Michel LÉVY-PROVENÇAL | Innovation soup
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Bienvenu sur le site de Michel LEVY-PROVENCAL. Entrepreneur, fondateur de TEDxParis, l'agence éditoriale BRIGHTNESS, le do-tank L'ECHAPPEE VOLEE, l'agence objets connectés Joshfire, le site d'info Rue89, dénicheur de talents et provocateur de changements.
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Innovation soup

17 Nov Le transhumanisme doit être un humanisme !

Par CAROLINE DE MALET

 

LE FIGARO. – Le transhumanisme est-il né dans la Silicon Valley ?

Michel LÉVY-PROVENÇAL. – En fait, c’est une idéologie antérieure à l’émergence des start-up de la Silicon Valley. L’un des premiers penseurs transhumanistes est Max More, qui a écrit un manifeste définissant l’idée de l’augmentation progressive des capacités du corps humain en 1990. Le transhumanisme est perçu au départ comme une philosophie de l’émancipation : il part du principe que grâce aux technologies, on va pouvoir étendre le champ d’émancipation biologique, pour doter l’homme d’artefacts (prothèses, nanocapteurs dans le cerveau pour nous connecter au cloud…) ou modifier notre biologie (en choisissant nos propriétés génétiques pour les faire hériter à nos descendants). On appelle transhumanisme ce mouvement qui vise à se réapproprier ce choix de l’évolution car il est à l’intersection de deux mondes, entre une humanité 1.0, actuelle, qui s’est construite par le hasard, et une humanité 2.0, choisie, posthumaine.

Les Gafa s’inscrivent-ils tous dans cette mouvance ?

La Silicon Valley est une concentration de puissance comme jamais dans l’histoire de l’humanité. Par sa maîtrise des technologies et sa puissance financière, elle nous pousse à nous émanciper. Alors oui, des acteurs comme Larry Page, Elon Musk ou Peter Thiel utilisent leurs moyens au profit de cette vision posthumaine du monde qui va nous permettre de vivre plus longtemps, de combattre tous les fléaux. Le cofondateur de PayPal, Peter Thiel, tente de prolonger son espérance de vie en se faisant transfuser du sang de jeunes hommes et jeunes femmes, une pratique très à la mode dans la Silicon Valley. Le fondateur de Google investit dans 23andMe (séquençage ADN partiel pour le grand public) et dans Calico, qui a pour vocation d’éliminer la mort. Tous ces acteurs-là investissent pour faire basculer le monde dans un monde d’humanité 2.0. Et si Google finance, aux côtés de la Nasa, la Singularity University, symbole du transhumanisme, ce n’est pas le seul.

Quelles sont les motivations de tous ces entrepreneurs ?

L’hybris peut-être, la toute-puissance. Ils sont aussi d’une certaine façon animés par une volonté de faire du bien à l’humanité. Regardez Bill Gates, qui n’est pas transhumaniste, s’attacher à éliminer le paludisme ou le sida de la planète et s’investir contre les maladies neurodégénératives. Mark Zuckerberg et sa femme investissent quant à eux 3 milliards de dollars pour éradiquer toutes les maladies.

Quel rôle la Singularity University joue-t-elle dans ce processus ?

Elle a réussi à capter l’attention des médias, qui en ont fait le porte-étendard du transhumanisme. Or les membres de cette institution ne se considèrent pas tous comme tels. Certes, son président, Ray Kurzweill, avale 150 pilules par jour et rassemble tous les souvenirs de son père pour tenter de le faire revivre. Mais aujourd’hui, la Singularity University est aussi un lieu où on découvre et expérimente les grandes technologies émergentes, où on rencontre les acteurs de la transformation du monde, qui s’engage pour apporter des réponses aux grands enjeux de la planète. Diaboliser le transhumanisme comme une idéologie qui va nous mener en enfer ne nous mènera à rien. Il faut s’interroger avant tout sur cette philosophie qui devrait nous mener progressivement vers un être humain hyperconnecté, probablement modifié et qui vivra dans un monde plus sûr. Ces technologies sont là et se développent, c’est un fait. C’est pour cette raison que le transhumanisme doit devenir un humanisme.

Ce n’est pas un hasard si ce mouvement a émergé au pays des pionniers, de l’individualisme libertarien et des hippies…

Il y a une intersection entre une idéologie libérale, voire libertarienne, qui pousse à l’émancipation radicale des individus – y compris biologique -, et une tradition de la singularité, messianique. Selon cette tradition, il n’y a pas de raison pour que les révolutions technologiques et cognitives ne continuent pas à évoluer jusqu’à un point dit de singularité, que les singularistes situent en 2035. Au-delà, on ne sait pas ce qui va se passer, c’est le trou noir. On n’est plus là dans un discours scientifique. C’est pourquoi il faut garder un peu de distance avec ceux qui promettent la mort de la mort ou une vie éternelle téléchargée dans un ordinateur ou résumée dans un algorithme.

Les réticences de l’Europe, à la traîne, ne sont-elles pas liées à la tentation eugéniste qui réveille des souvenirs douloureux ?

Non, car le transhumanisme n’a pas de vision mortifère. Il ne cherche pas à éliminer mais à étendre l’espérance de vie et résoudre les problèmes démographiques. On est passé d’un monde à l’autre à l’époque des grands explorateurs. On vit une période comparable. Mais il nous manque aujourd’hui des grands mécènes tels que les Médicis ou Isabelle la Catholique. Les États-Unis les ont avec Bill Gates ou Warren Buffett, mais pas l’Europe. C’est un gros problème. Car dans cette course vers ce nouveau monde, soit nous devenons les populations indigènes, colonisées par les puissants, soit nous sommes en pointe. Mais pour cela, il nous faut non seulement les décisions politiques mais également les capacités financières. En attendant, la Chine travaille d’arrache-pied sur la modification du génome humain à l’aide des technologies de Cripr-Cas9, qui permettent de modifier l’ADN pour un prix modique. Et on comprend bien son objectif : augmenter le QI de sa population.

N’y a-t-il pas un danger à engendrer de faux espoirs pour les malades ? 

Selon moi, le principal danger réside plutôt dans les inégalités à venir. Seule une petite frange de la population ayant accès à ces avancées sera ultrapuissante et les autres seront relégués au rang de sous-catégories. Pour certains, la baisse des coûts de ces technologies finira par les rendre accessibles au plus grand nombre à moyen terme, mais je n’en suis pas convaincu. Par ailleurs, on ne peut exclure qu’un fou furieux sorte de son laboratoire un virus létal. Mais ce n’est pas une raison pour ne pas laisser libre cours à cette course-là, sinon on risque de perdre des décennies d’avancées technologiques et de rater du même coup l’invention de l’antidote.

Comment fixer des barrières éthiques ?

Je crois qu’on n’arrivera pas à édicter des règles. Les États-Unis avaient interdit les manipulations sur les cellules souches et, en quatre ans, ils sont passés de la première à la huitième place mondiale dans ce domaine. L’auto­régulation est probablement le meilleur système, car un système ouvert est capable de gérer les antidotes de ses dérives. En revanche, il va falloir être très vigilants sur la marchandisation du vivant, qui doit rester un bien public. On a fait un péché originel, en listant parmi les grands défis du millénaire principalement des enjeux environnementaux. On n’a pas vu venir l’enjeu des NBIC (1). Quand on va être capable de modifier l’ADN, dans vingt-cinq ans, ce sera vertigineux. Que fera-t-on face à la tentation de ne pas exposer quelqu’un à une maladie ? On ne peut pas laisser ces questions sans réponses. Un consortium a été créé par les Gafa pour édicter des règles éthiques sur l’intelligence artificielle. Mais c’est catastrophique de confier cette responsabilité à des entreprises privées ! Une des actions fortes du futur président de la République, à mon avis, serait de lancer une instance internationale de coopération sur les technologies de demain. L’objectif n’est pas d’interdire ni de lancer un moratoire, mais de fixer un cadre à ces travaux.

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25 Oct Nos politiques oublient le futur

Sur le front des avancées technologiques, chaque jour apporte son lot de preuves que nous vivons une révolution équivalente à plusieurs Gutenberg simultanés. L’intelligence artificielle se développe à une vitesse exponentielle. Couplée aux biotechnologies, elle promet d’éloigner le spectre de notre propre mort, voire de faire émerger une nouvelle humanité. Des initiatives privées américaines, comme Calico et 23andMe, les filiales biotech de Google, ou celle du couple Zuckerberg, dont le but est d’éliminer toutes les maladies d’ici à la fin du siècle, sont des symptômes de cette fièvre transhumaniste qui embrase la Silicon Valley. La Chine n’est pas en reste : la start-up iCarbonX vise le séquençage ADN de 100 millions de personnes pour révolutionner la médecine préventive…

 

Cette révolution n’en est qu’à ses prémices. Etats-Unis et Chine ont pris une avance considérable dans les technologies NBIC (nanotechnologies, biotechnologies, sciences de l’information, sciences cognitives). L’Europe est à la traîne et, au regard des débats politiques en vue de l’élection présidentielle française, rien n’indique que cela changera. Avez-vous remarqué combien les enjeux relatifs à ces technologies sont absents des discours de nos candidats déclarés ? Le fossé qui sépare, d’un côté, ce silence, et de l’autre, les prises de positions de Barack Obama dans une récente interview à « Wired » est abyssal. Il est urgent que nous, citoyens, alertions nos dirigeants sur ce sujet, qui sera central dans les prochaines années.

Si nous voulons éviter que la France et l’Europe ne deviennent des colonies sous le joug des puissances technologiques américaines et chinoises, il nous faut encourager les politiques qui permettront de faire émerger les Léonard de Vinci ou les François Ier du XXIe siècle ! Enfin, au même titre que ce qu’ont permis de réaliser les COP sur la question du climat, le prochain président français serait bien inspiré d’initier la première série de grandes conférences sur les NBIC rassemblant chercheurs, entrepreneurs, investisseurs, philosophes et citoyens. Objectif : accompagner le plus important défi que l’humanité ait connu depuis son apparition.
Chronique initialement publiée dans les Echos

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13 Sep Quand le réel deviendra un luxe.

 

Depuis la nuit des temps, nous produisons des histoires qui créent notre réalité. Avec la révolution numérique, l’humanité n’a jamais eu autant de puissance de création et de manipulation du réel. Nous fabriquons des machines et des algoritmes capables de simuler notre monde si finement que nous parvenons, aujourd’hui, déjà, à tromper nos cerveaux. C’est le cas, par exemple, d’AppliedVR, cette startup qui propose une thérapie où la réalité virtuelle est une alternative aux calmants et aux anxiolitiques ; ou encore, des travaux du Dr Nicolelis, en Caroline du Nord, qui redonne des sensations et un contrôle partiel de leurs membres à des malades paraplégiques en les plongeant dans des mondes virtuels.

Nous ne sommes qu’au tout début d’une révolution majeure que nous sous-estimons, comme nous avons sous-estimé en 1990 la puissance d’Internet ou celle du smartphone dans les années 2000. Cette année le coût d’accés aux systèmes de réalité virtuelle avancée ont été divisés par deux. Cette diminution devrait nous mener à un prix accessible pour le très large public avant 2020. A court terme, notre réalité va fusioner avec le numérique via la vision et l’audition immersive, puis la kinesthésie grâce à des marqueurs physiques dotés d’une forme et d’un comportement programmables dans des mondes virtuels. Déja, des combinaisons immersives, comme la Teslasuit, permettent de ressentir sur tout le corps les variations de pression et de température.

Demain, ces dispositifs transformeront notre organisation du travail : pourquoi se déplacer pour rejoindre un lieu partagé, quand il peut venir à vous en quelques millisecondes ? Les voyages d’affaires seront remis en question. Les expériences d’achats dans les magasins seront radicalement réinventées. Nous re-dessinerons le marché des transports et même, nous imaginerons de nouvelles formes de relations intimes, comme ce site, AliceX, qui propose des expériences de “petite amie” artificielles et immersives.

Imaginez à quoi ressembleront notre décoration d’intérieur, nos vêtements, ou même nos vacances à l’heure d’une démocratisation massive de la réalité virtuelle : plus nombreux, plus variés, plus personnalisés, et surtout bien moins coûteux. Bien sûr, l’expérience réelle perdurera, mais elle restera une marchandise rare et prisée. Parceque le numérique crée une économie d’apparente gratuité, le réel va devenir un produit de luxe. Et si vous n’y croyez pas, observez la capacité d’addiction qu’ont ces technologies. Regardez errer dans les rues les hordes de chasseurs de Pokemons ! Elon Musk, lors d’une conférence en juin dernier affirmait qu’il était convaincu que nous avions une chance sur un milliard de ne pas vivre dans une simulation. Peut-être voulait-il seulement parler nos vies dans une quinzaine d’années ?

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10 Mar Au delà de cette #LoiTravail

On peut tout dire du contenu de la loi, elle a, en l’état, un seul avantage si elle est votée : rompre symboliquement avec une vision archaïque et dogmatique du rapport au travail pour commencer seulement à vraiment s’attaquer aux vrais sujets !

1-Le salariat vit son crépuscule.
Remettre à plat le code du travail et le simplifier drastiquement en arrêtant de penser CDD ou CDI. Plus de flexibilité renversera le rapport de force en faveur du prestataire ou de l’employé, en défaveur des syndicats évidemment mais au final avec un effet positif sur l’activité.

2-Le système bancaire bloque l’investissement.
Instaurer des assurances publiques pour que les emprunteurs, les entrepreneurs et les locataires arrêtent d’être bloqués dans leurs projets par les banques. Ajouter un dispositif fiscal dissuasif voire des amendes pour les institutions qui ne jouent pas le jeu.

3-Le revenu universel est l’innovation sociale incontournable de l’ère post-salariat
Refondre radicalement le budget d’aide sociale (chômage, CAF, RSA, retraites…) hors assurance maladie pour financer un revenu universel d’en moyenne 800 euros par mois pour tous.

4-Anticiper la robotisation et l’intelligence artificielle de masse.
Taxer les capacités de production des intelligences artificielles et robots au delà d’un certain seuil est incontournable pour financer la transition vers l’ère post salariat.

5-S’adapter à l’accélération de la transformation des métiers.
Simplifier la formation professionnelle en ouvrant radicalement les possibilités d’usage d’un compte personnel de formation continue à vie pour tous dès le premier jour d’entrée dans la vie professionnelle.

Aucun politique à ce jour ne propose un programme à la hauteur de l’enjeu. On est encore très loin d’un tel scénario, mais la France a historiquement été pionnière en matière d’ingénierie sociale. Le renouvellement de la classe politique est un pré requis incontournable quitte à imposer des quotas de nouveaux venus dans chaque strate de la vie publique.

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21 Fév Les conférences seraient-elles l’avenir du travail ?

La semaine passée je découvrais cet article de Tim Leberecht, (le Chief Marketing Officier de FrogDesign) dans lequel il s’interroge sur l’importance des conférences au coeur de nos longues vies professionnelles : « les conférences seraient-elles l’avenir du travail ? ». Nous travaillons depuis sept ans à l’organisation de conférences comme TEDxParis ou L’ÉCHAPPÉE. Notre double rôle de prescripteur de contenus et d’organisateurs d’événements nous a en effet confronté au monde de l’entreprise, à ses limites dans la pratique quotidienne mais aussi à ses aspirations à faire quelque chose de différent. Assister à une conférence est une excellente façon de sortir la tête de notre quotidien numérique pour aller à la rencontre des autres. C’est une bouffée d’oxygène, voire de fantaisie, et bon moyen de créer du lien social. Au point que l’entreprise devrait s’inspirer des conférences pour devenir un lieu d’ « échanges sociaux, un théâtre d’interactions et de débats, de stimulation intellectuelle et affective, de moments de surprises et de satisfactions, et même de divertissement ». Leberecht met en lumière 5 éléments que l’entreprise peut tirer des conférences.

  1. « Les séminaires ont un impact significatif sur la culture de l’entreprise et la motivation des équipes.» Nous avons constaté que c’était souvent le seul moyen de nouer un contact humain et incarné avec ses équipes. Je rajouterai qu’être dans un lieu neutre accroît cette sensation d’intimité, car chacun se sent légitime de se l’approprier à égalité avec l’autre. Citée dans l’article, Lisa Shufro, organisatrice de conférence et ancienne productrice exécutive de TEDMed et du festival Life is Beautiful, précise: « une chose que les bonnes conférences font, est de mettre les personnes dans un état prompt à l’apprentissage. L’éclairage, les sièges, la nourriture, le programme et le calendrier : tout cela travaille de concert pour vous amener hors de votre zone de confort et aiguiser votre appétit pour la découverte. » Plus qu’une zone de confort, je pense qu’il s’agit d’une zone d’habitude : la routine a un effet rassurant, car la personne ne sort pas de son domaine de compétences et son propre logiciel interne n’est pas mis à l’épreuve.
  2. « Les dirigeants doivent savoir créer des communautés ad hoc, pour une période de temps limitée autour d’un objectif clair. En revanche ce lien devient durable parce que l’expérience, ou son souvenir, continue à avoir un écho. » Il faut en effet que le public se sente à la fois témoin privilégié et acteur de l’événement, qu’il puisse se l’approprier comme son voisin, même s’ils sont issus de cultures et d’univers très différents.
  3. La capacité à construire une histoire (storytelling) est désormais une compétence clé dans le monde du travail. Plus nos sociétés intègrent du virtuel, plus elles génèrent un besoin de relier réellement les individus. Et pour les relier, nous avons constaté qu’ils devaient se parler : évidemment pas décliner oralement leur CV ou leur biographie, mais raconter des histoires, se raconter. Leberecht nous explique qu’ « un nombre croissant d’entreprises ont créé le poste de « conteur en chef » et ont embauché des journalistes (voire même des écrivains) pour rassembler les histoires individuelles d’une organisation en un seul récit collectif inspirant ». Et plébiscité par tous, on retrouve le talk façon TED, en 18 minutes maximum. J’ai découvert ce format de conférences il y a presque 10 ans, et depuis, c’est une méthode que j’utilise de manière systématique lorsque je forme des clients en prise de parole en public. Son impact est sans commune mesure avec un discours classique, même bien rôdé.
  4. « En fournissant un cadre pour que l’inattendu se produise, les conférences offrent une alternative aux moteurs de recommandations algorithmiques et aux processus essentiellement linéaires au travail ». L’inattendu est un élément primordial dans les processus de réflexion et d’innovation : l’individu n’avance plus par rapport à une solution car il ne la connaît pas, il avance avec ses sens en éveil et sa créativité à son maximum.
  5. Enfin, Leberecht évoque le renoncement au contrôle en prenant l’exemple du Renaissance Weekend, précurseur dans le concept de non-conférence : « chaque convive est invité à donner au moins une conférence, à participer sur un panneau ou à modérer une discussion. Tout est officieux, et bien qu’il y ait un programme bien organisé, il y a beaucoup de place à la spontanéité et la circulation ». De la même façon, dirigeants et salariés doivent apprendre à lâcher prise et à sortir de leur zone de confort pour expérimenter autre chose, pour se retrouver à pied d’égalité. Ce ne sont plus les dirigeants qui sont seuls prescripteurs et experts, mais aussi les salariés.

Leberecht a raison quand il affirme que « les enjeux sont devenus plus élevés pour les organisateurs et les chefs d’entreprise ». Le fait que toutes ces nouvelles conférences soient plébiscitées montre l’engouement du public et sa soif de changement. Les organisateurs doivent donc être de plus en plus performants, tant sur le contenu que sur son enveloppe, et se mettre au niveau de l’exigence de son public. De leur coté, les entreprises doivent réaliser que ces formats déclenchent un regain de créativité et un fort désir d’interaction chez leurs employés, et qu’ils peuvent s’appuyer sur les organisateurs de ces conférences, pour créer une nouvelle dynamique dans leurs services. C’est donc notre rôle à nous organisateurs, d’assurer la transmission des valeurs, de l’énergie et des idées que nous portons dans nos événements, vers les entreprises, leurs dirigeants et leurs salariés, afin qu’ils puissent multiplier leur créativité et leur soif d’apprendre.

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16 Fév L’économie du « vrai » partage.

En mai 2011, Ariana Huffington annonçait la vente au groupe AOL de son site d’information participatif, le Huffington Post, pour un montant de plus de 300 millions de dollars. Quelques semaines plus tard, une fronde s’élevait parmi les blogueurs contributeurs du site. Ils revendiquaient un tiers de ces fonds, au titre de la valeur générée par leur travail non rémunéré. Un procès, qui durera quatre ans, les déboutera finalement, sans apporter de réponse à une pratique croissante à l’ère de l’économie participative.

Aujourd’hui, la question reste entière. Lorsque la valorisation d’entreprises comme Google, Facebook, Uber ou Airbnb atteint des milliards de dollars grâce à la capitalisation des données et de l’activité de leurs utilisateurs, il est légitime de s’interroger sur la façon dont ces derniers pourraient être rémunérés au titre de la valeur qu’ils ont permis de créer. Cette idée fait son chemin à mesure que des solutions techniques apparaissent. Parmi celles-ci, les « blockchains », ces bases de données décentralisées d’historiques de transactions, permettent d’assurer de façon exhaustive, transparente, ouverte et sans intermédiaire unique la traçabilité de transactions.

Imaginez, par exemple, que chaque donnée, contenu, recommandation ou avis laissé sur le réseau puisse être conservé et attribué à son auteur. Imaginez que cette « transaction », et la valeur à laquelle elle est attachée, soit comptabilisée et rémunérée. C’est en quelque sorte ce que proposent et mettent en oeuvre les « organisations autonomes décentralisées ». Elles vont même au-delà de la seule rémunération, puisqu’elles attribuent une part de capital et un droit de vote à chaque contributeur. Des organisations se sont bâties sur cette philosophie, à l’instar de La’Zooz, plate-forme de transport partagé.

Le jour où chauffeurs de voiture, propriétaires d’appartement (ou tout un chacun) rejoindront une plate-forme indépendante, décentralisée, ouverte et transparente pour proposer leurs services en utilisant cette logique pour se rémunérer, alors la répartition de la valeur créée sera bien plus équitable et juste. Uber, Airbnb, Facebook, Google et les autres auront du souci à se faire. A bon entendeur…

Cet article est publié dans lesEchos du 16/02/16
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12 Jan 2016, année de l’innovation raisonnée

Chronique publiée dans LesEchos du 12/01/2016.

 

Ces dernières années, nous avons vécu une accélération massive de la transformation du monde par le numérique. Et ce n’est qu’un début, affirment certains prospectivistes, qui promettent des changements radicaux liés à la croissance exponentielle des capacités de calcul et de communication, à l’avènement des biotechnologies et nanotechnologies et aux avancées scientifiques dans la connaissance du cerveau. L’année 2015 a été une année choc : les organisations publiques et privées ont pris conscience de la transformation en cours. Le bréviaire de l’innovation radicale (villes intelligentes, médecine personnalisée, économie du partage, voitures autonomes, Mooc, etc.) n’a jamais été aussi loué.

Mais la fin de l’année a marqué un frein dans cet emballement, comme si cette vision naïve d’un futur utopique et radicalement nouveau se fissurait. Quelques signes l’annoncent. Les projets de « smart cities » ralentissent en Pologne ou en Inde, où la coopération entre les habitants prend le pas sur la seule innovation technologique. Même le magazine « Wired », bible des technophiles américains, prédit l’entrée des objets connectés et du « wearable » dans une phase de désillusion, et s’attend à des jours difficiles pour les fameuses « licornes », ces start-up valorisées plus 1 milliard de dollars en moins de 36 mois.

Sommes-nous à la veille d’un nouvel éclatement de la bulle technologique ? La célèbre courbe de Gartner nous apprend que toute technologie vit des cycles en quatre phases : l’apparition, le pic des attentes surdimensionnées, le creux de la désillusion et le plateau de la productivité. Il est probable que nous soyons entrés dans une phase de désillusion, qui reste souvent une bonne nouvelle car elle annonce une période de maturité et de démocratisation. L’année 2016 sera-t-elle une année de consolidation ? Le buzz laissera-t-il place au discernement ? L’innovation raisonnée supplantera-t-elle l’innovation radicale pour un accompagnement plus humain et réaliste des transitions qui nous attendent ? C’est en tout cas souhaitable.

 

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10 Jan Gagnez des places pour L’ÉCHAPPÉE 2016

A l’occasion de la diffusion sur France4 le 10 janvier 2016 à 23h30, du documentaire [R]ÉVOLUTIONS FRANÇAISES nous vous proposons de gagner des places pour la prochaine edition de L’ÉCHAPPÉE.

Pour gagner des places pour L’ÉCHAPPÉE 2016, il vous suffit de :

  • être le commentateur le plus influent sur twitter en utilisant le hashtag #revolutionsfrancaises

ou

 

Qu’est ce que L’ÉCHAPPÉE ?

Vous avez découvert les conférences [R]ÉVOLUTIONS FRANÇAISES, nous vous invitons maintenant à vivre un weekend de conférences, débats, expériences et workshops au coeur de la nature ; organisé par la même équipe, avec la même energie et la même exigence. Pour la troisième année consécutive, L’ÉCHAPPÉE propose aux  femmes et hommes de bonne volonté, intellectuels, scientifiques, artistes, politiques, citoyens et entreprises de se retrouver pour trois jours et deux nuits d’inspiration, d’expérience et d’action du 27 au 29 mai 2016. Logée dans un château au cœur de la Forêt de Chantilly, L’ÉCHAPPÉE 2016 accueillera 1 000 participants pour imaginer et échafauder ensemble les 15 prochaines années.  

Comment participer sur Twitter ?

L’utilisateur twitter qui aura le plus d’impact sur le réseau social en commentant la diffusion du documentaire [R]ÉVOLUTIONS FRANÇAISES (avec le #revolutionsfrancaises) gagnera une place « RÉSIDENT » à L’ÉCHAPPÉE 2016.

La place « résident » gagnée a une valeur de 2 000 euros. Elle permet au gagnant de participer à L’ÉCHAPPÉE en tant que résident du 27 au 29 mai 2016. Elle propose un accès complet au programme résident de l’ÉCHAPPÉE D’ÉTÉ 2016 (Conférences, expériences, repas et workshops). Accès à la totalité des conférences en plénière ou simulcast (accès exclusif en plénière les 27 et 29 mai, et priorité d’accès en plénière à 2 conférences le 28 mai). Hébergement en chambre simple, 4* au Domaine des Fontaines en pension complete.

Le deuxième et troisième utilisateur twitter ayant le plus d’impact sur le réseau social en commentant la diffusion du documentaire [R]ÉVOLUTIONS FRANÇAISES (avec le #revolutionsfrancaises) gagneront une place « CURIEUX » à L’ÉCHAPPÉE 2016.

La place « CURIEUX » gagnée a une valeur de 300 euros. Elle permet au gagnant de participer à L’ÉCHAPPÉE en tant que « CURIEUX » le 28 mai 2016. Accès au programme « CURIEUX » de l’ÉCHAPPÉE 2016 le 28 mai de 9h30 à 19h00 (Conférences, networking et déjeuner). Accès aux conférences en plénière ou simulcast (accès en plénière à 2 sessions sur les 4 de la journée le 28 mai 2016). Déjeuner compris

Les gagnants seront les utilisateurs twitter ayant généré le plus d’impact sur le réseau social pendant la diffusion du documentaire [R]ÉVOLUTIONS FRANÇAISES sur France 4, le 10 janvier à partir de 23h30 et jusqu’à 01:00. L’impact est calculé sur la base du nombre de followers de l’utilisateur, ses tweets et retweets publiés entre le 10 janvier 23h30 et le 11 janvier à 1h du matin et contenant le hashtag #revolutionsfrancaises. Le gagnant sera sélectionné et annoncé par l’équipe organisatrice de L’ÉCHAPPÉE avant le 17 janvier 2016.

Vous n’utilisez pas Twitter ? Gagnez une place en répondant à quelques questions.

Les trois premières personnes ayant répondu correctement au questionnaire sur le documentaire [R]ÉVOLUTIONS FRANCAISES, se verront proposer une place « CURIEUX » chacune pour participer à L’ÉCHAPPÉE 2016. La place « CURIEUX » gagnée a une valeur de 300 euros. Elle permet au gagnant de participer à L’ÉCHAPPÉE en tant que « CURIEUX » le 28 mai 2016. Accès au programme « CURIEUX » de L’ÉCHAPPÉE 2016 le 28 mai de 9h30 à 19h00 (Conférences, networking et déjeuner). Accès aux conférences en plénière ou simulcast (accès en plénière à 2 sessions sur les 4 de la journée le 28 mai 2016). Déjeuner compris.

 

 

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30 Déc How Airbnb shattered my daughter’s Christmas dream

Picture your first white Christmas. If you have ever had the chance as a child, to experience a December 25 in the mountains, it is likely that you still remember. Close your eyes and listen to the sweet sound of the crackling fireplace, smell the scent of fir at the window, admire the mountainous landscape, feel the heat of the hot chocolate and pancakes barely out of the pan. That is the experience we had planned to have with our three-year-old daughter this year. So we booked a beautiful cottage on Airbnb for a week in the Alps, close to the beautiful resort of Megève, Flumet. Among all the deals available in the area, one seemed ideal to us: a « Prestige » cottage a five minutes’ drive from the slopes and, according to the photos provided, in the heart of nature. The perfect place to make this child’s dream a reality.

On arrival, at night, we check out the inside of the cottage which was quite nice, although upstairs, the temperature is a bit colder. My parents-in-law are spending the week with us and politely choose to take the upstairs. Our daughter and we are downstairs. The night goes by.

The first day, at dawn, the parade of cars and trucks wakes us. The cottage is right next to a departmental road. On the other side of the road, I note dumbfounded that we are between a storage area and the adjoining wood dump. We prepare ourselves to spend a week between the noisy passage of delivery vehicles that arrive and depart from Megève and fallow land where tools, debris and tarps pose as landscape. This is the opposite of the idyllic setting Airbnb described the announcement.

We try to ignore this and spend our day exploring the region: mulled wine in the village, the ice rink, and shopping to prepare for the Christmas party. In the evening, we return. To our surprise, we realize from our very first bath, the hot water tank is empty and we are doomed to a cold shower in four-degree weather. It is at that moment that I decide to contact the Airbnb customer service for the first time to ask them what recourse we have in dealing with the problems we are having. A few minutes waiting on the phone and my answer is clear: « Airbnb does not take into account any issues with the area around the property, and concerning the boiler, we contact the owner who has until tomorrow morning to fix the problem. » Annoyed by this answer, I decided to contact our host directly first, who tells me he’s unable to solve the problem right now and invites me to be accept the situation or leave his cottage the next morning! I then called a few social networking contacts to brainstorm some ideas. Luckily, one of my friends knows the manager of Airbnb Europe and offers to introduce us. The latter responds with a message a few minutes later, assuring me that someone would be in contact soon to find a solution. It does not take long, and I am aware of this luck that a vast majority of users of the platform don’t have. A young woman from Airbnb California’s « user experience » service calls me on my cell phone to reassure us and promise that she would deal with the problem first thing tomorrow morning. We go to bed.

Second day, the woman I spoke to last night calls us back and offers to transfer us to another cottage that has yet to be located on condition of paying the first two nights. I accept, making sure to specify that we cannot risk abandoning this cottage without a definite alternative because being stuck in the mountains, homeless, with a young child is unthinkable. Obviously, she assures us that a solution will certainly be found by Airbnb. Second day of vacation, we still have not skied or really had time to take care of mountain activities because we have been stuck on the Airbnb issue. Here we are again, off to spend a few hours in the village until an alternative solution is provided by our kindly user support assistant. The hours pass; it is 5pm; the night begins to fall and our concern grows. That’s when I get a text. Finally, a new host offers us a very comfortable cottage a short drive away and gives us an appointment at an address that we’ll receive once we book it and pay. Armed with my mobile phone, I conclude the transaction, pay the entire stay in this new cabin, and off we go. The most important thing is to finally start the holiday we’ve been dreaming of. A short detour to buy a new Christmas tree, and we arrive at 6pm, as specified for our meeting.

It’s dark and cold. A woman greets us stating that she is in charge of opening the house, the owner being absent (and unreachable) because he’s « currently vacationing on a boat in Jamaica. » The cottage is cold but beautifully decorated. We keep our jackets on; it’s 7 degrees inside. We light the fire and boiler and spend time decorating the new Christmas tree until the temperature rises. Two hours pass, the thermometer does not move, still 7 degrees throughout the cottage. The boiler appears on but nothing works. I open the kitchen oven, plug in all electric heaters, and attempt to contact our host, anyone on the phone. I send a new email to the customer service. No answer. I call the French Airbnb user service. Thirty minutes pass before getting the first assistant. It is 8:30. Our daughter, wrapped in her ski jacket since 2:30, is in front of a sad tree, in a cold house, with a musty smell. The chimney is barely drawing. The dream is turning into a nightmare.

72 hours have passed. Of course, this is when I get a bit unhinged. We are experiencing the worst Christmas of our lives. I immediately ask to cancel and refund all of my last reservation. At this late hour, a hotel is my only way out regardless of the price. Can you imagine the cost of two rooms at the last minute during Christmas week near Megève? And what does Airbnb customer service have to say?

  • « If we cancel this reservation at your request, we cannot reimburse you, sir! »
  • « I beg your pardon? You cannot reimburse me for renting a mountain cabin in which we have only just arrived and where it is 7 degrees without working heating? With a young child inside? »
  • « Please understand, sir, it’s quite a sum! »
  • Me, on the verge of a nervous breakdown: « It’s my money, you *******, that you have collected in advance of your ***** service that you don’t want to reimburse! »
  • Airbnb: « We need a proof that it is 7 degrees in the cottage to consider a refund, sir. »

I swallow my rage. It’s necessary to mention I spent 30 minutes to wait to talk to someone. Of course, I do not feel very proud of complying and become aware of how I let myself be treated. I send an email of a photo of the thermometer frozen at 7°C for three hours to the assistant who finally agreed to the refund. For the second time since our arrival, we pack our bags and take down the Christmas tree. We leave once more in search of two rooms for the night and a hot meal for our daughter. Luckily we find a place to stay: a hotel available at prices one third of the stay for one night. It doesn’t matter. Our little girl has dinner, stays up a bit, and we head to bed, exhausted.

Fourth day of « vacation, » it is time to get back on the saddle and face the music, our vacation has been cut short and we must resign ourselves to return to Paris.

It’s December 24, three days have passed, and I have not received any news from Airbnb; nor from my nice Californian customer service agent, or the sympathetic Airbnb Europe manager, despite expressing to him the conclusion of our stay. We spent in three days of stress the entire budget of our weeklong vacation, the first ski lessons our daughter were canceled and Airbnb has « ruined » our Christmas!

So obviously, there are more serious issues in life. And this story is only one particular case. We are pretty lucky compared to the innumerable and constantly growing problems of the users of this platform. I was not only a fan of Airbnb ever since its first days in France, but also a recruiter. I very often find myself mentioning the Airbnb model during public speaking on the disruption in the era of mass digitization, as was the case a month ago at the 2015 Newtourism Conference.

We know the mechanics and the business model of Airbnb. The platform assumes, unlike the traditional players in the hotel industry, that it does not need to acquire accommodations or rent them, or even to call in qualified personnel to ensure a warm welcome, service or to take responsibility for the services it sells. It relies heavily on technology, the web, and cell phones to facilitate matching up clients (hosts and guests). It continuously captures data to improve its portfolio. In doing so, it drastically minimizes investment costs and expenses in order to profit by leveraging assets that do not belong to it and helps to use by drawing off some of the value it happens to capitalize. This is a mechanism that is called the power of the crowd, which is to say labor isn’t hired or taxed. In short, Airbnb has indeed found a formula that works wonders, up to a point…

This story allowed me to become aware of a facet of the Airbnb model that had escaped me. It is probably one of the main flaws of the service that the traditional competitors have an incentive to exploit massively. The main weakness of Airbnb is that, contrary to the claims of their recent advertising campaign touting hospitality and responsibility, it cannot make good on both these promises to their customers.

The responsibility carried by a professional in regard to customers cannot be compared to that of an amateur. In this case, everyone can claim to be an hotelier. It is a standardized business with a sense of service and hospitality. It is a responsibility that an amateur cannot assume. A third party has to do it for him. And that is precisely what Airbnb does not do. Airbnb could take, for example, responsibility for checking each of the products made available on its platform and stop believing the bad experiences of their customers can be used to rate their stock. Airbnb could take the responsibility of managing the reception of their customers rather than delegating it to unskilled amateurs. They could develop an ecosystem of professionals in charge of the reception and departure of visitors in a rental. Finally, Airbnb could propose an ecosystem of qualified local services provided by professionals to meet the usual needs of a customer in a hotel: room service, laundry, concierge service… Today, at best, they establish partnerships without really taking responsibility for the service, and at worst, they are tempted to replicate their model by offering, for example recently, « travel experiences » designed and organized by their hosts, always amateurs…

In contrast, the traditional hoteliers have expertise and a labor force. It is a force contrary to appearances. Their job, when they do it well, allow them, in turn, to disrupt Airbnb in the scope of its own promises: to welcome, accompany, take responsibility for the service they offer their customers. The delay that hoteliers have accumulated in the race to digitize handicap them when compared to the apparent power of the Airbnb user experience. Catching up is an

obviously essential prerequisite. However, once empowered with tools equivalent to those of the most advanced online platforms, the playing field will be level. Imagine, once equal in terms of the digital experience, will the major hotel chains decide to compete with Airbnb in its own model? Imagine that in addition to their own rooms, they offer, like Airbnb, apartments or houses to rent close to their hotels from time to time, but by additionally providing a quality service that is expected of a professional (reception, concierge, breakfast, room service, laundry, daily cleaning of rooms, entertainment and professional experiences)… I imagine that this type of project has been evaluated by the strategic heads of hotel chains.

I will draw just one lesson from this story. Airbnb is not really transforming the hospitality market. The platform comes closer to competing with particularly bad hotels or temporary rental providers of apartments and houses. To imagine the opposite is to take a risk, as we have done this week, living a nightmare. Technology, big data, and online communication tools are absolutely necessary today to respond to the challenge of mass tourism, but they will never replace the warmth and hospitality of a human that greets you and takes care of your welfare because he know what it is to practice his profession.

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18 Nov Le tourisme en 2030

La France, première destination touristique du monde, doit adapter son offre et ses infrastructures pour bénéficier pleinement de la révolution numérique pour le secteur. D’autant que ce marché est en croissance ininterrompue : il y avait 25 millions de touristes internationaux dans le monde en 1950, environ 1 milliard en 2015, mais 2 milliards sont attendus en 2030 et plus de 4 milliards en 2050. Le coeur de la croissance viendra des pays émergents, Inde, Asie et Afrique en premier lieu.

Plongeons-nous dans ce futur en imaginant le séjour d’une famille indienne en France au début des années 2030, à l’aune des promesses des futurologues. Les vols supersoniques mettront Delhi à quatre heures de Paris. Les robots bagagistes et les voitures autonomes seront devenus la règle. Pour les touristes étrangers, la baie de Somme sera bien préférable à la Côte d’Azur, caniculaire en période estivale. Les vacances seront organisées par un assistant artificiel, sur la base des préférences et aversions de chaque membre du foyer. Le logement sera loué directement auprès d’une famille française – une pratique devenue la norme dans un monde ou Airbnb sera le numéro un mondial de l’hébergement. Pas même besoin de rencontrer les hôtes : un robot-majordome accueillera les visiteurs et planifiera leurs excursions, qui pourront être partagées en direct, via un casque immersif, avec leurs amis restés en Inde.
Evidemment, le futur ne ressemble jamais totalement à ce que l’on a imaginé. Ce début de scénario, s’il reste relativement conservateur au regard des transformations d’usages qui se profilent, pointe aussi un danger réel : dans un monde trop robotisé et automatisé, le tourisme du futur pourrait bien se passer des contacts humains… qui sont pourtant indispensables aux émotions que nous procurent nos voyages. Dans ce domaine comme dans tous, il faudra que la technologie, de plus en plus omniprésente, s’efface sans chercher à remplacer les hommes. C’est encore plus vrai en matière de tourisme : le monde ne sera acceptable et accepté que si nous remettons l’humain au coeur.

Initialement publié dans les Echos.

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