Michel LÉVY-PROVENÇAL | Billet
Michel LÉVY-PROVENÇAL | Billet
Bienvenu sur le site de Michel LEVY-PROVENCAL. Entrepreneur, fondateur de TEDxParis, l'agence éditoriale BRIGHTNESS, le do-tank L'ECHAPPEE VOLEE, l'agence objets connectés Joshfire, le site d'info Rue89, dénicheur de talents et provocateur de changements.
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Billet

06 Avr Demain, territoire de tous les possibles : le 3 mai en librairie !

D’ici à 2030, nous allons vivre une révolution technologique, économique, sociale et politique exceptionnelle. Cette transformation sera bien plus radicale que celle des trente dernières années. Nous aurons à repenser nos villes, nos modes de production énergétique, la relation au travail, les systèmes éducatifs, la politique de santé, l’équilibre géopolitique mondial… Face à ce constat, quels choix ferons-nous ? Continuerons-nous à jouer la rengaine masochiste et décliniste que les cassandres nous servent quotidiennement ? Céderons-nous aux pessimistes permanents qui croient notre pays suicidé ? Braquerons-nous nos regards sur les échéances à court terme, les élections sans enjeux, les résultats économiques déprimants et les tentatives de réformes avortées? Ou, au contraire, nous résoudrons-nous à accepter que le temps de l’action est arrivé ? L’action individuelle, locale, simple, efficace, responsable, impactante, réplicable, contagieuse et virale. Les défis à relever sont nombreux mais les solutions existent. Partout, des projets innovent, inventent, avancent.

N’en déplaise aux sceptiques, le désir d’engagement et la quête de sens n’ont pas disparu de la société !

Notre époque bruisse de la même inventivité, des mêmes aspirations d’émancipation et de progrès qu’à la Renaissance. La convergence des nouvelles technolo- gies introduit dans notre vie les mêmes bouleversements engendrés par l’imprimerie de Gutenberg et les décou- vertes de Copernic. Les avancées récentes en matière de connectivité, dans les biotechnologies, la robotique, les nanotechnologies, l’intelligence artificielle ou la mégadonnée, et l’avènement de l’économie du par- tage offrent des outils inédits aux utopistes en action, aux inventeurs de solutions sociales et humaines. Réso- lument au service des grands enjeux de notre temps, ces acteurs du changement s’engagent pour la culture, l’éducation, la santé, la solidarité, l’aide au dévelop- pement, le développement durable, la gestion des res- sources et de l’énergie, les territoires, les transports, la connectivité, les villes de demain, les communautés, les droits des femmes, l’égalité des chances…

C’est pour toutes ces raisons, que nous avons voulu, l’équipe TEDxParis et sa communauté, créer L’Échappée Volée, une expérience unique, un pro- gramme construit autour des piliers de cette nouvelle Renaissance et des initiatives dont le but unique reste d’apporter des solutions aux défis de notre temps.

L’Échappée Volée a été fondée sur une conviction profonde : à l’heure de l’accélération exponentielle de la transformation du monde, innover sans conscience est une folie ! L’innovation doit d’abord être mise au service du bien commun.

Comme le souligne Salim Ismaïl, directeur exécutif et ambassadeur de la Singularity University – une université dont le but est d’éduquer, inspirer et responsabiliser les leaders afin de répondre aux grands défis de l’humanité – nous vivons une époque o le changement prédomine sur tout autre chose.

Il rappelle à quel point il n’est pas naturel pour le cerveau humain d’appréhender la croissance expo- nentielle que connaissent les technologies depuis quelques décennies. Notre constitution cérébrale intègre mal une évolution aussi rapide. D’ailleurs les experts dans les secteurs qui ont connu une croissance exponentielle n’avaient pas ciblé ce phénomène et avaient, au contraire, prédit une croissance linéaire. Un exemple édifiant est celui du smartphone puisque personne n’avait anticipé cette révolution.

L’Echappée Volée a été créée pour appréhender cette transformation du monde, en questionnant le sens de la révolution technologique qui marque notre époque.

Elle s’est déployée avec l’exigence perpétuelle d’un contenu unique et d’une forme singulière. La recherche permanente de l’ouverture et du débat, de la confrontation d’idées nouvelles, et la découverte de personnalités hors du commun nous ont menés sur des terrains inexplorés.

Nous avons poursuivi la nouveauté sous toutes ses formes et avons compris qu’elle émane systématique- ment à l’intersection d’univers qui ne se côtoient pas, aux confrontations de nos différences plus qu’aux célébrations de nos ressemblances. Enfin, c’est notre souci du concret et un certain pragmatisme qui nous ont conduits à chercher, à rencontrer et à nous lier à ceux qui agissent et s’engagent dans des territoires inattendus.

Paul Duan, Sandra Rey, Nicolas Huchet, Xavier Duportet, Primavera De Filippi, Santiago Siri, Erwan Kezzar, Timothée Boitouzet et bien d’autres ont foulé une de nos scènes avant de devenir ces signaux faibles dont on parle de plus en plus. Ils méritent d’être reconnus et soutenus parce qu’ils contribuent à inventer un nouveau monde. Notre rôle est de les mettre en lumière au cœur d’une communauté d’individus curieux et pleins d’énergie, pour, le temps d’un week-end suspendu, s’émerveiller, créer des liens et se donner l’occasion d’agir.

Pour toutes ces raisons, le programme est soigneu- sement pensé et préparé afin de surprendre, de pro- voquer le questionnement et de donner envie d’aller plus loin. Les projets présentés sont sélectionnés pour leur qualité et n’ont pas vocation à faire leur publi- cité sous prétexte qu’ils contribueraient au finance- ment de l’événement. Les arts, la culture, la création sont célébrés avec passion. Nous cherchons toujours à explorer les frontières, au risque d’emprunter des chemins périlleux et des lignes de crête.

Notre démarche s’inspire de ce que nous avons appris de TED, sans la dimension « boy-scout », que nous n’envions pas à nos amis américains. Elle s’appuie sur la vision fascinante que nous avons découverte au cours de notre expérience avec la Singularity University, en évitant la naïveté qu’on peut parfois lui reprocher… Elle s’inscrit enfin dans notre culture, notre sens de la controverse et du débat, en essayant de rester constructive et d’éviter le piège de l’indignation perpétuelle.

Nous nous adressons à ces individus qui dans chaque groupe humain incarnent les bonnes volontés ambitieuses, pragmatiques et ouvertes. Nous nous adressons à chacun(e) d’entre nous, à chacun(e) d’entre vous, au-delà de notre statut social ou de nos responsabilités. Nous recherchons et cultivons les liens avec ces « linchpins » dont parle Seth Godin, alias ces pivots, ces clés de voûte, et qui existent par- tout, qu’on ne voit pas forcément, mais qui sont la clé du changement qui s’opère. Nous nous adressons à celles et ceux qui, toujours, sortent du cadre pour sans cesse inventer, créer et participer à l’émergence d’un monde meilleur.

>> RDV le 3 mai pour la sortie de cet ouvrage qui m’est très cher.

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22 Mar L’IA ou la fin du raisonnement pur

Hier, suite à une conférence donnée sur le thème de l’impact de l’IA sur nos vies et au détour d’une conversation avec des acteurs de l’économie réelle – en l’occurrence du secteur du bâtiment – nous nous sommes étonnés à quel point les modalités de compréhension du monde étaient altérées depuis quelques années.

 

En effet, à l’heure des grands nombres, de la bigdata et de l’IA par apprentissage profond, nous oublions petit à petit ce qui nous a permis de décrypter les lois de l’univers depuis la révolution scientifique : le raisonnement logique. Il est clair que depuis quelques années la statistique semble avoir pris le pas sur la logique. Certains diraient la corrélation supplante la causalité. Nous nous satisfaisons désormais de la véracité d’une loi par sa vérification sur un grand nombre de données plutôt que par l’exercice de la démonstration. À ce rythme, il suffira que la même bêtise se répète un milliard de fois pour qu’elle devienne une vérité ! Étrange écho aux phénomènes populistes, au développement des fake news, aux bulles cognitives dont on parle de plus en plus au coeur des sociétés les plus développées.

 

L’usage massif des réseaux de neurones est la manifestation de cette dérive qui finira par déléguer notre intelligence à des boîtes noires dont on ne connaîtra rien de la logique interne. En délaissant l’art de la démonstration mathématique, autrement dit la recherche de la causalité, et en lui préférant la corrélation et la loi des grands nombres nous cédons à la facilité offerte par les capacités de calcul exponentielles. Nous perdons un des héritages majeurs de la révolution scientifique : la recherche de la vérité par le raisonnement pur, réservée jusqu’à maintenant aux seules intelligences humaines.

 

 

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15 Mar Ne sous-estimons pas le facteur humain

Serions-nous prêts à confier nos vies à des véhicules autonomes si un doute subsistait quant à leur infaillibilité ? Probablement pas… Pourtant, l’erreur est bien souvent humaine… Une tribune de Michel Lévy-Provençal.
Que faisiez-vous le 25 juillet 2000 vers 17h00 ? Pour ma part, je me rappelle parfaitement de cet instant. J’étais au sous-sol du centre d’affaire Regus de l’avenue Kleber à Paris. A l’époque j’étais dans les bureaux de la startup que j’avais rejoint : la première place de marché française de cotation alternative à Euronext. Je me remémore parfaitement de cette date, et de cet instant, car les télévisions qui entouraient nos bureaux ont brusquement interrompu leur programme pour annoncer le crash du Concorde sur un hôtel de Gonesse. La catastrophe avait fait 113 morts…

Cet accident tragique a été un coup fatal pour le Concorde. Lancé en 1976, le premier avion commercial supersonique aura volé 27 ans, pour ensuite être retiré du marché en 2003. Certes, son exploitation était déficitaire car trop coûteuse en maintenance et en énergie, mais il est clair que l’impact psychologique de l’accident sur le marché a été catastrophique puisqu’entre 2000 et 2003 le carnet de commande s’est brusquement tari !

Depuis quelques années, plusieurs projets privés issus de la Silicon Valley semblent vivre l’aventure qu’a connu le Concorde à la fin des années 70. Regardez SpaceX qui avance une révolution dans le domaine spatial et promet un vol habité sur Mars au cours de la prochaine décennie et un tour de Lune dans une capsule autonome pour deux touristes l’an prochain ! Regardez encore les annonces stupéfiantes de TESLA qui chaque semestre confirme la démocratisation imminente des véhicules autonomes partout, sur nos autoroutes, routes, avenues, boulevards et rues de nos cités !

Ce tsunami d’annonces n’est pas sans danger pour ces projets. En effet, que se passerait-il si par malheur, le vol autonome habité vers la Lune subissait un accident et se soldait par la mort des touristes spatiaux ? Que se passerait-il si demain, plusieurs familles trouvaient la mort dans des voitures autonomes ? Evidemment, toutes les études prouvent que des vols ou des trajets effectués par des intelligences artificielles sont, ou seront, bien plus sûrs que ceux effectués par un humain. Evidemment, on sait depuis des décennies que la grande majorité des crashs d’avions ont pour cause des erreurs humaines. Pourtant l’idée que notre vie soit entre les mains d’une machine ou d’un algorithme nous effraie bien plus que si elle était entre celles d’un humain. En effet, rouleriez-vous dans une voiture autonome ou voleriez-vous dans un avion dont vous n’avez pas l’assurance à 100% de ne pas subir de défaillance ? Probablement pas. Pourtant il vous arrive très souvent de prendre un risque bien plus important quand un humain est aux commandes…
Ce phénomène, à savoir « le facteur humain », est le frein le plus important à la démocratisation de l’usage de l’intelligence artificielle dans la prochaine décennie.

Les ardeurs démiurgiques d’Elon Musk et de ses pairs ne feront qu’aggraver la situation. Ces Christophe Colomb des temps modernes font abstraction de cette donnée sous prétexte qu’elle n’est pas rationnelle ! Ils l’ignorent en espérant qu’elle se résume à un problème technologique alors qu’elle est avant tout un défi psychologique. Comment expliquer cette tache aveugle ? La plupart de ces révolutionnaires, que l’on soupçonne de plus en plus atteints du syndrome d’Asperger, sont dotés de capacités intellectuelles supérieures mais ont de réelles difficultés à appréhender les processus spécifiquement humains : relations interpersonnelles, émotions et comportement non rationnels.

En sous-estimant le facteur humain et en donnant trop d’importance au QI, la Silicon Valley préparerait-elle sans le savoir une révolte qui pourrait annihiler des années d’évolution scientifiques et d’avancées technologiques ?

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06 Mar Présidentielles : le temps de la disruption

A quoi reconnaît-on les « disrupteurs » ?

Les disrupteurs restent longtemps sous le radar. Dans une période de forte volatilité ils grandissent subitement de manière exponentielle pour apparaître soudainement, comme venus de nulle part, en raflant la mise et en mettant en péril les acteurs les plus puissants et installés du secteur.

Ils remettent en question les méthodes traditionnelles. Ils désintermédient et contournent les structures et intermédiaires traditionnels. En créant des plateformes, ils mettent en relations directement entre elles les parties prenantes (clients et fournisseurs, fournisseurs et fournisseurs, clients et clients).

Ils construisent des écosystèmes ouverts de partenaires, où même des concurrents se croisent parfois pour coopérer… Ils s’incarnent dans une marque portant une mission claire auxquelles les parties prenantes adhérent et trouvent leur intérêt.

Ils tentent de limiter les effets du système immunitaire de l’ancienne organisation. C’est pour cela qu’ils restent le plus longtemps possible indépendants, autonomes, loin des circuits traditionnels et grandissent de manière frugale, par leurs propres moyens. Jusqu’au moment où ils deviennent assez puissants pour renverser les règles du jeu.

Ils sont centrés sur “leurs utilisateurs”, pas sur eux-mêmes. Ils évoluent de manière agile en étudiant finement les attentes de leurs cibles afin de s’adapter au mieux.

Ils n’ont pas peur de l’échec, et n’ont pas grand-chose à perdre. Ils prennent des risques qu’une structure traditionnelle ne peut pas prendre.

Enfin, ils n’hésitent pas à tuer les vaches sacrées, les piliers sur lesquels reposent l’ancien système.

Jacques Juliard évoque dans le Figaro “l’heure du centre” et s’interroge sur l’arrivée probable des centristes au pouvoir. Il explique ce phénomène par l’apparition soudaine d’une configuration résultante des primaires, qui a pour effet de radicaliser droites et gauches et de laisser un boulevard au centre à Emmanuel Macron dont la victoire est désormais possible.

Certes.

Mais cette analyse masque un phénomène plus profond : les grands partis politiques, tels les grands groupes, sont mis à mal par des acteurs qui essaient de les disrupter de l’intérieur comme de l’extérieur. Dans un environnement à volatilité extrême comme celui dans lequel nous sommes entrés, les acteurs traditionnels ont peu de choix devant eux : tenter de résister et mourir, s’adapter en rejoignant le mouvement pour survivre, tenter de faire semblant en adopter les postures du changement ou basculer et jouer à fond le jeu de la transformation.

Si vous passez en revue les différentes stratégies des candidats en course depuis six mois, au regard de ce qu’est une organisation qui disrupte, vous vous rendrez compte que certains se griment en startups de la politique en adoptant les postures sans changer leur logiciel, d’autres voient en leur sein émerger des “intrapreneurs” osant remettre en question les féodalités et l’ordre établis sans véritablement y parvenir car ils sont neutralisés par le système immunitaire qui les entoure, d’autres enfin adoptent la posture des “pure-players” venus de nulle part, prennent tous les risques, pour tenter d’imposer un nouveau modèle.

Je ne vous ferais pas l’affront de remplir les cases en revanche je vous laisse aisément imaginer ceux qui incarneront les Yahoo, Kodak et Uber de cette élection avec les bénéfices et les méfaits qui en découlent…

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27 Fév L’Homme au 21e siècle, en 2 prophéties, 4 étapes et une évidence

Aucun, des transhumanistes et des bio-conservateurs, n’accepte l’Homme tel qu’il est : les premiers parce qu’il est limité et les seconds parce qu’il succombe à l’extension de sa puissance…

À l’aube du nouveau millénaire, comme aux premières années de l’an mil, les Hommes s’enivrent de prophéties. Or depuis une dizaine d’années, nous en voyons émerger pléthores. Parmi les plus répandues, il y en a deux sur lesquelles je vous propose de nous attarder.

La première, bio-conservatrice, décliniste, dystopique, est construite sur le constat de trois crises simultanées : le dérèglement climatique, l’emballement régulier des mécanismes de régulation économique et financiers et plus généralement l’incapacité pour l’Homme de maîtriser la complexité croissante des systèmes qu’il a créés. Ce tsunami, superposition de trois vagues sous-jacentes, nous mènerait d’ici quelques années, comme le dit Paul Jorion dans ses écrits, à une chute mortelle comparable à celle des troupeaux de lemmings qui se jettent du haut de leur falaise !

La seconde prophétie, transhumaniste, à l’inverse, promet vie éternelle et abondance aux Hommes du 21e siècle ! Elle invite à embrasser les avancées exponentielles de la technologie et à accepter avec sérénité l’évolution choisie d’une humanité 1.0 terrestre faite de chair et de sang vers une humanité 2.0 universelle faite de silicium et de photons…

Cette deuxième prophétie prend racine dans les fantasmes de la Silicon Valley. Parmi ses prophètes on retrouve le sémillant Peter Diamandis, auteur des best sellers Bold et Abundance. Dans une tribune, il décrivait comment l’Homme pourrait, en quatre étapes et trente ans seulement, connaitre une évolution comparable à celle des… 3,5 milliards dernières années !

En effet, comme le rappelle Diamandis, il y a 3,5 milliards d’années nous n’étions que des organismes monocellulaires, des sacs de cytoplasmes dans lesquels flottaient de l’ADN. 2 milliards d’années plus tard ces organismes monocellulaires se dotaient d’une technologie capable de manipuler énergie (mitochondries) et information (chromosomes). Il y a 1,5 milliard d’années nous commencions à devenir des organismes multicellulaires capables de coopérer et de constituer des êtres vivants complexes. Il y a 400 millions d’années, des animaux amphibies quittaient leur habitat (les océans) pour peupler les terres et démarrer un nouveau cycle d’évolution.

Peter Diamandis voit dans cette évolution en quatre étapes, une similitude avec ce que nous vivrons dans les trente prochaines années, 100 million de fois plus rapidement ! Première étape, les humains actuels seraient comparables aux premières formes de vies monocellulaires. Seconde étape, en intégrant de nouvelles technologies, nous deviendrions largement plus efficaces pour traiter information et énergie. Troisième étape, nous devrions commencer à nous interconnecter massivement grâce aux biotechnologies et à l’intelligence artificielle comme ont pu le faire les premières formes de vie multicellulaires il y a 1,5 milliards d’années. Quatrième étape, nous pourrions sortir de notre environnement naturel et devenir une espèce colonisant d’autres planètes comme l’ont fait à leur échelle les premiers amphibiens qui ont peuplés les rivages il y a 400 millions d’années.

Transhumanistes et bio-conservateurs sont opposés dans leur façon d’appréhender le futur de l’humanité. Les premiers osent réaliser le rêve démiurgique de l’Homme. Les seconds ne supportent pas que l’Homme puisse céder à ses fantasmes les plus secrets, dépasser ses limites, celles de son environnement et de ses propriétés organiques… de peur qu’il ne périsse. Finalement ces deux prophéties ne disent qu’une chose, évidente : le 21e siècle devrait voir disparaître l’Homme tel que nous le connaissons…
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21 Fév De l’I.A. et de la bêtise humaine

Chaque jour, nous découvrons les avancées stupéfiantes des équipes de Google ou d’IBM en matière d’intelligence artificielle. La dernière en date concerne “l’apprentissage par transfert“, autrement dit la capacité pour une intelligence artificielle d’acquérir un savoir-faire sur un tâche donnée grâce aux connaissances d’une autre intelligence acquise dans un contexte différent…

De plus en plus de voix s’élèvent pour nous avertir des dangers majeurs de l’émergence d’une super intelligence artificielle qui serait amenée à nous asservir. Il demeure que d’ici là, le risque le plus probable est de voir notre société totalement révolutionnée par la mise en concurrence avec des robots moins évolués qu’on ne le pense. Nos classes moyennes devraient s’adapter ou en sortiraient ruinées. Pour accompagner le phénomène, même Bill Gates et Elon Musk militent pour l’instauration d’un revenu universel.
Bill Gates va même plus loin en prônant une taxation des robots ! Benoit Hamon serait-il le plus éclairé des candidats à l’Elysée ?! Sans aucun doute, l’Homme poursuit son fantasme démiurgique de recréer l’esprit et le corps qui le composent et fait preuve ces temps-ci d’une efficacité encore jamais égalée.
Désormais, les biotechnologies et les outils de manipulation du génome ouvrent des perspectives encore inimaginables il y a quelques années. Une nouvelle ère s’ouvre et nous permet d’envisager la création de nouvelles formes de vies. Elle promet la capacité de reproduire tout ou partie des êtres vivants en en modifiant parfois certaines propriétés pour les doter de nouvelles capacités.
Plus proche de nous, saviez-vous que depuis 2013, le coût de synthèse de protéines animales (viande rouge ou blanche) a été divisé par 30 000 ! Aujourd’hui un steak de bœuf artificiel coûte encore 3 à 4 fois le prix d’un steak naturel, mais cette anomalie ne devrait plus durer bien longtemps. D’ici 2020, il nous coûtera probablement moins cher de nous nourrir de viande artificielle que d’abattre des animaux.
Paradoxalement, ceux qui en tireront le plus grand bénéfice seront d’abord les bêtes. Elles n’auront plus besoin de souffrir et mourir afin de nous nourrir. Et évidemment, c’est tant mieux pour elles. Mais vous rendez-vous compte tout de même, boutade mise à part, que nous nous préparons à vivre ruinés et asservis en nous nourrissant de bêtes que nous respecterons plus que nos semblables ?
Le grand Einstein, a qui nous devons le 21eme siècle, nous prévenait déjà : “Deux choses sont infinies : l’Univers et la bêtise humaine. Mais en ce qui concerne l’Univers, je n’en ai pas encore acquis la certitude absolue.”

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29 Déc Nos RDV en 2017

Rassurons-nous, je n’utiliserai pas ce précieux temps de lecture pour nous remémorer les mauvaises nouvelles de 2016. Au contraire, je propose de prendre quelques minutes pour changer de point de vue.

Regardons à long terme : les grandes tendances positives se confirment, comme l’évolution du taux d’extrême pauvreté ou de la mortalité infantile, de l’accès aux vaccins, de l’éducation et de l’ouverture à la démocratie.

Plus proche de nous, contrairement aux apparences, de nombreuses bonnes nouvelles ont aussi marqué l’année. En 2016, un vaccin contre le virus Ebola a été conçu et l’épidémie a été éradiquée. En 2016, après 50 ans de dictature militaire, la Birmanie rejoint les pays dirigés par un président élu. En 2016, la guerre a disparu du continent américain, depuis que les Farcs et le gouvernement colombien ont signé un accord de paix… La Guinée et l’Ile de Nauru ont aboli la peine capitale. La Colombie et le Groenland ont légalisé le mariage homosexuel et l’Italie a adopté une union civile. Après 54 ans de froid diplomatique, les Etats-Unis et Cuba ont rétabli leurs relations. Les dons des plus fortunés à l’égard des associations ont encore augmenté en France (+80% depuis 2010). Nous avons enfin voté une loi mettant fin au gaspillage alimentaire en empêchant les grandes surfaces de jeter de la nourriture et de rendre leurs invendus impropres à la consommation. Les sacs en plastique à usage unique sont désormais interdits aux caisses des magasins. Nous pouvons prétendre, d’après une étude de PwC, au titre de capitale de l’économie collaborative européenne. L’Accord de Paris nous a permis de continuer à espérer une solution globale contre le dérèglement climatique. Le Costa Rica a réalisé l’exploit d’utiliser des énergies exclusivement renouvelables pendant plus de 3 mois consécutifs. À plus petite échelle, le Portugal a réussi cet exploit pendant près d’une semaine en 2016. En Norvège et en Islande, 60 à 70% de l’énergie annuelle consommée est verte. Enfin, de grands programmes de transition ont été lancés en Chine, en Inde et dans les pays émergents pour atteindre un équilibre à l’horizon 2030. Le premier avion 100% solaire, Solar Impulse, a bouclé un tour du monde. Pour la première fois, le célèbre trou dans la couche d’ozone est en passe de se refermer. L’Afrique du Sud a donné le coup d’envoi d’un essai clinique de vaccin contre le Sida d’une ampleur inédite. Une entreprise française, a annoncé la commercialisation d’une route équipée de panneaux photovoltaïques capable de produire de l’énergie solaire. L’interdiction de la pêche à plus de 800 mètres de profondeur a fait l’objet d’un accord entre les institutions de l’Union européenne. Nous en avions parlé longuement en 2013, notamment à TEDxParis. Thomas Pesquet a décollé pour l’ISS après un entrainement intensif de plus d’un an. En  2012 sur la scène de TEDxParis à l’Olympia, nous le recevions pour nous parler de son rêve de conquête spatiale.  Encore plus près de nous, plusieurs projets aidés par la communauté de L’ÉCHAPPÉE VOLÉE ont pris leur envol : Bob Emploi de Paul Duan, My Human Kit de Nicolas Huchet, Woodoo de Thimothée Boitouzet ou Simplon de Erwan Kezzar. Je pourrais continuer longtemps…

Pourtant, j’entends encore cette petite voix qui continue à douter. Evidemment, elle n’a pas complètement tort et il serait aisé de citer les horreurs qui ont jalonné l’année passée. Oui, les défis auxquels nous faisons face sont immenses, mais c’est la vision que nous nous faisons de notre avenir, l’énergie que nous sommes prêts à déployer, notre engagement, d’une certaine manière notre optimisme, qui seront déterminants et nous permettront d’y répondre. Avons-nous un autre choix que l’audace, le courage et la volonté ? Au delà des clivages politiques qui vont nécessairement se cristalliser en 2017, nous avons le devoir de nous concentrer sur les solutions, les actions positives, les énergies bienveillantes et transmettre cet enthousiasme autour de soi. C’est ce que je continuerai à faire l’an prochain, en partageant les bonnes nouvelles, en aidant les acteurs qui oeuvrent pour le bien commun, en faisant connaître les innovateurs qui imaginent et agissent pour un monde meilleur. Cette année encore, je nous réserve quelques surprises qui iront dans ce sens. Elles apparaitront dans mes compte-rendus quotidiens entre les 24 et 28 avril prochains, lors de la 31e conférence TED à Vancouver. Nous pourrons aussi nous retrouver entre les 12 et 14 mai prochain à Chantilly pour la 4ème édition de L’ÉCHAPPÉE VOLÉE. J’espère pouvoir continuer à échanger quotidiennement sur les réseaux sociaux, par email ou IRL.

A ce sujet, je vous propose de nous retrouver à L’ÉCHAPPÉE VOLÉE les 12, 13, 14 mai 2017 autour de 50 speakers et 10 fellows sélectionnés pour leur vision singulière du monde et leur engagement à résoudre certains des grands défis qui nous attendent : la croissance imperturbable des inégalités, l’emploi à l’heure de la complémentarité homme / machine, l’économie du partage et l’émergence d’un nouveau capitalisme, les promesses folles de la société de l’abondance, la fin de l’argent, les défis et opportunités des transports autonomes, la démocratie digitale à l’heure du retour aux populismes, les nouvelles formes de vies synthétiques, l’mergence d’une psyché artificielle, la nano-impression ou la future usine du réel… Issus des milieux académiques, scientifiques, artistiques et économiques du monde entier, les Échappés convergeront à Chantilly pour 3 jours et 2 nuits d’innovation au service du bien commun. Un mail a été adressé aux membres de la communauté proposant de s’inscrire à des conditions privilégiées avant le 31/12. Les places en résidence pour le week-end sont presque épuisées, contactez-moi si vous souhaitez bénéficier des derniers pass. Par ailleurs, les inscriptions publiques pour la journée de conférence du samedi 13 mai seront ouvertes en janvier.

Excellent réveillon plein de nouvelles résolutions !

Michel.

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25 Oct Nos politiques oublient le futur

Sur le front des avancées technologiques, chaque jour apporte son lot de preuves que nous vivons une révolution équivalente à plusieurs Gutenberg simultanés. L’intelligence artificielle se développe à une vitesse exponentielle. Couplée aux biotechnologies, elle promet d’éloigner le spectre de notre propre mort, voire de faire émerger une nouvelle humanité. Des initiatives privées américaines, comme Calico et 23andMe, les filiales biotech de Google, ou celle du couple Zuckerberg, dont le but est d’éliminer toutes les maladies d’ici à la fin du siècle, sont des symptômes de cette fièvre transhumaniste qui embrase la Silicon Valley. La Chine n’est pas en reste : la start-up iCarbonX vise le séquençage ADN de 100 millions de personnes pour révolutionner la médecine préventive…

 

Cette révolution n’en est qu’à ses prémices. Etats-Unis et Chine ont pris une avance considérable dans les technologies NBIC (nanotechnologies, biotechnologies, sciences de l’information, sciences cognitives). L’Europe est à la traîne et, au regard des débats politiques en vue de l’élection présidentielle française, rien n’indique que cela changera. Avez-vous remarqué combien les enjeux relatifs à ces technologies sont absents des discours de nos candidats déclarés ? Le fossé qui sépare, d’un côté, ce silence, et de l’autre, les prises de positions de Barack Obama dans une récente interview à « Wired » est abyssal. Il est urgent que nous, citoyens, alertions nos dirigeants sur ce sujet, qui sera central dans les prochaines années.

Si nous voulons éviter que la France et l’Europe ne deviennent des colonies sous le joug des puissances technologiques américaines et chinoises, il nous faut encourager les politiques qui permettront de faire émerger les Léonard de Vinci ou les François Ier du XXIe siècle ! Enfin, au même titre que ce qu’ont permis de réaliser les COP sur la question du climat, le prochain président français serait bien inspiré d’initier la première série de grandes conférences sur les NBIC rassemblant chercheurs, entrepreneurs, investisseurs, philosophes et citoyens. Objectif : accompagner le plus important défi que l’humanité ait connu depuis son apparition.
Chronique initialement publiée dans les Echos

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15 Oct 7 pistes pour ramener un extrémiste à la raison

Note à l’intention de ceux qui voudront débattre avec les extrémistes en tout genre qui peuplent de plus en plus notre société :

1. Ne les forcez pas à défendre leur position. Face à un discours absurde il est tentant de s’engager dans un débat houleux qui pousse vos interlocuteurs à défendre leur position coûte que coûte et les braque.

2. Privilégiez l’information à l’émotion. Préférez leur soumettre une information et laisser leur du temps sans attendre de confirmations ou de réponses immédiates de leur part. « Tiens cette information pourrait vous intéresser compte tenu de votre intérêt pour le sujet. Quand vous aurez le temps, je serais preneur de votre commentaire. »

3. Ne débattez pas biais contre biais ! Ne perdez sous aucun prétexte votre crédibilité en perdant votre réalisme. Si on vous soumet un argument juste, acceptez le !

4. Evitez l’affrontement. Ne leur faites pas l’affront de devoir choisir votre point de vue plutôt que le leur ! Trouvez une troisième voie. Il est plus simple de proposer une voie de côté plutôt que de les convaincre d’accepter votre position.

5. Permettez leur de sauver la face ! Les gens changent rarement d’avis s’ils ne trouvent pas une voie qui leur garantisse dignité et crédibilité.

6. Aidez-les à trouver la raison « officielle » de leur revirement. Elle doit être cohérente avec leur système de valeur qui leur a fait changer d’avis. Changer d’avis est un long processus, mais il doit pouvoir être résumé en un événement unique, marqueur du point de bascule et cohérent avec un système de pensée et de valeur qui reste celui de votre interlocuteur.

7. Une fois convaincu, ne les punissez pas de votre jugement. Évitez le « enfin ! Je te l’avais bien dis » qui risque de ruiner tous vos efforts. Exprimez plutôt votre respect : « je suis heureux que nous ayons pu avancer ensemble dans cette réflexion »

(D’après le HBR : « how to build an exit ramp to Trump supporters »)

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10 Mai Pour un crash-test de civilisation

Publié dans LesEchos le 10 mai 2016 

Notre génération a bâti un monde d’une puissance inégalée en terrassant l’espace et le temps. Si l’on en croit les prophètes de la Silicon Valley, les prochaines décennies nous engagent dans le dernier combat avant le changement de notre espèce : la lutte contre notre propre mort, l’augmentation radicale de nos capacités physiques et intellectuelles et, à terme, l’abandon possible de notre enveloppe charnelle au profit d’une intelligence artificielle désincarnée…

Le nouveau siècle a également débuté avec le détournement d’un outil technologique, l’avion de ligne, par une poignée de terroristes, tuant 3.000 personnes et chamboulant l’ordre mondial. Cet effet de cascade illustre à la fois la puissance et la fragilité du système que nous avons bâti. « Le progrès et la catastrophe sont l’avers et l’envers d’une même médaille », comme le rappelait Hannah Arendt.

Mais le fantasme démiurgique de l’homme le rend aveugle. Imaginez, demain, l’attaque délibérée d’infrastructures électriques à l’échelle d’un continent ou l’avènement du « big one », le tant redouté tremblement de terre sur la faille de San Andreas (Californie). Quels impacts auraient de tels événements sur nos sociétés, devenues si dépendantes du numérique et des infrastructures sous-jacentes ?

Dans un crash, les dégâts sont proportionnels à la vitesse. Or nous vivons dans un monde dont l’évolution n’a jamais été aussi rapide et qui accélère à l’échelle exponentielle. Face aux risques d’accidents, les industries les anticipent, par exemple en mettant en oeuvre des crash tests. Mais que faire à l’échelle d’une civilisation ?

A un an de l’élection présidentielle, probablement la plus importante des cinquante dernières années, nos candidats devront être prêts non seulement à accompagner la dernière étape de la transition numérique, mais surtout, et simultanément, à se préparer, comme le suggère le théoricien de la vitesse Paul Virilio (« L’Accident originel », 2005), aux scénarios de destruction des infrastructures que nous bâtissons et à créer les conditions de notre résilience.

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