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Comment Path a changé ma vie sur les réseaux sociaux.

J’utilise Path depuis quelques semaines maintenant. Il est peu dire que ce fut une grande découverte…

Comme beaucoup d’early adopters, j’ai commencé à utiliser les réseaux sociaux en 2007. Avant cela j’avais l’habitude de bloguer. Lorsque Facebook a atteint son « tipping point » vers juin 2007, en tant que blogueur j’ai commencé à devenir schizophrène: “Devais-je continuer à poster des billets personnels sur mon blog? Devais-je plutôt utiliser Facebook pour cela? Mon blog avait-il vocation à être transféré sur Facebook ?”. En 2007 j’ai tenté de résoudre l’équation en créant un nouveau système que j’ai appelé Polyblog.

Aujourd’hui, 5 ans plus tard, je n’utilise pas moins de 10 réseaux sociaux. Facebook, Foursquare, LinkedIn, Google+, Youtube, WordPress, Instagram, Flickr et Twitter. Chaque réseau social fournit tellement de couches différentes de contacts et de contenus que tout était devenu flou. J’avais accumulé des milliers de contacts sur chacun de ces réseaux au point que ma vie social digitale était devenu chaotique : je ne savais pas à qui je parlais et qui je lisais jusqu’à ce que … Path me montre le chemin.

Path a été conçu pour la communication entre amis proches. Lorsque vous commencez à l’utiliser, vous comprenez combien il a été une erreur de courir après les followers et les friends. Avec moins de 150 contacts sur Path vous atteignez une expérience parfaite de connexion avec votre réseau d’amis réels. En seulement trois semaines Path m’a en réalité fait comprendre comment les systèmes comme Klout sont dangereux pour la qualité de nos écosystèmes sociaux. En conclusion Path est la démonstration que la valeur des réseaux sociaux vient de la qualité des liens et non de leur quantité.

La semaine dernière j’ai commencé à supprimer des amis sur les réseaux. Tout d’abord sur Facebook où j’ai retiré plus de 800 contacts. Aujourd’hui je vois mes 10 réseaux sociaux comme une pyramide.

Au sommet: Path via lequel je poste des contenus pour les amis proches. Parfois je partage (toujours via Path) des textes des photos et des vidéos pour mes (vrais) contacts sur Facebook, Foursquare ou encore Twitter. J’utilise Linkedin uniquement pour les connaissances professionnelles. Google+ accueille mon blog en anglais et WordPress mon blog quotidien en français. Youtube, Flickr et Instagram sont utilisés uniquement pour partager des contenus publiques que je re-poste sur mes blogs. Enfin, au bas de la pyramide, Twitter est devenu mon principal canal de distribution.

En conclusion Path est un outil formidable. L’exécution, la conception, la qualité de l’expérience sont exceptionnels. Mais bien plus que cela, Path est un concept, une idée  simple et intelligente : “une invitation à créer du sens plutôt que du bruit au sein de nos réseaux”.

Source : Michel Levy-Provençal – Mikiane – Google+ – How “Path” has changed my life on the Internet. I use….

Le vivant de synthèse, perspectives…

Voilà 20 ans que nous évoluons dans un tout nouveau monde ! L’Homme sait qu’il peut aujourd’hui construire des machines dépassant les limites de son propre cerveau. Non seulement les capacités de calcul de nos ordinateurs ont crû exponentiellement ces dernières années mais en plus les capacités de connexion de ces mêmes ordinateurs permettent déjà d’additionner leur puissance. Au point qu’aujourd’hui l’ensemble des machines de la planète ont une « intelligence globale » équivalente à celle d’un cerveau humain.

Du réseau au vivant

Evidemment nous ne sommes pas encore capable de programmer cette immense machine pour qu’elle réponde comme un cerveau artificiel. En revanche d’ici une vingtaine d’année cette puissance pourra être contenue dans une seule machine. Aussi de nouveaux langages de programmation, des algorithmes d’apprentissage et l’arrivée des machines biologiques permettront de dépasser cette limite. La révolution d’après Internet est déjà en train de se bâtir dans les laboratoires de génétique et d’informatique. Ces deux dernières années plusieurs chercheurs ont réussi non seulement à créer des cellules vivantes grâce à de l’ADN de synthèse mais en plus ils ont construit des modèles permettant de programmer ces cellules, au sens informatique du terme…

L’Anthropocène, une nouvelle ère

De nombreux scientifiques pensent que notre époque, c’est à dire la période qui a débuté avec l’ère industrielle et s’est poursuivie avec celle de la connaissance, marque le début d’une nouvelle ère géologique : l‘Anthropocène. Elle est définie comme la période pendant laquelle l’espèce humaine a agit en véritable force géophysique sur la planète au delà de toutes les autres forces géologiques et naturelles qui jusque là avaient prévalu ! Lorsque l’on étudie des périodes aussi longues que les ères géologiques il faut le faire avec des lunettes exponentielles. Au travers de ces lunettes, nous ne sommes qu’aux premières secondes de l’époque Anthropocène. Les révolutions qui se sont succédées depuis le 18ème siècle ont géologiquement et organiquement transformé la planète. Certes. Mais il ne s’agit que d’une toute première étape. Les décénies qui arrivent seront décisives pour le vivant. Soit, l’Homme prendra conscience de la transformation destructrice de la première phase et assurera sa survie par une étape de préservation du vivant soit il disparaitra purement et simplement.

La reconstruction du vivant

Les recherches sur la question de la “vie synthétique” ne cessent d’évoluer ces dernières années. Par vie synthétique, je veux dire la fabrication de cellules vivantes artificielles et programmables. Les résultats auxquels nous sommes parvenus sont extra-ordinaires au point que l’on peut se demander si l’étape qui vient ne serait pas la reconstruction du vivant et non simplement sa conservation… En dehors de tout préjugé éthique ou moral, je vous invite vivement à visionner cette courte vidéo d’Andrew Hessel dans laquelle il évoque la vie de synthèse et la programmation du vivant. L’intervention a été filmée à TEDxAmsterdam il y a quatre jours, le 25 novembre 2011.

L’Ubimedia, de la vision à l’implémentation : nouveau point d’étape

Gérer une startup c’est monter un groupe de Rock. Mêmes étapes : du garage au premier mécène, du premier morceau au concert culte. Depuis décembre dernier, nous sommes en train de passer ces différentes étapes : le recrutement, la première levée de fond, la première version du produit, le grand test de la rencontre avec les utilisateurs… Nous avons trouvé notre style, nous savons où nous allons, il nous reste maintenant à trouver un public.

Depuis 9 mois je martèle le même message, auprès de l’équipe ou à l’extérieur : « Une vision claire et précise. Des réalisations concrètes et démontrables! ».

Une vision : l’Ubimédia.

Le concept d’Ubimédia a été introduit par Adam Greenfield en 2006 dans son livre « Everyware » : à savoir les contenus embarqués dans tous les objets et surfaces de notre vie quotidienne, un monde où toute chose peut devenir un « ware » (software et hardware).

Une approche : l’ouverture, l’open source et la standardisation.

Depuis plusieurs années déjà, l’industrie du numérique construit un monde massivement connecté dans lequel les objets du quotidien sont de plus en plus « intelligents ». Cela a commencé avec le téléphone, s’est poursuivi avec le livre, le magazine, puis la TV. Bientôt l’automobile, mais aussi le mobilier et les habitations… La plupart des écosystèmes interactifs qui sont construits sont malheureusement fermés. Cela constitue un réel problème car empêche l’interopérabilité et freine d’autant la mise en œuvre effective d’environnements ubimedia. L’approche que nous avons choisie consiste à bâtir un système ouvert interopérable qui permet de sauter les « walled garden » construits par les grandes marques comme Apple, Microsoft, RIM, Samsung, etc…

Des réalisations : du concret pour susciter l’imagination et inviter à poursuivre le mouvement.

En 9 mois nous avons initié la base de l’écosystème, un framework de développement multi-support. Nous avons aussi construit au dessus plusieurs applications et prototypes d’objets connectés. L’idée recherchée est simple : créer le plus d’applications démontrables répondant à un usage et favoriser ainsi d’autres initiatives; organiser et participer à des événements communautaires pour partager avec d’autres développeurs, designers et électroniciens la vision et la démarche.

Changer de paradigme. Le design comme stratégie.

Nous autres ingénieurs et techniciens français avons ce défaut de penser système avant usage. L’antidote consiste à rééquilibrer les rôles entre techniciens et designers en construisant des produits autour de l’usage, “du creux”, “du manque” et contribuer à le combler du mieux que nous pouvons. Nous essayons pour l’instant d’y parvenir à petits coups de sprints, de « Designers day », de Hackatons, où les designers sont au centre du ring. Je ne parle pas là de “Design de style” mais de l’approche qui consiste à redonner la priorité à la mélodie et à l’efficacité. Nous n’en sommes qu’aux préliminaires…

Un marché embryonnaire aujourd’hui, massif dans cinq ans.

Les analystes s’accordent sur ce point : la prochaine frontière de l’internet est celle des objets. 15 milliards d’objets connectés en 2015 et 50 milliards en 2020.  La plupart des grands acteurs préparent l’infrastructure. Facebook ouvre son graphe social à toute sorte d’actions, on imagine que demain l’environnement pourra interagir avec. Google y travaille depuis plusieurs années déjà avec Android et Chrome OS. Microsoft unifie les interfaces dans Windows8 et avec l’arrivée de la Kinect prépare des interactions plus naturelles avec l’environnement. Apple depuis quasiment le début, a fait de l’iPhone une matrice, un connecteur central vers une multitude d’objets connectés… (Nike+, Withings, ARDrone…)

Sur les 15 milliards d’objets connectés en 2015, une partie moindre, certes, sera constituée de  surfaces et de terminaux pour la distribution de contenus mais c’est déjà assez pour continuer à travailler sur cette piste là.

En savoir plus :

Founder Institute : le “Masterchef” des startups web

Bloggueur invité: Vincent CAILLIEREZ (http://blog.crazycresus.com/)

Vincent a 35 ans. Cela fait une quinzaine d’années que Vincent crée des sites web, d’abord dans des agences web puis à son compte. Cela fait longtemps qu’il rêve de créer une société qui s’appuie sur les technologies web pour vendre un produit ou un service qu’il aurai inventer. Il espère atteindre cet objectif dans les mois qui viennent grâce au soutien du Founder Institute, qui accompagne les entrepreneurs dans la création de leur startup technologique. 

Je suis accro à Masterchef. Au cas où vous auriez échappé à ce programme de télé-réalité, maintenant diffusé dans vingt-six pays, le concept consiste à mettre en compétition une bande de cuisiniers amateurs à coup d’épreuves redoutables, comme savoir situer l’onglet et le faux-filet sur un boeuf, reproduire à l’identique le plat d’un chef étoilé, ou cuisiner un banquet pour deux-cents personnes en quatre heures sur un bateau-mouche. Voilà le lot quotidien des participants à cette émission, diffusée sur TF1 tous les jeudis soir.Je ne suis pas spécialement fan de télé-réalité ni de cuisine. Pourtant, je trouve ce programme absolument magnétique. Serait-ce parce que la voix-off et les candidats nous répètent en boucle que l’émission va enfin leur permettre de “changer de vie” ? Ou bien parce que des gens “ordinaires” (dans la saison actuellement diffusée, on trouve un coiffeur, un ébéniste, ou un barman) accèdent à l’extra-ordinaire ? Cuisiner sur le toit d’un building à New York, rencontrer des “stars” de la cuisine, être traversé par une riche palette d’émotions allant du stress intense à la joie totale, voilà des choses qui manquent un peu dans la vie de tous les jours. Ainsi, plus qu’un concours de cuisine, l’émission incarne la faculté d’un être humain à prendre son destin en main et à transcender sa condition d’origine (ici, une profession dans laquelle l’anonyme candidat ne se retrouve plus).Ajoutez à cela un montage au cordeau, des effets sonores à propos, et des interruptions publicitaires judicieuses, et il devient difficile de ne pas tomber dans le panneau. Bref, quand j’ai appris qu’une compétition équivalente existait pour créer sa startup technologique, l’entrepreneur web qui sommeille en moi n’en a pas dormi de la nuit.Adeo Ressi a créé le Founder Institute (http://www.founderinstitute.com/)dans le but d’exporter la Silicon Valley au-delà de son territoire initial via “la création et le développement d’écosystèmes de startups locales dans des marchés prometteurs partout dans le monde”. Son objectif est de créer 1000 entreprises par an dans plus de 30 villes du monde dans le domaine des technologies.Concrètement, le Founder Institute propose un programme de formation sur quatre mois, au cours duquel les futurs entrepreneurs sont amenés à réfléchir et affiner leur idée de business, lui trouver un nom, mettre au point un business plan, et créer une société.J’en ai rêvé. Adeo l’a fait.J’ai trouvé mon Masterchef : un Masterchef orienté vers l’entrepreunariat et les nouvelles technologies. Je ne pouvais pas rêver mieux !

Le parallèle avec la télé-réalité culinaire vous paraîtra peut-être osé, mais impossible de ne pas voir les analogies :

  • L’admission au Founder Institute se fait en passant une série de tests en ligne, équivalents au pré-casting de l’émission TV.
  • Les participants sont regroupés en une promotion, équivalent télévisuel d’une “saison”, à laquelle tous ne survivront pas (les organisateurs du programme annoncent un taux d’abandon entre 25% et 50% selon les promotions).
  • Les risques d’être éliminé du programme sont nombreux : ne pas rendre ses “devoirs” à temps, ne pas créer de société, recevoir une mauvaise évaluation de ses pairs… autant d’écueils qui peuvent vous mettre à la porte et qui ne sont pas sans rappeler les épreuves auxquelles sont soumis les candidats de TF1.
  • L’entreprise la plus prometteuse remportera un prix de 50.000 euro ; le gagnant de Masterchef touchera 100.000 euro pour ouvrir son restaurant.
  • Le programme et le discours d’Adeo Ressi valorisent “ceux qui en veulent”. Exit les dilettantes, il faut vouloir gagner pour arriver au bout.

Nuance importante : si, à la télé, les candidats sont en compétition les uns avec les autres, le Founder Institute souhaite que chaque candidat mène son projet à terme. Le succès de l’un ne signifie pas l’échec de l’autre, d’autant qu’un système de répartition attribue à chaque participant un pourcentage des parts des sociétés fondées par ses camarades. L’intérêt général est donc la réussite collective.

J’ai intégré cette formation, mon premier cours a eu lieu hier soir et j’ai beaucoup appris.

J’espère aller jusqu’au bout de ce défi en créant un produit ou un service web qui marchera. Indéniablement, les cours, les mentors et le réseau mis en place par le Founder Institute augmentent les chances de succès de chaque participant, car ils permettent d’éviter certaines erreurs classiques de débutant et ils repoussent la procrastination en fixant des objectifs réguliers et stimulants. La véritable compétition se fait donc contre soi-même.

Pour terminer, je voudrais partager avec vous les “7 règles d’Adeo” qui nous ont été présentées lors du premier cours :

  1. Les idées les plus simples sont les meilleures (et les idées complexes meurent).
  2. Concentrez-vous sur une seule source de revenus.
  3. Définissez avec précision votre client idéal (et devenez son ami).
  4. Créez quelque chose qui s’explique facilement (en 10 mots maximum).
  5. Les marchés étroits craignent (votre entreprise va s’épuiser à les conquérir).
  6. Utilisez un ingrédient secret (qui démontre votre expertise).
  7. Soyez original (en étant nouveau ou meilleur).

Vivement la prochaine émission, euh, le prochain cours.


Et si le Web devenait le plus grand réseau de calcul distribué jamais construit ?

En utilisant le langage Javascript, l’équipe technique de Joshfire a créé un prototype de jeu d’échec dont l’intelligence artificielle est distribuée sur l’ensemble des ordinateurs se connectant sur le site du dit jeu. Chaque ordinateur connecté aux différentes pages de leur site permet d’enrichir un « Web-calculateur distribué ». Ce prototype illustre le concept de Web-Grid, qui demain pourrait proposer des capacités de calcul gigantesques à l’échelle de la planète. CHESS@Home est disponible sur http://chessathome.org/

UPDATE: Joshfire a remporté, mardi 6 septembre, le concours node.js Knockout dans la catégorie “Completeness”. C’est une réelle satisfaction pour l’équipe de recevoir la reconnaissance de ses pairs dans un concours auquel participent massivement des entreprises de la Silicon Valley et dont les juges émanent des équipes techniques de Google, Microsoft, Facebook, Mozilla, Dropbox, Sequoia Capital, Twitter, Adobe…

De SETI@Home au Web-Grid

En 1999 était créé SETI@Home, le réseau de calcul distribué le plus connu de l’ère Internet. Le système avait pour objectif d’utiliser les processeurs de milliers d’ordinateurs connectés au réseau afin d’analyser des données issues de signaux émanant de possibles intelligences extra-terrestres. Dans SETI@Home les calculs étaient menés de façon transparente pour l’utilisateur. Les résultats de chaque calcul étaient transmis à un serveur central qui se chargeait de distribuer les tâches parmi les unités de calcul. Même si le programme a été mis en hibernation en 2011, faute de fonds publics, la réalisation de ce super calculateur distribué à l’échelle de l’internet tout entier reste un accomplissement remarquable.

L’un des défauts de SETI@home étaient la nécessité d’installer un programme sur son ordinateur pour faire participer son ordinateur au calcul global. Au total, plus de 9 millions d’individus ont téléchargé le logiciel sur leur poste de travail afin de contribuer à la capacité de calcul de l’ordinateur central du SETI. La capacité moyenne de calcul a été évaluée en 2009 à 1,7 millions d’ordinateurs personnels simultanés… Bien que vertigineux, ce chiffre reste faible comparé aujourd’hui au trafic circulant sur le Web. En effet, imaginez que des sites comme Facebook et Google participent à un programme de calcul distribué, non plus en proposant l’installation d’un logiciel sur un ordinateur, mais en utilisant chaque ordinateur connecté aux différentes pages de leur site pour enrichir ce qui pourrait être un gigantesque « Web-calculateur distribué » : une Web-Grid ! Précisons : il suffirait de consulter Google ou Facebook pour que votre ordinateur donne, pendant le temps de votre consultation, x pourcents de son temps de calcul… Un tel système permettrait aisément de résoudre des équations scientifiques à l’échelle globale à moindre coût et de façon quasi-transparente pour chacun d’entre nous.

Pour créer une Web-Grid, il faut que la ressource locale alimentant le réseau globale soit puisée de façon transparente par la simple consultation d’une page Web (évidemment, en prenant soin d’en avertir l’utilisateur) et ce sans passer par la lourde phase d’installation d’un logiciel sur son ordinateur. Cette idée a germée dans la tête de l’équipe technique de Joshfire lors d’un concours (NodeKO) organisé par la communauté mondiale NodeJS . En utilisant le langage Javascript, l’équipe a créé un prototype de jeu d’échec dont l’intelligence artificielle est distribuée sur l’ensemble des ordinateurs se connectant sur le site du dit jeu. En l’espace de quelques jours, l’équipe a déjà enregistré des pics de connexion de l’ordre de 500 ordinateurs simultanés contribuant à la puissance de calcul de l’algorithme du jeu d’échec.

Nous aider à battre un record du monde

L’objectif du projet est de dépasser le record mondial en atteignant 2071 ordinateurs connectés à la page simultanément… Pour ce faire il suffirait que quelques sites web à gros trafic s’associent à l’opération en intégrant sur leurs pages un bout de code disponible sur le site du jeu. Très vite le nombre de connexions simultanées pourrait décupler et le record mondial pourrait être littéralement pulvérisé…
Aidez-nous à faire connaître le projet en diffusant l’info sur les réseaux sociaux… : http://chessathome.org

Plus d’infos techniques à propos du projet sont disponibles sur le blog de Sylvain Zimmer (CTO de Joshfire).


Jusqu’à quand la France du Minitel, du Bibop et de l’Hadopi ?

La mémoire comme boussole.

En 1982, le Minitel fait de la France une terre pionnière en matière de réseau de données grand public. En 1996, cette même France perd pourtant la bataille pour le leadership des réseaux de données avec l’arrivée de l’Internet mondial venu des USA. Ce n’est que 10 ans plus tard que l’investissement en infrastructure notamment haut et très haut débit redonne à la France une petite avance dans le domaine. Aujourd’hui, nous sommes en train de vivre une ère similaire à celle du minitel en particulier dans le domaine de la distribution et de la consommation de contenus audiovisuels.

En 2010 est apparu un nouveau marché : celui de la télé-connectée. La France avait toutes ses chances dans ce marché grâce à ses réseaux haut-débit et ses ressources culturelles reconnues mondialement. Plutôt que d’embrasser cette opportunité et prendre en compte les leçons du passé, les plus influents protagonistes français du domaine, qu’ils soient décideurs de groupes media, patron de l’édition ou de la distribution et politiques, tous ont fait le choix qu’on pourrait qualifier de « choix du Minitel ». Recroquevillés sur nous-même, sous prétexte de la protection des modèles existants et de la survie de la création artistique, nos medias, nos grands groupes, nos politiques ont préféré les initiatives locales et fermées (comme l’Hadopi ou HbbTV) à la liberté et à l’ouverture radicale. Une raison simple à cela : ouverture et liberté radicale dans le cas présent riment avec concurrence et renouvellement des modèles. Simultanément, en choisissant la fermeture, nous avons omis que de l’autre coté de l’Atlantique, et ailleurs, de nouvelles technologies, de nouveaux processus de création, bref « LES» nouveaux standards du marché voient le jour. Ce n’est que le début…

Comment innover face à la résistance de groupes puissants animés avant tout par le souci à court-terme de protéger les modèles, les pouvoirs, les monopoles, pourtant si éphémères… Le problème dépasse évidemment l’exemple particulier de l’innovation en matière de création et de distribution de contenus. Mais pour aller jusqu’au bout de la démonstration, poursuivons sur ce sujet précis.

Ce qui nous attend pourtant à court terme !

Inventé par Adam Greenfield dans son ouvrage “EveryWare”, la notion « d’Ubimedia » fait référence à l’omniprésence du digital et des réseaux dans nos environnements de vie. L’ubimedia englobe les contenus digitaux, les terminaux numériques, les dispositifs d’interactions, les agents intelligents ambiants,… tout ce qui est numérique, connecté ou connectable et qui envahit de plus en plus notre quotidien.  L’ubimedia prévoit l’intégration du digital dans nos vêtements, objets de tous les jours, nos habitats, les murs, le sol, le mobilier…

Depuis deux décennies, nous avons vu apparaître puis se connecter au réseau les ordinateurs de bureaux, les portables, les téléphones mobiles, les tablettes, les tv connectées… De plus en plus, ces différents « devices » ou terminaux interagissent entre eux (par exemple un téléphone mobile peut faire office de télécommande TV). Le « Transdevice » est la propriété que possède un contenu ou une application à avoir un comportement spécifique en fonction du terminal qui respectivement le lit ou l’exécute. Par exemple, une application transdevice fonctionnera simultanément sur iPad et TV connectée en ayant un état unique mais en ayant un comportement différent sur les deux terminaux.

Imaginez à présent un monde radicalement ubimedia où tous les objets et  l’environnement en général deviennent des terminaux connectés. Imaginez que chacun de ces objets permette de lire des contenus ou d’exécuter des applications « transdevice ».

Prenons un exemple, vous regardez un match de football non plus sur un téléviseur mais sur les murs de votre appartement. Il ne s’agirait non pas d’une portion d’un mur dans votre salon, mais bel et bien tous les murs de votre appartement. Vous levant de votre canapé pour aller chercher une boisson dans le frigo, vous seriez capable de continuer à voir le match dont  les images vous suivraient tout le long de votre parcours. Elles prendraient la forme d’un simple score sur une trop petite surface pour afficher la totalité sur terrain. Ou même d’un signal audio quand vous ouvririez votre réfrigérateur et choisiriez une boisson. Avant de revenir dans le séjour, alerté par une action, vous tourneriez la tête et le grand mur blanc de votre cuisine se transformerait à nouveau en écran géant…

La valeur est dans le contexte !

Quel rapport entre ubimedia, transdevice et cette fâcheuse habitude très française de tuer l’innovation sous prétexte de la protection de modèles économiques obsolètes (l’économie des biens culturels par exemple) ?

Nous vivons dans un monde où le contenu, même de grande qualité, n’a plus de valeur marchande intrinsèque. C’est ainsi! C’est dû à la propriété même du réseau et du medium (copiable et transférable sans limite technique). Pour autant, que la valeur intrinsèque d’un contenu tende vers zéro, ne veut pas dire que dans des contextes très précis, ce même contenu n’a aucune valeur. La contextualisation du contenu est une excellente façon de le rendre pertinent donc de lui donner une valeur marchande importante. Prenons un exemple : il eut une époque où nous achetions des collections entières d’encyclopédies à des prix mirobolants.  Aujourd’hui Wikipedia répond parfaitement à la même problématique tout en étant facile d’accès, mis à jour beaucoup plus souvent et évidemment bien moins cher. Imaginons à présent un service qui par exemple, lors d’une émission télévisée ou un cours magistral à la fac,  vous permette d’augmenter votre expérience d’écoute en affichant simultanément (sur votre table, accoudoir, manche de chemise) des éléments d’informations complémentaires émanant de Wikipedia : mise en contexte historique, définition de termes, biographies, images… La valeur est dans le contexte.

Si nous étendons ce principe aux œuvres artistiques, cette logique devrait nous permettre de regarder gratuitement un film en basse qualité sur un ordinateur si nous prenons le temps de le télécharger à basse vitesse. En revanche on devrait pouvoir payer pour instantanément et aisément consommer ce même contenu en qualité maximale sur le mur de son séjour comme aujourd’hui au cinéma. De la même façon on doit pouvoir acheter son journal personnalisé, lisible sur la table d’un bistrot un matin de printemps, avec son petit café et l’acheter même plus cher qu’à l’accoutumé, parce que ce moment est magique et qu’il vaut bien plus que ce même contenu dans un autre contexte sous une autre forme : par exemple lorsque que nous continuerions à le consommer dans une qualité de rendu inférieure, sur son téléphone mobile en repartant dans le métro pour le boulot.

De nouveaux reflexes…

Nous nous apprêtons donc à vivre, encore une fois, une révolution digitale. Elle va impacter notre environnement, nos vies, notre travail, notre façon d’apprendre, de nous divertir, de nous informer… Avoir peur, encore, de cette nouvelle révolution et s’interdire d’y aller c’est assurément refaire les mêmes erreurs que par le passé. Freiner l’innovation, avoir peur d’abandonner des modèles déjà obsolètes, s’accrocher à l’ancien monde, tenter de verrouiller les systèmes : toutes ces stratégies nous ne les connaissons que trop (le Minitel, le Bibop ou l’Hadopi).

De façon générale l’ouverture est la solution la plus efficace à l’innovation et l’adaptation aux changements. Cela a été démontré dans de nombreux domaines : la médecine, l’architecture, l’économie, la création artistique… N’ayons pas peur d’investir, d’expérimenter, de créer, d’adopter, d’abandonner, de faire des erreurs, de se laisser aller à perdre un peu pour gagner plus. Donnons nous ce droit d’être audacieux. Changeons de reflexe : pensons loin, imaginons ouvert, créons universel et nous n’aurons jamais plus à revivre le Minitel, le Bibop et l’Hadopi !

Vers un monde fait d’objets augmentés: point d’étape…

« Matière tu étais matière tu deviendras… »

Allumez votre smartphone. Choisissez au hasard une des applications que vous utilisez le plus souvent et demandez-vous quel objet, à l’époque où l’internet n’existait pas, vous rendait un service équivalent? Procédez par analogie si nécessaire (exemple : la boîte aux lettres de la cour d’immeuble est l’incarnation de votre boîte mail). A présent, faites exactement l’inverse. Tentez d’imaginer l’objet qui pourrait « incarner » l’application que vous avez choisie. Toutes les fonctions qu’il offre doivent être portées par un dispositif physique. Il doit être fait de matière et se connecter à internet. Il possède ou non un écran et implémente exactement les même fonctions que l’application de votre smartphone! Il s’agit donc de naviguer de la matière au pixel puis vers la matière à nouveau : de boucler la boucle.

Quand on travaille à essayer de contribuer à la création de l’Internet des Objets, cet exercice devient une routine. On imagine la forme digitale d’un objet du quotidien puis son retour à l’objet sous sa forme augmentée.

Le cas de la radio

Prenons le cas de la radio : objet vintage par excellence et média pauvre de l’Internet. Nous connaissons tous la forme digital du média radio : le podcast et iTunes.  Mais sous quelle forme matérielle pourrait être incarné l’application podcast de votre ordinateur, smartphone ou tablette? Une console? Une radio vintage agrémenté d’un écran? Un poste minimaliste préprogrammé pour jouer une série de programmes ou des chaînes?

Quand nous avons commencé à travailler sur le concept de web radio physique pour Radio France, notre approche a consisté à partir d’une ancienne radio (un modèle vintage en bakélite, des années 50) et de lui donner la capacité de se connecter à internet. S’est vite posée la question de l’interaction avec le contenu. Nous avons opté pour l’usage de “cartouches de programme” similaires aux cartouches de consoles de jeux des années 80. Chaque cartouche ne contient qu’un sésame vers un contenu sur le réseau, une chaîne ou un flux. Rien d’autre n’y est stocké, certainement pas musique ou podcast… Les avantages de cette solution sont multiples : nous créons des objets associés aux contenus ce qui recrée de la rareté dans la chaîne de valeur (élément crucial dans le business modèle des médias). Nous sécurisons le contenu puisque celui-ci reste distant et n’est jamais stocké localement. Enfin l’usage des cartouches facilite drastiquement la manipulation et l’interaction avec l’objet : la simplicité de ce mode de fonctionnement rend le système idéal pour une cible de senior peu adepte des interfaces digitales et de l’accès à Internet.

Du prototype à la fabrication en série… Ne pas rater la marche.

Voilà donc 6 mois que nous travaillons à imaginer, concevoir, inventer les objets augmentés de demain.  Ces objets diffuseront de l’information comme autant d’incarnations d’applications de votre smartphone ou tablette et ils envahiront utilement votre quotidien. Tout est encore à construire, mais c’est la vision que nous portons avec d’autres acteurs de l’Internet des Objets français.

La France est pionnière sur le sujet. Et l’écosystème des « bricodeurs »  français est de plus en plus riche. Sauf que, c’est une habitude hexagonale, le danger qui nous guette est d’être incapables de transformer les quelques PME riches d’idées et d’énergie en groupes industriels puissants. Car ne nous leurrons pas : de l’autre coté de l’Atlantique les industries sont prêtes à envahir le nouveau territoire de l’Internet des Objets. Et les deux candidats américains en lice n’en sont pas à leur première conquête… Puisqu’il s’agit des deux géants : Apple et Google. Oui : Apple et Google! Il suffit de décrypter les bribes d’information qui émergent des annonces de Google à propos d’Android et d’Arduino (Arduino est le premier composant électronique open source largement utilisé par les communautés de « bricodeurs »). Il suffit aussi d’extrapoler à peine l’usage des accessoires autour de l’iPhone, l’iPod, l’iPad… iOS est une matrice logicielle puissante pour opérer l’Internet des Objets.

Les nécessaires prises de conscience et investissements d’industriels français

En conclusion, nous sommes à l’aube d’une nouvelle révolution de l’Internet (et oui encore une autre après le web, l’e-economy et les médias sociaux) : celle de l’industrie des « objets augmentés ». Beaucoup de  paramètres nous permettent de penser que nous avons la chance de prendre des positions avantageuses sur l’échiquier mondial, en revanche la bataille ne se gagnera pas sans financement, coopérations industrielles, capacités de distributions et de communications.

Découvrez les FabLab au coeur des projets de l’Internet des Objets. (A ce sujet la Fing met en place un programme visant à aider à la création de FabLab… à suivre)

Vous l’aurez compris l’Internet des Objets n’est pas l’internet tout court. L’objet, la matière, l’atome ont des propriétés que les bits et les pixels n’ont pas… Certaines PME commencent à monter des projets , tenter quelques coups, réaliser des prototypes ou penser les produits de demain. Les acteurs associatifs font beaucoup pour aider à l’émergence de cette nouvelle vague. Mais il manque encore aujourd’hui un ingrédient majeur : l’engagement d’un ou plusieurs groupes industriels pour le financement de la fabrication en série, de la distribution et de la communication. Seuls de grands acteurs qui adhéreront à la vision seront capables d’aider des PME à transformer cette opportunité en un réel succès.

Accompagner l’émergence de l’Internet des Objets…

Un miroir interactif de Joshfire, complété de quelques objets et de deux visions de l’Internet des Objets…. Vidéo réalisée dans le cadre du partenariat Exalead – Joshfire.

L’Internet des Objets ? Un continuum…

Il est très difficile de résumer en quelques mots ce que les spécialistes nomment « l’Internet des Objets ». Le concept est vaste, il embrasse tant l’univers des usages, des technologies et du design. Depuis 6 mois nous travaillons, Sylvain Zimmer, quelques camarades et moi à esquisser notre vision de cet internet là.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce territoire n’est pas totalement neuf. Non. Il est apparu en fanfare depuis déjà quelques années : trois ou quatre ans. Nous y vivons et l’utilisons déjà… En effet, l’explosion du marché des smartphones, puis des tablettes et tout récemment des TV connectées en est le produit. Ces objets du quotidien, le téléphone, le livre, le magazine et le poste TV n’avaient pas vocation il y a tout juste 5 ans à proposer une interface sur le réseau. Et pourtant.

Les solutions propriétaires, un frein au développement de l’Internet des Objets !

L’hétérogénéité des technologies utilisées dans les nouveaux terminaux et la course aux solutions propriétaires freinent le développement de l’internet des Objets. Dit autrement, aujourd’hui si les technologies permettant de lire des mails sur une tablette, d’écouter la radio sur un smartphone ou de louer un film sur une télé connectée, étaient compatibles entre elles, si elles étaient ouvertes et standards, alors l’apparition de nouveaux objets communicants serait facilitée… Un nouveau terminal permettrait à peu de frais dés les premiers jours de sa commercialisation de consommer tout un écosystème de contenus et services basés sur une technologie ouverte…

Vers une plateforme universelle et Open Source…

Ces deux constats nous ont amené ces derniers mois à commencer à créer une boîte à outils Open Source multi-terminaux et multi-objets. Basée sur des technologies ouvertes et éprouvées (HTML5, JS, CSS), le « Framework » que nous avons largement commencé à développer répond à un problème simple : permettre à un éditeur de service ou de contenu de développer ses applications sur une seule plateforme et les voir fonctionner à quelques détails prêts (moins de 20% de l’effort initial) sur un univers vaste de terminaux (mobiles, tablettes, TV et objets connectés !)

De l’importance des données structurées

Les objets communicants sont des capteurs et des diffuseurs d’informations. Pour être utiles et efficaces, ils doivent traiter des données structurées. Or Internet est un environnement hétérogène, protéiforme, multilingue, multi-source. Il a donc fallu que nous nous dotions d’une solution de structuration, d’enrichissement sémantique, d’identification de liens et de contexte. C’est la raison pour laquelle un des premiers sujets sur lequel nous travaillons est la constitution d’un moteur d’extraction, d’indexation et d’enrichissement de données hétérogènes. Nous utilisons pour cela la solution Exalead. Cette collaboration a donné l’occasion d’un partenariat fort avec la filiale de Dassault-Systemes

Les prochaines étapes…

Nous avons déjà commencé à développer sur la base du Framework une série d’applications TV, Radio, VOD. Elles sont aujourd’hui consultables sur des tablettes, TV connectées, mobiles ou certains objets (dont ceux qui apparaissent dans la vidéo précédente). Les prochains mois seront consacrés à l’enrichissement de la boîte à outils afin qu’elle puisse être utilisable sur le maximum de terminaux et par le plus grand nombre de développeurs… A suivre.

Réinventer le rapport aux contenus numériques grâce aux objets connectés

Du réel au virtuel

En trois décennies, les medias ont changé de nature. Les tubes cathodiques, les transistors, le papier et l’encre ont progressivement laissé place aux écrans LCD, aux claviers, souris et interfaces tactiles. Cette transformation n’a pas eu lieu sans une certaine uniformisation des supports et donc de l’expérience de consommation.

Il eut une époque où la lecture matinale d’un journal papier créait une relation quasi-charnelle avec « l’objet » : le papier jaunissait, l’encre séchait, l’odeur, la texture et le son que produisait le support donnaient une dimension supplémentaire au media, à sa marque, à son univers. Ces charmes ont disparu avec l’arrivée du numérique…

A l’heure du Web, des smartphones, des tablettes et télé-connectées, des contenus de toute sorte et de toutes origines nous parviennent sans aucune incarnation: textes, images, sons, peu importe le support, la relation d’antan, le rapport charnel au média sont définitivement perdus.

Il ne s’agit pas seulement de nostalgie… La disparition de la relation physique au média a généré l’une des plus importantes crises que l’économie du contenu ait connu au profit d’une nouvelle économie, qui peine encore à trouver ses modèles : celle de la diffusion sur Internet.

Simultanément, un phénomène étonnant opère : à l’heure de la digitalisation massive, les créateurs d’interfaces conçoivent leurs applications comme autant d’avatars des supports physiques originels. Ils recréent des interfaces tactiles répondant aux lois de la physique ou surfent sur la nostalgie en imitant le rendu des dispositifs vintage…

Du virtuel au réel

Imaginez à présent un internet où les contenus finiraient par s’incarner dans leur enveloppe originelle ? Plus précisément, imaginez que les supports digitaux auxquels nous nous sommes finalement habitués, les applications, les icones, les dossiers, les fichiers, les boutons, les formulaires prennent forme physique, deviennent réellement palpables et s’altèrent avec le temps… Imaginez un univers numérique reconstruit dans le monde physique, et des objets ressemblants aux interfaces virtuelles que nous utilisons désormais quotidiennement…

C’est l’idée sur laquelle, nous (l’équipe Joshfire) avons travaillé dans le cadre d’un projet de R&D. Le cas d’usage que nous avons commencé à étudier est celui de la consommation de contenus audio : podcasts, playlists musicales, flux d’émissions thématiques délinéarisées, ou même flux « live » de radio ! Nous avons imaginé et construit un dispositif matériel, une « web-radio analogique » capable de jouer des flux audio diffusés sur Internet et en utilisant des objets comme interface.

La « base » connectée

Le premier composant de la web-radio analogique est sa « base ». Elle a la forme d’une boîte, connectée à internet via Wifi et permet de lire des flux audio et les jouer via des enceintes internes et externes. Elle contient l’électronique adéquate pour interagir avec des objets intelligents.

Les objets « supports » et « interfaces »

Une fois la boîte connectée elle est prête à jouer des contenus audio diffusés par un serveur sur internet. Contrairement à un ordinateur, une tablette ou un mobile, la boîte ne possède pas d’écran, de souris, de clavier ou de Joystic. En revanche elle interagit avec des objets connectés de l’environnement. Ces objets sont à la fois des supports pour le contenu audio mais aussi des interfaces physiques qui permettent de naviguer dans ce contenu…

Premier exemple : la carte Podcast

La carte Podcast est un dispositif capable de se connecter à la base de la web-radio analogique. C’est une carte rigide aux couleurs et à l’image d’une émission radiophonique. Elle permet lorsqu‘elle est branchée à la base de jouer les derniers épisodes re-linéarisés d’un programme disponible sur le net en podcast. Les cartes dotées d’une puce sans contact et d’un connecteur USB sont en quelque sorte la matérialisation du podcast. L’utilisation d’un objet support permet  d’incarner et de créer un univers physique associé au programme. Elle permet aussi l’édition en nombre limité du dit objet et de proposer des contenus exclusifs additionnels. Quelle différence avec le CD ou le DVD ? La carte ne contient rien d’autre qu’un sésame vers une ressource disponible en ligne qu’elle sécurise. Elle donne aussi accès à des contenus additionnels, personnalise son usage en ligne et incarne le contenu par un design spécifique.

Second exemple : Le pass Playlist

Le pass Playlist est matérialisé par une ampoule plastique contenant elle aussi une puce sans contact et un connecteur USB. Posée ou branchée sur la « base connectée » l’ampoule permet de jouer une playlist référencée sur Internet. Le dispositif permet aussi de paramétrer des playlists personnelles, d’adapter le mode de lecture et de sécuriser le contenu distant.

Troisième et dernier exemple : L’application-objet

Le dernier exemple sur lequel nous avons travaillé est un objet aux couleurs d’une chaine de radio (France Info en l’occurence). L’objet comporte une série de boutons poussoirs associés chacun à un flux audio re-linéarisé sur la base de collections de podcasts. Chaque bouton correspond à une thématique phare du média. Les 4 boutons de l’application-objet France Info correspondent aux flux : « Economie », « Culture », « Société » et « En direct ».
L’application se « branche » sur la base connectée. Une fois branchée (via un port USB) elle active un flux récupéré sur internet et le joue en continu. Chaque bouton permet de zapper d’un flux à l’autre.

Quelques leçons suite à l’expérimentation

En contact avec un objet associé à un programme, un media ou un artiste, le rapport au contenu change. Il devient palpable.

L’usage d’une interface physique pour piloter une application habituellement virtuelle déroute un peu, puis change à nouveau la relation à la dite application. Elle « gagne en valeur » et devient objet du quotidien.

Même si le dispositif reste à améliorer (sa forme, sa taille, la qualité du rendu sonore, la qualité graphique, la matière des objets-applications, le design des boutons et mécanismes d’interaction) on comprend très vite à l’usage les possibilités de déclinaisons. On perçoit le rapport au contenu et à sa valeur. On imagine aisément le potentiel commercial d’un nouvel écosystème hybride bâti sur les deux univers : analogique et numérique.

La web-radio analogique a été réalisé par Joshfire sur son framework multi-objets avec l’aide précieuse d’Eliane Zimmer et d’Arthur Bodolec pour le design des objets. Les contenus sont agrégés par une application utilisant entre autre la technologie Exalead.

My, Hyper, Social, & Push « Everything » !

Deux mois sans écrire une seule ligne sur son blog. Cela doit aussi être ça l’entreprenariat. Laisser de coté une partie de ce qui nourrissait l’âme et le cœur au profit de l’efficacité, la productivité et  « l’exécution de la stratégie »… Non, évidemment ! Il va sans dire que s’astreindre à une heure par semaine pour faire un point, écrire et prendre le plaisir de partager les folles idées qui me passent par le coco est utile, nourrissant et revigorant. Indispensable ! J’ai quitté il y a trois mois le noyau (en fusion) d’une des principales étoiles audiovisuelles françaises. Les nouveaux projets m’ont rattrapé puis accaparé et je n’ai pas pris le temps de réfléchir et faire le point sur les leçons de cette expérience. On ne vit pas si souvent de l’intérieur la création et la transformation digitale d’un groupe média de cette ampleur, international et en plus de 10 langues.

Entre 2007 et 2011, quatre années qui ont vu éclore successivement : la vidéo sur le web avec le rachat de Youtube par Google, l’explosion des médias pro-am particulièrement  avec la montée en puissance du Huffington Post, le raz de marée Facebook puis Twitter, enfin l’avènement des nouveaux terminaux, mobiles et tablettes. Au delà des projets réalisés ces dernières années (projets qui ont répondu aux plus importantes tendances précitées), je retiens en synthèse, que l’impact sur le métier, les contenus et les processus des médias quels qu’ils soient (information ou divertissement), est finalement beaucoup plus profond que ce que  j’ai eu la possibilité de démontrer.

Un modèle vieux de 25 ans

Raisonnons ensemble sur l’exemple d’une télé ou d’une radio d’Information. Aujourd’hui la grande majorité des télés ou radios d’Information que nous connaissons, celles qui émettent sur les ondes, sur l’ADSL, sur le câble sont encore conçues pour un usage tel qu’il était il y a 20 ou 25 ans. Certes, elles tentent de suivre la marche, proposent des services « adaptés » sur des nouveaux terminaux, tentent de répondre à des nouveaux usages : ici, linéarisation, là, fragmentation, voici la pollinisation…  Mais on tend en réalité vers un tout autre modèle, bien plus radical. Un modèle qui ne se satisfait pas d’une simple « adaptation » des contenus et des mécanismes de distribution, un modèle qui demande une refonte profonde des processus de création, de diffusion et de distribution des contenus.

Une nouvelle matrice « contenus / usages »

Aujourd’hui la plupart des chaînes d’infos proposent un flux continu de leur programme sur leur antenne télé ou radio. Elles proposent ce que l’on pourrait appeler de la « PushTV » ou de la « PushRadio » : quelque soit le moment, quelque soit le contenu, leur antenne diffuse en boucle des programmes rafraîchis toutes les heures, au mieux tous les quart d’heures.

Cette approche Push est mono dimensionnelle. Depuis l’avènement du web, des mobiles, des tablettes, les medias se sont adaptés en diffusant leurs contenus à la demande sur ces nouveaux canaux. Cette mono dimensionnalité s’est mise en perspective. Elle a gagné une demi dimension supplémentaire. En réalité, ce ne sont pas seulement les modes de diffusion, mais les processus de création, la relation avec l’audience, la distribution, l’économie du système qui va évoluer.

Je vous propose d’analyser, toujours en prenant l’exemple d’une chaîne de news, les différents types de contenus. Ils peuvent être classés par « chaleur » : «événements », «débats », «sujets d’analyse » et enfin « magazines »

L’ancien modèle « Push » considère de la même manière ces quatre typologies de contenus au regard de l’usage.  En les diffusant sur les antennes au même rythme, la chaîne les considère tous finalement comme des “événements”. Or pour une chaîne d’infos, les usages sont multiples : « l’alerte », « la contribution », « la navigation » enfin « la personnalisation ». En mettant en relation les types d’usages et les types de contenus on aboutit à une matrice qui est la suivante :

Dans cette matrice, l’ancien modèle « Push » est réduit à l’alerte sur des contenus de type événementiel. La chaîne d’info que nous connaissons depuis 25 ans se réduirait à un canal de diffusion d’alertes pour transmettre des contenus en direct afin de suivre des « événements ». Difficile choix pour un média que de déserter les antennes en dehors des événements ! C’est là que les nouveaux usages nous apprennent à quel point ce vide peut devenir une chance, à condition de retourner la question. Et si le direct était l’exception, et la règle la consommation à la demande via la personnalisation, la navigation interactive, et la contribution ?

Une nouvelle manière de s’informer

MyTV : Imaginez une chaîne d’information, qui vous reconnaît à chaque fois que vous la consultez. Elle reconnaît vos goûts, vos préférences, vos thématiques. Elle vous permet de programmer ce qui vous intéresse et vous propose principalement des contenus sur ces sujets. Evidemment elle garde une part d’aléatoire pour parfois vous surprendre ou ouvrir votre champ d’investigation à de nouveaux sujets.

HyperTV : imaginez que vous ayez la possibilité si vous le souhaitez, d’approfondir certains sujets en navigant au sein même des programmes dans des contenus « contextualisés » (des images, des textes, des extraits sonores, des vidéos) comme vous le faites sur le web.

SocialTV : imaginez pendant les débats ou sur les sujets d’analyse que vous puissiez dialoguer, interagir avec d’autres spectateurs. Imaginez que le programme s’enrichisse de ces interactions et que vous contribuiez de la sorte à ses contenus.

PushTV : imaginez que cette chaîne mono dimensionnelle il y a 25 ans, celle qui diffusait en boucle des programmes, ne vous interrompe que lors d’événements importants. Que les programmes en direct, ne soient portés à votre attention que lorsque cela est réellement nécessaire.

Vous me direz, cela existe, cela s’appelle le web ? Oui mais en matière de télé et de radio, on en n’est pas encore tout à fait là, n’est ce pas ? Allumez votre téléviseur…

Les cinq prochaines années

C’était un exemple : celui de l’impact des nouveaux usages et terminaux sur les TV et les radios d’information. Imaginez l’équivalent pour bien d’autres sujets… Demain, les mots clés « My », « Hyper », « Social » et « Push » pourront être utilisés, collés à bien d’autres suffixes. Demain, les systèmes que nous concevrons, permettront d’accompagner la transformation d’autres métiers. Le cinéma ? La publicité ? L’éducation ? Pourquoi pas la vente ?  Ces principes de personnalisation, d’interactivité, de contribution, d’alerte intelligente, on les retrouvera sur nos téléviseurs, nos téléphones, nos tablettes, mais aussi dans nos maisons, nos miroirs, nos murs, nos tables, nos canapés, nos voitures, nos magasins, nos restaurants… Voilà, entre autres, de quoi devront être faites, si tout se passe bien, mes 5 prochaines années.

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