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Soirée TV TEDxConcorde : “Une autre vision du temps de cerveau disponible !”

Les spectateurs qui live twittaient le documentaire TEDxConcorde sur CANAL+ hier soir ont été globalement agréablement surpris par le programme. Certes, le contexte politico médiatique était porteur. Je veux parler bien sur de l’affaire Guéant  ou tout simplement de la campagne présidentielle, puisque la thématique de la conférence étaient “La diversité en soi”. Mais au delà de cela, il s’agissait de souligner ô combien la télévision en particulier et les media en général perdent l’occasion de diffuser des idées, des contenus, des débats qui aident à appréhender le monde différemment, voire à le changer.


Il ne s’agit pas ici de faire l’éloge d’un projet ou d’une chaine de TV. Je serai mal placé en tant qu’organisateur des TEDxParis et de TEDxConcorde. Il s’agit seulement de passer un message. Internet regorge de contenus de qualité (TED, La Lift, DLD, D conference…) : une myriade de videos porteuses de messages qui ne demandent qu’à être pollinisés et à semer de l’intelligence. Le but de ces interventions est toujours le même : faire prendre conscience que notre monde est d’abord façonné par nos perceptions, nos pensées, nos idées, nos actions, nos engagements.

Or les media, et la télévision en particulier, forment encore aujourd’hui la plus grande machine à diffuser ces idées. Ils ont une responsabilité immense dans la perception que nous avons du monde et de nos sociétés actuelles. Hier soir, il me semble que ce qui a été apprécié est surtout l’idée qu’une TV relève ce pari. A bon entendeur…

Pour suivre l’arrivée progressive des interventions sur internet : http://tedxconcorde.com

Un Megavideo légal pourrait être rentable pour les ayants droit! Explications…

La fermeture de Megaupload par la justice américaine est un moment clé de l’histoire d’Internet. Comme la fermeture de Napster l’a été. C’est à dire un énorme raffut médiatique  mais sans grand impact sur la réalité des usages et sur la vie du réseau!!

Le plus frappant dans cette affaire vient des chiffres!  L’ampleur de la richesse accumulée par l’empire Mega s’élève à 175 millions de dollars de revenus au total. En parallèle,  les ayants droits prétendent que le site a généré un manque à gagné de 500 millions de dollars. Ne trouvez-vous pas intéressant que les deux chiffres mis côte à côte soient du même ordre? Je veux dire que l’on parle d’un rapport 2,5 et pas d’un facteur 100 ou 1000!!! Autrement dit, le modèle Megavideo, à savoir mixte entre pub et abonnement, a généré 1/3 des revenus attendus par les producteurs!? Cela voudrait-il dire qu’un système porté par un consortium d’ayants droits (et non un intermédiaire pure-player aux manières de voyou) pourrait marcher? Je précise, cela prouverait qu’un dispositif basé sur une offre Freemium dont la part payante est trois fois supèrieure à celle de Megavideo, (soit 30 euros par mois) tiendrait la route??

En réalité, cela n’a pas été fait pour plusieurs raisons. Tout d’abord le conservatisme et l’archaïsme de l’industrie du cinéma et de la production TV américaine (j’en parlais dans mon précédent post). Aussi, la peur de ne pas atteindre le momentum, passage où la masse d’utilisateurs permet effectivement de rendre la solution rentable. Le marché est si important que les pure players sont incapables de porter une telle offre, seuls les très gros (Apple et Amazon) sont en mesure de le faire et cela ne devrait pas tarder…

Entre temps, il restera les videoBB et consors. Il demeure certain qu’en l’absence d’une offre globale et légale comparable en terme de modèle à Megavideo, le marché n’aura pas sa réponse et contournera la loi. Il y a des voies possibles, des modèles légaux qui fonctionnent, il suffit seulement que les mentalités changent chez les ayants droit!

Pourquoi les américains sont-ils beaucoup plus forts que les français pour prendre la parole en public ?

Il est courant de croire que la France est le pays des mots et de l’éloquence (encore que…). Il est aussi courant de penser que nous, français, sommes médiocres à l’oral. Je veux parler de nos qualités de prise de parole en public, lors de conférences ou congrés professionnels par exemple. En effet, comparé aux anglo-saxons et particulièrement aux américains, notre présence, notre prestance ou notre capacité à captiver une audience reste trés médiocre.

Voilà trois ans que j’aide des intervenants français à se préparer pour des conférences publiques “à l’américaine” dans le cadre d’événements TEDx à Paris. En trois ans, nous avons “coaché” pas moins de 70 intervenants. Chaque préparation nécessite 3 à 10 répétitions en moyenne. Avec systématiquement la même démarche : comprendre le sujet, construire une histoire en x points de passages, extraire les messages, identifier les anecdotes, illustrer avec photos et diapositives et répéter, répéter, répéter au point d’habiter le discours. Pendant ces trois années, je n’ai jamais vraiment compris pourquoi un français a tant besoin de temps et de travail pour parler en public, alors qu’un américain du même niveau social, possédant le même type de diplôme, les même responsabilités professionnelles et travaillant dans le même secteur d’activité possède, à l’oral, une aisance sans comparaison !

J’ai longtemps cru que la réponse à cette question venait de la langue et des modes de pensée. Le Français est une langue subtile, complexe, alambiquée par certains aspects. L’anglais beaucoup moins. Certes. Et pourtant un français parlant couramment anglais reste en moyenne moins performant qu’un américain lors d’une prise de parole en public. La question est donc restée entière, jusqu’à ce que mon collègue et ami Sébastien Turbot, avec qui j’ai coaché de nombreux intervenants pour TEDx et qui a vécu les 10 premières années de sa vie de l’autre coté de l’Atlantique, ne  me soumette une réponse…

De mémoire de quadragénaire, il me semble, qu’à aucun moment dans le cursus éducatif français, je n’ai été confronté à la prise de parole en public. Pire, je n’ai aucun souvenir de cours de rhétorique ni même d’organisation de débats pendant mes études. Or, et ce fut une découverte lumineuse, les jeunes élèves américains sont tous habitués depuis leurs premières années de classes à prendre la parole en public. En effet, des sessions de “Show and Tell”, littéralement “Montrer et Raconter”, imposent à tous les élèves américains de prendre la parole régulièrement devant leurs camarades de classe pour présenter un objet quelconque leur appartenant. L’idée est d’acquérir les reflexes permettant de captiver une audience, tenir un discours, susciter de l’émotion et transmettre un message…

Le système éducatif français actuel ne semble pas attacher d’importance à l’éloquence et à la rhétorique. Or, lorsque nous nous retrouvons dans le monde professionnel, savoir passer un message à l’oral et être persuasif lors d’une présentation est primordial dans un grand nombre de métier. Je me disais donc que, même si d’autres problèmes sont probablement plus urgents à régler dans nos écoles républicaines, ce serait pas mal de rétablir des cours de rhétorique et organiser des sessions de “Montrer et Raconter”…

(Crédit Photo: Show and Tell)

Comment Path a changé ma vie sur les réseaux sociaux.

J’utilise Path depuis quelques semaines maintenant. Il est peu dire que ce fut une grande découverte…

Comme beaucoup d’early adopters, j’ai commencé à utiliser les réseaux sociaux en 2007. Avant cela j’avais l’habitude de bloguer. Lorsque Facebook a atteint son « tipping point » vers juin 2007, en tant que blogueur j’ai commencé à devenir schizophrène: “Devais-je continuer à poster des billets personnels sur mon blog? Devais-je plutôt utiliser Facebook pour cela? Mon blog avait-il vocation à être transféré sur Facebook ?”. En 2007 j’ai tenté de résoudre l’équation en créant un nouveau système que j’ai appelé Polyblog.

Aujourd’hui, 5 ans plus tard, je n’utilise pas moins de 10 réseaux sociaux. Facebook, Foursquare, LinkedIn, Google+, Youtube, WordPress, Instagram, Flickr et Twitter. Chaque réseau social fournit tellement de couches différentes de contacts et de contenus que tout était devenu flou. J’avais accumulé des milliers de contacts sur chacun de ces réseaux au point que ma vie social digitale était devenu chaotique : je ne savais pas à qui je parlais et qui je lisais jusqu’à ce que … Path me montre le chemin.

Path a été conçu pour la communication entre amis proches. Lorsque vous commencez à l’utiliser, vous comprenez combien il a été une erreur de courir après les followers et les friends. Avec moins de 150 contacts sur Path vous atteignez une expérience parfaite de connexion avec votre réseau d’amis réels. En seulement trois semaines Path m’a en réalité fait comprendre comment les systèmes comme Klout sont dangereux pour la qualité de nos écosystèmes sociaux. En conclusion Path est la démonstration que la valeur des réseaux sociaux vient de la qualité des liens et non de leur quantité.

La semaine dernière j’ai commencé à supprimer des amis sur les réseaux. Tout d’abord sur Facebook où j’ai retiré plus de 800 contacts. Aujourd’hui je vois mes 10 réseaux sociaux comme une pyramide.

Au sommet: Path via lequel je poste des contenus pour les amis proches. Parfois je partage (toujours via Path) des textes des photos et des vidéos pour mes (vrais) contacts sur Facebook, Foursquare ou encore Twitter. J’utilise Linkedin uniquement pour les connaissances professionnelles. Google+ accueille mon blog en anglais et WordPress mon blog quotidien en français. Youtube, Flickr et Instagram sont utilisés uniquement pour partager des contenus publiques que je re-poste sur mes blogs. Enfin, au bas de la pyramide, Twitter est devenu mon principal canal de distribution.

En conclusion Path est un outil formidable. L’exécution, la conception, la qualité de l’expérience sont exceptionnels. Mais bien plus que cela, Path est un concept, une idée  simple et intelligente : “une invitation à créer du sens plutôt que du bruit au sein de nos réseaux”.

Source : Michel Levy-Provençal – Mikiane – Google+ – How “Path” has changed my life on the Internet. I use….

Le vivant de synthèse, perspectives…

Voilà 20 ans que nous évoluons dans un tout nouveau monde ! L’Homme sait qu’il peut aujourd’hui construire des machines dépassant les limites de son propre cerveau. Non seulement les capacités de calcul de nos ordinateurs ont crû exponentiellement ces dernières années mais en plus les capacités de connexion de ces mêmes ordinateurs permettent déjà d’additionner leur puissance. Au point qu’aujourd’hui l’ensemble des machines de la planète ont une « intelligence globale » équivalente à celle d’un cerveau humain.

Du réseau au vivant

Evidemment nous ne sommes pas encore capable de programmer cette immense machine pour qu’elle réponde comme un cerveau artificiel. En revanche d’ici une vingtaine d’année cette puissance pourra être contenue dans une seule machine. Aussi de nouveaux langages de programmation, des algorithmes d’apprentissage et l’arrivée des machines biologiques permettront de dépasser cette limite. La révolution d’après Internet est déjà en train de se bâtir dans les laboratoires de génétique et d’informatique. Ces deux dernières années plusieurs chercheurs ont réussi non seulement à créer des cellules vivantes grâce à de l’ADN de synthèse mais en plus ils ont construit des modèles permettant de programmer ces cellules, au sens informatique du terme…

L’Anthropocène, une nouvelle ère

De nombreux scientifiques pensent que notre époque, c’est à dire la période qui a débuté avec l’ère industrielle et s’est poursuivie avec celle de la connaissance, marque le début d’une nouvelle ère géologique : l‘Anthropocène. Elle est définie comme la période pendant laquelle l’espèce humaine a agit en véritable force géophysique sur la planète au delà de toutes les autres forces géologiques et naturelles qui jusque là avaient prévalu ! Lorsque l’on étudie des périodes aussi longues que les ères géologiques il faut le faire avec des lunettes exponentielles. Au travers de ces lunettes, nous ne sommes qu’aux premières secondes de l’époque Anthropocène. Les révolutions qui se sont succédées depuis le 18ème siècle ont géologiquement et organiquement transformé la planète. Certes. Mais il ne s’agit que d’une toute première étape. Les décénies qui arrivent seront décisives pour le vivant. Soit, l’Homme prendra conscience de la transformation destructrice de la première phase et assurera sa survie par une étape de préservation du vivant soit il disparaitra purement et simplement.

La reconstruction du vivant

Les recherches sur la question de la “vie synthétique” ne cessent d’évoluer ces dernières années. Par vie synthétique, je veux dire la fabrication de cellules vivantes artificielles et programmables. Les résultats auxquels nous sommes parvenus sont extra-ordinaires au point que l’on peut se demander si l’étape qui vient ne serait pas la reconstruction du vivant et non simplement sa conservation… En dehors de tout préjugé éthique ou moral, je vous invite vivement à visionner cette courte vidéo d’Andrew Hessel dans laquelle il évoque la vie de synthèse et la programmation du vivant. L’intervention a été filmée à TEDxAmsterdam il y a quatre jours, le 25 novembre 2011.

L’Ubimedia, de la vision à l’implémentation : nouveau point d’étape

Gérer une startup c’est monter un groupe de Rock. Mêmes étapes : du garage au premier mécène, du premier morceau au concert culte. Depuis décembre dernier, nous sommes en train de passer ces différentes étapes : le recrutement, la première levée de fond, la première version du produit, le grand test de la rencontre avec les utilisateurs… Nous avons trouvé notre style, nous savons où nous allons, il nous reste maintenant à trouver un public.

Depuis 9 mois je martèle le même message, auprès de l’équipe ou à l’extérieur : « Une vision claire et précise. Des réalisations concrètes et démontrables! ».

Une vision : l’Ubimédia.

Le concept d’Ubimédia a été introduit par Adam Greenfield en 2006 dans son livre « Everyware » : à savoir les contenus embarqués dans tous les objets et surfaces de notre vie quotidienne, un monde où toute chose peut devenir un « ware » (software et hardware).

Une approche : l’ouverture, l’open source et la standardisation.

Depuis plusieurs années déjà, l’industrie du numérique construit un monde massivement connecté dans lequel les objets du quotidien sont de plus en plus « intelligents ». Cela a commencé avec le téléphone, s’est poursuivi avec le livre, le magazine, puis la TV. Bientôt l’automobile, mais aussi le mobilier et les habitations… La plupart des écosystèmes interactifs qui sont construits sont malheureusement fermés. Cela constitue un réel problème car empêche l’interopérabilité et freine d’autant la mise en œuvre effective d’environnements ubimedia. L’approche que nous avons choisie consiste à bâtir un système ouvert interopérable qui permet de sauter les « walled garden » construits par les grandes marques comme Apple, Microsoft, RIM, Samsung, etc…

Des réalisations : du concret pour susciter l’imagination et inviter à poursuivre le mouvement.

En 9 mois nous avons initié la base de l’écosystème, un framework de développement multi-support. Nous avons aussi construit au dessus plusieurs applications et prototypes d’objets connectés. L’idée recherchée est simple : créer le plus d’applications démontrables répondant à un usage et favoriser ainsi d’autres initiatives; organiser et participer à des événements communautaires pour partager avec d’autres développeurs, designers et électroniciens la vision et la démarche.

Changer de paradigme. Le design comme stratégie.

Nous autres ingénieurs et techniciens français avons ce défaut de penser système avant usage. L’antidote consiste à rééquilibrer les rôles entre techniciens et designers en construisant des produits autour de l’usage, “du creux”, “du manque” et contribuer à le combler du mieux que nous pouvons. Nous essayons pour l’instant d’y parvenir à petits coups de sprints, de « Designers day », de Hackatons, où les designers sont au centre du ring. Je ne parle pas là de “Design de style” mais de l’approche qui consiste à redonner la priorité à la mélodie et à l’efficacité. Nous n’en sommes qu’aux préliminaires…

Un marché embryonnaire aujourd’hui, massif dans cinq ans.

Les analystes s’accordent sur ce point : la prochaine frontière de l’internet est celle des objets. 15 milliards d’objets connectés en 2015 et 50 milliards en 2020.  La plupart des grands acteurs préparent l’infrastructure. Facebook ouvre son graphe social à toute sorte d’actions, on imagine que demain l’environnement pourra interagir avec. Google y travaille depuis plusieurs années déjà avec Android et Chrome OS. Microsoft unifie les interfaces dans Windows8 et avec l’arrivée de la Kinect prépare des interactions plus naturelles avec l’environnement. Apple depuis quasiment le début, a fait de l’iPhone une matrice, un connecteur central vers une multitude d’objets connectés… (Nike+, Withings, ARDrone…)

Sur les 15 milliards d’objets connectés en 2015, une partie moindre, certes, sera constituée de  surfaces et de terminaux pour la distribution de contenus mais c’est déjà assez pour continuer à travailler sur cette piste là.

En savoir plus :

Founder Institute : le “Masterchef” des startups web

Bloggueur invité: Vincent CAILLIEREZ (http://blog.crazycresus.com/)

Vincent a 35 ans. Cela fait une quinzaine d’années que Vincent crée des sites web, d’abord dans des agences web puis à son compte. Cela fait longtemps qu’il rêve de créer une société qui s’appuie sur les technologies web pour vendre un produit ou un service qu’il aurai inventer. Il espère atteindre cet objectif dans les mois qui viennent grâce au soutien du Founder Institute, qui accompagne les entrepreneurs dans la création de leur startup technologique. 

Je suis accro à Masterchef. Au cas où vous auriez échappé à ce programme de télé-réalité, maintenant diffusé dans vingt-six pays, le concept consiste à mettre en compétition une bande de cuisiniers amateurs à coup d’épreuves redoutables, comme savoir situer l’onglet et le faux-filet sur un boeuf, reproduire à l’identique le plat d’un chef étoilé, ou cuisiner un banquet pour deux-cents personnes en quatre heures sur un bateau-mouche. Voilà le lot quotidien des participants à cette émission, diffusée sur TF1 tous les jeudis soir.Je ne suis pas spécialement fan de télé-réalité ni de cuisine. Pourtant, je trouve ce programme absolument magnétique. Serait-ce parce que la voix-off et les candidats nous répètent en boucle que l’émission va enfin leur permettre de “changer de vie” ? Ou bien parce que des gens “ordinaires” (dans la saison actuellement diffusée, on trouve un coiffeur, un ébéniste, ou un barman) accèdent à l’extra-ordinaire ? Cuisiner sur le toit d’un building à New York, rencontrer des “stars” de la cuisine, être traversé par une riche palette d’émotions allant du stress intense à la joie totale, voilà des choses qui manquent un peu dans la vie de tous les jours. Ainsi, plus qu’un concours de cuisine, l’émission incarne la faculté d’un être humain à prendre son destin en main et à transcender sa condition d’origine (ici, une profession dans laquelle l’anonyme candidat ne se retrouve plus).Ajoutez à cela un montage au cordeau, des effets sonores à propos, et des interruptions publicitaires judicieuses, et il devient difficile de ne pas tomber dans le panneau. Bref, quand j’ai appris qu’une compétition équivalente existait pour créer sa startup technologique, l’entrepreneur web qui sommeille en moi n’en a pas dormi de la nuit.Adeo Ressi a créé le Founder Institute (http://www.founderinstitute.com/)dans le but d’exporter la Silicon Valley au-delà de son territoire initial via “la création et le développement d’écosystèmes de startups locales dans des marchés prometteurs partout dans le monde”. Son objectif est de créer 1000 entreprises par an dans plus de 30 villes du monde dans le domaine des technologies.Concrètement, le Founder Institute propose un programme de formation sur quatre mois, au cours duquel les futurs entrepreneurs sont amenés à réfléchir et affiner leur idée de business, lui trouver un nom, mettre au point un business plan, et créer une société.J’en ai rêvé. Adeo l’a fait.J’ai trouvé mon Masterchef : un Masterchef orienté vers l’entrepreunariat et les nouvelles technologies. Je ne pouvais pas rêver mieux !

Le parallèle avec la télé-réalité culinaire vous paraîtra peut-être osé, mais impossible de ne pas voir les analogies :

  • L’admission au Founder Institute se fait en passant une série de tests en ligne, équivalents au pré-casting de l’émission TV.
  • Les participants sont regroupés en une promotion, équivalent télévisuel d’une “saison”, à laquelle tous ne survivront pas (les organisateurs du programme annoncent un taux d’abandon entre 25% et 50% selon les promotions).
  • Les risques d’être éliminé du programme sont nombreux : ne pas rendre ses “devoirs” à temps, ne pas créer de société, recevoir une mauvaise évaluation de ses pairs… autant d’écueils qui peuvent vous mettre à la porte et qui ne sont pas sans rappeler les épreuves auxquelles sont soumis les candidats de TF1.
  • L’entreprise la plus prometteuse remportera un prix de 50.000 euro ; le gagnant de Masterchef touchera 100.000 euro pour ouvrir son restaurant.
  • Le programme et le discours d’Adeo Ressi valorisent “ceux qui en veulent”. Exit les dilettantes, il faut vouloir gagner pour arriver au bout.

Nuance importante : si, à la télé, les candidats sont en compétition les uns avec les autres, le Founder Institute souhaite que chaque candidat mène son projet à terme. Le succès de l’un ne signifie pas l’échec de l’autre, d’autant qu’un système de répartition attribue à chaque participant un pourcentage des parts des sociétés fondées par ses camarades. L’intérêt général est donc la réussite collective.

J’ai intégré cette formation, mon premier cours a eu lieu hier soir et j’ai beaucoup appris.

J’espère aller jusqu’au bout de ce défi en créant un produit ou un service web qui marchera. Indéniablement, les cours, les mentors et le réseau mis en place par le Founder Institute augmentent les chances de succès de chaque participant, car ils permettent d’éviter certaines erreurs classiques de débutant et ils repoussent la procrastination en fixant des objectifs réguliers et stimulants. La véritable compétition se fait donc contre soi-même.

Pour terminer, je voudrais partager avec vous les “7 règles d’Adeo” qui nous ont été présentées lors du premier cours :

  1. Les idées les plus simples sont les meilleures (et les idées complexes meurent).
  2. Concentrez-vous sur une seule source de revenus.
  3. Définissez avec précision votre client idéal (et devenez son ami).
  4. Créez quelque chose qui s’explique facilement (en 10 mots maximum).
  5. Les marchés étroits craignent (votre entreprise va s’épuiser à les conquérir).
  6. Utilisez un ingrédient secret (qui démontre votre expertise).
  7. Soyez original (en étant nouveau ou meilleur).

Vivement la prochaine émission, euh, le prochain cours.


Et si le Web devenait le plus grand réseau de calcul distribué jamais construit ?

En utilisant le langage Javascript, l’équipe technique de Joshfire a créé un prototype de jeu d’échec dont l’intelligence artificielle est distribuée sur l’ensemble des ordinateurs se connectant sur le site du dit jeu. Chaque ordinateur connecté aux différentes pages de leur site permet d’enrichir un « Web-calculateur distribué ». Ce prototype illustre le concept de Web-Grid, qui demain pourrait proposer des capacités de calcul gigantesques à l’échelle de la planète. CHESS@Home est disponible sur http://chessathome.org/

UPDATE: Joshfire a remporté, mardi 6 septembre, le concours node.js Knockout dans la catégorie “Completeness”. C’est une réelle satisfaction pour l’équipe de recevoir la reconnaissance de ses pairs dans un concours auquel participent massivement des entreprises de la Silicon Valley et dont les juges émanent des équipes techniques de Google, Microsoft, Facebook, Mozilla, Dropbox, Sequoia Capital, Twitter, Adobe…

De SETI@Home au Web-Grid

En 1999 était créé SETI@Home, le réseau de calcul distribué le plus connu de l’ère Internet. Le système avait pour objectif d’utiliser les processeurs de milliers d’ordinateurs connectés au réseau afin d’analyser des données issues de signaux émanant de possibles intelligences extra-terrestres. Dans SETI@Home les calculs étaient menés de façon transparente pour l’utilisateur. Les résultats de chaque calcul étaient transmis à un serveur central qui se chargeait de distribuer les tâches parmi les unités de calcul. Même si le programme a été mis en hibernation en 2011, faute de fonds publics, la réalisation de ce super calculateur distribué à l’échelle de l’internet tout entier reste un accomplissement remarquable.

L’un des défauts de SETI@home étaient la nécessité d’installer un programme sur son ordinateur pour faire participer son ordinateur au calcul global. Au total, plus de 9 millions d’individus ont téléchargé le logiciel sur leur poste de travail afin de contribuer à la capacité de calcul de l’ordinateur central du SETI. La capacité moyenne de calcul a été évaluée en 2009 à 1,7 millions d’ordinateurs personnels simultanés… Bien que vertigineux, ce chiffre reste faible comparé aujourd’hui au trafic circulant sur le Web. En effet, imaginez que des sites comme Facebook et Google participent à un programme de calcul distribué, non plus en proposant l’installation d’un logiciel sur un ordinateur, mais en utilisant chaque ordinateur connecté aux différentes pages de leur site pour enrichir ce qui pourrait être un gigantesque « Web-calculateur distribué » : une Web-Grid ! Précisons : il suffirait de consulter Google ou Facebook pour que votre ordinateur donne, pendant le temps de votre consultation, x pourcents de son temps de calcul… Un tel système permettrait aisément de résoudre des équations scientifiques à l’échelle globale à moindre coût et de façon quasi-transparente pour chacun d’entre nous.

Pour créer une Web-Grid, il faut que la ressource locale alimentant le réseau globale soit puisée de façon transparente par la simple consultation d’une page Web (évidemment, en prenant soin d’en avertir l’utilisateur) et ce sans passer par la lourde phase d’installation d’un logiciel sur son ordinateur. Cette idée a germée dans la tête de l’équipe technique de Joshfire lors d’un concours (NodeKO) organisé par la communauté mondiale NodeJS . En utilisant le langage Javascript, l’équipe a créé un prototype de jeu d’échec dont l’intelligence artificielle est distribuée sur l’ensemble des ordinateurs se connectant sur le site du dit jeu. En l’espace de quelques jours, l’équipe a déjà enregistré des pics de connexion de l’ordre de 500 ordinateurs simultanés contribuant à la puissance de calcul de l’algorithme du jeu d’échec.

Nous aider à battre un record du monde

L’objectif du projet est de dépasser le record mondial en atteignant 2071 ordinateurs connectés à la page simultanément… Pour ce faire il suffirait que quelques sites web à gros trafic s’associent à l’opération en intégrant sur leurs pages un bout de code disponible sur le site du jeu. Très vite le nombre de connexions simultanées pourrait décupler et le record mondial pourrait être littéralement pulvérisé…
Aidez-nous à faire connaître le projet en diffusant l’info sur les réseaux sociaux… : http://chessathome.org

Plus d’infos techniques à propos du projet sont disponibles sur le blog de Sylvain Zimmer (CTO de Joshfire).


Jusqu’à quand la France du Minitel, du Bibop et de l’Hadopi ?

La mémoire comme boussole.

En 1982, le Minitel fait de la France une terre pionnière en matière de réseau de données grand public. En 1996, cette même France perd pourtant la bataille pour le leadership des réseaux de données avec l’arrivée de l’Internet mondial venu des USA. Ce n’est que 10 ans plus tard que l’investissement en infrastructure notamment haut et très haut débit redonne à la France une petite avance dans le domaine. Aujourd’hui, nous sommes en train de vivre une ère similaire à celle du minitel en particulier dans le domaine de la distribution et de la consommation de contenus audiovisuels.

En 2010 est apparu un nouveau marché : celui de la télé-connectée. La France avait toutes ses chances dans ce marché grâce à ses réseaux haut-débit et ses ressources culturelles reconnues mondialement. Plutôt que d’embrasser cette opportunité et prendre en compte les leçons du passé, les plus influents protagonistes français du domaine, qu’ils soient décideurs de groupes media, patron de l’édition ou de la distribution et politiques, tous ont fait le choix qu’on pourrait qualifier de « choix du Minitel ». Recroquevillés sur nous-même, sous prétexte de la protection des modèles existants et de la survie de la création artistique, nos medias, nos grands groupes, nos politiques ont préféré les initiatives locales et fermées (comme l’Hadopi ou HbbTV) à la liberté et à l’ouverture radicale. Une raison simple à cela : ouverture et liberté radicale dans le cas présent riment avec concurrence et renouvellement des modèles. Simultanément, en choisissant la fermeture, nous avons omis que de l’autre coté de l’Atlantique, et ailleurs, de nouvelles technologies, de nouveaux processus de création, bref « LES» nouveaux standards du marché voient le jour. Ce n’est que le début…

Comment innover face à la résistance de groupes puissants animés avant tout par le souci à court-terme de protéger les modèles, les pouvoirs, les monopoles, pourtant si éphémères… Le problème dépasse évidemment l’exemple particulier de l’innovation en matière de création et de distribution de contenus. Mais pour aller jusqu’au bout de la démonstration, poursuivons sur ce sujet précis.

Ce qui nous attend pourtant à court terme !

Inventé par Adam Greenfield dans son ouvrage “EveryWare”, la notion « d’Ubimedia » fait référence à l’omniprésence du digital et des réseaux dans nos environnements de vie. L’ubimedia englobe les contenus digitaux, les terminaux numériques, les dispositifs d’interactions, les agents intelligents ambiants,… tout ce qui est numérique, connecté ou connectable et qui envahit de plus en plus notre quotidien.  L’ubimedia prévoit l’intégration du digital dans nos vêtements, objets de tous les jours, nos habitats, les murs, le sol, le mobilier…

Depuis deux décennies, nous avons vu apparaître puis se connecter au réseau les ordinateurs de bureaux, les portables, les téléphones mobiles, les tablettes, les tv connectées… De plus en plus, ces différents « devices » ou terminaux interagissent entre eux (par exemple un téléphone mobile peut faire office de télécommande TV). Le « Transdevice » est la propriété que possède un contenu ou une application à avoir un comportement spécifique en fonction du terminal qui respectivement le lit ou l’exécute. Par exemple, une application transdevice fonctionnera simultanément sur iPad et TV connectée en ayant un état unique mais en ayant un comportement différent sur les deux terminaux.

Imaginez à présent un monde radicalement ubimedia où tous les objets et  l’environnement en général deviennent des terminaux connectés. Imaginez que chacun de ces objets permette de lire des contenus ou d’exécuter des applications « transdevice ».

Prenons un exemple, vous regardez un match de football non plus sur un téléviseur mais sur les murs de votre appartement. Il ne s’agirait non pas d’une portion d’un mur dans votre salon, mais bel et bien tous les murs de votre appartement. Vous levant de votre canapé pour aller chercher une boisson dans le frigo, vous seriez capable de continuer à voir le match dont  les images vous suivraient tout le long de votre parcours. Elles prendraient la forme d’un simple score sur une trop petite surface pour afficher la totalité sur terrain. Ou même d’un signal audio quand vous ouvririez votre réfrigérateur et choisiriez une boisson. Avant de revenir dans le séjour, alerté par une action, vous tourneriez la tête et le grand mur blanc de votre cuisine se transformerait à nouveau en écran géant…

La valeur est dans le contexte !

Quel rapport entre ubimedia, transdevice et cette fâcheuse habitude très française de tuer l’innovation sous prétexte de la protection de modèles économiques obsolètes (l’économie des biens culturels par exemple) ?

Nous vivons dans un monde où le contenu, même de grande qualité, n’a plus de valeur marchande intrinsèque. C’est ainsi! C’est dû à la propriété même du réseau et du medium (copiable et transférable sans limite technique). Pour autant, que la valeur intrinsèque d’un contenu tende vers zéro, ne veut pas dire que dans des contextes très précis, ce même contenu n’a aucune valeur. La contextualisation du contenu est une excellente façon de le rendre pertinent donc de lui donner une valeur marchande importante. Prenons un exemple : il eut une époque où nous achetions des collections entières d’encyclopédies à des prix mirobolants.  Aujourd’hui Wikipedia répond parfaitement à la même problématique tout en étant facile d’accès, mis à jour beaucoup plus souvent et évidemment bien moins cher. Imaginons à présent un service qui par exemple, lors d’une émission télévisée ou un cours magistral à la fac,  vous permette d’augmenter votre expérience d’écoute en affichant simultanément (sur votre table, accoudoir, manche de chemise) des éléments d’informations complémentaires émanant de Wikipedia : mise en contexte historique, définition de termes, biographies, images… La valeur est dans le contexte.

Si nous étendons ce principe aux œuvres artistiques, cette logique devrait nous permettre de regarder gratuitement un film en basse qualité sur un ordinateur si nous prenons le temps de le télécharger à basse vitesse. En revanche on devrait pouvoir payer pour instantanément et aisément consommer ce même contenu en qualité maximale sur le mur de son séjour comme aujourd’hui au cinéma. De la même façon on doit pouvoir acheter son journal personnalisé, lisible sur la table d’un bistrot un matin de printemps, avec son petit café et l’acheter même plus cher qu’à l’accoutumé, parce que ce moment est magique et qu’il vaut bien plus que ce même contenu dans un autre contexte sous une autre forme : par exemple lorsque que nous continuerions à le consommer dans une qualité de rendu inférieure, sur son téléphone mobile en repartant dans le métro pour le boulot.

De nouveaux reflexes…

Nous nous apprêtons donc à vivre, encore une fois, une révolution digitale. Elle va impacter notre environnement, nos vies, notre travail, notre façon d’apprendre, de nous divertir, de nous informer… Avoir peur, encore, de cette nouvelle révolution et s’interdire d’y aller c’est assurément refaire les mêmes erreurs que par le passé. Freiner l’innovation, avoir peur d’abandonner des modèles déjà obsolètes, s’accrocher à l’ancien monde, tenter de verrouiller les systèmes : toutes ces stratégies nous ne les connaissons que trop (le Minitel, le Bibop ou l’Hadopi).

De façon générale l’ouverture est la solution la plus efficace à l’innovation et l’adaptation aux changements. Cela a été démontré dans de nombreux domaines : la médecine, l’architecture, l’économie, la création artistique… N’ayons pas peur d’investir, d’expérimenter, de créer, d’adopter, d’abandonner, de faire des erreurs, de se laisser aller à perdre un peu pour gagner plus. Donnons nous ce droit d’être audacieux. Changeons de reflexe : pensons loin, imaginons ouvert, créons universel et nous n’aurons jamais plus à revivre le Minitel, le Bibop et l’Hadopi !

Vers un monde fait d’objets augmentés: point d’étape…

« Matière tu étais matière tu deviendras… »

Allumez votre smartphone. Choisissez au hasard une des applications que vous utilisez le plus souvent et demandez-vous quel objet, à l’époque où l’internet n’existait pas, vous rendait un service équivalent? Procédez par analogie si nécessaire (exemple : la boîte aux lettres de la cour d’immeuble est l’incarnation de votre boîte mail). A présent, faites exactement l’inverse. Tentez d’imaginer l’objet qui pourrait « incarner » l’application que vous avez choisie. Toutes les fonctions qu’il offre doivent être portées par un dispositif physique. Il doit être fait de matière et se connecter à internet. Il possède ou non un écran et implémente exactement les même fonctions que l’application de votre smartphone! Il s’agit donc de naviguer de la matière au pixel puis vers la matière à nouveau : de boucler la boucle.

Quand on travaille à essayer de contribuer à la création de l’Internet des Objets, cet exercice devient une routine. On imagine la forme digitale d’un objet du quotidien puis son retour à l’objet sous sa forme augmentée.

Le cas de la radio

Prenons le cas de la radio : objet vintage par excellence et média pauvre de l’Internet. Nous connaissons tous la forme digital du média radio : le podcast et iTunes.  Mais sous quelle forme matérielle pourrait être incarné l’application podcast de votre ordinateur, smartphone ou tablette? Une console? Une radio vintage agrémenté d’un écran? Un poste minimaliste préprogrammé pour jouer une série de programmes ou des chaînes?

Quand nous avons commencé à travailler sur le concept de web radio physique pour Radio France, notre approche a consisté à partir d’une ancienne radio (un modèle vintage en bakélite, des années 50) et de lui donner la capacité de se connecter à internet. S’est vite posée la question de l’interaction avec le contenu. Nous avons opté pour l’usage de “cartouches de programme” similaires aux cartouches de consoles de jeux des années 80. Chaque cartouche ne contient qu’un sésame vers un contenu sur le réseau, une chaîne ou un flux. Rien d’autre n’y est stocké, certainement pas musique ou podcast… Les avantages de cette solution sont multiples : nous créons des objets associés aux contenus ce qui recrée de la rareté dans la chaîne de valeur (élément crucial dans le business modèle des médias). Nous sécurisons le contenu puisque celui-ci reste distant et n’est jamais stocké localement. Enfin l’usage des cartouches facilite drastiquement la manipulation et l’interaction avec l’objet : la simplicité de ce mode de fonctionnement rend le système idéal pour une cible de senior peu adepte des interfaces digitales et de l’accès à Internet.

Du prototype à la fabrication en série… Ne pas rater la marche.

Voilà donc 6 mois que nous travaillons à imaginer, concevoir, inventer les objets augmentés de demain.  Ces objets diffuseront de l’information comme autant d’incarnations d’applications de votre smartphone ou tablette et ils envahiront utilement votre quotidien. Tout est encore à construire, mais c’est la vision que nous portons avec d’autres acteurs de l’Internet des Objets français.

La France est pionnière sur le sujet. Et l’écosystème des « bricodeurs »  français est de plus en plus riche. Sauf que, c’est une habitude hexagonale, le danger qui nous guette est d’être incapables de transformer les quelques PME riches d’idées et d’énergie en groupes industriels puissants. Car ne nous leurrons pas : de l’autre coté de l’Atlantique les industries sont prêtes à envahir le nouveau territoire de l’Internet des Objets. Et les deux candidats américains en lice n’en sont pas à leur première conquête… Puisqu’il s’agit des deux géants : Apple et Google. Oui : Apple et Google! Il suffit de décrypter les bribes d’information qui émergent des annonces de Google à propos d’Android et d’Arduino (Arduino est le premier composant électronique open source largement utilisé par les communautés de « bricodeurs »). Il suffit aussi d’extrapoler à peine l’usage des accessoires autour de l’iPhone, l’iPod, l’iPad… iOS est une matrice logicielle puissante pour opérer l’Internet des Objets.

Les nécessaires prises de conscience et investissements d’industriels français

En conclusion, nous sommes à l’aube d’une nouvelle révolution de l’Internet (et oui encore une autre après le web, l’e-economy et les médias sociaux) : celle de l’industrie des « objets augmentés ». Beaucoup de  paramètres nous permettent de penser que nous avons la chance de prendre des positions avantageuses sur l’échiquier mondial, en revanche la bataille ne se gagnera pas sans financement, coopérations industrielles, capacités de distributions et de communications.

Découvrez les FabLab au coeur des projets de l’Internet des Objets. (A ce sujet la Fing met en place un programme visant à aider à la création de FabLab… à suivre)

Vous l’aurez compris l’Internet des Objets n’est pas l’internet tout court. L’objet, la matière, l’atome ont des propriétés que les bits et les pixels n’ont pas… Certaines PME commencent à monter des projets , tenter quelques coups, réaliser des prototypes ou penser les produits de demain. Les acteurs associatifs font beaucoup pour aider à l’émergence de cette nouvelle vague. Mais il manque encore aujourd’hui un ingrédient majeur : l’engagement d’un ou plusieurs groupes industriels pour le financement de la fabrication en série, de la distribution et de la communication. Seuls de grands acteurs qui adhéreront à la vision seront capables d’aider des PME à transformer cette opportunité en un réel succès.

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