Michel LÉVY-PROVENÇAL | Billet

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23 Avr Ce que je retiens de TEDxSummit

La semaine passée avait lieu à Doha le rassemblement des TEDx internationaux. Voulue et organisée par TED sous le parrainage du Doha Film Institute, la conférence a durée une semaine sous la chaleur, dans le désert et au bord de l’eau. La core team de TEDxParis était présente à son complet.

Je retiens personnellement de cette aventure hors du commun (750 participants, plus d’une centaine de nationalités, des dizaines de langues) plusieurs choses.

Tout d’abord la magie du village planétaire reconstitué. A plusieurs reprises nous avons été frappé par le lien que tant de personnes différentes ont développé pendant ces trois dernières années. Toutes les religions (parfois affirmées), toutes les cultures se sont rassemblées avec la même passion pour l’innovation, le progrès et le partage pendant une semaine pour découvrir et travailler ensemble sur ce que sera demain TED et TEDx.

Je retiens aussi cette capacité assez surprenante de TED consistant à avoir radicalement confiance en l’intelligence humaine. 750 personnes réunies ont eu pour charge d’inventer le TED de demain pendant une semaine… Deux tiers de l’assemblée a contribué activement à cette redéfinition des orientations du projet TEDx à l’échelle planétaire, qui devrait si tout se passe bien, emporter toute la machine TED dans son sillage. J’avais en charge personnellement l’animation d’un groupe de 60 personnes pour définir ce que seront demain les déclinaisons régionales et dans les langues locales des différents sites portail de la communauté TEDx.

Enfin, si je devais exprimer un regret, je dirais que le choix du lieu aurait pu être plus approprié. Certes Doha est une ville caractéristique des villes en pleine croissance. Elle reste tout de même dans l’inconscient collectif un symbole de la suprématie du pétrole et des énergies polluantes. L’association avec TED peut être perçue comme contradictoire même si l’organisation d’un TED dans un pays arabe était nécessaire au lendemain des révolutions de 2011. Enfin, nous avons vu aussi combien les qatari cherchaient à investir dans des projets durables et dans les énergies renouvelables pour une raison très simple, le pétrole ne sera plus là dans une trentaine d’années et évidemment aussi pour une question d’image…

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23 Avr Music Hack Paris : un week end entre designers, musiciens et codeurs

Le week end dernier a eu lieu à la cartonnerie, le premier opus de Music Hack Paris, un événement organisé par Joshfire, Google et l’Unesco et parrainé par Herbie Hancock, à l’occasion de l’International Jazz Day.

J’y ai découvert une communauté surprenante d’artistes hackeurs et des démos / jams plus surprenants les uns que les autres. Notamment, une pédale wah-wah réactive aux expressions du visage, un tapis « piano », un accordéon d’un nouveau genre, un générateur automatique de videos utilisant le tempo de différents medias sonores et visuels pour créer des clips sur youtube, un orchestre à eau, des téléphones mobiles transformés en instruments de musique…

Voici quelques photos prises hier à la clôture de la journée ainsi qu’une vidéo montrant la pédale wah-wah dont je parle plus haut.

D’autres vidéos et photos devraient arriver bientôt sur www.musichackparis.org

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08 Fév Soirée TV TEDxConcorde : "Une autre vision du temps de cerveau disponible !"

Les spectateurs qui live twittaient le documentaire TEDxConcorde sur CANAL+ hier soir ont été globalement agréablement surpris par le programme. Certes, le contexte politico médiatique était porteur. Je veux parler bien sur de l’affaire Guéant  ou tout simplement de la campagne présidentielle, puisque la thématique de la conférence étaient « La diversité en soi ». Mais au delà de cela, il s’agissait de souligner ô combien la télévision en particulier et les media en général perdent l’occasion de diffuser des idées, des contenus, des débats qui aident à appréhender le monde différemment, voire à le changer.


Il ne s’agit pas ici de faire l’éloge d’un projet ou d’une chaine de TV. Je serai mal placé en tant qu’organisateur des TEDxParis et de TEDxConcorde. Il s’agit seulement de passer un message. Internet regorge de contenus de qualité (TED, La Lift, DLD, D conference…) : une myriade de videos porteuses de messages qui ne demandent qu’à être pollinisés et à semer de l’intelligence. Le but de ces interventions est toujours le même : faire prendre conscience que notre monde est d’abord façonné par nos perceptions, nos pensées, nos idées, nos actions, nos engagements.

Or les media, et la télévision en particulier, forment encore aujourd’hui la plus grande machine à diffuser ces idées. Ils ont une responsabilité immense dans la perception que nous avons du monde et de nos sociétés actuelles. Hier soir, il me semble que ce qui a été apprécié est surtout l’idée qu’une TV relève ce pari. A bon entendeur…

Pour suivre l’arrivée progressive des interventions sur internet : http://tedxconcorde.com

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20 Jan Un Megavideo légal pourrait être rentable pour les ayants droit! Explications…

La fermeture de Megaupload par la justice américaine est un moment clé de l’histoire d’Internet. Comme la fermeture de Napster l’a été. C’est à dire un énorme raffut médiatique  mais sans grand impact sur la réalité des usages et sur la vie du réseau!!

Le plus frappant dans cette affaire vient des chiffres!  L’ampleur de la richesse accumulée par l’empire Mega s’élève à 175 millions de dollars de revenus au total. En parallèle,  les ayants droits prétendent que le site a généré un manque à gagné de 500 millions de dollars. Ne trouvez-vous pas intéressant que les deux chiffres mis côte à côte soient du même ordre? Je veux dire que l’on parle d’un rapport 2,5 et pas d’un facteur 100 ou 1000!!! Autrement dit, le modèle Megavideo, à savoir mixte entre pub et abonnement, a généré 1/3 des revenus attendus par les producteurs!? Cela voudrait-il dire qu’un système porté par un consortium d’ayants droits (et non un intermédiaire pure-player aux manières de voyou) pourrait marcher? Je précise, cela prouverait qu’un dispositif basé sur une offre Freemium dont la part payante est trois fois supèrieure à celle de Megavideo, (soit 30 euros par mois) tiendrait la route??

En réalité, cela n’a pas été fait pour plusieurs raisons. Tout d’abord le conservatisme et l’archaïsme de l’industrie du cinéma et de la production TV américaine (j’en parlais dans mon précédent post). Aussi, la peur de ne pas atteindre le momentum, passage où la masse d’utilisateurs permet effectivement de rendre la solution rentable. Le marché est si important que les pure players sont incapables de porter une telle offre, seuls les très gros (Apple et Amazon) sont en mesure de le faire et cela ne devrait pas tarder…

Entre temps, il restera les videoBB et consors. Il demeure certain qu’en l’absence d’une offre globale et légale comparable en terme de modèle à Megavideo, le marché n’aura pas sa réponse et contournera la loi. Il y a des voies possibles, des modèles légaux qui fonctionnent, il suffit seulement que les mentalités changent chez les ayants droit!

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13 Jan Pourquoi les américains sont-ils beaucoup plus forts que les français pour prendre la parole en public ?

Il est courant de croire que la France est le pays des mots et de l’éloquence (encore que…). Il est aussi courant de penser que nous, français, sommes médiocres à l’oral. Je veux parler de nos qualités de prise de parole en public, lors de conférences ou congrés professionnels par exemple. En effet, comparé aux anglo-saxons et particulièrement aux américains, notre présence, notre prestance ou notre capacité à captiver une audience reste trés médiocre.

Voilà trois ans que j’aide des intervenants français à se préparer pour des conférences publiques « à l’américaine » dans le cadre d’événements TEDx à Paris. En trois ans, nous avons « coaché » pas moins de 70 intervenants. Chaque préparation nécessite 3 à 10 répétitions en moyenne. Avec systématiquement la même démarche : comprendre le sujet, construire une histoire en x points de passages, extraire les messages, identifier les anecdotes, illustrer avec photos et diapositives et répéter, répéter, répéter au point d’habiter le discours. Pendant ces trois années, je n’ai jamais vraiment compris pourquoi un français a tant besoin de temps et de travail pour parler en public, alors qu’un américain du même niveau social, possédant le même type de diplôme, les même responsabilités professionnelles et travaillant dans le même secteur d’activité possède, à l’oral, une aisance sans comparaison !

J’ai longtemps cru que la réponse à cette question venait de la langue et des modes de pensée. Le Français est une langue subtile, complexe, alambiquée par certains aspects. L’anglais beaucoup moins. Certes. Et pourtant un français parlant couramment anglais reste en moyenne moins performant qu’un américain lors d’une prise de parole en public. La question est donc restée entière, jusqu’à ce que mon collègue et ami Sébastien Turbot, avec qui j’ai coaché de nombreux intervenants pour TEDx et qui a vécu les 10 premières années de sa vie de l’autre coté de l’Atlantique, ne  me soumette une réponse…

De mémoire de quadragénaire, il me semble, qu’à aucun moment dans le cursus éducatif français, je n’ai été confronté à la prise de parole en public. Pire, je n’ai aucun souvenir de cours de rhétorique ni même d’organisation de débats pendant mes études. Or, et ce fut une découverte lumineuse, les jeunes élèves américains sont tous habitués depuis leurs premières années de classes à prendre la parole en public. En effet, des sessions de « Show and Tell », littéralement « Montrer et Raconter », imposent à tous les élèves américains de prendre la parole régulièrement devant leurs camarades de classe pour présenter un objet quelconque leur appartenant. L’idée est d’acquérir les reflexes permettant de captiver une audience, tenir un discours, susciter de l’émotion et transmettre un message…

Le système éducatif français actuel ne semble pas attacher d’importance à l’éloquence et à la rhétorique. Or, lorsque nous nous retrouvons dans le monde professionnel, savoir passer un message à l’oral et être persuasif lors d’une présentation est primordial dans un grand nombre de métier. Je me disais donc que, même si d’autres problèmes sont probablement plus urgents à régler dans nos écoles républicaines, ce serait pas mal de rétablir des cours de rhétorique et organiser des sessions de « Montrer et Raconter »…

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11 Avr L'iPad : régression ou avancée ?

« The iPad is retrograde. It tries to turn us back into an audience again. » (Buzzmachine. Jeff Jarvis)


Au lendemain de la sortie de l’iPad aux Etats Unis, Jeff Jarvis qualifiait le nouveau bébé d’Apple de machine à faire régresser les usages.

Pourquoi est-il vrai qu’Apple nous replonge dans les pratiques d’antan?

Avec l’iPad, Apple renoue encore plus avec ses anciennes habitudes : solutions propriétaires, fermées et onéreuses. En 1984 déjà les produits Apple n’offraient aucune compatibilité avec le monde extérieur. Fin des années 90 la firme à bout de souffle, a changé de stratégie en lançant Macosx, un OS plus ouvert (car basée sur du code open-source). Finalement ce choix, n’aura duré qu’un temps et probablement été motivé par une logique marketing. A présent que les utilisateurs sont de nouveau au rendez-vous, Apple semble retrouver ses vieux réflexes.

Aujourd’hui le store Apple est totalement « propriétaire ». Il interdit toute publication de logiciels hors validation par la firme elle-même. Cet espace sous contrôle rappelle les heures les plus sombres de l’histoire de l’informatique. Même Microsoft longtemps champion des systèmes propriétaires n’a jamais été aussi loin.

Apple impose désormais à ses développeurs d’utiliser ses outils maisons (et payants) pour créer des applications compatibles avec l’app-store. Adobe par exemple s’était soumis à de nombreuses contraintes pour créer il y a quelques mois un système de génération de code iPhone à partir des outils de développement en Flash. Résultat: même si les applications générées fonctionnent parfaitement dans l’univers iPhone, celles-ci sont désormais interdites de distribution par Apple.

Donc oui, Jarvis a raison lorsqu’il dit qu’Apple nous fait régresser en décourageant l’innovation et la création dans son écosystème.

Il a aujourd’hui raison de dire que l’iPad est plus un outil de « consommation » de contenus que de contribution. Sur l’iPad il n’y a pas (encore) de webcam, le clavier est encore difficile à appréhender, peu de fonctions de remix (copie, édition, collage, republication) sont proposées, le système est toujours mono-tâche…

Demain, un autre internet…

Mais Jarvis oublie de dire que les choses vont évoluer très vite. Dans quelques semaines la concurrence va proposer des alternatives crédibles (Sony, HP, Google…). Et les utilisateurs auront les cartes en mains pour commencer à choisir et faire évoluer les usages toujours dans le sens de plus de contribution, d’ouverture et de partage (l’histoire de l’informatique a vérifié cette loi). Google devrait proposer une expérience équivalente à l’iPad et offrir un écosystème bien plus accueillant et ouvert. Apple pourrait en profiter pour lâcher un peu de lest ou au contraire poursuivre sur la voie du contrôle en prétextant cette nécessité afin offrir un environnement au design et à la finition quasi parfaite!

Quoi qu’il en soit Jarvis oublie que l’iPad est bien plus qu’un produit, c’est une rupture dans l’univers des interfaces. L’iPad est le premier outil de masse ouvrant sur un nouvel internet. Un internet qui n’est plus qu’une « surface » (sur laquelle on surf) mais un « espace » DANS lequel on clique.

L’iPad est bel et bien une avancée. Il nous permet de toucher Internet du bout des doigts… Et ça marche! On a commencé à percevoir ce changement avec l’iPhone, avec l’iPad on comprend qu’internet est en réalité en train de changer de nature.

Écrit sur iPad / Pages

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13 Mar Le jeu du Grand Reboot ou comment sauver votre quotidien préféré ?

Imaginez un jeu de société à la façon du Monopoly. Seule différence vous ne gérez pas des biens immobiliers mais une institution de la presse écrite en détresse. Votre journal connait une crise sans précédent. On dit de vous que vous avez perdu votre audace, que vous n’innovez plus et que vous êtes tourné vers le passé. Vous perdez des lecteurs, les ventes publicitaires chutent et le papier ne se vend plus! Comble de tout cela Google vole vos contenus, vous êtes au bord de la faillite et c’est toute une (noble) profession qui s’apprête à sombrer! Pourtant une chose subsiste : votre marque! Fédératrice, synonyme d’une culture, d’un style, d’un esprit, elle est encore votre meilleur atout pour renaître autrement en faisant évoluer votre activité. Alors comment procéderiez vous?

Sur les cartes à jouer (façon « caisse de communauté ») vous sont proposées des idées ou des paris pour tenter « Le Grand Reboot » ! En fonction des positions sur le plateau et du résultat aléatoire des dés vous gagnez ou perdez vos paris!

Alors voici quelques propositions d’idées !

  • Abandonner le papier et digitaliser massivement pour baisser les coûts
  • Construire et animer des réseaux thématiques
  • Créer un Club « Premium » avec un droit d’entrée élevé
  • Sortir un récurrent papier à édition limitée et très haut de gamme
  • Organiser des évènements exclusifs
  • Développer la vente de contenus à la carte
  • Fonder une école de journalisme
  • Lancer une maison d’édition et une agence de production
  • Monter une entreprise de conseil
  • Oser « l’hyper-diversification » en commercialisant sous votre marque, des voyages, des produits de consommation courants, des objets de luxe à édition limitée, etc…
  • Lever des fonds publics
  • Se mettre à la recherche de mécènes
  • S’associer à (ou même racheter ) un site d’e-commerce
  • Diffuser des applications mobiles avec du contenu micro-payé
  • … D’autres pistes???

(Autopromo : vous trouverez de temps en temps quelques propositions de solutions dans la veille que je réalise quotidiennement sur mikiane.com)

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01 Mar Inauguration de la transcription automatique des programmes TV/video live

J’ai déja eu l’occasion de parler de ce projet mené au sein du Lab de FRANCE 24 depuis plus de 6 mois. Vous retrouverez les différentes étapes de la conception et réalisation de cette expérimentation dans les billets suivants:

Aujourd’hui, cette expérimentation vit une nouvelle étape grâce à un partenariat avec Yacast Media, Exalead et Vecsys: le lecteur vidéo haut débit de FRANC 24 permet à présent de transcrire automatiquement sous forme de texte les 24 dernières heures d’antenne.

Depuis décembre dernier, FRANCE 24 propose sur son site Internet une nouvelle expérience de télévision interactive : le lecteur HD. Ce lecteur haut débit offre aux internautes la possibilité de « contrôler le direct », car il peut balayer les 24 dernières heures de programmes en quelques secondes, en déplaçant le curseur sous l’image sur un simple navigateur web.

Fort de cette innovation, le LAB de FRANCE 24 fait aujourd’hui évoluer cette application en y ajoutant une nouvelle fonctionnalité permettant de faire figurer automatiquement sur ce même lecteur chaque mot prononcé à l’antenne, depuis les commentaires des présentateurs, les récits de reportages jusqu’aux interviews de tous les invités.

Cette première technologique est basée sur une analyse sémantique automatique des scripts extraits de chaque vidéo. Elle permet de générer en 24 heures, sans intervention humaine, une variété de mots-clés, de lieux, de noms de personnalités ou d’organisations citées sur FRANCE 24 et donc, d’en optimiser le référencement.

L’algorithme de transcription permet dans la majorité des cas de générer un texte fidèle au discours prononcé à l’antenne. Cette capacité que nous avons désormais à retranscrire le flux en léger différé (quelques minutes), ouvre des possibilités considérables. Certes les textes obtenus contiennent parfois des erreurs, mais demain, l’ensemble des contenus pourraient être découpés automatiquement, enrichis en métadonnées, sous-titrés, et éventuellement traduits automatiquement. A court terme, cette technologie peut grandement améliorer le référencement de nos contenus. Elle offre un meilleur confort de lecture quand l’audio pose des difficultés et en particulier pour les malentendants. Enfin, elle peut être une aide potentielle dans le cadre de l’apprentissage des langues.

>> Un aperçu du prototype incluant cette toute nouvelle fonctionnalité est accessible sur le LAB de FRANCE 24

 

 

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17 Jan La "Google Newsroom", pour aller plus loin…

Je profite du billet très intéressant de Benoit Raphael (que je vous d’ailleurs invite à lire) pour poursuivre ma réflexion sur les modèles de création et de financement des contenus à l’heure d’Internet et de l’abondance.

L’organisation que décrit Benoit quand il parle de « Google Newsroom » est celle que plusieurs nouveaux média expérimentent.

Pour ma part je soutiens le schéma organisationnel suivant (chez France 24 nous nous en sommes inspiré pour réorganiser les équipes marketing techniques et éditoriales depuis 6 mois ) :

L’objectif principal de ce schéma regroupant toutes les équipes est de faciliter la fertilisation entre métiers.

1/ Le marketing (en noir) a pour charge les études qualitatives et quantitatives de trafic, les campagnes de référencement, la gestion des mailing, la distributions des contenus aux partenaires multimédia.

2/ La rédaction (en rouge) s’organise autour des rôles suivants:
Le MuJo
(ou Journaliste Multimedia) est capable d’écrire des articles, de monter des sujets audio / vidéo, de réaliser des reportages multimedia comportant des composants variés (diaporamas, mashups, contenus externes agrégés…). Le MuJo est un journaliste sensibilisé à l’écriture multimédia ayant des compétences techniques qu’il peut mettre à profit dans son travail de création, d’édition, de promotion et de suivi de ses contenus.
Parmi les MuJo on peut retrouver les rôles de reporters, de curators et de chroniqueurs qu’évoque Benoit dans son article.
Le Community Manager / ou le Topic Editor est une « tête de réseau ». C’est un journaliste passionné et spécialisé dans un (ou plusieurs) domaine(s) qu’il couvre en priorité. Il construit une communauté autour de la thématique qu’il traite. Il source, recherche, sélectionne et vérifie des contenus dans sa communauté et les restitue. C’est souvent aussi un Mujo.
Le Home Page Editor est un chef d’édition. Il a pour responsabilité la construction et le suivi permanent de l’offre de contenu proposé à la une des sites (mobile, web, réseau social).
Les source hunters sont des journalistes enquêteurs sur le réseau. Ce sont les « datas journalists » dont parle Benoit dans son billet. Ils sont capables d’aller trouver des données pertinentes permettant de construire ou d’enrichir un sujet, de dénicher et d’accumuler les données qui alimentent les applications-jounalistiques telles que celles proposées par exemple ici par le NYT.

3/ Le pôle technique (en gris) est organisé autour de 3 pôles :
Les MuDev, ou développeurs multimédias sont des profils hybrides entre développeurs et graphistes ayant une forte sensibilité éditoriale. Ils sont un bon support pour la rédaction. Ils développent aussi des contenus à forte technicité (des webdocumentaires, des applications-journalistiques…)
L’IT Development & Support est en charge du développement du socle technique. Il est en relation constante avec le marketing et la rédaction pour faire évoluer régulièrement l’ensemble des technologies utilisées (Dans le cas de France 24 nous avons choisi d’internaliser ce pôle afin de gagner en agilité et en indépendance).
Enfin, la R&D, ou plutôt la cellule de veille (un Lab) permet de tester et de valider des technologies et des usages. Les équipes marketing et éditoriales en profitent pour être en phase avec les dernières tendances.

S’organiser pour trouver des sources de financement…

Le Billet de Benoit est très intéressant à plusieurs égards. Le choix un peu trop rapide du terme « Google Newsroom » est discutable. Je ne vois pas ce que Google vient faire la dedans, mais passons… Il est surtout un peu dommage que la question du financement ne soit pas abordée. Je vais tenté dans les lignes qui suivent de compléter ou au moins de commencer à le faire.

J’aime bien cette idée qu’il propose de séparer « la production de valeur » de sa « mise en scène ». A mon avis, le grand changement que l’industrie des médias (de l’info comme du divertissement voir même que l’industrie du contenu en général) connaît est que le financement ne provient plus de la production de valeur, mais de sa mise en scène!

Imaginons un instant que j’essaie d’appliquer le modèle « production de valeur » (« creating value ») et « mise en scène » (« packaging products ») au schéma organisationnel que j’ai présenté plus haut. Ce schéma est applicable à mon avis à tout média multicanal. Il l’est en particulier aux pure players. Prenons à présent l’hypothèse qu’un pure player cherche à multiplier ses modes de financement via la vente de produits… :

Dans le schéma la « création de valeur » est (paradoxalement) un facteur de coût. La « création de produit » est facteur de profit. De fil en aiguille j’ai été tenté d’ajouter des briques au bloc gris foncé. Ces nouveaux rôles sont des « metteurs en scène » de valeur, des packageurs de produits sur des terrains fertiles et non exploités: je pense notamment à l’e-paper, à l’organisation d’évènements, à la vente d’applications, à la commercialisation d’objets collectors…

Mais cette dernière partie mérite développement… La conversation continue, vos idées, commentaires et suggestions sont les bienvenus!

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