Michel LÉVY-PROVENÇAL | Actualité
Michel LÉVY-PROVENÇAL | Actualité
Bienvenu sur le site de Michel LEVY-PROVENCAL. Entrepreneur, fondateur de TEDxParis, l'agence éditoriale BRIGHTNESS, le do-tank L'ECHAPPEE VOLEE, l'agence objets connectés Joshfire, le site d'info Rue89, dénicheur de talents et provocateur de changements.
TED, TEDxParis, Rue89, L'ECHAPPEE VOLEE, BRIGHTNESS, TEDx, TEDxFRANCE, TED Paris, TED France, Innovation, Singularity University, internet des objets, objets connectés.
2
archive,paged,category,category-actualite,category-2,paged-3,category-paged-3,ajax_fade,page_not_loaded,,qode-theme-ver-5.8,wpb-js-composer js-comp-ver-5.1,vc_responsive

Actualité

25 Déc Comment airbnb a disrupté le rêve de Noël de ma fille

Article initialement publié sur Huffingtonpost.fr le 24/12/2015

La version anglaise de ce billet est aussi disponible

Souvenez-vous de votre premier Noël à la neige. Si vous avez eu cette chance un jour, enfant, de vivre un 25 décembre à la montagne, il est probable que vous vous en rappelez encore. Fermez les yeux et écoutez le doux son de la cheminée qui crépite, humez l’odeur du sapin devant la fenêtre, admirez le paysage montagneux, sentez la chaleur du chocolat au lait et des crêpes à peine sorties de la poêle. Voilà l’expérience que nous avions prévu de faire vivre notre fille de 3 ans cette année. Nous avons donc réservé sur airbnb un très beau chalet, pendant une semaine, au coeur des Alpes, à deux pas de la belle station de Megève, à Flumet. Parmi toutes les offres proposées dans la région une nous a paru idéale : un chalet « Prestige » à 5 minutes des pistes en voiture et d’après les photos présentées, au coeur de la nature. Le lieu parfait pour faire toucher du doigt ce rêve d’enfant à la petite.

A l’arrivée, en pleine nuit, nous découvrons l’intérieur du chalet qui est plutôt agréable, même si à l’étage, la température est fraîche. Mes beaux parents passent cette semaine avec nous et choisissent gentiment de s’installer en haut. Notre fille et nous sommes au rez-de-chaussée. La nuit passe.

Premier jour, dès l’aube, le défilé de voitures et de camions nous réveille. Le chalet est en bord de départementale. De l’autre coté de la route, je constate médusé que nous sommes entre une zone de stockage et la déchèterie d’une menuiserie attenante. Nous nous apprêtons à passer une semaine entre le passage bruyant des véhicules de livraison qui arrivent et partent de Megève et un terrain en friche où outils, débris et bâches font office de paysage. C’est l’opposé du cadre idyllique que l’annonce airbnb décrivait.

Nous tentons de faire abstraction et passons notre journée à découvrir la région : vins chauds au village, patinoire et premières courses pour préparer la soirée de Noël. Le soir venu, nous rentrons. Quelle surprise, quand nous nous apercevons, dès le premier bain pris, que le ballon d’eau chaude est vide et que nous sommes condamnés à la douche froide à 4 degrés dehors. C’est à ce moment, que je décide de contacter pour la première fois le service client d’airbnb afin de leur demander quel recours nous avons face aux problèmes que nous rencontrons. Quelques minutes d’attente au téléphone et la réponse de mon interlocuteur est claire : « airbnb ne prend pas en compte les nuisances extérieures et concernant la chaufferie nous contactons le propriétaire qui a jusqu’à demain matin pour régler le problème ». Agacé par cette réponse, je décide d’abord de contacter directement notre hôte qui m’indique ne pas pouvoir résoudre le problème dans l’immédiat et m’invite à me contenter de la situation ou à partir dès le lendemain matin de son chalet ! J’en appelle alors à quelques contacts sur les réseaux sociaux à la pêche aux idées. Coup de chance, un de mes amis connait bien le patron d’airbnb en Europe et me propose de nous présenter. Ce dernier répond par un message dans les quelques minutes qui suivent en m’assurant que quelqu’un devrait me contacter rapidement pour trouver une solution. Cela ne tarde pas et je suis conscient de cette chance qu’une très grande majorité d’utilisateurs de la plateforme n’ont pas. Une jeune femme du service « expérience utilisateur » d’airbnb en Californie m’appelle sur mon téléphone mobile pour nous rassurer et nous promettre qu’elle traitera le problème dés le lendemain matin. Nous nous endormons.

Deuxième jour, mon interlocutrice de la veille nous rappelle et nous propose de nous transférer dans un autre chalet qu’il nous reste à trouver à condition de régler les deux premières nuits. J’accepte en prenant le soin de préciser que nous ne pouvons pas prendre le risque d’abandonner ce chalet sans une alternative certaine car nous imaginer bloqué en montagne sans logement avec un enfant en bas âge est impensable. Evidemment, elle nous assure qu’une solution sera dans tous les cas assurée par airbnb. Second jour de vacances, nous n’avons toujours skié ni véritablement eu le temps de nous occuper des activités de montagne car nous sommes mobilisés sur le dossier airbnb. Nous voilà encore partis pour passer quelques heures dans le village en attendant la solution alternative assurée par notre gentil contact du support utilisateur. Les heures passent, il est 17h, la nuit commence à tomber et l’inquiétude monte d’un cran. C’est à ce moment que je reçois un SMS. Enfin, un nouvel hôte nous propose un chalet très confortable à quelques minutes en voiture et nous donne RDV à une adresse que nous ne pourrons récupérer qu’une fois la réservation effectuée et réglée sur le site. Armé de mon téléphone mobile, je conclue la transaction, règle la totalité du séjour dans ce nouveau chalet et nous nous mettons en route. Le plus important est de commencer enfin ces vacances dont nous rêvons. Un petit détour pour acheter un nouveau sapin de Noël et nous arrivons à 18h précises au rendez-vous.

Il fait nuit et froid. Une femme nous accueille en précisant qu’elle a en charge l’ouverture de la maison, le propriétaire étant absent (et injoignable) car « en vacances actuellement sur un bateau en Jamaïque ! ». Le chalet est glacial mais plutôt joliment décoré. Nous gardons nos doudounes sur le dos, il fait 7 degrés à l’intérieur. Nous allumons cheminée et chaudière et passons le temps à décorer le nouveau sapin en attendant que la température monte. Deux heures passent, le thermomètre ne bouge pas, toujours 7 degrés partout dans le chalet. La chaudière semble allumée mais rien n’y fait. J’ouvre le four de la cuisine, branche tous les radiateurs électriques, tente de contacter notre hôte, personne au bout du fil. J’envoie un nouveau mail au service client. Pas de réponse. J’appelle le service utilisateur français d’airbnb. 30 minutes passent avant d’obtenir le premier conseiller. Il est 20h30, notre fille est depuis 2h30 emmitouflée dans son anorak de ski devant un sapin triste, dans une maison glaciale à l’odeur de renfermé. La cheminée peine à tirer. Le rêve tourne au cauchemar.

72h se sont écoulées. Evidemment, c’est à ce moment que je sors de mes gonds. Nous sommes en train de vivre le pire Noël de notre vie. Je demande immédiatement d’annuler et de rembourser la totalité de ma dernière réservation. À cette heure tardive l’hôtel est ma seule issue peu importe le prix. Vous imaginez bien le coût de deux chambres à la dernière minute pendant une semaine de Noël à proximité de Megève ? Et là, que me répond le service client d’airbnb ?

  • « Si nous annulons cette réservation à votre demande, nous ne pouvons pas vous rembourser, Monsieur ! »
  • « Pardon ? Vous ne pouvez pas me rembourser la location d’un chalet de montagne dans lequel nous venons à peine d’arriver et où il fait 7 degrés sans chauffage fonctionnel ? Avec un enfant en bas âge à l’intérieur ? »
  • « Comprenez monsieur, c’est une somme ! »
  • Moi, au bord de la crise de nerfs : « c’est mon pognon c****** que tu as encaissé en avance de ta prestation de m**** que tu ne veux pas rembourser ! »
  • airbnb : « Il nous faut une preuve qu’il fait 7 degrés dans le chalet pour envisager un remboursement, Monsieur ».

J’avale ma rage. Il faut dire que j’ai passé 30 minutes à attendre avant de pouvoir parler à quelqu’un. Bien sûr, je ne me sens pas très fier d’obtempérer et prends conscience de la façon dont je me laisse traiter. Je transmets par mail une photo du thermomètre figé sur 7°C depuis 3h à mon interlocuteur qui finit par accepter le remboursement. Pour la deuxième fois depuis notre arrivée nous faisons nos valises et déshabillons l’arbre de Noël. Nous repartons sur la route en quête de deux chambres pour la nuit et d’un repas au chaud pour notre fille. Par chance nous trouvons un point de chute : un hôtel disponible au prix du tiers du séjour pour une seule nuit. Peu importe. Notre petite dîne, veille un peu et nous filons nous coucher, éreintés.

Quatrième jour de « vacances », il est temps de reprendre nos esprits et de nous rendre à l’évidence, nos vacances sont écourtées et il nous faut nous résigner à rentrer à Paris.

Nous sommes le 24 décembre, trois jours se sont écoulés et je n’ai reçu aucune nouvelle d’airbnb ; ni de mon interlocutrice si gentille du service client californien, ni du si sympathique patron d’airbnb en Europe, à qui j’ai pourtant fait part de la conclusion de notre séjour. Nous avons dépensé en trois jours de stress la totalité du budget de notre semaine de vacances, les premières leçons de ski de notre fille ont été annulées et airbnb a disrupté nos fêtes de Noël !

Alors évidemment, il y a plus grave dans la vie. Et cette histoire n’est qu’un cas particulier. Nous sommes aussi privilégiés face aux innombrables et croissants problèmes rencontrés chaque jour par les utilisateurs de cette plateforme. J’étais jusqu’à présent non seulement fan d’airbnb et ce depuis les premiers jours de l’ouverture en France, mais aussi un prescripteur du service. Il m’arrive très souvent d’évoquer le modèle airbnb lors de mes prises de paroles en public sur les sujets de la disruption à l’ère de la digitalisation de masse, comme ce fut le cas il y a un mois à la conférence newtourism 2015.

Nous connaissons la mécanique et le modèle d’affaire d’airbnb. La plateforme part du principe, contrairement aux acteurs traditionnels de l’hôtellerie, qu’elle n’a plus besoin d’acquérir des lieux d’hébergement ou encore de les louer, ni même de faire appel à du personnel qualifié pour assurer l’accueil, le service ou prendre la responsabilité des prestations qu’elle vend. Elle utilise massivement le numérique, le web, le mobile pour faciliter la mise en relation de ses clients (hôtes et locataires). Elle capte en permanence des données pour améliorer son offre. Ce faisant, elle minimise radicalement ses coûts d’investissements et ses charges pour se rémunérer en capitalisant sur des actifs qui ne lui appartiennent pas et qu’elle aide à exploiter en ponctionnant une partie de la valeur qu’elle arrive à en tirer. C’est une mécanique qui fait appelle à la puissance de la foule, c’est à dire de la main d’oeuvre qu’elle n’embauche pas et sur laquelle elle ne paie pas de taxe. Bref, airbnb a en effet trouvé une martingale qui fonctionne à merveille, jusqu’à un certain point…

Cette histoire m’a permis de prendre conscience d’une facette du modèle airbnb qui m’avait échappé. Elle constitue probablement une des failles que les principaux concurrents traditionnels du service ont intérêt à massivement exploiter. La faiblesse principale d’airbnb réside dans le fait, contrairement à ce que prétend leur récente campagne de communication ventant l’hospitalité et la responsabilité, qu’il ne peuvent structurellement pas tenir ces deux promesses à leurs clients.

La responsabilité que porte un professionnel à l’égard de sa clientèle ne peut être comparée à celle d’un amateur. En l’occurrence tout le monde ne peut se prétendre hôtelier. C’est un métier normé, avec un sens du service et de l’hospitalité. C’est une responsabilité qu’un amateur ne peut assumer. Un tiers doit le faire à sa place. Et c’est précisément ce qu’airbnb ne fait pas. airbnb pourrait prendre par exemple la responsabilité de qualifier chacun des produits mis en ligne sur sa plateforme et arrêter de considérer que les mauvaises expériences de leurs clients serviront à qualifier leur stock. airbnb pourrait prendre la responsabilité de gérer l’accueil de leurs clients plutôt que de le déléguer à des amateurs non qualifiés. Ils pourraient développer un écosystème de professionnels en charge de l’accueil et du départ des visiteurs dans une location. Enfin airbnb pourrait proposer un écosystème de services locaux qualifiés et assurés par des professionnels pour répondre aux besoins habituels d’un client dans un hôtel : room-service, blanchisserie, conciergerie… Aujourd’hui, au mieux ils nouent des partenariats sans véritablement prendre la responsabilité du service rendu, au pire, ils sont tentés de reproduire leur modèle en proposant par exemple depuis peu des « expériences touristiques » conçues et organisées par leurs hôtes, toujours amateurs

À contrario, les hôteliers traditionnels possèdent expertise et main d’oeuvre. C’est une force contrairement aux apparences. Leur métier, quand ils le font bien, leur permettrait de disrupter à leur tour airbnb sur le terrain de ses propres promesses : accueillir, accompagner, prendre la responsabilité de la prestation qu’ils proposent à leurs clients. Le retard que les hôteliers ont accumulé dans la course à la numérisation les handicape face à la puissance apparente de l’expérience utilisateur d’airbnb. Rattraper ce retard est un préalable évidemment indispensable. En revanche, une fois dotés des outils équivalents à ceux des plateformes en ligne les plus évolués, tout se jouera sur le terrain du service. Imaginez un instant, une fois à égalité sur le plan de l’expérience digitale, que les grandes chaînes hôtelières décident de concurrencer airbnb sur son propre modèle ? Imaginez, qu’en plus de leurs propres chambres, elles proposent, comme airbnb, des appartements ou des maisons louées ponctuellement à proximité immédiate de leurs hôtels, mais en assurant en plus un service de la qualité de celui qu’on attend d’un professionnel (accueil, conciergerie, petit-déjeuner, room-service, blanchisserie, nettoyage quotidien des chambres, animations et expériences professionnelles)… J’imagine que ce type de projets a été évalué par les directions stratégiques des chaînes hôtelières ?

Je ne tirerai qu’une seule leçon de cette histoire. airbnb ne transforme pas véritablement le marché de l’hôtellerie. La plateforme vient plutôt concurrencer les mauvais hôtels ou les agences de location temporaire d’appartements et de maisons. Imaginer le contraire c’est prendre le risque, comme nous l’avons fait cette semaine, de vivre un cauchemar. La technologie, le bigdata, les outils de communication en ligne sont absolument nécessaires aujourd’hui pour répondre à l’enjeu d’un tourisme de masse mais ils ne remplaceront jamais la chaleur et l’hospitalité d’un humain qui vous accueille et prend soin de votre bien-être parce qu’il a fait du sens du service son métier.

Read More

18 Déc [R]ÉVOLUTIONS FRANÇAISES, le documentaire.

[R]ÉVOLUTIONS FRANÇAISES est un film documentaire de 70min d’Alban Fischer et de Matthieu Valluet. Le documentaire est accessible sur Pluzz en Replay. 

Révolutions françaises

Nous vivons une époque charnière entre d’un côté des crises économiques, politiques, environnementales et de l’autre côté des opportunités, impensables il y a encore 10 ans, offertes par des innovations comme la génétique, le transhumanisme ou encore les nouvelles technologies de l’information et de la communication.

Michel Levy-Provençal organise depuis 2009 des conférences un peu spéciales où il met en lumière des personnalités qui innovent, qui expérimentent, qui témoignent. Une fois formés par ses soins ou par ses équipes, ces porteurs d’histoires révolutionnaires prennent la parole face à 2 000 spectateurs. Dans son sillon, nous sommes partis à la rencontre de cinq personnes qui à leur manière participent aux révolutions françaises.

X HUCHETNicolas Huchet a perdu l’usage d’un bras dans un accident du travail en 2002. Il y a deux ans, il découvre l’impression 3D. Depuis, il n’a qu’une idée en tête : développer une prothèse à un prix abordable qui lui permet aujourd’hui de réaliser aussi un vieux rêve, jouer de la batterie.

 

 

X SMIA1Raphaël Smia est un ingénieur polytechnicien au profil particulier. Il est éleveur de mouches. Grâce à elles et à leurs larves, il arrive à transformer des tonnes de déchets organiques en engrais, mais ce n’est pas tout. Ces larves, riches en protéines, pourraient révolutionner notre chaîne alimentaire en remplaçant le soja dont se nourrissent actuellement nos animaux d’élevages.

 

X YMLB2Yves-Marie Le Bourdennec est boucher, il est connu pour ses côtes de boeuf qui font saliver les stars. Ce que l’on sait moins, c’est qu’il révolutionne toute la filière viande, depuis l’élevage jusqu’à l’assiette.

 

 

X BENCHE1Karim Benchenane est docteur en neurosciences et chercheur à l’ESPCI. Il s’intéresse à la manipulation de la mémoire. Il a bousculé le monde de la recherche en parvenant à injecter des souvenirs à des souris.

 

 

X WOLINSKI4Elsa Wolinski est la fille du dessinateur Georges Wolinski, assassiné lors des attentats de Charlie Hebdo. A travers son récit intime des évènements, elle nous invite à ne pas oublier une spécificité française garante de notre vivre ensemble : la laïcité.

Read More

08 Oct Gafa contre Daech

Face à une menace internationale et décentralisée comme Daech, on sait désormais que l’efficacité des armées conventionnelles est relative. Les groupes terroristes utilisent Internet et les services des Gafa (Google, Amazon, Facebook, Apple) comme terrain d’opération et comme plate-forme de recrutement. Par exemple, les algorithmes de Facebook aident des djihadistes à cibler de potentielles recrues, comme le montre parfaitement Anne Erelle dans son témoignage « Dans la peau d’une djihadiste ».
Il est par conséquent cohérent de s’interroger sur le rôle que ces géants du Net pourraient avoir dans la lutte contre le terrorisme international. D’autant que ces mêmes acteurs ont prouvé, en une décennie seulement, qu’ils avaient la capacité de transformer de nombreux secteurs : infrastructures, culture, communication, marketing et, plus récemment, santé, transports, éducation… Pourquoi pas celui de la sécurité intérieure, voire extérieure ? Dotés de technologies de pointe, les Gafa ne seraient-ils pas la meilleure arme contre une menace comme Daech ? Cela leur permettrait de poursuivre leur mission de transformation du monde, et, évidemment, de préempter le marché de la cybersécurité, en disruptant l’ancien modèle des armées étatiques.
Un tel scénario est il réaliste ? D’après Guy-Philippe Goldstein (consultant expert en cybersécurité, auteur de « Babel Minute Zéro », Gallimard), c’est le risque d’une dégradation de leur image qui freine les Gafa aujourd’hui. En revanche, les start-up qui s’emparent du sujet fleurissent, à l’instar de l’américain Palantir, dont le but est d’analyser de grandes quantités de données pour « aider les institutions à protéger la liberté », ou de l’israélien Satellogic, qui a pour ambition de déployer un réseau de nanosatellites civils, dont l’efficacité est comparable à celle des meilleurs dispositifs militaires.
Tout indique que, dans les prochaines années, de nombreuses entreprises « disrupteront » le modèle militaire traditionnel en facilitant l’accès à des outils de surveillance, d’analyse, de propagande et d’action, basés sur le Big Data, l’intelligence artificielle, la robotique, les drones, les nanotechnologies et les biotechnologies.

Read More

08 Sep Deux visions du futur

Prédire l’avenir et décrire le monde dans lequel nous vivrons d’ici vingt à trente ans est un exercice périlleux. Parmi les oracles qui se livrent à cet exercice, figurent de grands optimistes comme Peter Diamandis ou Ray Kurzweil, tous deux fondateurs de la Singularity University. Ils sont convaincus de notre capacité à bâtir une société de l’abondance au cœur de laquelle une humanité de plus en plus gourmande en énergie, eau, nourriture, territoire, viendrait combler ses besoins grâce à la révolution technologique en cours. Pour ces radicaux optimistes, la conquête spatiale, l’intelligence artificielle, la robotique, les nanotechnologies, les biotechnologies, la convergence entre sciences de l’information et sciences cognitives seraient autant de moyens qui permettraient d’éradiquer pauvreté, pollution, maladie, etc.

A l’opposé, certains pessimistes voient notre futur sous un jour beaucoup plus sombre. C’est le cas de Michel Houellebecq dans son dernier ouvrage, « Soumission », ou de Boualem Sansal dans le très brûlant « 2084, la fin du monde ». Dans leurs anticipations romancées, notre société disloquée réagirait à la modernité en donnant naissance à de nouveaux systèmes totalitaires instaurés par le fanatisme religieux.

Ces deux approches – optimisme technologique ou pessimisme politique -, compatibles entre elles, sont deux visions du monde à la racine du probable clivage politique majeur du siècle.
Face aux révolutions techniques, sociales et politiques latentes, il est urgent de créer des temps et des espaces de formation, de débat et d’expérimentation consacrés au sens que l’on veut donner à notre nouveau monde. Intellectuels, hommes de foi, scientifiques, artistes, politiques, citoyens, entreprises, en somme toutes les composantes de nos sociétés devraient y être invités pour remettre l’Homme au cœur de la discussion. Car si la machine s’emballe et si la transition brutale que nous allons vivre accentue davantage les inégalités, l’affrontement entre le positivisme scientiste des uns et le fanatisme destructeur des autres sera inévitable et dévastateur.

Read More

16 Juin Un héros des mégadonnées

Le Big Data (ou mégadonnées, en français)  est la denrée la plus abondante de notre époque. A l’heure où 3 milliards d’individus sont connectés à Internet, où plus de 2 milliards possèdent des smartphones et ont un compte sur des réseaux sociaux, les données croissantes que génèrent leurs activités sont une manne, exploitée par une poignée d’entreprises qui ont pris une avance certaine dans le secteur. Mais pour valoriser ces données, il faut arriver à les capter, les stocker, les traiter, les analyser, les visualiser et en extraire des connaissances. Seuls des algorithmes sont en mesure d’effectuer ces tâches et plus la production de données croît, plus l’enjeu réside dans la capacité d’analyse massive et en temps réel. Ainsi, Uber, emblématique de la révolution actuelle, collecte en permanence des informations sur chaque passager, chaque requête, chaque trajet, et les utilise pour prédire à l’avance les pics d’activités, dans le temps et l’espace, afin d’optimiser le travail de ses chauffeurs.

Un jeune génie français, Paul Duan, a, lui, choisi de mettre ses compétences de « data scientist » au service de l’intérêt général. Originaire de Trappes, il a obtenu un diplôme de Sciences po Paris avant d’entamer des études de mathématiques et d’atterrir dans la Silicon Valley, chez Eventbrite, une entreprise spécialisée dans la vente en ligne de billets. Agé de vingt-deux ans, il a choisi d’utiliser les même méthodes qu’Uber, Google ou Facebook pour améliorer les décisions de justice, faire baisser le chômage, optimiser les traitements de santé ou tout simplement sauver des vies. Il utilise les algorithmes pour optimiser l’allocation des ambulances à San Francisco ou permettre à des millions de patients d’éviter une rechute en utilisant les données de leur dossier médical. Paul a créé Bayes Impact , une organisation à but non lucratif dont le but est de mettre la puissance des mégadonnées au service du bien commun, et qui travaille avec des gouvernements ou des ONG du monde entier. Il est des génies qui utilisent leurs talents pour bâtir des empires. Il en est d’autres qui le mettent au service de notre futur commun. Eux sont tout simplement des héros.

Paul Duan est intervenu le 6 juin 2015, à L’ÉCHAPPÉE VOLÉE. Retrouvez son talk en exclusivité sur France Inter.

Read More

24 Mai Les bienfaits inattendus de l’Apple Watch… 

Comme plusieurs millions d’early adopters sur la planète, je cédais, le 10 avril dernier, à la tentation de commander une Apple Watch ! Un mois plus tard elle m’était livrée. Une belle boite blanche, cachant un de ces bijoux éphémères que seule la firme à la pomme sait créer. Le premier contact avec l’objet est agréable. De très belle facture, la promesse est au rendez-vous. Après une journée d’expérimentation, la magie opère : la montre est jolie, étonnamment ergonomique, réactive et surtout d’une autonomie largement à la hauteur de mes attentes (je finis les journées avec 40% de batterie). La surprise dépassée (la surprise qu’on se fait et celle qu’on fait aux autres), arrive le moment de vérité. A quoi sert ce nouvel écran ? La réponse est simple : (aujourd’hui) à rien !

L’interface est beaucoup trop petite pour être lisible, l’offre applicative quasi inexistante, les fonctionnalités proposées sont sans grand intérêt et passée la fierté puérile, pour ne pas dire débile, de porter un objet encore rare, rien ne me pousse à conserver au poignet ce gadget acheté le prix de 1000 paniers repas aux Restos du Coeur !

S’il n’y avait qu’un bénéfice secondaire à tirer de cette expérience, ce serait la prise de conscience de mon addiction dure aux réseaux sociaux. Laissez-moi vous expliquer comment la Watch m’a fait littéralement toucher du doigt cette dépendance. Ceux qui auront expérimenté l’usage d’une montre connectée, ne serait-ce que quelques jours, vous diront tous que l’objet est une extension de votre smartphone : celui-ci reste dans votre poche et la montre, elle, vous permet de consulter vos alertes à une fréquence encore plus importante que d’habitude. Or, il s’avère qu’à ce jour la Watch ne propose pas d’application dédiée pour accéder à Facebook et que Twitter n’est disponible que dans une version très rudimentaire et totalement inefficace. Par conséquent, les seules alertes auxquelles j’ai accès avec la Watch sont mes emails, SMS et appels téléphoniques. Vous me direz, c’est déjà trop ! Et pourtant, après une semaine d’usage intensif, le manque que j’ai ressenti le plus fort a été était du à l’impossibilité d’accéder aux notifications Facebook et Twitter. En moyenne, tous les quarts d’heure, je jetais mécaniquement un oeil à la montre, prenant conscience de l’absence de notification sociale, me rabattant sur mes mails, et dégainant finalement mon iPhone pour littéralement prendre ma dose de dopamine….

Car j’ai bel et bien découvert que je suis dépendant à la dopamine, comme la plupart d’entre vous qui me lisez aujourd’hui depuis un post Facebook ou Twitter ; une dépendance équivalente à celle que ressentent les fumeurs, quand, mécaniquement ils cherchent au fond de leur poche le paquet de clopes qui va leur fournir un pic nicotinique. Le lien entre dépendance à la nicotine et celui à la dopamine a été largement étudié par le passé et les études sur le mécanisme de dépendance développé par Facebook apparaissent dans les revues scientifiques depuis quelques temps.

Alors que faire ? Et bien, j’ai tout simplement commencé par renvoyer cette satanée montre à son créateur. Elle part demain en remboursement chez Apple. Ensuite, j’ai pris soin de désinstaller Twitter et Facebook de mon Iphone. Et je peux vous assurer que le sevrage n’est pas simple du tout. Je continue, tous les quarts d’heure environ, à prendre conscience du manque lié à l’affichage de la « pastille rouge », synonyme de notification et pic de dopamine. Je me suis même surpris, le temps d’une demi heure, à réinstaller ces maudites apps, pour jeter un oeil aux réactions, suite à un passage dans une émission de radio ce week-end… Je continue à tenter la désintox par petites touches. Evidemment l’idée n’est pas de me déconnecter totalement du réseau, j’en ai « professionnellement besoin » (vous noterez l’analogie avec l’alcoolique tenancier de bar), mais plutôt de tenter de contrôler les effets de cette mauvaise habitude sur mon comportement, mon humeur… ma santé. On en reparlera dans quelques semaines. Quoi qu’il en soit, si l’Apple Watch a un intérêt, vous l’aurez compris, il réside surtout dans son inutilité !

Read More

22 Mar Vie éternelle, colonies martiennes et nouvel ordre mondial, de retour de la conférence TED 2015

Le 31eme opus de la conférence TED vient de s’achever sous une pluie généreuse dans la froide et belle cité portuaire de Vancouver. La brume baigne le palais des festivals abandonné par les deux mille âmes venues sentir battre, pendant une semaine, le pouls du monde qui vient. Et voilà l’heure du bilan après une semaine d’intenses réflexions. 

TED 2015 a démarré cette année en évoquant le nouvel ordre mondial. Kevin Rudd, ancien premier ministre australien, a prononcé un discours captivant sur le risque de confrontation à brève échéance entre les USA… et la Chine ! David Rothkopf spécialiste des affaires internationales l’a suivi en soulignant l’échec de la politique internationale des Etats-Unis depuis le 11 septembre 2001. Il a notamment insisté sur la nécessité absolue de repenser les fondations de cette politique. La Chine devrait vivre, dans un futur proche, des bouleversements économiques et sociaux sans précédents. Elle reste l’usine du monde mais pour un temps qui est désormais compté. Rick Smith a rappelé à quel point les technologies d’impression 3D auront un impact sur les processus de fabrication industriel. L’impression 3D est d’ores et déjà utilisée à 30% pour la fabrication d’objets manufacturés. Mais cette révolution ne fait que commencer et cela va tout changer : l’accessibilité des produits, leur coût, la question de la propriété intellectuelle, l’équilibre économique mondial, l’impact environnemental… À ce sujet, Joseph Desimone, CEO de Carbon3D, a montré une démonstration frappante illustrant la croissance exponentielle des technologies dans le domaine. On imprime aujourd’hui cent fois plus rapidement, cent fois plus précisément qu’il y a un an seulement grâce à la « photo-polymérisation ». L’intervention de Joseph Desimone est la première de la semaine à avoir été publiée par TED. Je vous invite à la découvrir.

En matière de conquête spatiale, la perspective d’une expédition humaine sur Mars à moyen terme n’est plus discutable. En revanche, une colonisation par des dizaines de milliers d’humains l’est déjà plus. Et pourtant, c’est la conviction de Stephen Petranek, journaliste et éditeur en chef du Breaktrough Technology Report, qui a prédit non seulement la vie sur Mars à horizon dix ans mais,  plus encore, l’établissement d’une base humaine de 80 000 individus sur la planète rouge dans le courant du siècle !

Joseph Petranek

Stephen Petranek : “Five hundred years ago, Christopher Columbus sailed across a vast ocean and opened a new chapter in human history, for better or worse… I believe we are on the verge of a much greater age of discovery. We’re going to become a two-planet species.”

Vivre sur Mars ne sera ni un luxe ni une lubie de technoscientiste en mal de sensation. Ce sera une nécessité démographique. Nous devrions vivre de plus en plus longtemps et cela ne sera pas sans impact évidemment sur la démographie mondiale. La question de l’allongement radical de l’espérance de vie et la disparition de la mort à longue échéance sont des sujets fascinants que TED a désormais pris l’habitude de traiter sur sa scène. Cette année encore, la question a été abordée en filigrane lors d’une interview remarquable de la transhumaniste Martine Rothblatt. Transexuelle, pionnière de la « digitalisation de l’esprit humain », elle est mariée depuis plus de trente ans à une femme dont elle a créé un double robotisé. Le désir porte la mort en son sein. Comment aimerons-nous, désirerons-nous quand la perspective de notre mort aura disparue ? Martine nous a interrogé sur des questions fondamentales à venir comme nos droits à l’ère de la vie artificielle…

Bina Aspen & Martine Rothblatt

Bina Aspen & Martine Rothblatt : “We want to be cryogenically frozen and we want to wake up together”
Vie artificielle, transhumanisme, robotique, ces sujets nous rappellent que ce qui fait notre profonde humanité sera largement mis à mal par les avancées technologiques qui arrivent. Aujourd’hui déjà le numérique bouscule nos identités. Le respect de notre intimité par exemple disparaît pas à pas. À ce sujet, l’une des interventions la plus surprenante et émouvante fut celle de Monica Lewinsky qui est venu raconter, pour la première fois, à la première personne, l’histoire qui a changé sa vie et qui a annoncé le début d’une nouvelle ère. Monica Lewinsky est devenue, à 24 ans seulement, la première cible d’une « culture de l’humiliation », culture désormais familière dont les médias en ligne tirent aujourd’hui un profit scandaleux. Partisane d’un usage plus sûr et respectueux des médias sociaux elle nous a incité à repenser notre rapport à l’autre à l’époque de la transparence totale. L’intervention de Monica Lewinsky est la seconde de la semaine à avoir été publiée par TED. Je vous invite à la découvrir.

Si je ne devais retenir qu’une seule prise de parole cette semaine, je choisirais probablement celle de Gary Haugen, fondateur de l’International Justice Mission. A l’heure où les inégalités croissent à mesure que la technologie avance et qu’une poignée de plus en plus restreinte de privilégiés possède les clés de notre futur, l’avertissement de Gary Haugen est crucial. Il nous a rappelé que la mère de toutes les injustices est notre négligence naïve à l’égard de l’épidémie mondiale de violence envers les plus pauvres. Très logiquement (la pyramide de Maslow le démontre parfaitement) le besoin le plus fondamental de tout humain est la sécurité et la nécessité de rester à l’abri de tout danger mettant en péril notre intégrité physique. En partant de ce constat et après des années de travail sur le terrain notamment au Rwanda, il a signalé l’effet catastrophique de la violence quotidienne sur la vie des plus pauvres et montre comment cette violence rampante mine les politiques mondiales de lutte contre la pauvreté.

Gary

Gary Haugen : “Poor women and girls between 15 and 44 are victims of everyday domestic abuse and sexual violence that account for more death and disability than malaria, car accidents and war combined.”

En conclusion, après 6 ans de participation assidue à toutes les conférences TED, je pense sincèrement que j’ai assisté cette année à l’une des meilleures éditions. Pourtant, l’absence remarquée d’un sujet m’a un peu déçu. En effet, pas de place à la question de la liberté d’expression cette année. Et les réactions aux événements majeurs de ce début d’année à Paris et à Copenhague étaient absents de la scène. Pourtant, cette semaine encore, la Tunisie et le Yemen ont été frappés par le même obscurantisme et la même haine. La croissance inquiétante de l’islamisme radical, le développement massif et diffus du terrorisme islamiste et à la croissance fulgurante de Daech sont, me semble-t-il, un des sujets majeurs du moment. D’autant que cette idéologie et ses adeptes attaquent les fondements même de la société promise par les avancées sociétales et technologiques louées par TED chaque année.

Mais rien.

Rien sur Charlie Hebdo par exemple. Un rescapé, Luz ou Pelloux aurait peut-être eu sa place sur la scène cette année ? Peut-être pour rappeler l’importance du droit au blasphème ? Nous connaissons la frilosité des médias américains à l’égard de cette question comme l’ont prouvées de nombreuses télés américaines qui ont censuré les caricatures sur leurs antennes en janvier dernier.

Je pensais que TED résisterait à cette « neutralité bien-pensante ». Me serais-je trompé ?

Read More

18 Mar Objectif 2030

Entre aujourd’hui et 2030, nous allons vivre une révolution technologique, économique, sociale et politique exceptionnelle. Cette transformation sera bien plus radicale que celle des trente dernières années. La croissance exponentielle des avancées dans le domaine des nanotechnologies, biotechnologies, de l’informatique et des sciences cognitives (ce que l’on nomme les NBIC) offre des opportunités inédites dans l’histoire de l’humanité.

Tous les domaines d’activités qui utilisent l’information et le numérique seront profondément transformés. Nous allons inventer de nouveaux modes de consommation d’énergie, de nouvelles méthodes de production de ressources (eau et nourriture), de nouveaux protocoles de soins et d’allongement de l’espérance de vie. La configuration de nos villes va changer. Les modèles d’éducation, le rapport au travail, aux loisirs, à la vie en communauté vont être bouleversés. Bref, notre époque bruit de la même inventivité, des mêmes aspirations d’émancipation et de progrès qu’à l’époque de la Renaissance. Dans le même temps, d’après une étude de l’université d’Oxford, 47 % des emplois en col blanc pourraient être remplacés par de l’intelligence artificielle d’ici à dix ans. Quelque 2 milliards d’emplois seraient menacés par la croissance des technologies de l’information ! Simultanément, la numérisation de nos sociétés engendre une cybercriminalité de masse, évaluée à 400 milliards de dollars par an.

Face à ces phénomènes, positifs ou négatifs, quels choix ferons-nous ? Seuls les acteurs au coeur de l’économie de l’information sont aujourd’hui partie prenante de ces mouvements. Aussi, il est urgent de sensibiliser le plus grand nombre aux enjeux qui nous font face. Car ignorer encore longtemps cette transformation unique dans l’histoire de l’humanité mènera à l’affrontement entre le conservatisme de ceux qui joueront sur les peurs et le scientisme effréné des acteurs économiques sans scrupules qui ont compris l’ampleur de la situation.

Chronique mensuelle publiée dans les Echos le 17 mars 2015.

 

Read More

17 Mar TED 2015 : il est temps de se poser les bonnes questions !

Nous vivons une époque formidable. Pour la première fois de notre histoire nous nous préparons à conquérir de nouvelles planètes au moment même où nous perdons probablement la nôtre.

TED 2015 a démarré aujourd’hui à Vancouver. Et la programmation cette année fait la part belle à l’innovation technologique, aux NBIC et à la nouvelle Renaissance qui se dessine. Dans le sillage de la Singularity University, TED aborde cette année les sujets controversés de l’intelligence artificielle de la nouvelle conquête spatiale, des avancées en matière d’impression 3D, de biotechnologie et de nanotechnologie.

A la différence de beaucoup d’acteurs de la Silicon Valley, TED a eu l’intelligence particulière d’aborder ces sujets au travers du prisme de la philosophie, de l’éthique et du sens que l’humanité va tirer de ces avancées scientifiques remarquables.

La force de TED, impulsée par la volonté de son directeur, Chris Anderson, a toujours été de créer le lien entre rationnel et émotionnel, entre la technologie et la philosophie entre le cœur et l’esprit. Encore une fois, il nous donne un peu d’avance sur ces sujets par rapport aux medias et aux conférences concurrentes. Evidemment nous n’aurons pas toutes les réponses, mais au moins nous nous poserons les bonnes questions. A suivre…

Read More

08 Mar Deux jours pour se préparer aux quinze prochaines années

D’après une étude récente de l’université d’Oxford, 47% des emplois en col blanc pourraient être remplacés par de l’intelligence artificielle à horizon 10 ans. Ainsi, deux milliards d’emplois seraient menacés par la croissance exponentielle des technologies de l’information ! Simultanément, la digitalisation de nos sociétés engendre une cybercriminalité de masse. Son coût est évalué aujourd’hui à 400 milliards de dollars pour l’économie mondiale chaque année. Ce phénomène est croissant car corrélé à l’adoption des nouveaux usages.

Un scénario plus optimiste

Mais s’arrêter à ce constat éluderait un scénario plus optimiste. Car d’ici 2030 tous les domaines d’activités qui utilisent l’information et le numérique seront transformés. Dans le domaine de la santé par exemple, le coût d’un séquençage complet de l’ADN humain a été divisé par un million en 15 ans pour atteindre 1 000 euros en 2015. Nous sommes déjà en mesure de modifier des gênes à l’intérieur d’une cellule vivante. Que se passera-t-il quand, dans les prochaines années, cette opération coutera quelques centaines voire quelques dizaines d’euros ? Dans le secteur de l’énergie, le coût des infrastructures solaires baisse exponentiellement. La Terre est continuellement baignée par un rayonnement qui en 90 minutes seulement permettrait de combler les besoins de la population mondiale en énergie pendant une année ! Par conséquent, les enjeux énergétiques sont liés tant à l’accessibilité de la ressource qu’à sa rareté. Enfin, sur le terrain de l’éducation, les cinq prochaines années seront cruciales. Deux milliards d’humains supplémentaires vont se connecter à Internet, principalement au Sud. Deux milliards de cerveaux pourront bénéficier des outils et plateformes d’apprentissage en ligne mises à disposition par les plus prestigieuses universités de la planète. Il est évident que les prochains Steve Jobs, Bill Gates et Mark Zuckerberg sont déjà nés et qu’ils figurent parmi ces deux milliards.

La transformation qui vient

En résumé, entre 2015 et 2030, nous allons vivre une révolution technologique, économique, sociale et politique exceptionnelle. Cette transformation sera bien plus radicale que celle des trente dernières années. Nous aurons à repenser nos villes, nos modes de production énergétiques, la relation au travail, les systèmes éducatifs, la politique de santé, l’équilibre géopolitique mondial… Face à ce constat, quels choix ferons-nous ? Continuerons-nous à jouer la rengaine masochiste et décliniste que les Cassandre nous servent quotidiennement ? Céderons-nous aux pessimistes permanents qui croient notre pays suicidé ? Braquerons-nous les regards sur les échéances à court terme, les élections sans enjeux, les résultats économiques déprimants et les tentatives de réformes avortées ? Ou au contraire, nous résoudrons-nous à accepter que le temps de l’action est arrivé ? L’action individuelle, locale, simple, efficace, responsable, impactante, réplicable, contagieuse et virale. Car les défis à relever sont nombreux mais les solutions existent. Partout, des projets innovent, inventent, avancent. N’en déplaise aux sceptiques, le désir d’engagement et la quête de sens n’ont pas disparu de la société !

Une nouvelle Renaissance

Notre époque bruisse de la même inventivité, des mêmes aspirations d’émancipation et de progrès qu’à l’époque de la Renaissance. La convergence des nouvelles technologies introduit dans notre vie les mêmes bouleversements engendrés par l’imprimerie de Gutenberg et les découvertes de Copernic. Les avancées récentes en matière de connectivité, dans les biotechnologies, la robotique, les nanotechnologies, l’intelligence artificielle, la mégadonnée et l’avènement de l’économie du partage, offrent des outils inédits aux utopistes en action, aux inventeurs de solutions sociales et humaines. Résolument au service des grands enjeux de notre temps, ces acteurs du changement s’engagent pour la culture, l’éducation, la santé, la solidarité, l’aide au développement, le développement durable, la gestion de la ressource et de l’énergie, les territoires, les transports, la connectivité, les villes de demain, les communautés, les droits des femmes et l’égalité des chances.

En route vers L’ÉCHAPPÉE VOLÉE 2015

C’est pour toutes ces raisons que L’ÉCHAPPÉE VOLÉE, le do-tank initié par l’équipe de TEDxParis, propose aux bonnes volontés de se réunir le samedi 6 et le dimanche 7 juin prochain, au coeur d’un des joyaux architectural de la Renaissance française, le Château de Chambord, autour de penseurs, innovateurs et défricheurs afin d’inventer les nouveaux jalons de notre modernité. Tout au long du week-end, des moments d’évasion, de découvertes et d’expériences seront aménagés autour de personnalités d’exception, d’aventuriers et d’innovateurs. Des porteurs de projets innovants et positifs animeront des ateliers de travail afin de les aider à avancer et à accélérer leur développement. L’expertise, l’enthousiasme et le réseau de chacun pourront leur être décisifs ! Aussi, vous êtes les bienvenus dans l’aventure !

Pour en savoir plus sur L’ÉCHAPPÉE VOLÉE : http://lechappeevolee.com

Read More
wordpress visitor counter