) la donne changera à l’horizon 2030 – 2040. Aujourd’hui un dispositif de calcul de 1000 $ nous permet d’atteindre la capacité cognitive de celle d’un insecte, voire d’une souris. A horizon 2020, cette puissance croisera celle du cerveau humain. Que se passera-t-il dix ou vingt ans plus tard? La frontière entre la machine et le vivant deviendra de plus en plus floue. Le rythme exponentiel de l’évolution technologique depuis plus de quarante ans, que l’on appelle communément la loi de Moore, surprend mêmes les experts les plus reconnus. Souvent conservateurs dans leurs prévisions par souci de crédibilité ils passent à coté des grandes révolutions. C’est exactement ce qui est arrivé avec les technologies de séquençage de l’ADN qui étaient considérées comme immatures pour plusieurs siècles dans les années 90 alors qu’aujourd’hui un séquençage complet peut être réalisé en moins d’une heure pour un coût inférieur à 2 000 $.

Nos sens devraient être les premiers à profiter de ces évolutions. L’exemple d’un des pionniers du mouvement cyborg, Neil Harbisson est emblématique. Né avec une maladie rare le privant de la vision de la couleur, ce jeune irlandais vit en permanence avec un dispositif portatif le dotant d’un troisième oeil capable de retranscrire les couleurs en sons. La technologie qu’il a mis en oeuvre est assez simple, en revanche l’impact que ce dispositif a eu sur son cerveau est remarquable. Il est désormais capable de percevoir des sensations et des émotions associées aux couleurs qu’il “voit”.

Inversement ce troisième oeil lui donne la capacité de “visualiser” les sons, les voix et la musique. L’augmentation des capacités sensorielles, visuelles, olfactives et kinesthésiques grâce à des capteurs externes est une des évolutions que nous devrions vivre dans les prochaines années avec un impact majeur sur nos capacités cognitives. Cette révolution a déjà commencé avec les dispositifs de réalité augmentée comme les lunettes commercialisées cette année par Google.

Nous décuplerons nos forces physiques, améliorerons notre vitesse et gagnerons en équilibre dans des situations extrêmes de déplacement. Des exosquelettes motorisés sont commercialisés dés aujourd’hui. La société Berkeley Bionics propose par exemple des solutions d’aide aux valides comme aux handicapés dans le secteur civil ou militaire. Avec 1% de personnes condamnées à se déplacer en fauteuil roulant sur la planète, ce marché est considérable.

Dans un second temps, les exosquelettes pourraient laisser place aux prothèses mécatroniques myoélectriques. Branchées directement au système nerveux ces prothèses sont capables d’être commandées directement par le cerveau au travers des impulsions électriques des muscles et autorisent la boucle de retour, donc le gain de sensations. Encore cantonnées aux laboratoires de recherches, comme celui du Dr Todd Kuiken spécialiste de médecine bionique au Rehabilitation Institute de Chicago, ces technologies devraient être mises à disposition du grand public dans quelques années.

L’ultime étape sur laquelle travaillent les laboratoires de recherche reste la connexion directe au cerveau. Aujourd’hui dans celui de l’Institut Pasteur, une équipe de recherche, celle du Pr Lledo, a déjà découvert un moyen d’y parvenir. On peut en effet aujourd’hui prendre le contrôle de n’importe quel cerveau de mouche, ver, souris ou primate à l’aide d’une technique en passe de révolutionner les neurosciences : l’optogénétique. Cette technique, qui est le rapprochement de l’optique et de la génétique, permet de modifier les propriétés des cellules nerveuses avec un simple faisceau de lumière bleue (on excite la cellule nerveuse) ou jaune (on inhibe la cellule nerveuse). Pour l’instant ces technologies sont principalement étudiées à des fins thérapeutiques. (A lire : La Recherche : Palmares 2012)

Au delà de la question éthique, qui n’est pas traitée ici, il est clair que les technologies mais aussi la pression économique et sociale pour la recherche de la performance vont nous amener dans les 20 prochaines années à vivre une révolution de l’espèce humaine comparable à celle que la planète a vécu avec l’ère industrielle. Il est officiel que nous avons changé d’ère géologique en 2012. Nous sommes entrés dans l’anthropocène : une nouvelle époque géologique causée par la main de l’homme et non plus par les phénomènes naturels et les forces géologiques. De la même façon, notre capacité à manipuler le vivant, enrichir nos capacités physiques et sensorielles de dispositifs plus ou moins évoluées nous feront-ils lentement changer d’espèce ? Ou nous éteindre à la façon de la grenouille ébouillantée dans une eau chauffée graduellement ? Cèderons-nous un peu de territoire vivant au profit de quelque chose que nous ignorons encore ? Il parait que l’humanité a entre 20% et 50% de chance de survivre au 21ème siècle. Nous avons encore quelques années à attendre pour le savoir…

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26 Déc Premier lot de prévisions pour 2013…

Fin d’année, grand ménage, bonnes résolutions et tentatives de prévisions sur le front économique et plus particulièrement dans le domaine de l’IT.

Première prévision, plutôt une bonne nouvelle : L’économie US, devrait reprendre des couleurs

En effet, il semblerait que la reprise aux USA soit prévue pour 2013. En effet l’augmentation confirmée d’un indicateur clé est là : les « investissements résidentiels » ! Cette augmentation survient systématiquement après une récession et précède une période de croissance. (Source : Private Investment and the Business Cycle)

Seconde prévision : ça y est, 2013 est l’année de l’Internet des objets !! 

(Tout autant que la 4G ), l’internet des objets devraient être un des buzz word de 2013. Plus de 5 milliards de puces dédiées à créer des « objets » connectés seront vendus en 2013. Ainsi l’ensemble des terminaux connectés via wifi devront dépasser les 10 milliards en 2013, auquel s’ajoute 10 milliards supplémentaires de terminaux bluetooth. On nous a promis 50 milliards d’objets connectés en 2020, ce devrait arriver plus vite que ça à ce rythme. A noter que le NFC est un des gros facteurs de croissance de ce marché. (Source : 2013 will be the year of ‘the Internet of things’ as more than 5B wireless chips ship)

Troisième prévision : La TV connectée atteint l’âge de la maturité.

Sur le front de la smartTV, nous attendions 53 millions de smart TV vendues dans le monde avec une place de choix pour Samsung à 45% de parts de marché. Ce sont finalement 69 millions qui l’ont effectivement été. Selon Gartner ce chiffre devrait atteindre 108 millions en 2013 et 85% des TV produites en 2016 seront connectées. Pour rappel, il y a 2,5 milliards de TV (classiques) dans le monde aujourd’hui pour moins de 10% d’entre elles qui sont connectées. Reste à savoir comment va évoluer le marché. Vers un écosystème ouvert de contenus et d’applications ou au contraire vers le renforcement de la séparation en silos fermés, par univers de marque. En effet, on distingue deux types de smartTV : les « customer controlled » qui donnent la main à l’utilisateur sur le choix des services et contenus accessibles ou les « set maker controlled » qui centralisent les services et contenus choisis autour d’un portail propriétaire. Entre le mouvement naturel d’ouverture que le web a connu et le phénomène inverse issue de la bataille autour du mobile, les jeux restent ouverts. En Chine, premier marché de la TV connectée, l’offre est majoritairement « customer controlled », en Europe, second marché, elle est plutôt « set maker controlled ». Google a choisi une approche plus ouverte que ses concurrents avec sa Google TV. Le résultat n’est pas très bon à ce jour. Mais le prochain CES verra apparaitre une nouvelle gamme de terminaux notamment chez LG. (Sources : Smart TV shipments grow 15% in 20129 téléviseurs sur 10 seront des Smart TV en 2016LG étend son offre Google TV avec deux nouvelles gammes)

Quatrième prévision, histoire de générer la controverse et d’attirer les troll, risquons nous à prédire le déclin du Réseau Social « façon 2007 » 

2007 est l’année de la naissance des réseaux sociaux. Facebook a évidemment été la locomotive du marché avec une belle récompense en 2012, cinq année plus tard : une entrée en bourse et la fortune des fondateurs et investisseurs. Or 2012 a aussi été l’année la plus sombre pour l’entreprise. La grogne des petits porteurs voyant l’action perdre près de la moitié de sa valeur quelques mois suivant l’introduction, le ras le bol des utilisateurs à propos des règles de gestion de la vie privée, la fronde contre Instagram, la perte d’intérêt progressive pour le contenu et les publicités de plus en plus envahissantes… Enfin l’effet de mode s’use au bout de cinq ans. Exception à Twitter qui a su gagner en maturité et fait de sa simplicité une force qui le hisse à 200 millions d’utilisateurs actifs en décembre 2012 (contre 1 milliard pour Facebook). Enfin Google+ qui a la croissance la plus rapide avec 100 millions d’utilisateurs actifs par mois a une réelle carte à jouer en 2013 pour réinventer l’usage du réseau social : pour nous permettre d’interagir non seulement avec nos amis mais aussi avec nos objets? (Sources The End of Facebook: What Will It Take to Kill the King of Social? Facebook Announces Monthly Active Users Were At 1.01 Billion As Of September 30th, An Increase Of 26% Year-Over-Year,  It’s Official: Twitter Is Not a FadGoogle+ On the Rise – 100 Million Monthly Users)

(à suivre…)

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