Michel LÉVY-PROVENÇAL | Billet
Michel LÉVY-PROVENÇAL | Billet
Bienvenu sur le site de Michel LEVY-PROVENCAL. Entrepreneur, fondateur de TEDxParis, l'agence éditoriale BRIGHTNESS, le do-tank L'ECHAPPEE VOLEE, l'agence objets connectés Joshfire, le site d'info Rue89, dénicheur de talents et provocateur de changements.
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Billet

12 Jan 2016, année de l’innovation raisonnée

Chronique publiée dans LesEchos du 12/01/2016.

 

Ces dernières années, nous avons vécu une accélération massive de la transformation du monde par le numérique. Et ce n’est qu’un début, affirment certains prospectivistes, qui promettent des changements radicaux liés à la croissance exponentielle des capacités de calcul et de communication, à l’avènement des biotechnologies et nanotechnologies et aux avancées scientifiques dans la connaissance du cerveau. L’année 2015 a été une année choc : les organisations publiques et privées ont pris conscience de la transformation en cours. Le bréviaire de l’innovation radicale (villes intelligentes, médecine personnalisée, économie du partage, voitures autonomes, Mooc, etc.) n’a jamais été aussi loué.

Mais la fin de l’année a marqué un frein dans cet emballement, comme si cette vision naïve d’un futur utopique et radicalement nouveau se fissurait. Quelques signes l’annoncent. Les projets de « smart cities » ralentissent en Pologne ou en Inde, où la coopération entre les habitants prend le pas sur la seule innovation technologique. Même le magazine « Wired », bible des technophiles américains, prédit l’entrée des objets connectés et du « wearable » dans une phase de désillusion, et s’attend à des jours difficiles pour les fameuses « licornes », ces start-up valorisées plus 1 milliard de dollars en moins de 36 mois.

Sommes-nous à la veille d’un nouvel éclatement de la bulle technologique ? La célèbre courbe de Gartner nous apprend que toute technologie vit des cycles en quatre phases : l’apparition, le pic des attentes surdimensionnées, le creux de la désillusion et le plateau de la productivité. Il est probable que nous soyons entrés dans une phase de désillusion, qui reste souvent une bonne nouvelle car elle annonce une période de maturité et de démocratisation. L’année 2016 sera-t-elle une année de consolidation ? Le buzz laissera-t-il place au discernement ? L’innovation raisonnée supplantera-t-elle l’innovation radicale pour un accompagnement plus humain et réaliste des transitions qui nous attendent ? C’est en tout cas souhaitable.

 

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10 Jan Gagnez des places pour L’ÉCHAPPÉE 2016

A l’occasion de la diffusion sur France4 le 10 janvier 2016 à 23h30, du documentaire [R]ÉVOLUTIONS FRANÇAISES nous vous proposons de gagner des places pour la prochaine edition de L’ÉCHAPPÉE.

Pour gagner des places pour L’ÉCHAPPÉE 2016, il vous suffit de :

  • être le commentateur le plus influent sur twitter en utilisant le hashtag #revolutionsfrancaises

ou

 

Qu’est ce que L’ÉCHAPPÉE ?

Vous avez découvert les conférences [R]ÉVOLUTIONS FRANÇAISES, nous vous invitons maintenant à vivre un weekend de conférences, débats, expériences et workshops au coeur de la nature ; organisé par la même équipe, avec la même energie et la même exigence. Pour la troisième année consécutive, L’ÉCHAPPÉE propose aux  femmes et hommes de bonne volonté, intellectuels, scientifiques, artistes, politiques, citoyens et entreprises de se retrouver pour trois jours et deux nuits d’inspiration, d’expérience et d’action du 27 au 29 mai 2016. Logée dans un château au cœur de la Forêt de Chantilly, L’ÉCHAPPÉE 2016 accueillera 1 000 participants pour imaginer et échafauder ensemble les 15 prochaines années.  

Comment participer sur Twitter ?

L’utilisateur twitter qui aura le plus d’impact sur le réseau social en commentant la diffusion du documentaire [R]ÉVOLUTIONS FRANÇAISES (avec le #revolutionsfrancaises) gagnera une place « RÉSIDENT » à L’ÉCHAPPÉE 2016.

La place « résident » gagnée a une valeur de 2 000 euros. Elle permet au gagnant de participer à L’ÉCHAPPÉE en tant que résident du 27 au 29 mai 2016. Elle propose un accès complet au programme résident de l’ÉCHAPPÉE D’ÉTÉ 2016 (Conférences, expériences, repas et workshops). Accès à la totalité des conférences en plénière ou simulcast (accès exclusif en plénière les 27 et 29 mai, et priorité d’accès en plénière à 2 conférences le 28 mai). Hébergement en chambre simple, 4* au Domaine des Fontaines en pension complete.

Le deuxième et troisième utilisateur twitter ayant le plus d’impact sur le réseau social en commentant la diffusion du documentaire [R]ÉVOLUTIONS FRANÇAISES (avec le #revolutionsfrancaises) gagneront une place « CURIEUX » à L’ÉCHAPPÉE 2016.

La place « CURIEUX » gagnée a une valeur de 300 euros. Elle permet au gagnant de participer à L’ÉCHAPPÉE en tant que « CURIEUX » le 28 mai 2016. Accès au programme « CURIEUX » de l’ÉCHAPPÉE 2016 le 28 mai de 9h30 à 19h00 (Conférences, networking et déjeuner). Accès aux conférences en plénière ou simulcast (accès en plénière à 2 sessions sur les 4 de la journée le 28 mai 2016). Déjeuner compris

Les gagnants seront les utilisateurs twitter ayant généré le plus d’impact sur le réseau social pendant la diffusion du documentaire [R]ÉVOLUTIONS FRANÇAISES sur France 4, le 10 janvier à partir de 23h30 et jusqu’à 01:00. L’impact est calculé sur la base du nombre de followers de l’utilisateur, ses tweets et retweets publiés entre le 10 janvier 23h30 et le 11 janvier à 1h du matin et contenant le hashtag #revolutionsfrancaises. Le gagnant sera sélectionné et annoncé par l’équipe organisatrice de L’ÉCHAPPÉE avant le 17 janvier 2016.

Vous n’utilisez pas Twitter ? Gagnez une place en répondant à quelques questions.

Les trois premières personnes ayant répondu correctement au questionnaire sur le documentaire [R]ÉVOLUTIONS FRANCAISES, se verront proposer une place « CURIEUX » chacune pour participer à L’ÉCHAPPÉE 2016. La place « CURIEUX » gagnée a une valeur de 300 euros. Elle permet au gagnant de participer à L’ÉCHAPPÉE en tant que « CURIEUX » le 28 mai 2016. Accès au programme « CURIEUX » de L’ÉCHAPPÉE 2016 le 28 mai de 9h30 à 19h00 (Conférences, networking et déjeuner). Accès aux conférences en plénière ou simulcast (accès en plénière à 2 sessions sur les 4 de la journée le 28 mai 2016). Déjeuner compris.

 

 

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25 Déc Comment airbnb a disrupté le rêve de Noël de ma fille

Article initialement publié sur Huffingtonpost.fr le 24/12/2015

La version anglaise de ce billet est aussi disponible

Souvenez-vous de votre premier Noël à la neige. Si vous avez eu cette chance un jour, enfant, de vivre un 25 décembre à la montagne, il est probable que vous vous en rappelez encore. Fermez les yeux et écoutez le doux son de la cheminée qui crépite, humez l’odeur du sapin devant la fenêtre, admirez le paysage montagneux, sentez la chaleur du chocolat au lait et des crêpes à peine sorties de la poêle. Voilà l’expérience que nous avions prévu de faire vivre notre fille de 3 ans cette année. Nous avons donc réservé sur airbnb un très beau chalet, pendant une semaine, au coeur des Alpes, à deux pas de la belle station de Megève, à Flumet. Parmi toutes les offres proposées dans la région une nous a paru idéale : un chalet « Prestige » à 5 minutes des pistes en voiture et d’après les photos présentées, au coeur de la nature. Le lieu parfait pour faire toucher du doigt ce rêve d’enfant à la petite.

A l’arrivée, en pleine nuit, nous découvrons l’intérieur du chalet qui est plutôt agréable, même si à l’étage, la température est fraîche. Mes beaux parents passent cette semaine avec nous et choisissent gentiment de s’installer en haut. Notre fille et nous sommes au rez-de-chaussée. La nuit passe.

Premier jour, dès l’aube, le défilé de voitures et de camions nous réveille. Le chalet est en bord de départementale. De l’autre coté de la route, je constate médusé que nous sommes entre une zone de stockage et la déchèterie d’une menuiserie attenante. Nous nous apprêtons à passer une semaine entre le passage bruyant des véhicules de livraison qui arrivent et partent de Megève et un terrain en friche où outils, débris et bâches font office de paysage. C’est l’opposé du cadre idyllique que l’annonce airbnb décrivait.

Nous tentons de faire abstraction et passons notre journée à découvrir la région : vins chauds au village, patinoire et premières courses pour préparer la soirée de Noël. Le soir venu, nous rentrons. Quelle surprise, quand nous nous apercevons, dès le premier bain pris, que le ballon d’eau chaude est vide et que nous sommes condamnés à la douche froide à 4 degrés dehors. C’est à ce moment, que je décide de contacter pour la première fois le service client d’airbnb afin de leur demander quel recours nous avons face aux problèmes que nous rencontrons. Quelques minutes d’attente au téléphone et la réponse de mon interlocuteur est claire : « airbnb ne prend pas en compte les nuisances extérieures et concernant la chaufferie nous contactons le propriétaire qui a jusqu’à demain matin pour régler le problème ». Agacé par cette réponse, je décide d’abord de contacter directement notre hôte qui m’indique ne pas pouvoir résoudre le problème dans l’immédiat et m’invite à me contenter de la situation ou à partir dès le lendemain matin de son chalet ! J’en appelle alors à quelques contacts sur les réseaux sociaux à la pêche aux idées. Coup de chance, un de mes amis connait bien le patron d’airbnb en Europe et me propose de nous présenter. Ce dernier répond par un message dans les quelques minutes qui suivent en m’assurant que quelqu’un devrait me contacter rapidement pour trouver une solution. Cela ne tarde pas et je suis conscient de cette chance qu’une très grande majorité d’utilisateurs de la plateforme n’ont pas. Une jeune femme du service « expérience utilisateur » d’airbnb en Californie m’appelle sur mon téléphone mobile pour nous rassurer et nous promettre qu’elle traitera le problème dés le lendemain matin. Nous nous endormons.

Deuxième jour, mon interlocutrice de la veille nous rappelle et nous propose de nous transférer dans un autre chalet qu’il nous reste à trouver à condition de régler les deux premières nuits. J’accepte en prenant le soin de préciser que nous ne pouvons pas prendre le risque d’abandonner ce chalet sans une alternative certaine car nous imaginer bloqué en montagne sans logement avec un enfant en bas âge est impensable. Evidemment, elle nous assure qu’une solution sera dans tous les cas assurée par airbnb. Second jour de vacances, nous n’avons toujours skié ni véritablement eu le temps de nous occuper des activités de montagne car nous sommes mobilisés sur le dossier airbnb. Nous voilà encore partis pour passer quelques heures dans le village en attendant la solution alternative assurée par notre gentil contact du support utilisateur. Les heures passent, il est 17h, la nuit commence à tomber et l’inquiétude monte d’un cran. C’est à ce moment que je reçois un SMS. Enfin, un nouvel hôte nous propose un chalet très confortable à quelques minutes en voiture et nous donne RDV à une adresse que nous ne pourrons récupérer qu’une fois la réservation effectuée et réglée sur le site. Armé de mon téléphone mobile, je conclue la transaction, règle la totalité du séjour dans ce nouveau chalet et nous nous mettons en route. Le plus important est de commencer enfin ces vacances dont nous rêvons. Un petit détour pour acheter un nouveau sapin de Noël et nous arrivons à 18h précises au rendez-vous.

Il fait nuit et froid. Une femme nous accueille en précisant qu’elle a en charge l’ouverture de la maison, le propriétaire étant absent (et injoignable) car « en vacances actuellement sur un bateau en Jamaïque ! ». Le chalet est glacial mais plutôt joliment décoré. Nous gardons nos doudounes sur le dos, il fait 7 degrés à l’intérieur. Nous allumons cheminée et chaudière et passons le temps à décorer le nouveau sapin en attendant que la température monte. Deux heures passent, le thermomètre ne bouge pas, toujours 7 degrés partout dans le chalet. La chaudière semble allumée mais rien n’y fait. J’ouvre le four de la cuisine, branche tous les radiateurs électriques, tente de contacter notre hôte, personne au bout du fil. J’envoie un nouveau mail au service client. Pas de réponse. J’appelle le service utilisateur français d’airbnb. 30 minutes passent avant d’obtenir le premier conseiller. Il est 20h30, notre fille est depuis 2h30 emmitouflée dans son anorak de ski devant un sapin triste, dans une maison glaciale à l’odeur de renfermé. La cheminée peine à tirer. Le rêve tourne au cauchemar.

72h se sont écoulées. Evidemment, c’est à ce moment que je sors de mes gonds. Nous sommes en train de vivre le pire Noël de notre vie. Je demande immédiatement d’annuler et de rembourser la totalité de ma dernière réservation. À cette heure tardive l’hôtel est ma seule issue peu importe le prix. Vous imaginez bien le coût de deux chambres à la dernière minute pendant une semaine de Noël à proximité de Megève ? Et là, que me répond le service client d’airbnb ?

  • « Si nous annulons cette réservation à votre demande, nous ne pouvons pas vous rembourser, Monsieur ! »
  • « Pardon ? Vous ne pouvez pas me rembourser la location d’un chalet de montagne dans lequel nous venons à peine d’arriver et où il fait 7 degrés sans chauffage fonctionnel ? Avec un enfant en bas âge à l’intérieur ? »
  • « Comprenez monsieur, c’est une somme ! »
  • Moi, au bord de la crise de nerfs : « c’est mon pognon c****** que tu as encaissé en avance de ta prestation de m**** que tu ne veux pas rembourser ! »
  • airbnb : « Il nous faut une preuve qu’il fait 7 degrés dans le chalet pour envisager un remboursement, Monsieur ».

J’avale ma rage. Il faut dire que j’ai passé 30 minutes à attendre avant de pouvoir parler à quelqu’un. Bien sûr, je ne me sens pas très fier d’obtempérer et prends conscience de la façon dont je me laisse traiter. Je transmets par mail une photo du thermomètre figé sur 7°C depuis 3h à mon interlocuteur qui finit par accepter le remboursement. Pour la deuxième fois depuis notre arrivée nous faisons nos valises et déshabillons l’arbre de Noël. Nous repartons sur la route en quête de deux chambres pour la nuit et d’un repas au chaud pour notre fille. Par chance nous trouvons un point de chute : un hôtel disponible au prix du tiers du séjour pour une seule nuit. Peu importe. Notre petite dîne, veille un peu et nous filons nous coucher, éreintés.

Quatrième jour de « vacances », il est temps de reprendre nos esprits et de nous rendre à l’évidence, nos vacances sont écourtées et il nous faut nous résigner à rentrer à Paris.

Nous sommes le 24 décembre, trois jours se sont écoulés et je n’ai reçu aucune nouvelle d’airbnb ; ni de mon interlocutrice si gentille du service client californien, ni du si sympathique patron d’airbnb en Europe, à qui j’ai pourtant fait part de la conclusion de notre séjour. Nous avons dépensé en trois jours de stress la totalité du budget de notre semaine de vacances, les premières leçons de ski de notre fille ont été annulées et airbnb a disrupté nos fêtes de Noël !

Alors évidemment, il y a plus grave dans la vie. Et cette histoire n’est qu’un cas particulier. Nous sommes aussi privilégiés face aux innombrables et croissants problèmes rencontrés chaque jour par les utilisateurs de cette plateforme. J’étais jusqu’à présent non seulement fan d’airbnb et ce depuis les premiers jours de l’ouverture en France, mais aussi un prescripteur du service. Il m’arrive très souvent d’évoquer le modèle airbnb lors de mes prises de paroles en public sur les sujets de la disruption à l’ère de la digitalisation de masse, comme ce fut le cas il y a un mois à la conférence newtourism 2015.

Nous connaissons la mécanique et le modèle d’affaire d’airbnb. La plateforme part du principe, contrairement aux acteurs traditionnels de l’hôtellerie, qu’elle n’a plus besoin d’acquérir des lieux d’hébergement ou encore de les louer, ni même de faire appel à du personnel qualifié pour assurer l’accueil, le service ou prendre la responsabilité des prestations qu’elle vend. Elle utilise massivement le numérique, le web, le mobile pour faciliter la mise en relation de ses clients (hôtes et locataires). Elle capte en permanence des données pour améliorer son offre. Ce faisant, elle minimise radicalement ses coûts d’investissements et ses charges pour se rémunérer en capitalisant sur des actifs qui ne lui appartiennent pas et qu’elle aide à exploiter en ponctionnant une partie de la valeur qu’elle arrive à en tirer. C’est une mécanique qui fait appelle à la puissance de la foule, c’est à dire de la main d’oeuvre qu’elle n’embauche pas et sur laquelle elle ne paie pas de taxe. Bref, airbnb a en effet trouvé une martingale qui fonctionne à merveille, jusqu’à un certain point…

Cette histoire m’a permis de prendre conscience d’une facette du modèle airbnb qui m’avait échappé. Elle constitue probablement une des failles que les principaux concurrents traditionnels du service ont intérêt à massivement exploiter. La faiblesse principale d’airbnb réside dans le fait, contrairement à ce que prétend leur récente campagne de communication ventant l’hospitalité et la responsabilité, qu’il ne peuvent structurellement pas tenir ces deux promesses à leurs clients.

La responsabilité que porte un professionnel à l’égard de sa clientèle ne peut être comparée à celle d’un amateur. En l’occurrence tout le monde ne peut se prétendre hôtelier. C’est un métier normé, avec un sens du service et de l’hospitalité. C’est une responsabilité qu’un amateur ne peut assumer. Un tiers doit le faire à sa place. Et c’est précisément ce qu’airbnb ne fait pas. airbnb pourrait prendre par exemple la responsabilité de qualifier chacun des produits mis en ligne sur sa plateforme et arrêter de considérer que les mauvaises expériences de leurs clients serviront à qualifier leur stock. airbnb pourrait prendre la responsabilité de gérer l’accueil de leurs clients plutôt que de le déléguer à des amateurs non qualifiés. Ils pourraient développer un écosystème de professionnels en charge de l’accueil et du départ des visiteurs dans une location. Enfin airbnb pourrait proposer un écosystème de services locaux qualifiés et assurés par des professionnels pour répondre aux besoins habituels d’un client dans un hôtel : room-service, blanchisserie, conciergerie… Aujourd’hui, au mieux ils nouent des partenariats sans véritablement prendre la responsabilité du service rendu, au pire, ils sont tentés de reproduire leur modèle en proposant par exemple depuis peu des « expériences touristiques » conçues et organisées par leurs hôtes, toujours amateurs

À contrario, les hôteliers traditionnels possèdent expertise et main d’oeuvre. C’est une force contrairement aux apparences. Leur métier, quand ils le font bien, leur permettrait de disrupter à leur tour airbnb sur le terrain de ses propres promesses : accueillir, accompagner, prendre la responsabilité de la prestation qu’ils proposent à leurs clients. Le retard que les hôteliers ont accumulé dans la course à la numérisation les handicape face à la puissance apparente de l’expérience utilisateur d’airbnb. Rattraper ce retard est un préalable évidemment indispensable. En revanche, une fois dotés des outils équivalents à ceux des plateformes en ligne les plus évolués, tout se jouera sur le terrain du service. Imaginez un instant, une fois à égalité sur le plan de l’expérience digitale, que les grandes chaînes hôtelières décident de concurrencer airbnb sur son propre modèle ? Imaginez, qu’en plus de leurs propres chambres, elles proposent, comme airbnb, des appartements ou des maisons louées ponctuellement à proximité immédiate de leurs hôtels, mais en assurant en plus un service de la qualité de celui qu’on attend d’un professionnel (accueil, conciergerie, petit-déjeuner, room-service, blanchisserie, nettoyage quotidien des chambres, animations et expériences professionnelles)… J’imagine que ce type de projets a été évalué par les directions stratégiques des chaînes hôtelières ?

Je ne tirerai qu’une seule leçon de cette histoire. airbnb ne transforme pas véritablement le marché de l’hôtellerie. La plateforme vient plutôt concurrencer les mauvais hôtels ou les agences de location temporaire d’appartements et de maisons. Imaginer le contraire c’est prendre le risque, comme nous l’avons fait cette semaine, de vivre un cauchemar. La technologie, le bigdata, les outils de communication en ligne sont absolument nécessaires aujourd’hui pour répondre à l’enjeu d’un tourisme de masse mais ils ne remplaceront jamais la chaleur et l’hospitalité d’un humain qui vous accueille et prend soin de votre bien-être parce qu’il a fait du sens du service son métier.

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18 Déc [R]ÉVOLUTIONS FRANÇAISES, le documentaire.

[R]ÉVOLUTIONS FRANÇAISES est un film documentaire de 70min d’Alban Fischer et de Matthieu Valluet. Le documentaire est accessible sur Pluzz en Replay. 

Révolutions françaises

Nous vivons une époque charnière entre d’un côté des crises économiques, politiques, environnementales et de l’autre côté des opportunités, impensables il y a encore 10 ans, offertes par des innovations comme la génétique, le transhumanisme ou encore les nouvelles technologies de l’information et de la communication.

Michel Levy-Provençal organise depuis 2009 des conférences un peu spéciales où il met en lumière des personnalités qui innovent, qui expérimentent, qui témoignent. Une fois formés par ses soins ou par ses équipes, ces porteurs d’histoires révolutionnaires prennent la parole face à 2 000 spectateurs. Dans son sillon, nous sommes partis à la rencontre de cinq personnes qui à leur manière participent aux révolutions françaises.

X HUCHETNicolas Huchet a perdu l’usage d’un bras dans un accident du travail en 2002. Il y a deux ans, il découvre l’impression 3D. Depuis, il n’a qu’une idée en tête : développer une prothèse à un prix abordable qui lui permet aujourd’hui de réaliser aussi un vieux rêve, jouer de la batterie.

 

 

X SMIA1Raphaël Smia est un ingénieur polytechnicien au profil particulier. Il est éleveur de mouches. Grâce à elles et à leurs larves, il arrive à transformer des tonnes de déchets organiques en engrais, mais ce n’est pas tout. Ces larves, riches en protéines, pourraient révolutionner notre chaîne alimentaire en remplaçant le soja dont se nourrissent actuellement nos animaux d’élevages.

 

X YMLB2Yves-Marie Le Bourdennec est boucher, il est connu pour ses côtes de boeuf qui font saliver les stars. Ce que l’on sait moins, c’est qu’il révolutionne toute la filière viande, depuis l’élevage jusqu’à l’assiette.

 

 

X BENCHE1Karim Benchenane est docteur en neurosciences et chercheur à l’ESPCI. Il s’intéresse à la manipulation de la mémoire. Il a bousculé le monde de la recherche en parvenant à injecter des souvenirs à des souris.

 

 

X WOLINSKI4Elsa Wolinski est la fille du dessinateur Georges Wolinski, assassiné lors des attentats de Charlie Hebdo. A travers son récit intime des évènements, elle nous invite à ne pas oublier une spécificité française garante de notre vivre ensemble : la laïcité.

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18 Nov Le tourisme en 2030

La France, première destination touristique du monde, doit adapter son offre et ses infrastructures pour bénéficier pleinement de la révolution numérique pour le secteur. D’autant que ce marché est en croissance ininterrompue : il y avait 25 millions de touristes internationaux dans le monde en 1950, environ 1 milliard en 2015, mais 2 milliards sont attendus en 2030 et plus de 4 milliards en 2050. Le coeur de la croissance viendra des pays émergents, Inde, Asie et Afrique en premier lieu.

Plongeons-nous dans ce futur en imaginant le séjour d’une famille indienne en France au début des années 2030, à l’aune des promesses des futurologues. Les vols supersoniques mettront Delhi à quatre heures de Paris. Les robots bagagistes et les voitures autonomes seront devenus la règle. Pour les touristes étrangers, la baie de Somme sera bien préférable à la Côte d’Azur, caniculaire en période estivale. Les vacances seront organisées par un assistant artificiel, sur la base des préférences et aversions de chaque membre du foyer. Le logement sera loué directement auprès d’une famille française – une pratique devenue la norme dans un monde ou Airbnb sera le numéro un mondial de l’hébergement. Pas même besoin de rencontrer les hôtes : un robot-majordome accueillera les visiteurs et planifiera leurs excursions, qui pourront être partagées en direct, via un casque immersif, avec leurs amis restés en Inde.
Evidemment, le futur ne ressemble jamais totalement à ce que l’on a imaginé. Ce début de scénario, s’il reste relativement conservateur au regard des transformations d’usages qui se profilent, pointe aussi un danger réel : dans un monde trop robotisé et automatisé, le tourisme du futur pourrait bien se passer des contacts humains… qui sont pourtant indispensables aux émotions que nous procurent nos voyages. Dans ce domaine comme dans tous, il faudra que la technologie, de plus en plus omniprésente, s’efface sans chercher à remplacer les hommes. C’est encore plus vrai en matière de tourisme : le monde ne sera acceptable et accepté que si nous remettons l’humain au coeur.

Initialement publié dans les Echos.

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31 Oct Disruption ou révolution ? Quelles différences ?

De plus en plus médias, entreprises, pouvoirs publics, société civile parle des « Disruptions » qui transforment notre monde. Mais de quoi parlons nous quand nous évoquons ce phénomène ? Révolution technologique, transformation des usages, modification radicale d’un marché ? Changement perpétuel et circularité ? Innovation radicale ou linéaire ? Est ce un phénomène unique dans l’histoire de l’humanité ?

Voici une intervention de 15 minutes donnée chez 3DS en octobre 2015 qui éclaircit ces notions…

 

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08 Oct Gafa contre Daech

Face à une menace internationale et décentralisée comme Daech, on sait désormais que l’efficacité des armées conventionnelles est relative. Les groupes terroristes utilisent Internet et les services des Gafa (Google, Amazon, Facebook, Apple) comme terrain d’opération et comme plate-forme de recrutement. Par exemple, les algorithmes de Facebook aident des djihadistes à cibler de potentielles recrues, comme le montre parfaitement Anne Erelle dans son témoignage « Dans la peau d’une djihadiste ».
Il est par conséquent cohérent de s’interroger sur le rôle que ces géants du Net pourraient avoir dans la lutte contre le terrorisme international. D’autant que ces mêmes acteurs ont prouvé, en une décennie seulement, qu’ils avaient la capacité de transformer de nombreux secteurs : infrastructures, culture, communication, marketing et, plus récemment, santé, transports, éducation… Pourquoi pas celui de la sécurité intérieure, voire extérieure ? Dotés de technologies de pointe, les Gafa ne seraient-ils pas la meilleure arme contre une menace comme Daech ? Cela leur permettrait de poursuivre leur mission de transformation du monde, et, évidemment, de préempter le marché de la cybersécurité, en disruptant l’ancien modèle des armées étatiques.
Un tel scénario est il réaliste ? D’après Guy-Philippe Goldstein (consultant expert en cybersécurité, auteur de « Babel Minute Zéro », Gallimard), c’est le risque d’une dégradation de leur image qui freine les Gafa aujourd’hui. En revanche, les start-up qui s’emparent du sujet fleurissent, à l’instar de l’américain Palantir, dont le but est d’analyser de grandes quantités de données pour « aider les institutions à protéger la liberté », ou de l’israélien Satellogic, qui a pour ambition de déployer un réseau de nanosatellites civils, dont l’efficacité est comparable à celle des meilleurs dispositifs militaires.
Tout indique que, dans les prochaines années, de nombreuses entreprises « disrupteront » le modèle militaire traditionnel en facilitant l’accès à des outils de surveillance, d’analyse, de propagande et d’action, basés sur le Big Data, l’intelligence artificielle, la robotique, les drones, les nanotechnologies et les biotechnologies.

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16 Juin Un héros des mégadonnées

Le Big Data (ou mégadonnées, en français)  est la denrée la plus abondante de notre époque. A l’heure où 3 milliards d’individus sont connectés à Internet, où plus de 2 milliards possèdent des smartphones et ont un compte sur des réseaux sociaux, les données croissantes que génèrent leurs activités sont une manne, exploitée par une poignée d’entreprises qui ont pris une avance certaine dans le secteur. Mais pour valoriser ces données, il faut arriver à les capter, les stocker, les traiter, les analyser, les visualiser et en extraire des connaissances. Seuls des algorithmes sont en mesure d’effectuer ces tâches et plus la production de données croît, plus l’enjeu réside dans la capacité d’analyse massive et en temps réel. Ainsi, Uber, emblématique de la révolution actuelle, collecte en permanence des informations sur chaque passager, chaque requête, chaque trajet, et les utilise pour prédire à l’avance les pics d’activités, dans le temps et l’espace, afin d’optimiser le travail de ses chauffeurs.

Un jeune génie français, Paul Duan, a, lui, choisi de mettre ses compétences de « data scientist » au service de l’intérêt général. Originaire de Trappes, il a obtenu un diplôme de Sciences po Paris avant d’entamer des études de mathématiques et d’atterrir dans la Silicon Valley, chez Eventbrite, une entreprise spécialisée dans la vente en ligne de billets. Agé de vingt-deux ans, il a choisi d’utiliser les même méthodes qu’Uber, Google ou Facebook pour améliorer les décisions de justice, faire baisser le chômage, optimiser les traitements de santé ou tout simplement sauver des vies. Il utilise les algorithmes pour optimiser l’allocation des ambulances à San Francisco ou permettre à des millions de patients d’éviter une rechute en utilisant les données de leur dossier médical. Paul a créé Bayes Impact , une organisation à but non lucratif dont le but est de mettre la puissance des mégadonnées au service du bien commun, et qui travaille avec des gouvernements ou des ONG du monde entier. Il est des génies qui utilisent leurs talents pour bâtir des empires. Il en est d’autres qui le mettent au service de notre futur commun. Eux sont tout simplement des héros.

Paul Duan est intervenu le 6 juin 2015, à L’ÉCHAPPÉE VOLÉE. Retrouvez son talk en exclusivité sur France Inter.

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24 Mai Les bienfaits inattendus de l’Apple Watch… 

Comme plusieurs millions d’early adopters sur la planète, je cédais, le 10 avril dernier, à la tentation de commander une Apple Watch ! Un mois plus tard elle m’était livrée. Une belle boite blanche, cachant un de ces bijoux éphémères que seule la firme à la pomme sait créer. Le premier contact avec l’objet est agréable. De très belle facture, la promesse est au rendez-vous. Après une journée d’expérimentation, la magie opère : la montre est jolie, étonnamment ergonomique, réactive et surtout d’une autonomie largement à la hauteur de mes attentes (je finis les journées avec 40% de batterie). La surprise dépassée (la surprise qu’on se fait et celle qu’on fait aux autres), arrive le moment de vérité. A quoi sert ce nouvel écran ? La réponse est simple : (aujourd’hui) à rien !

L’interface est beaucoup trop petite pour être lisible, l’offre applicative quasi inexistante, les fonctionnalités proposées sont sans grand intérêt et passée la fierté puérile, pour ne pas dire débile, de porter un objet encore rare, rien ne me pousse à conserver au poignet ce gadget acheté le prix de 1000 paniers repas aux Restos du Coeur !

S’il n’y avait qu’un bénéfice secondaire à tirer de cette expérience, ce serait la prise de conscience de mon addiction dure aux réseaux sociaux. Laissez-moi vous expliquer comment la Watch m’a fait littéralement toucher du doigt cette dépendance. Ceux qui auront expérimenté l’usage d’une montre connectée, ne serait-ce que quelques jours, vous diront tous que l’objet est une extension de votre smartphone : celui-ci reste dans votre poche et la montre, elle, vous permet de consulter vos alertes à une fréquence encore plus importante que d’habitude. Or, il s’avère qu’à ce jour la Watch ne propose pas d’application dédiée pour accéder à Facebook et que Twitter n’est disponible que dans une version très rudimentaire et totalement inefficace. Par conséquent, les seules alertes auxquelles j’ai accès avec la Watch sont mes emails, SMS et appels téléphoniques. Vous me direz, c’est déjà trop ! Et pourtant, après une semaine d’usage intensif, le manque que j’ai ressenti le plus fort a été était du à l’impossibilité d’accéder aux notifications Facebook et Twitter. En moyenne, tous les quarts d’heure, je jetais mécaniquement un oeil à la montre, prenant conscience de l’absence de notification sociale, me rabattant sur mes mails, et dégainant finalement mon iPhone pour littéralement prendre ma dose de dopamine….

Car j’ai bel et bien découvert que je suis dépendant à la dopamine, comme la plupart d’entre vous qui me lisez aujourd’hui depuis un post Facebook ou Twitter ; une dépendance équivalente à celle que ressentent les fumeurs, quand, mécaniquement ils cherchent au fond de leur poche le paquet de clopes qui va leur fournir un pic nicotinique. Le lien entre dépendance à la nicotine et celui à la dopamine a été largement étudié par le passé et les études sur le mécanisme de dépendance développé par Facebook apparaissent dans les revues scientifiques depuis quelques temps.

Alors que faire ? Et bien, j’ai tout simplement commencé par renvoyer cette satanée montre à son créateur. Elle part demain en remboursement chez Apple. Ensuite, j’ai pris soin de désinstaller Twitter et Facebook de mon Iphone. Et je peux vous assurer que le sevrage n’est pas simple du tout. Je continue, tous les quarts d’heure environ, à prendre conscience du manque lié à l’affichage de la « pastille rouge », synonyme de notification et pic de dopamine. Je me suis même surpris, le temps d’une demi heure, à réinstaller ces maudites apps, pour jeter un oeil aux réactions, suite à un passage dans une émission de radio ce week-end… Je continue à tenter la désintox par petites touches. Evidemment l’idée n’est pas de me déconnecter totalement du réseau, j’en ai « professionnellement besoin » (vous noterez l’analogie avec l’alcoolique tenancier de bar), mais plutôt de tenter de contrôler les effets de cette mauvaise habitude sur mon comportement, mon humeur… ma santé. On en reparlera dans quelques semaines. Quoi qu’il en soit, si l’Apple Watch a un intérêt, vous l’aurez compris, il réside surtout dans son inutilité !

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03 Mai Dépasser le clivage « transhumanistes » contre « bio-conservateurs »

A la fin de l’année dernière, nous avons été stupéfaits par une série d’avertissements émis par des personnalités reconnues du monde des sciences et des technologies, contre les dangers de l’intelligence artificielle. Au tout début de cette année, la France a été le témoin d’une succession d’incidents impliquant des dronesqui survolaient des zones sensibles, à Paris ou autour de centrales nucléaires. En mars dernier, le patron de Renault, Carlos Ghosn prédisait l’arrivée des voitures autonomes sur nos routes en 2018 et dans nos villes en 2020. Quelques mois plus tard, nous découvrions les images de cellules cardiaques vivantes, qu’une équipe de chercheurs américains était parvenue à fabriquer dans leur laboratoire. La semaine dernière nous étions scandalisés par les expériences génétiques effectuées par des chercheurs chinois sur des embryons humains. Avant-hier encore on apprenait qu’un nouveau cœur artificiel « Carmat » était greffé sur un patient à l’hôpital Pompidou. Et les jours qui viennent nous réservent encore bien des surprises. Nous vivons une époque formidable: une période de convergence et de transition technologique rare dans l’histoire de l’humanité!

En réaction à cette accélération des avancées technologiques, deux camps semblent se dessiner. C’est en tout cas, ce que soulignent la plupart des médias en quête de clivages et de sensations. Le monde serait en passe d’être divisé en deux catégories: ceux qui se définiraient comme « transhumains », « technofascistes biberonnés » aux bits et au silicium, ne rêvant que d’évoluer vers une existence hybride entre cyborgs et humains augmentés. Et la catégorie de ceux qui résistent, décroissants, « bioconservateurs », veilleurs de zones à défendre, sentinelles du vivant pur et naturel qui se battent coûte que coûte pour que la vie, la vraie, continue d’exister. Cette vision caricaturale du monde a toujours été la marque de fabrique des vendeurs de supports publicitaires. Aujourd’hui, on met en scène Ray Kurzweil, la Singularity University, ou l’indécrottable provocateur et pourtant sympathique Laurent Alexandre dans les rôles respectifs de l’empereur Palatine, l’Etoile noire et Darth Vader.

Il y a 5 ans, il s’est passé à peu près la même chose avec TEDxParis, quand nous tentions d’importer la conférence TED et l’esprit entrepreneurial californien au bord de la Seine, pas loin des Champs-Elysées, au Théâtre de l’Espace Pierre Cardin. On nous reprochait au mieux notre naïveté et fascination pour la culture néo-hippie; au pire, d’appartenir à une secte tentant de s’implanter en France. Pourtant, TEDxParis, historiquement premier TEDx d’Europe et plus large communauté TEDx au monde, inspire au quotidien plus de 75.000 personnes. À son tour, ce succès encourage chaque jour de nouveaux TEDxers à s’engager dans l’aventure et à créer leur propre événement indépendant, propageant l’esprit TED partout en France.

Après avoir révélé et amplifié pendant cinq années une série d’idées, d’initiatives et de projets qui méritaient d’être reconnus, il était temps d’aller plus loin et d’inviter la communauté des 75.000 curieux, optimistes et acteurs du changement à s’engager pour passer à l’action. C’est ainsi qu’en 2014 est née: « L’ÉCHAPPÉE VOLÉE« , le do-tank de la communauté TEDxParis qui prône l’action individuelle, simple, efficace et virale en faveur d’initiatives d’intérêt général. L’année 2015 marque le début d’une nouvelle ère. Nous vivons une année de bascule et connaissons, probablement pour la seconde fois de notre Histoire, l’aube d’une Renaissance. Cela peut paraitre exagéré mais la convergence, dont nous sommes les témoins, des nanotechnologies, biotechnologies, sciences de l’information et sciences cognitives, en est le principal moteur.

C’est pour toutes ces raisons, que nous avons voulu, l’équipe TEDxParis et sa communauté, proposer cette année, à « L’échappée Volée », une expérience unique, un programme construit autour des piliers de cette nouvelle Renaissance et des initiatives dont le but unique reste d’apporter des solutions aux défis de notre temps. Cette année, les 6 et le 7 juin prochains, 1000 personnes se retrouveront au cœur d’un des joyaux architecturaux de la Renaissance, le Château de Chambord, pour célébrer et aider ceux qui inventeront les quinze prochaines années.

Nous retrouverons six projets sélectionnés pour leur qualité, leur originalité, leur niveau d’innovation et leur impact potentiel. A l’instar de « Roger Voice« , une application qui permet aux malentendants de téléphoner, grâce à un outil qui sous-titre les conversations en temps réel; de « What if Community« , une plateforme de financement en ligne des études supérieures alliant financement participatif, ouverture à un réseau professionnel et partage d’expériences; de « Glowee« , un système de bio-éclairage sans consommation d’électricité ni émission de pollution; de « Bionico Hand« , une prothèse du membre supérieur, imprimé en 3D, à bas coût, open source, facilement réparable et donc accessible aux personnes à faibles ressources financières; de « Leka« , un robot abordable techniquement et financièrement, pour les parents et les éducateurs spécialisés dans l’accompagnement d’enfants atteints d’autisme; ou enfin de « Fluicity« , une plateforme digitale destinée aux élus locaux permettant de renforcer les liens avec leurs électeurs et d’améliorer leur prise de décision, grâce à l’utilisation du big data.

Tous: créateurs, innovateurs, entrepreneurs, scientifiques, intellectuels, historiens, artistes, philosophes, éthiciens, etc, auront à cœur de débattre de ces nouveaux clivages qui émergent et de nous éclairer sur le monde qui vient. Ils auront surtout pour objectif de nous faire dépasser les postures et caricatures actuelles pour montrer à quel point cette Renaissance digitale sera riche de sens, de solutions et de défis pour les générations futures.

Pour participer à « L’ÉCHAPPÉE VOLÉE » ou en savoir plus, rendez-vous sur leur site.

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