Michel LÉVY-PROVENÇAL | Actualité
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Bienvenu sur le site de Michel LEVY-PROVENCAL. Entrepreneur, fondateur de TEDxParis, l'agence éditoriale BRIGHTNESS, le do-tank L'ECHAPPEE VOLEE, l'agence objets connectés Joshfire, le site d'info Rue89, dénicheur de talents et provocateur de changements.
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Actualité

22 Sep TEDxParis passe à l’action !

5 ans déjà ! Des dizaines de talks filmés et diffusés ; des centaines d’idées et d’inventions ; des milliers d’heures de répétitions ; un nombre incalculable de coups de main donnés par de fantastiques contributeurs… Des joies, des larmes, des frayeurs, des coups de sang parfois.

Cinq années incroyables et une motivation intacte. Plus forte même, décuplée par votre formidable enthousiasme, celui d’une communauté toujours plus nombreuse, à la curiosité contagieuse et à l’énergie inépuisable.

Pour cet anniversaire, nous renouons avec la tradition d’un événement annuel unique, dans une salle aussi vaste que prestigieuse. C’est avec une émotion toute particulière que l’équipe de TEDxParis a l’immense plaisir d’accueillir la communauté TEDx française le 5 octobre prochain dans le superbe Théâtre du Châtelet, pour le plus grand TEDx jamais organisé sur notre territoire.

Le temps d’un après-midi, les comédiens vont laisser la place à d’autres acteurs : des acteurs du changement, des provocateurs du possible. Des personnalités exceptionnelles qui, d’une façon ou d’une autre, sont passées « de l’idée à l’action », thématique de cette édition anniversaire.

Car c’est notre conviction : le temps de l’analyse et de la réflexion est dépassé. Nous sommes entrés dans le temps de l’action individuelle, locale, simple, efficace, responsable, engagée, impactante, réplicable, contagieuse, virale… bref l’action de chacun.

Nous croyons en la société du sens, où la somme des responsabilités individuelles est plus efficace que le poids de l’obligation collective. Donc nous agissons. Pour cela, nous avons créé L’ÉCHAPPÉE VOLÉE, l’accélérateur de projets de la communauté TEDxParis dont vous allez découvrir les 5 projets lauréats.

Vous voici également sur le point de partir à la rencontre de témoins du monde, de provocateurs de changement, de bâtisseurs de possibles, d’éclaireurs de futurs, qui, nous l’espérons, vous donneront à vous aussi l’envie de transformer vos idées en actions.

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10 Sep L’Apple WATCH, iOS 8 et l’iPhone 6 arrivent ! Êtes-vous prêt ?

L’Apple WATCH, iOS 8 et l’iPhone 6 arrivent ! Êtes-vous prêt ?

La sortie de l’Apple WATCH marque le début de la maturité pour le marché duwearable device et par extension celui de l’objet connecté.

L’Apple WATCH, l’iPhone 6 et iOS 8 forment un écosystème qui changera votre façon de concevoir, distribuer, vendre et consommer de nouveaux produits et services.

L’ouverture aux univers de la maison connectée, de la quantification des données de santé et de la transaction sans contact, crée de nouvelles opportunités que vous ne devriez pas rater.

L’Apple WATCH, l’arbre qui cache la forêt…

Comme le disait Tim Cook lors de sa présentation :
« un bon produit n’est pas seulement un assemblage de fonctionnalités, c’est avant tout un écosystème ».L’iPhone 6, iOS8, et l’Apple WATCH sont au cœur de ce nouvel écosystème. Plus de 200 millions d’utilisateurs vont pouvoir l’exploiter dans les semaines et mois qui viennent. 

Il permettra de prendre conscience et soin de sa santé 

L’Apple WATCH, l’iPhone 6 et iOS 8 réinventent le rapport que nous aurons avec notre santé. En proposant HealthKit, la firme de Cupertino ouvre un nouvel espace pour une multitude d’usages et de dispositifs connectés destinés à améliorer notre santé.

Il révolutionnera l’acte d’achat

L’iPhone 6 et l’Apple WATCH intègrent ApplePay, un portefeuille digital. Cette nouveauté annonce une nouvelle étape majeure dans le domaine du m-commerce. L’acte d’achat gagnera en fluidité, efficacité et simplicité. Et au delà de l’achat, l’intégration de capteurs NFC dans les nouveaux terminaux de la marque à la pomme va révolutionner la relation client.

Il réinventera la maison intelligente

Avec le composant HomeKit intégré dans iOS8, Apple prépare les bases de sa nouvelle infrastructure SmartHome. Votre WATCH et votre iPhone interagiront avec les différents composants de votre maison connectée. Votre téléphone ouvrira votre porte d’entrée ou celle de votre garage. Votre montre vous avertira d’une intrusion, d’une fuite d’eau ou du retour de vos enfants après l’école…

« So much more… » 

C’est en ces termes que Tim Cook a conclu sa conférence, en promettant bien plus dans les prochains mois. Bien plus qu’une WATCH, c’est un nouveau territoire qu’Apple a inauguré hier soir.

Qu’est ce que cela change pour votre métier, vos services et produits ?

Il ne s’agira plus de développer des applications pour un nouveau terminal.

Il s’agira aussi de repenser, concevoir, prototyper, industrialiser et commercialiser de nouveaux objets connectés exploitant pleinement les nouvelles capacités de cet écosystème naissant. Comme en 2007, avec l’arrivée de l’iPhone, les premiers acteurs qui ont investi le marché de la mobilité ont gagné un temps précieux. Ceux qui, aujourd’hui, pensent les premiers objets connectés de cet écosystème prennent une avance décisive sur ce nouveau marché.

Alors que faire ? Quelles actions mener ? Comment procéder ? Sans précipitation, mais en vous interrogeant efficacement, en commençant par tester, évaluer les opportunités et prototyper, repensez votre stratégie, vos produits, vos services grâce à ce nouvel écosystème qui ré-enchante la planète digitale. 

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29 Août L’arrivée de l'iWatch ? L'aube d'une nouvelle ère.

D’après la presse américaine, le 9 septembre prochain, Apple pourrait dévoiler l’iWatch en même temps que les nouveaux modèles d’iPhone. Si cela était confirmé, une nouvelle étape dans le développement du marché de l’Internet des objets serait franchie : celle de la maturité. 

9/9/2014

La date de commercialisation de certains produits correspond parfois au début d’une nouvelle ère. Ma génération a vécu ce phénomène à deux reprises. Cela a été le cas, une première fois en aout 1995 lorsque Microsoft a lancé Windows 95. Je me souviens qu’à cette époque nous avions perçu l’arrivée du nouveau système d’exploitation comme une révolution par la capacité qu’il donnait au grand public de se connecter à Internet. Cette date coïncide avec le début de la révolution Internet. La seconde date correspond à l’arrivée de l’iPhone sur le marché de la téléphonie mobile. Pour la première fois un smartphone, conçu comme un produit grand public destiné au plus grand nombre, allait nous faire basculer de l’ère du web à celui de la mobilité.

Voilà quatre ans que nous attendons fébrilement l’explosion du marché de l’Internet des objets comme le nouveau Graal de l’économie digitale. Mais, au même titre que dans le début des années 90 avec les pionniers du net ou vers 2005 lorsque les premiers smartphones ont commencé à arriver sur le marché, l’Internet des objets a du mal à devenir un phénomène de masse. Evidemment les prévisions des analystes sont plus qu’optimistes : 60 milliards d’objets connectés  sur la planète en 2020, une croissance exponentielle, un marché de plus de 2 trillions de dollars en perspective… Pourtant, aujourd’hui, il se limite à un écosystème d’éditeurs à la marge et à l’opportunisme d’annonceurs jouant sur des coups de communication autour de produits fantômes destinés au buzz.

Mais l’arrivée de l’iWatch devrait changer cela. Pour plusieurs raisons. D’abord parcequ’au delà du produit lui-même, Apple propose un écosystème standardisé ouvert aux accessoires de santé et de domotique : iOS8. Ainsi, en proposant l’iWatch, Apple concrétise des opportunités esquissées il y a quelques mois. Ensuite, Apple par son exigence en matière de design et sa puissance marketing va démocratiser les usages que ces quatre dernières les pure players ont dessinés avec énormément de difficulté. Enfin, l’iWatch, par ces deux effets cumulés, va incarner dans l’inconscient collectif le passage de ce nouveau marché à l’ère de la maturité.

Est-ce une mauvaise nouvelle pour les acteurs de la première heure ? Oui, pour ceux qui s’entêteront à essayer d’imposer leur solution propriétaire ou à tenter de réinventer ce que désormais Apple fait et fera mieux qu’eux, sans commune mesure. Non, c’est une excellente nouvelle pour ceux qui sauront adopter ces nouveaux standards, à l’instar des agences mobiles dans les années 2007 – 2010, et qui continueront à avoir la capacité d’inventer des concepts et de réaliser des produits manufacturés exploitant pleinement ces standards.

C’est surtout une opportunité rare pour la plupart des acteurs économiques de repenser leur stratégie, leur métier, leurs produits, leurs processus de production. Il devront le faire, encore plus qu’à l’époque de la démocratisation d’Internet puis du mobile : le marché et les enjeux étant plus important. Les faussaires de l’innovation auront encore quelques mois de gloire devant eux. En effet, beaucoup d’acteurs du passé, des agences web et mobiles, penseront que ce marché leur est ouvert parcequ’ils présenteront l’iWatch comme un simple nouveau dispositif connecté sur lequel ils proposeront des applications… Mais, la véritable révolution sera ailleurs. Le marché qui s’ouvre nécessitera des compétences nouvelles. Elles consisteront à concevoir, prototyper et industrialiser des dispositifs connectés intégrés à l’écosystème standard qui se dessine : pour l’instant iOS8, l’iWatch et l’iPhone.

Le 9 septembre 2014 pourrait être une des ces dates à noter : celle du début d’une nouvelle ère, le moment où Apple a pris une avance non négligeable sur ses concurrents dans le marché de l’internet des objets, au même titre que Windows en 1995 et l’iPhone en 2007.

 

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08 Mai L’émergence de la « société du sens »

Ce billet est la version longue de ma chronique prospective mensuelle publiée dans Les Echos

Une révolution est en marche. Le XIXeme siècle a vu l’industrie supplanter le modèle agricole. Depuis les années 70, la société de l’information a radicalement transformé notre civilisation. Internet et sa puissance de mise en réseau et de désintermediation ont révolutionné des pans entiers de nos économies et de nos sociétés. La dernière étape de cette révolution est celle qui va transformer notre rapport à la vie de la cité et à notre responsabilité individuelle vis à vis du collectif.

Les crises économiques, écologiques et sociales qui se succèdent depuis des décennies aboutissent à une crise politique qui nous oblige à repenser notre rôle dans une société qui a de plus en plus soif de solidarité et de partage. La répartition des richesses n’a jamais été aussi inégale sur la planète. Simultanément jamais les modèles économiques basés sur la contribution et le partage n’ont connu une telle croissance. A tel point que les experts, économistes, prospectivistes les plus reconnus s’accordent à dire que nous sommes condamnés à construire une nouvelle « société du sens ». Une société faite des énergies individuelles, décuplées par la puissance du réseau planétaire. Les premiers signes de l’émergence de cette société apparaissent sous les traits de ce que l’on nomme communément « l’économie du partage ».

Cette nouvelle société se réinvente au-delà des clivages politiques du passé. Les anciens modèles, qui subordonnaient l’action au niveau central et aux dogmes, ont peu à peu fait perdre au citoyen le contact avec la collectivité, le sens de son action et, du même coup, le sentiment d’influence sur le destin de la communauté. Jeremy Rifkin décrit le phénomène dans son dernier ouvrage « The Zero Marginal Cost Society » . Il y voit le déclin progressif du capitalisme ainsi que l’émergence de mouvements collaboratifs et de la production à petite échelle. Aaron Hurst, auteur de « The Purpose Economy », décrit aussi cette émergence comme la voie idéale pour une sortie de crise.

Au delà des clivages politiques archaïques, de la droite, de la gauche, des anciens, des modernes, des libéraux et des collectivistes, la société du sens est une société condamnée à se réinventer en marchant. Agile, pragmatique, résolument inscrite dans l’action, en permanence dans l’expérimentation, elle intègre le risque d’échec dans son processus de réinvention. Elle pense que la somme des responsabilités individuelles est plus efficace que le poids de l’obligation collective.  Elle pense de nouveaux produits et services sans voir de contradiction entre entrepreneuriat et intérêt général. Elle réinvente un modèle où le service public, l’entreprise et le citoyen combinent leurs forces. Elle redonne un sens à l’action individuelle, locale, simple, efficace, responsable, impactante, réplicable, contagieuse et virale. A chacun d’y prendre part…

 

 

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05 Avr Amazon Dash : allons nous (encore) regarder passer le train ?

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Amazon a annoncé aujourd’hui la sortie d’un objet connecté révolutionnaire (Amazon Dash), permettant de fluidifier radicalement l’acte d’achat en proposant gracieusement à ses clients un mini-scanner permettant depuis chez soi, dans sa cuisine, ses placards, son frigo d’identifier un code barre, un coupon, une image et ainsi de commander des produits !

Pour une majorité d’acteurs du digital l’internet des objets est une tendance, un mystère, une mode, sans concrète application dans le monde économique actuel. A l’exception de quelques éditeurs, pure players, qui commercialisent tant bien que mal des gadgets autour de l’e-santé, l’internet des objets ne touche pas (encore et assez) les marques, produits et services traditionnels.

60% du marché IoT (intérêt of things) est porté par le marché de l’eSanté. Mais ce n’est qu’un début, car la prochaine vague touchera l’e-commerce et s’appuiera sur la simplification, la fluidification et la contextualisation de l’acte d’achat. Amazon joue son rôle de précurseur et vient d’avertir ses concurrents que la bataille va se jouer à nouveau sur le terrain de la relation avec le consommateur. Comment réagiront Carrefour, Leclerc, Monoprix et les autres quand Dash arrivera sur le marché français ?

Il est plus que temps de prendre des risques, d’innover et de planter son drapeau sur ces nouveaux territoires. Voilà 4 ans qu’en France, je rencontre des grands acteurs qui ont eu plusieurs fois l’occasion de se lancer dans une telle aventure. Certains l’ont compris très tôt (dont le groupe Danone avec la goutte connecté Evian par exemple), d’autres s’y sont mis fin 2013 et ont gagné un temps précieux… Il n’est jamais trop tard. Pour faire une analogie, l’objet connecté vit aujourd’hui ce qu’Internet a été fin des années 90 et ce que le mobile a commencé à être dans les années 2005-2007. Nous avons 60 milliards d’objets à créer d’ici 2020, faisons en sorte de ne pas laisser encore passer le train…

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08 Fév Les entrepreneurs sont-ils majoritairement sujets au vertige ?

Je suis sujet au vertige. La dernière fois que j’ai ressenti cette désagréable sensation de chute dans le vide, je participais à un séminaire organisé par un grand groupe, dans le sud de la France. Nous visitions un bâtiment tout neuf, truffé de capteurs et dispositifs innovants en tout genre. Au milieu de la visite, on nous a proposé de rejoindre les toits de l’édifice afin de découvrir la vue. Il fallait emprunter une passerelle en acier, étroite et grillagée. Sur la dizaine de personnes présentes, quelques-unes ont rebroussé chemin, tétanisées par le vertige, certains ont réussi à surmonter leur peur, et la plupart ont traversé le pont suspendu sur 30 ou 40 mètres de vide. Je faisais partie du premier groupe. Nous sommes restés une vingtaine de minutes à attendre que le reste de l’équipe revienne de leur périple au dessus de nos têtes. La conversation s’est donc engagée et au bout de quelques minutes nous nous sommes rendu compte que nous avions tous un profil d’entrepreneur. Autre fait étonnant, les entrepreneurs étaient aussi majoritaires dans le second groupe. Le dernier n’en comportait pas.

Voilà plusieurs années que l’intuition d’une relation entre profil entrepreneurial et sensibilité au vertige me taraude. A chaque fois que j’en ai l’occasion, j’alimente ma petite étude, qui certes n’a rien de scientifique, mais me convainc de plus en plus que ce lien existe bien.

Et vous actuels ou anciens entrepreneurs ? Sujets au vertige ? Ou pas du tout ?

PS: Cadeau bonus.

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14 Jan Le travail de 2030 se prépare aujourd'hui.

Ce billet est la version illustrée de ma chronique prospective mensuelle publiée dans Les Echos

En 1997, Jeremy Rifkin écrivait « la fin du travail », best-seller visionnaire qui décrivait l’inexorable augmentation planétaire du chômage et dessinait les prémisses de la nouvelle économie positive et solidaire.

En 2014, la question est toujours d’actualité. Le chômage a effectivement globalement augmenté entre 1990 et 2012 dans le monde développé (aux USA de 5% à 8%, en Europe de 7% à 10%, au Japon de 2% à 4%) et le phénomène est loin d’être terminé. Une étude publiée par deux chercheurs de l’Université d’Oxford en septembre dernier décrit au contraire une accélération. D’après le document de 72 pages disponibles sur Internet, jusqu’à 47% des emplois aux Etats Unis pourraient, à horizon 20 ans, être confiés à des machines intelligentes.

Le développement exponentielle de la puissance informatique, la démocratisation des machines apprenantes et l’avènement de la robotique mobile devraient d’après les deux chercheurs faire disparaître dans les 20 prochaines années la plupart des emplois manutentionnaires, les métiers de maintenance et de la construction et entamer très largement la masse de professions administratives, de fonctions de bureaux, de chauffeurs, de télé-marqueteurs… et même de mannequins ! Seraient épargnés les acteurs de l’économie solidaire, de la santé, du secteur social, de l’éducation, des arts et de la culture, de l’ingénierie, de l’informatique et des sciences.

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Alors, face à cette transition économique et sociale majeure, entamée depuis les années 80 et que nous appelons communément « crise », mais qui n’est en réalité que la fin d’une époque comme le fut les dernières années du XIXeme siècle, que faire ?

Clive Thompson explique dans son dernier ouvrage « Smarter than you think », que la course contre la machine est une lutte vaine. Qu’au contraire, les technologies de l’information permettent de développer de nouvelles capacités cognitives, en déléguant certaines tâches cérébrales aux intelligences artificielles. Autrement dit en « sous-traitant » à la machine ce qu’elle fait le mieux et en développant le plus possible la spécificité du cerveau humain : ses capacités uniques d’intuition, de créativité, mais aussi de perception et de production. Il va de soi, que cette transition se fera plus naturellement si nous préparons la génération avenir.

Celle-ci devra imaginer, concevoir, hacker, inventer nôtre nouveau monde. L’école ne peut donc se contenter d’être le sanctuaire qu’elle a été au XXeme siècle, lieu de seule transmission du savoir. Elle doit aussi intégrer les modifications massives que la technologie a apporté à nos processus de travail, de socialisation et de cognition en devenant un lieu de création du nouveau savoir par l’expérimentation et la découverte.

La bonne nouvelle est que corps enseignant commence à prendre conscience de cela. Il s’y met, à l’instar de cette initiative du CRI portée par Ange Ansour, enseignante en CM1 et CM2 qui transforme la salle de classe en laboratoire et ses élèves en chercheurs. La mauvaise est que nous n’avons pas le temps de tergiverser. Vingt ans c’est court !


L’intervention d’Ange Ansour à TEDxParis 2013

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10 Déc TEDxParis 2013, le 10/12/2013 à 22h50 sur Canal+

La saison 2013 de TEDxParis s’achève et toute l’équipe TEDxParis vous propose un dernier rendez-vous avant une longue période de calme et nos retrouvailles le 5 octobre 2014 pour les 5 ans de TEDxParis, dans le prestigieux théâtre du Châtelet !

A l’occasion de la diffusion du documentaire consacré à TEDxParis, mardi soir à 22H50 sur Canal +, nous vous avons concocté un programme spécial.

Rendez-vous mardi 10 décembre dès 22h30 sur Twitter pour un live tweet avec toute l’équipe TEDxParis qui sera mobilisée pour répondre en direct à toutes vos questions. Puis, pendant l’émission, tentez à nouveau de remporter votre place pour TEDxParis 2014 en proposant le titre qui selon vous, serait le plus juste pour chaque intervention inédite !

L’équipe retiendra alors un titre par talk qui deviendra le titre officiel de la vidéo lors de sa mise en ligne sur notre chaine Youtube TEDxParis et les auteurs des titres choisis se verront offrir chacun leur précieux sésame pour TEDxParis 2014, le 5 octobre 2014 au Théâtre du Châtelet !

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26 Nov Le fantasme du cerveau artificiel

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Ce billet est la version illustrée de ma chronique prospective mensuelle publiée dans Les Echos.

L’humanité n’a eu de dépasser les limites de la nature. Au siècle dernier, la révolution industrielle a été un formidable accélérateur pour l’espérance de vie et la démographie mondiale. Les avancées scientifiques et technologiques, notamment grâce aux NBIC (nanotechnologies, biotechnologies, informatique et sciences cognitives) mettent un nouveau défi à notre portée : le rallongement radical de l’espérance de vie.

D’autres abordent la question sous l’angle de la cybernétique. C’est le cas de Dmitry Itskov, entrepreneur russe, qui a lancé l’initiative 2045 (http://2045.com). Son projet vise plusieurs objectifs, dont le plus extravagant consiste à copier le contenu d’un cerveau et l’implanter dans un corps artificiel !

Pour ce faire, Itskov a planifié quatre étapes. Au cours de la première, entre 2015 et 2020, seront développés des robots contrôlés à l’aide d’interfaces cerveau-machine dont nous voyons déjà apparaître les premières versions. La deuxième étape, entre 2020 et 2025, consisterait à construire une enveloppe artificielle permettant d’héberger un cerveau vivant. La troisième étape, entre 2030 et 2035, permettrait la conception d’un modèle informatique de l’intelligence et de la conscience humaine, donnant naissance au premier cerveau artificiel, capable de recevoir le contenu d’un esprit vivant et de le faire évoluer de façon autonome. Cette hypothèse, folle, permettrait d’envisager rien moins que l’immortalité cybernétique de l’humanité. Enfin la dernière étape, en 2045, annoncerait l’avènement de l’esprit indépendant de toute matière, et ainsi transférable à souhait dans des enveloppes holographiques capables de se déplacer instantanément partout et tout le temps !

Evidemment, ces anticipations peuvent faire glousser par leurs accents prophétiques. Pourtant, la course à la modélisation du cerveau humain est déjà largement entamée et alimente les scénarios prospectifs les plus passionnants de notre époque.

Michel Lévy-Provençal est le PDG de Joshfire et le président de TEDx Paris.

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16 Nov Comment j’ai redécouvert la presse écrite (et mon iPad).

Presse-et-iPad

Voilà presque quinze ans que je consacre entre trente minutes et deux heures chaque jour à m’informer sur Internet. J’ai fait partie des premiers utilisateurs de toutes sortes d’outils en ligne pour cela. Des lecteurs RSS fin des années 90, des agrégateurs de contenus début 2000, des sites de curation en 2005 – 2006, des premiers réseaux sociaux entre 2005 et 2010. Cette année encore, mon compte Google Reader comprenait plus de 5000 sources d’information validées et classées au cours de ces longues années de veille.

Lorsque Google Reader a définitivement fermé en juillet dernier, je n’ai pas eu la présence d’esprit de sauvegarder ma base de données. Et du jour au lendemain mon rituel quotidien s’est vu radicalement chamboulé. J’ai cru pouvoir récupérer les sources les plus pertinentes, je m’y suis attelé mais le résultat a été vain. C’est là qu’a commencé une expérience très instructive. Après quelques semaines à tenter de ne m’informer qu’au travers des réseaux sociaux, je  me suis vite rabattu sur une stratégie beaucoup plus conservatrice : parier sur la presse écrite et diminuer drastiquement ma consommation de contenus émanant du web gratuit. Presque simultanément, j’ai déménagé et nous avons décidé avec ma femme de ne plus avoir de télévision chez nous. En résumé, en l’espace de quelques mois, j’ai bouleversé ma façon de m’informer et de me divertir : plus de télé, plus de flux RSS, beaucoup moins de réseaux sociaux, contre beaucoup plus de lectures. Etonnant de la part de quelqu’un qui pendant une demi douzaine d’années à contribuer à la transformation de plusieurs medias à l’ère du net, de la gratuité des contenus, de l’explosion des réseaux et de l’avènement des nouveaux écrans ? Et pourtant.

Voilà donc un peu moins de six mois que je consacre entre trente minutes et deux heures de mon temps chaque jour à lire la presse écrite. Certes je n’achète pas de journal papier, mais mon iPad est devenu un compagnon indispensable. Je me suis abonné à trois quotidiens (Libération, Le Figaro et Le Monde) deux hebdomadaires culturels (Télérama et Les Inrockuptibles), deux mensuels scientifiques (Sciences&Avenir et Wired) et je butine de façon totalement aléatoires quelques titres en fonction de mon temps et de mes envies (en vrac Time Magazine, The Guardian, Clés, Elle, La Recherche, Science & Vie, Le Point, L’Express, Le Nouvel Obs, Courrier International, Challenges et La Tribune). J’ai bien sur conservé quelques anciennes habitudes : faire une passe rapide sur Google News au réveil, écouter la radio le matin dans ma salle de bains, jeter un œil le midi sur la page d’accueil de Techmeme (l’agrégateur techno américain de référence), et passer quelques minutes sur Facebook quand j’en ai envie principalement en vadrouille sur mon mobile.

Chaque jour, j’ai construit une routine : le matin je commence par lire Libération. Je lis la une, les grands titres « news » en diagonale, puis je picore quelques articles d’opinion (que je neutralise quelques minutes plus tard en répétant la même méthode dans le Figaro), puis je prends le temps de plonger plus profondément dans les papiers d’analyses ou d’enquêtes quand par bonheur j’en découvre. La lecture de Libération me prend une quinzaine de minutes. Je passe alors à celle du Figaro qui dure un peu moins longtemps puisque j’économise un bon tiers de l’édition en sautant les « news » déjà lues. Vient alors le moment que je préfère : celui des suppléments. J’y découvre la plupart du temps de vraies pépites documentées et que je ne trouvais jamais sur le web auparavant. Le soir en rentrant je prends une demi heure pour parcourir Le Monde exactement comme je le fais le matin pour Libé et le Figaro. Puis vient la lecture exhaustive et délicieuse des hebdomadaires et mensuels. J’y consacre la plus grande part de mon temps de veille. C’est ainsi que j’ai littéralement redécouvert des livres, des albums de musique, des expositions, des documentaires, du cinéma aussi, bref autant de références culturelles que mon ancien processus de veille ne me permettait pas de voir.

Grace à l’usage d’un iPad je n’ai pas perdu mon habitude de partager sur les réseaux sociaux ma veille quotidienne. Chaque jour je publie sur Facebook et Twitter entre 3 et 5 contenus que je choisis parmi mes découvertes. Je le fais en retrouvant un lien sur le web ou en faisant une copie d’écran du journal que je lis – je sais que cette pratique n’est pas tout à fait légale puisque je « libère » sur le net des contenus la plupart du temps protégés, mais je suis convaincu que le bénéfice tiré par les medias en terme de publicité est bien plus important que ce « piratage » parcellaire.

L’iPad dont j’ai acheté les différentes versions au fur et à mesure qu’elles sont sorties sur le marché n’a jamais été aussi efficace à mes yeux que ces derniers mois. Le passage à la version mini a-t-il été un déclencheur ? Probablement. Mais le plus extraordinaire dans cette histoire est que ce changement de stratégie a renforcé  mon influence sur le net. En effet mon taux de reprise sur les réseaux sociaux a quadruplé ces derniers mois. Tout se passe comme si la singularité avait changé de territoire, comme si le net reconnaissait l’originalité, la rareté, hors du réseau… Argument qui ne se discute pas, le score Klout agrégeant l’influence de mes comptes Twitter et Facebook réunis a évolué de plus de 10 points depuis ce changement de stratégie.

Je suis convaincu que certains d’entre vous trouveront ce témoignage tout à fait banal. Je connais beaucoup de monde qui s’informe principalement par la presse écrite et qui utilise une démarche similaire à la mienne pour ce faire (sans forcément aller jusqu’à partager leur veille sur les réseaux sociaux). Mais pour un (quasi) natif d’internet, en tout cas quelqu’un qui a fait du net son outil de travail et de la transformation digitale son produit, c’est une véritable révolution ! D’autres diront un reniement. A l’aube de mes 40 ans, suis-je passé de l’autre coté de la frontière ? Dans le territoire des anciens, des réfractaires, osons le mot, des réacs ? Je ne le pense pas. Au contraire, je crois que les modes passent et que d’autres reviennent. Que mon exemple est une manifestation partielle d’un phénomène plus large, plus profond, plus durable. Que le net a tout nivelé par le bas, en oubliant que la valeur vient du travail de fond et que le contenu original passe par l’enquête, l’analyse et la recherche d’un temps plus long, enfin que le « payant » face au « gratuit », que l’exclusif et le premium face au buzz ont une encore une carte à jouer. A suivre…

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