Michel LÉVY-PROVENÇAL | Innovation soup
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Bienvenu sur le site de Michel LEVY-PROVENCAL. Entrepreneur, fondateur de TEDxParis, l'agence éditoriale BRIGHTNESS, le do-tank L'ECHAPPEE VOLEE, l'agence objets connectés Joshfire, le site d'info Rue89, dénicheur de talents et provocateur de changements.
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Innovation soup

17 Sep Si les maires dirigeaient le monde

Ce billet est la version illustrée de ma chronique prospective mensuelle publiée dans Les Echos.

Au cours des deux dernières décennies, notre système économique a connu une révolution majeure. L’avènement d’Internet a entraîné une désintermédiation des échanges. Il semble inévitable que l’élimination des intermédiaires au profit de relations directes entre pairs touche aussi, tôt ou tard, les structures de notre système politique, et donc de notre démocratie. A l’heure de la mondialisation, il faut admettre que notre modèle d’institutions, conçu il y a quatre cents ans, n’est peut-être plus à la hauteur des défis de notre temps. Benjamin Barber, professeur de sciences politiques à l’université du Maryland, va publier le 4 octobre un livre qui esquisse un nouveau modèle démocratique, « If mayors ruled the world » (Yale University). Il en a présenté les grandes lignes lors de la dernière édition de TED Global, au mois de juin.

Barber pense que la solution à notre crise politique occidentale passe par la construction d’un système à l’échelle à la fois locale et globale. Il propose de changer de paradigme et de commencer à raisonner à l’échelle des villes et non plus des nations. Les zones urbaines sont le lieu où la culture et la civilisation sont nées. De plus, la majorité de la population mondiale vit désormais dans des villes. Benjamin Barber pense qu’il pourrait être temps que les gens qui les gouvernent se chargent de diriger le monde.

Les maires sont pragmatiques. Leur tâche est de faire avancer les choses au-delà des idéologies. Leur taux de popularité est souvent supérieur à toutes les autres catégories d’hommes politiques. Les villes sont profondément multiculturelles, ouvertes, participatives et démocratiques alors que nous vivons encore dans un système politique basé sur des frontières et des Etats – des Etats qui, souvent, refusent d’agir ensemble. La démocratie est née dans la cité antique. Elle peut renaître dans la cité contemporaine, globalisée, cosmopolite. Pour y parvenir, Benjamin Barber appelle à la création d’un parlement mondial des maires qui permettrait une participation globale plus directe. A l’approche des élections municipales en France, voici un thème propice à un débat de fond.

Conférence enregistrée à l’EFNI sur le sujet (durée 1:10). La version courte enregistrée à TED Global devrait être publiée dans quelques semaines.

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18 Juin Matternet : un internet fait de drones pour le transport de la matière !

Voici la version longue et illustrée de ma chronique prospective mensuelle publiée dans les Echos aujourd’hui.

Longtemps réservés aux passionnés de modélisme, les multicoptères – de petits drones dotés de plusieurs rotors – ont commencé à être vendus au grand public il y a quelques années. Une entreprise française, Parrot, a été la première à proposer un tel produit dès 2010. Trois ans après, la technologie s’est largement améliorée, notamment en matière d’autonomie. A tel point qu’aujourd’hui ce type de dispositif pénètre le marché professionnel, par exemple pour la surveillance de zones protégées (pipelines, parcs naturels…)

Un jeune entrepreneur grec, Andreas Raptopoulos, a inventé une solution qui permettrait au milliard de personnes isolées des routes d’avoir accès en cas d’urgence aux fournitures, marchandises et médicaments essentiels. Il a développé Matternet, le premier réseau de transport basé sur des drones autoguidés. Matternet fonctionne vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept. Il est composé de drones, de stations d’atterrissage (permettant aussi le ravitaillement électrique) et d’un logiciel de routage, qui pilote l’ensemble du maillage. Matternet est en somme à la matière ce qu’Internet est à l’information.

Chaque drone est capable de transporter des charges de 2 kilos environ, peut couvrir une distance de 10 kilomètres en quinze minutes et vole à une altitude de 400 pieds, hors des voies empruntées par les autres aéronefs. Matternet a déjà été déployé à Port-au-Prince, après le séisme de 2010. L’intérêt est son très faible coût : un parcours de 10 kilomètres coûte 24 cents, avec une dépense d’énergie de 2 cents seulement. A titre d’exemple, au Lesotho, la création d’un réseau de drones pour connecter 47 cliniques et 6 laboratoires sur une superficie de 138 km 2 coûterait moins de 1 million de dollars.

En France, le 1 er avril dernier, le groupe La Poste annonçait un service de livraison à domicile par les airs – un poisson d’avril qui en a fait ricaner plus d’un ! Et pourtant, Andreas Raptopoulos, qui intervenait la semaine dernière sur la scène de TED Global 2013 à Edimbourg, est convaincu que Matternet pourrait aussi permettre de décongestionner nos villes, notamment pour le courrier et les petits colis… Le futur est souvent encore plus étonnant qu’on ne l’imagine.

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16 Juin TED Global 2013 : le temps de repenser la démocratie.

La conférence TED Global a lieu chaque année en Europe depuis 2006. Entre le 11 et le 14 juin, ce sont près d’une centaine d’intervenants au total et huit cent participants qui ont eu l’occasion de « réfléchir à nouveau » à notre monde en crise. Les organisateurs ont choisi leur moto cette année : « Think Again ». TED met en scène chaque année les idées les plus originales, parfois les plus radicales et l’audience vient y chercher cette singularité. Durant ces cinq jours le questionnement du modèle démocratique était en filigrane de nombreuses interventions, sur scène et dans les couloirs. Une fois n’est pas coutume, je retiens de cette semaine trois talks politiques qui invitent à repenser notre modèle démocratique.

Le coup d’envoi est donné avec une introduction plutôt étonnante. Bruno Giussani directeur de TED Europe et le responsable de la programmation, a décidé de donner la parole à Georges Papandreou, l’ancien premier ministre grec. Le choix est cohérent compte tenu de la thématique de la conférence : repenser notre monde. En effet, quoi de plus logique que de commencer par un constat d’échec ! Si on laisse de coté la forme de l’intervention de Georges Papandreou, qui ressemblait plus à une excellente opération de communication qu’à une authentique prise de parole, le coeur de son discours est d’une actualité criante : la sortie de crise en Europe passera par plus de démocratie directe et une citoyenneté européenne. Certes, le « comment » reste encore une grande inconnue et une véritable lacune.

Les jours qui ont suivi ont donné ont apporté un peu plus de matière au débat. Parmi les interventions les plus remarquées celle d’Eric X. Li a suscité de très nombreuses réactions contradictoires.

Né à Shanghai en 1968, au plus fort de la Révolution culturelle, ce journaliste a raconté comment il a grandi avec la doctrine communiste : « toutes les sociétés humaines se développent en progression linéaire, commençant avec la société primitive, se déplaçant à travers le capitalisme, le socialisme et enfin, le communisme. Tôt ou tard, l’humanité tout entière, sans distinction de religion ou de culture, atteind ce stade final de développement politique et social. » Après la chute du mur de Berlin, le monde a changé du jour au lendemain et déçu par la religion manquée de sa jeunesse, Eric X Li s’est installé en Amérique. Dès lors il a commencé à percevoir un parallèle troublant entre le modèle démocratique de l’Ouest et la doctrine de sa jeunesse. Pour lui la narration est la même : « toutes les sociétés humaines, sans distinction de religion ou de langue, se développent dans la progression linéaire, progressant de sociétés traditionnelles où les groupes forment les unités de base des sociétés modernes dans lesquelles des individus atomisés sont des entités souveraines. Et ils veulent tous une chose : le vote. Avec le vote, ils produisent un gouvernement et vivent heureux pour toujours ». 

Partant de ce constat il conclut sans une certaine dose de provocation que finalement le système chinois à parti unique actuel est une alternative intéressante au système démocratique ! Il concède que le pays est confronté à d’énormes défis (la pollution, la population, la sécurité alimentaire, la corruption…) et précise que son objectif n’est pas de condamner la démocratie mais de nous faire comprendre que le système chinois, bien que non exportable, reste un système alternatif qui fonctionne compte tenu du developpement accélèré de la Chine cette dernière décennie. En somme Éric X Li prouve qu’il existe bien des alternatives au modèle démocratique qui fonctionnent puisque le modèle chinois est en train de transformer le pays en première puissance mondiale.

Le propos est évidemment provocateur. Le mot « alternative » est certes une formidable invitation à repenser nos systèmes politiques. Pour autant le modèle chinois ne peut raisonnablement pas être pris pour exemple compte tenu des inégalités, des injustices et des atteintes aux libertés qu’il génère. C’est en tout cas, ce qui se disait dans les couloirs après cette intervention. À décharge, il faut souligner que l’Ouest connait très mal la Chine et certains dispositifs participatifs locaux qui, parait-il, serait un modèle de consultation populaire très répandu.

Benjamin Barber, politologue américain, professeur à l’université du Maryland a suivi Eric X. Li pour rééquilibrer le débat. Il a commencé son intervention en évoquant la mémoire des manifestants de la place Tian’anmen… et rappelé tout de même le triste constat qu’il partage avec son prédécesseur sur scène : « la démocratie est un modèle en danger ». Nous cherchons des solutions à cette crise politique dans le système démocratique alors que nous sommes confrontés à des institutions conçues il y a 400 ans.

Benjamin Barber, comme plusieurs de ses pairs sur la scène de TED cette semaine, pense que la solution pourrait être dans un système à l’échelle locale qui investirait politiquement les citoyens de façon plus active. Ainsi il propose de changer de paradigme et de commencer à raisonner à l’échelle des villes et non plus des nations. Les zones urbaines sont le lieu où la civilisation et la culture sont nés, de plus la grande majorité de la population mondiale vit désormais dans les villes. Etant donné que les villes sont dirigées par des maires, Barber propose qu’il pourrait être temps pour les maires de gouverner le monde. Les maires sont pragmatiques. Leur métier est de faire avancer les choses au delà des idéologies. Les maires ont des niveaux de popularité que tout autre categorie d’homme politique. Aux États-Unis, seulement 18% des Américains approuvent le Congrès quand ce taux avoisinne 70% pour les maires. Les villes sont profondément multiculturelles, ouvertes, participatives et démocratiques alors que dans le fond nous vivons encore dans un système politique basé sur des frontières, des états, et des états qui refusent d’agir ensemble. Le monde réel est sans frontière : un monde de maladies sans frontières, de Médecins Sans Frontières, où l’économie et la technologie sont sans frontières, où l’éducation est sans frontières, où le terrorisme et la guerre sont sans frontières. C’est désormais notre monde réel. Barber conclue en appelant à la création d’un parlement mondial des maires et des citoyens.

TED est un excellent indicateur du monde qui vient et ce cru confirme bien que les crises économiques, écologiques et sociales sont en train de se transformer en une crise politique majeure. Face à cette situation les modèles participatifs, décentralisés et à l’échelle locale ont été plébiscités. Parallèlement la tentation du rejet démocratique au profit de systèmes autocratiques reste vive. À suivre…

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21 Mai Thorium, le rêve d'un nucléaire « vert »

Voici la version longue et illustrée de ma chronique prospective mensuelle publiée dans les Echos aujourd’hui

Aujourd’hui l’humanité utilise trois types d’énergies : les énergies fossiles (charbon, gaz et pétrole), les énergies dites renouvelables (éolien, solaire, géothermique et hydraulique) et le nucléaire. En moyenne le coût nécessaire pour élever un million de livre d’eau d’un degré Farenheit (l’unité BTU) est de 44$ via l’énergie solaire, 18$ avec du pétrole, 2$ avec du charbon et 0,92$ avec de l’uranium ! Les énergies fossiles sont en effet peu chères et sécurisées mais très polluantes et leur pérennité remise en question compte tenu de l’érosion croissante des stocks. Les énergies renouvelables sont propres et générées à partir de ressources abondantes mais leur coût est conséquent. Enfin le nucléaire propose le meilleur retour sur investissement financier mais induit le plus fort risque environnemental.
Aucune de ces sources ne répond simultanément aux critères de propreté, d’abondance, d’économie et de sécurité. La solution qui cumulerait toutes ces qualités serait considérée comme la pierre philosophale pour nos sociétés modernes !


How Thorium can save the world: Salim Zwein at TEDxBeirut 2012

Pourtant, dans les années 60 le physicien américain Alvin Martin Weinberg a mis au point dans son laboratoire du Tennessee un réacteur nucléaire à sels fondus qui a la capacité d’atteindre des températures de plusieurs centaines de degrés à pression ambiante éliminant ainsi les risques d’accident par explosion. Ces réacteurs de quatrième génération utilisent le thorium comme combustible. Abondant sur la planète, ce composant est aussi commun que le plomb. Comme le rappelle Jean-Christophe de Mestral dans son récent livre « L’Atome vert », l’utilisation de thorium au coeur de réacteurs à sels fondus génère des déchets au cycle de vie 1.000 fois plus court que ceux de l’uranium. Et le temps nécessaire à la dégradation de ses déchets est équivalent à celui qu’une canette de soda jetée dans la nature (quelques centaines d’années). Son efficacité est redoutable car 1kg de thorium est équivalent à 200kg d’uranium et une bille de thorium capable de tenir dans la paume de la main permet de produire de l’énergie pour un individu pendant une vie entière.

Si cette technologie est à portée de main depuis les années 1960, pourquoi ne l’avons nous pas exploitée ? A cette époque le nucléaire à base d’uranium a été privilégié car il répondait aussi à une exigence d’efficacité militaire ! Les recherches sur les réacteurs à sels fondus à base de thorium, n’étant d’aucun intérêt pour les armées de la guerre froide, elles n’ont reçu aucun financement de recherche. Aujourd’hui cette technologie retrouve un intérêt certain au regard des problématiques de développement durable auxquelles les sociétés modernes sont confrontées. La Chine et l’Inde investissent massivement sur ces solutions pour développer le nucléaire de nouvelle génération. La NASA s’y intéresse sérieusement pour permettre demain à des colonies humaines de produire de l’énergie à faible coût sur la Lune ou sur Mars. Si les recherches aboutissent, elles pourraient bouleverser l’industrie du nucléaire en apportant simultanément propreté, abondance, économie et sécurité. 

TEDxYYC – Kirk Sorensen from Nasa – Thorium Energy for space colonies

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15 Jan Tous cyborgs ?

Ce billet est la version longue de ma chronique mensuelle publiée ce jour dans le cahier Prospective des Echos.

L’homme est un cyborg depuis la nuit des temps. Évidemment, pas ce cyborg que les auteurs de science fiction fantasment à longueur de romans et de grosses productions hollywoodiennes ; mais un cyborg plus silencieux, moins visible, bien plus réel. Un cyborg est un organisme auquel on a ajouté des composants exogènes pour lui permettre de mieux s’adapter à l’environnement. Vous lisez cet article lunette sur le nez, en ingérant votre dose de caféine quotidienne? Littéralement vous êtes un cyborg. Il existe des cyborgs encore plus évolués bien sûr : les spationautes, les plongeurs sous-marins ou les champions des jeux paralympiques. Avec l’avènement des technologies de l’information, l’impact sur l’être n’est plus physique mais bel et bien cérébral. Nous avons modifié notre façon de penser, de communiquer, de créer du lien social. En somme, le réseau est devenu une extension plus ou moins importante de notre cerveau. Vous en doutez? Pensez à ces notes, ces courriels ou ces listes de taches stockées dans votre smartphone, votre ordinateur ou vos serveurs. Si soudainement vous les perdiez, ne perdriez -vous pas une part intrinsèque de votre mémoire ?

Je vous l’accorde, dans le langage courant, les cyborgs évoquent plutôt ces êtres hybrides, ces créatures singulières dotées de dispositifs sophistiqués, ces monstres aux facultés physiques et mentales extraordinaires. Extraordinaires dites-vous? Non, les avancées technologiques que nous voyons progressivement sortir des laboratoires incitent à penser que ces facultés sont en train de devenir tout à fait banales. A force d’accélération exponentielle des évolutions technologiques et ce à coût constant et avec l’avènement des NBIC (Nanotechnologies, biotechnologies, informatique et sciences cognitives) la donne changera à l’horizon 2030 – 2040. Aujourd’hui un dispositif de calcul de 1000 $ nous permet d’atteindre la capacité cognitive de celle d’un insecte, voire d’une souris. A horizon 2020, cette puissance croisera celle du cerveau humain. Que se passera-t-il dix ou vingt ans plus tard? La frontière entre la machine et le vivant deviendra de plus en plus floue. Le rythme exponentiel de l’évolution technologique depuis plus de quarante ans, que l’on appelle communément la loi de Moore, surprend mêmes les experts les plus reconnus. Souvent conservateurs dans leurs prévisions par souci de crédibilité ils passent à coté des grandes révolutions. C’est exactement ce qui est arrivé avec les technologies de séquençage de l’ADN qui étaient considérées comme immatures pour plusieurs siècles dans les années 90 alors qu’aujourd’hui un séquençage complet peut être réalisé en moins d’une heure pour un coût inférieur à 2 000 $.

Nos sens devraient être les premiers à profiter de ces évolutions. L’exemple d’un des pionniers du mouvement cyborg, Neil Harbisson est emblématique. Né avec une maladie rare le privant de la vision de la couleur, ce jeune irlandais vit en permanence avec un dispositif portatif le dotant d’un troisième oeil capable de retranscrire les couleurs en sons. La technologie qu’il a mis en oeuvre est assez simple, en revanche l’impact que ce dispositif a eu sur son cerveau est remarquable. Il est désormais capable de percevoir des sensations et des émotions associées aux couleurs qu’il “voit”.

Inversement ce troisième oeil lui donne la capacité de “visualiser” les sons, les voix et la musique. L’augmentation des capacités sensorielles, visuelles, olfactives et kinesthésiques grâce à des capteurs externes est une des évolutions que nous devrions vivre dans les prochaines années avec un impact majeur sur nos capacités cognitives. Cette révolution a déjà commencé avec les dispositifs de réalité augmentée comme les lunettes commercialisées cette année par Google.

Nous décuplerons nos forces physiques, améliorerons notre vitesse et gagnerons en équilibre dans des situations extrêmes de déplacement. Des exosquelettes motorisés sont commercialisés dés aujourd’hui. La société Berkeley Bionics propose par exemple des solutions d’aide aux valides comme aux handicapés dans le secteur civil ou militaire. Avec 1% de personnes condamnées à se déplacer en fauteuil roulant sur la planète, ce marché est considérable.

Dans un second temps, les exosquelettes pourraient laisser place aux prothèses mécatroniques myoélectriques. Branchées directement au système nerveux ces prothèses sont capables d’être commandées directement par le cerveau au travers des impulsions électriques des muscles et autorisent la boucle de retour, donc le gain de sensations. Encore cantonnées aux laboratoires de recherches, comme celui du Dr Todd Kuiken spécialiste de médecine bionique au Rehabilitation Institute de Chicago, ces technologies devraient être mises à disposition du grand public dans quelques années.

L’ultime étape sur laquelle travaillent les laboratoires de recherche reste la connexion directe au cerveau. Aujourd’hui dans celui de l’Institut Pasteur, une équipe de recherche, celle du Pr Lledo, a déjà découvert un moyen d’y parvenir. On peut en effet aujourd’hui prendre le contrôle de n’importe quel cerveau de mouche, ver, souris ou primate à l’aide d’une technique en passe de révolutionner les neurosciences : l’optogénétique. Cette technique, qui est le rapprochement de l’optique et de la génétique, permet de modifier les propriétés des cellules nerveuses avec un simple faisceau de lumière bleue (on excite la cellule nerveuse) ou jaune (on inhibe la cellule nerveuse). Pour l’instant ces technologies sont principalement étudiées à des fins thérapeutiques. (A lire : La Recherche : Palmares 2012)

Au delà de la question éthique, qui n’est pas traitée ici, il est clair que les technologies mais aussi la pression économique et sociale pour la recherche de la performance vont nous amener dans les 20 prochaines années à vivre une révolution de l’espèce humaine comparable à celle que la planète a vécu avec l’ère industrielle. Il est officiel que nous avons changé d’ère géologique en 2012. Nous sommes entrés dans l’anthropocène : une nouvelle époque géologique causée par la main de l’homme et non plus par les phénomènes naturels et les forces géologiques. De la même façon, notre capacité à manipuler le vivant, enrichir nos capacités physiques et sensorielles de dispositifs plus ou moins évoluées nous feront-ils lentement changer d’espèce ? Ou nous éteindre à la façon de la grenouille ébouillantée dans une eau chauffée graduellement ? Cèderons-nous un peu de territoire vivant au profit de quelque chose que nous ignorons encore ? Il parait que l’humanité a entre 20% et 50% de chance de survivre au 21ème siècle. Nous avons encore quelques années à attendre pour le savoir…

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26 Déc Premier lot de prévisions pour 2013…

Fin d’année, grand ménage, bonnes résolutions et tentatives de prévisions sur le front économique et plus particulièrement dans le domaine de l’IT.

Première prévision, plutôt une bonne nouvelle : L’économie US, devrait reprendre des couleurs

En effet, il semblerait que la reprise aux USA soit prévue pour 2013. En effet l’augmentation confirmée d’un indicateur clé est là : les « investissements résidentiels » ! Cette augmentation survient systématiquement après une récession et précède une période de croissance. (Source : Private Investment and the Business Cycle)

Seconde prévision : ça y est, 2013 est l’année de l’Internet des objets !! 

(Tout autant que la 4G ), l’internet des objets devraient être un des buzz word de 2013. Plus de 5 milliards de puces dédiées à créer des « objets » connectés seront vendus en 2013. Ainsi l’ensemble des terminaux connectés via wifi devront dépasser les 10 milliards en 2013, auquel s’ajoute 10 milliards supplémentaires de terminaux bluetooth. On nous a promis 50 milliards d’objets connectés en 2020, ce devrait arriver plus vite que ça à ce rythme. A noter que le NFC est un des gros facteurs de croissance de ce marché. (Source : 2013 will be the year of ‘the Internet of things’ as more than 5B wireless chips ship)

Troisième prévision : La TV connectée atteint l’âge de la maturité.

Sur le front de la smartTV, nous attendions 53 millions de smart TV vendues dans le monde avec une place de choix pour Samsung à 45% de parts de marché. Ce sont finalement 69 millions qui l’ont effectivement été. Selon Gartner ce chiffre devrait atteindre 108 millions en 2013 et 85% des TV produites en 2016 seront connectées. Pour rappel, il y a 2,5 milliards de TV (classiques) dans le monde aujourd’hui pour moins de 10% d’entre elles qui sont connectées. Reste à savoir comment va évoluer le marché. Vers un écosystème ouvert de contenus et d’applications ou au contraire vers le renforcement de la séparation en silos fermés, par univers de marque. En effet, on distingue deux types de smartTV : les « customer controlled » qui donnent la main à l’utilisateur sur le choix des services et contenus accessibles ou les « set maker controlled » qui centralisent les services et contenus choisis autour d’un portail propriétaire. Entre le mouvement naturel d’ouverture que le web a connu et le phénomène inverse issue de la bataille autour du mobile, les jeux restent ouverts. En Chine, premier marché de la TV connectée, l’offre est majoritairement « customer controlled », en Europe, second marché, elle est plutôt « set maker controlled ». Google a choisi une approche plus ouverte que ses concurrents avec sa Google TV. Le résultat n’est pas très bon à ce jour. Mais le prochain CES verra apparaitre une nouvelle gamme de terminaux notamment chez LG. (Sources : Smart TV shipments grow 15% in 20129 téléviseurs sur 10 seront des Smart TV en 2016LG étend son offre Google TV avec deux nouvelles gammes)

Quatrième prévision, histoire de générer la controverse et d’attirer les troll, risquons nous à prédire le déclin du Réseau Social « façon 2007 » 

2007 est l’année de la naissance des réseaux sociaux. Facebook a évidemment été la locomotive du marché avec une belle récompense en 2012, cinq année plus tard : une entrée en bourse et la fortune des fondateurs et investisseurs. Or 2012 a aussi été l’année la plus sombre pour l’entreprise. La grogne des petits porteurs voyant l’action perdre près de la moitié de sa valeur quelques mois suivant l’introduction, le ras le bol des utilisateurs à propos des règles de gestion de la vie privée, la fronde contre Instagram, la perte d’intérêt progressive pour le contenu et les publicités de plus en plus envahissantes… Enfin l’effet de mode s’use au bout de cinq ans. Exception à Twitter qui a su gagner en maturité et fait de sa simplicité une force qui le hisse à 200 millions d’utilisateurs actifs en décembre 2012 (contre 1 milliard pour Facebook). Enfin Google+ qui a la croissance la plus rapide avec 100 millions d’utilisateurs actifs par mois a une réelle carte à jouer en 2013 pour réinventer l’usage du réseau social : pour nous permettre d’interagir non seulement avec nos amis mais aussi avec nos objets? (Sources The End of Facebook: What Will It Take to Kill the King of Social? Facebook Announces Monthly Active Users Were At 1.01 Billion As Of September 30th, An Increase Of 26% Year-Over-Year,  It’s Official: Twitter Is Not a FadGoogle+ On the Rise – 100 Million Monthly Users)

(à suivre…)

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14 Oct Canal+ revient en 90 minutes sur TEDxParis !

Canal+ a enregistré un documentaire de 90 minutes sur le dernier opus de TEDxParis qui a eu lieu à l’Olympia. La première diffusion a lieu dimanche 14 octobre à 22h55. Pendant 90 minutes, vous allez y (re)découvrir huit interventions extraites de TEDxParis 2012. Au programme, des spécialistes de tous les horizons : chercheur, philosophe, astronaute, mathématicien, écrivain ou étudiant qui incarnent tous une vision de l’avenir différente, avec 2030 en ligne de mire.

Présentation de TEDxParis lors de la nouvelle édition de CANAL+ le 12/10/2012.  

Les intervenants que vous retrouverez dans le documentaire :

Mathieu Baudin : il est prospectiviste et nous emmène à la découverte de la dernière terre vierge qui nous reste à explorer : le futur.

Thomas Pesquet : son territoire est l’Espace. Petit il rêvait de décrocher la Lune. Aujourd’hui il s’attaque à Mars. Il est le benjamin Français de la dernière promotion d’astronautes européens.

Céline Bardet : elle explore les territoires déchirés et anéantis par des conflits. Juriste spécialiste des crimes de guerres elle s’interroge sur la part d’humanité qui demeure en chacun.

Pierre Marie Lledo : le cerveau est son terrain d’exploration. Directeur de recherché à l’Institut Pasteur et au CNRS, il nous parle de ses découvertes sur l’objet le plus complexe connu : le cerveau humain.

Cédric Villani : médaille Fields, l’équivalent du prix Nobel en mathématiques, il est aussi directeur de l’institut Poincaré. Ce brillant esprit nous fait découvrir comment naît une idée !

Lydie Laurent : maman d’un enfant né pas tout a fait comme les autres, elle se bat pour changer notre école à tous !

Daniel Tammet : diagnostiqué autiste savant, devenu poète et écrivain, il est désormais auteur de best-seller. Il s’appuie avec humour sur les statistiques pour mieux nous inviter à défier la fatalité.

Anjuli Pandit : cette globe-trotteuse américaine d’origine indienne de 27 ans, dotée d’un enthousiasme débordant, nous invite tous à embrasser la mondialisation pour en saisir les opportunités.

Les non-abonnés à Canal+ peuvent être rassurés, l’ensemble des vidéos des interventions sera mis en ligne pour être visible et diffusable gratuitement sur le web à une fréquence moyenne de deux par semaine à partir d’aujourd’hui. La première vidéo vient d’être publiée (cf ci-dessous) :

Pour anticiper l’expérience, je vous invite vivement à découvrir une centaine de talks TEDxParis sur TEDxParis.com

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30 Juin Exploration d’un monde qui a déjà changé #tedglobal #2012

Pour la quatrième année consécutive, j’ai eu la chance d’assister et de participer à TED Global. Comme toujours c’est un moment rare de reflexions de découvertes et de rencontres. Tout au long de la semaine, j’ai couvert la conférence sur le HuffingtonPost France. Voici un résumé reprenant la grande majorité de mes compte-rendu. A lire, cliquer, partager gaiement.

Le programme de TED Global 2012

Pendant quatre jours, plus de soixante intervenants se sont succédés sur la scène de TED Global pour aborder toutes les facettes de « l’ouverture radicale », titre de la conférence cette année.

2012-06-25-image005.jpgEntre mardi et vendredi ont eu lieu douze sessions dont les titres sont plus ou moins évocateurs, comme : « Si petit, mais si utile », « Transgresser magnifiquement » ou « L’avantage de la transparence »… Chaque session a présenté cinq à six intervenants d’horizons divers dont voici une liste non exhaustive et tout à fait subjective : une pré-sélection qui a pour vocation de ne pas être la bonne car chaque jour a eu son lot de surprises et de découvertes.

  • Shyam Sankar : Spécialiste en intelligence des données et Intelligence artificielle.
  • Boaz Almog : Chercheur en physique quantique. Il présentait un talk sur la lévitation quantique.
  • Daphne Koller : Créatrice de Coursera, plateforme de contenus éducatifs ouverts provenant des grandes universités internationales.
  • Neil Harbisson : Artiste Cyborg qui présentait l’Eyeborg un dispositif permettant d’entendre la couleur.
  • Ely Saks : militant pour un droit des personnes atteintes de maladies mentales.
  • Jonathan Trent : Chercheur en énergie durable. Il travaille sur la génération de Biofuel à partir de déchets et d’algues marines.
  • Robin Chase : Créatrice de Buzzcar. Un service de location de voitures en peer to peer.
  • Beth Noveck : En charge du programme Data Gov à la Maison Blanche.
  • Ramesh Raskar : Inventeur d’un dispositif capable de photographier la lumière,… à la vitesse de la lumière !
  • Saeed Khan : Spécialiste de questions sociales. Il explore la République Islamique du Pakistan sous le prisme de la prostitution.

Une déception : pas un seul français au programme de la conférence officielle cette année !

2012-06-25-image007.jpgL’arrivée à Edimbourg

La conférence n’avait pas encore démarrée que déjà Edimbourg était transformée. TED avait littéralement investi les lieux, les hôtels, les rues, les restaurants. Les participants affluaient par vagues. Le centre ville se remplissait des « TEDsters » arborant autour du cou un des objets indispensables aux sessions de réseautage des jours qui ont suivi : le large badge rouge et blanc sur lequel est imprimé prénom, nom, photo.

C’était aussi le moment d’aller récupérer le cadeau annuel que l’organisation de TED offre à l’ensemble des participants : le fameux TED bag assorti de toutes sortes d’items plus ou moins sponsorisés mais fort utiles pendant et après la conférence.

TEDx, le futur de TED ?

Près de deux cents personnes sur les huit cents attendues étaient déjà là pour participer aux réunions préliminaires. Parmi ces participants à la préconférence, on retrouvait les « TEDxers », ces volontaires internationaux qui organisent les événements locaux appelés TEDx. 2012-06-25-image009.jpgPas moins de quatre mille événements TEDx ont eu lieu dans le monde depuis 2009 et dix sept mille vidéos ont déjà été enregistrées et diffusées sur Internet. Le mouvement dépasse de si loin les attentes initiales de TED que l’équipe en charge de ce programme piloté par Lara Stein, une ancienne responsable des contenus chez MSN, est celle qui a recruté le plus massivement chez TED depuis deux ans. L’évolution du projet au sein de TED est telle que certaines responsabilités importantes comme l’organisation et la gestion du prix annuel délivré par la conférence, le TED Prize, est dorénavant géré par l’équipe TEDx. La croissance du projet et ses ambitions laissent à penser que l’avenir de TED est peut-être entre les mains du programme TEDx lui même !

J’ai eu l’occasion de présenter l’avancement du projet que je pilote pour TED et TEDx à l’échelle globale consistant à trouver des solutions pour développer l’audience des contenus et des conférences TEDx régionalement. La France et la Chine seront pilotes.

La pré-conférence : Fellows et TED U, place à l’innovation !

La veille de la conférence est toujours un moment particulièrement prisé à TED car c’est l’occasion d’assister à deux courtes conférences à l’intérieur de la conférence officielle.
Il s’agit tout d’abord des sessions TED Fellows, qui mettent en scène un groupe de 17 personnalités venues du monde entier et sélectionnées par TED pour la dimension innovante de leurs projets. Il s’agit aussi de la TED University qui propose aux participants de venir faire un talk, souvent court et un peu moins préparé que ceux prévus pour la conférence officielle.

Parmi les 30 interventions Fellows et TED U,  j’ai noté quatre innovations. Deux dans le domaine de la médecine, une dans le transport et une dans l’éducation. Pour le moment les vidéos ne sont pas encore en ligne (mais cela ne saurait tarder).

Education : Former les entrepreneurs de la disruption

2012-06-26-1.jpgJuliette Lamontagne a enseigné dans l’école publique américaine, mais elle a quitté cette carrière de fonctionnaire pour fonder BREAKER, un projet d’éducation permettant à des jeunes de 18 à 24 ans d’apprendre par l’action et de développer l’esprit d’entrepreneuriat. Véritable pépinière de talents parfois en échec scolaire, BREAKER apprend à ses étudiants à devenir de véritables acteurs du changement et de l’innovation radicale.

Breaker: Redefining Education. Creating Entrepreneurs. Designing Change. from Juliette LaMontagne onVimeo.

Transport : Révolutionner le transport semi-collectif dans les pays émergents

2012-06-26-2.jpgJoel Jackson est un entrepreneur social qui s’est concentré sur la problématique du transport dans certains pays en développement où les infrastructures routières sont encore inexistantes. Il a créé Mobius Motors, un véritable constructeur automobile, qui conçoit, fabrique et vend des véhicules pour le transport semi-collectif à des entrepreneurs de pays émergents. En moyenne un jeune africain dans les zones peu développées fait quatorze kilomètres à pied par jour. La solution proposée par Mobius est révolutionnaire. Elle propose des moyens de transports tout terrain pour 8 à 10 personnes pour un coût d’acquisition de moins de 6000$ !

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Médecine : Diagnostiquer la maladie de Parkinson en un coup de fil !

2012-06-26-4.jpgMax Little est postDoc au MIT. Il travaille sur l’aide au diagnostic de la maladie de Parkinson. Il a créé le projet Parkinson’s Voice basé sur une technologie, qui à l’aide d’un simple coup de téléphone, permet de déceler si un patient est atteint de la maladie de Parkinson.
Il utilise la voix des patients et la compare à des échantillons de voix de malades afin de détecter des anomalies liées au comportement musculaire des cordes vocales.

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La technologie utilise le comportement musculaire des cordes vocales des patients. (source :http://www.bbc.co.uk/news/technology-18427851)

Médecine : Un microscope en carton pliable à 50 cents pour diagnostiquer les maladies infectieuses

2012-06-26-6.jpgNous avons vécu un véritable moment TED quand Manu Prakash,  cet inventeur récidiviste a montré en avant première son nouveau projet, « le Foldscope », un microscope pliable en carton coûtant moins de 50 cents et capable d’agrandir des bactéries dans une goutte de sang au point de pouvoir diagnostiquer par exemple la malaria ! Destiné aux pays en développement il permettrait de révolutionner le diagnostic des maladies infectieuses. Le projet est en phase de test, il n’y a pas encore de documentation disponible pour le moment sur Internet, mais nous avons pu en être les témoins : cet origami utilisant des matériaux rudimentaires tel que le carton et le papier permet d’obtenir des agrandissements d’une qualité impressionnante en les projetant sur un mur dans l’obscurité totale.

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Le microscope dans sa forme non pliée.

L’ère de l’information est terminée, place à celle de l’intelligence en réseau

Lors du premier jour de la conférence officielle, vingt-huit intervenants étaient sur scène. Vingt-huit nouvelles, vingt-huit essais, vingt-huit précis, le tout en une seule journée. Une journée à TED c’est l’équivalent d’une année de lecture !

Trois sujets étaient à l’honneur. Tout d’abord l’ouverture radicale, cette qualité si peu naturelle qu’a l’Homme de dépasser ses peurs et s’ouvrir au monde, à l’autre, à soi, à la coopération. Ensuite, la révolution éducative par l’action et non plus seulement par le savoir. L’éducation par l’échec et l’auto-formation. Enfin, le culte du hack, à tous les étages, logiciel, matériel, chimique, biologique, génétique…

L’ouverture radicale

A partir du moment où l’humain a inventé le langage, l’évolution biologique a essentiellement cessé. En revanche elle est devenue un phénomène culturel et épigénétique. Imaginez l’accélération de cette évolution si toutes les avancées technologiques, les savoirs, les expérimentations, les formules étaient libres. Jason Silva, était présent pour montrer cette courte vidéo sur le sujet.

Saviez-vous que vous pouviez mesurer votre capacité à appréhender l’ouverture au monde extérieur ? Une nouvelle mesure a été créée :  le Quotient Culturel. Il est de plus en plus utilisé dans le monde éducatif en particulier en Asie du sud est.

La révolution éducative

Les processus d’éducation sont en train de radicalement changer dans un monde dont la vitesse d’évolution dépasse notre capacité à le comprendre. Autrement dit, il nous faut trouver le moyen d’éduquer les prochaines générations quand aujourd’hui le temps nécessaire pour le faire rend obsolète la formation ! Ralentir ? Ce n’est pas un processus naturel. Devenir des agents du changement et de l’adaptation radicale est le seul moyen d’y parvenir.

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Daphne Koller, créatrice de Coursera, plateforme de cours en ligne issus des plus grandes universités internationales a présenté son projet d’école gratuite, à la demande et sur Internet. Elle a vanté l’apprentissage personnalisé et l’autoformation.

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Eddie Obeng a électrisé la salle par son énergie et son enthousiasme : « Prenez des risques ! Comment pourrait-on blâmer quelqu’un qui échoue à essayer de trouver une solution à un problème que personne n’a encore résolu ? ». Notre monde est en pleine transition, le logiciel a changé, nous vivons dans un environnement résolument global. « Chaque tweet que vous envoyez est lu par un tiers de personnes qui vivent dans un pays différent du vôtre. La planète est la nouvelle échelle. Ce n’est pas un concept, c’est la réalité ». La solution est dans l’adaptation, l’expérimentation, l’ouverture et l’action !

Le culte du Hack

Le hacking est cette discipline qui se veut d’abord un moyen de comprendre les choses en les fabriquant et en les modifiant. L’expérimentation est au cœur du message que tous les intervenants sont venus donner sur scène lors de cette première journée.

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Parmi eux, Ellen Jorgensen, biologiste moléculaire qui a créé Genspace, un BioLab communautaire à New York. Il existe l’équivalent de ce lab à Paris. Il est dirigé par une association nommée La Paillasse.


Enfin Massimo Banzi, le co-créateur de l’Arduino, ce composant électronique open source à l’origine de nombreux dispositifs connectés, était aussi présent.

Il a présenté quelques exemples de hacking matériel dont les suivants sont les moins connus:

Le TxtBomber qui transforme un tweet en graffiti

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Le gant comprenant le langage des signes.

Ouverture radicale, révolution éducative, expérimentation effrénée, voilà le monde dans lequel nous nous préparons à vivre. Quand on pense que ce même jour nos journaux ont fait leur Une sur le salaire minimum…

Des pistes pour appréhender le monde qui vient

Troisième journée à TED Global où s’est dessiné un monde qui a déjà changé et dont on commence à peine à percevoir les contours. Pendant huit heures, la plupart des intervenants ont donné des pistes de dépassement de cet ancien monde auquel il semble inutile de se raccrocher.

Une gouvernance repensée

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La crise économique, politique, sociale et environnementale que nous vivons est une occasion unique pour modifier nos modes de gouvernance. Ivan Krastev a rappelé que la démocratie est le meilleur système qui soit, mais aussi que depuis les années 80 le processus d’émancipation s’est totalement inversé et que le système démocratique qui a engendré l’économie de marché n’a fait que générer de l’individualisme, des inégalités, du cynisme politique, et poussé nos gouvernants à « manipuler nos émotions » plutôt qu’à tenter de construire une société.

Nous sommes entrés dans l’ère de l’intelligence de réseau, dont les fondamentaux sont la coopération, la transparence, l’engagement, le partage, le sens du collectif, l’expérimentation et l’action. Don Tapscott introduisait la conférence le premier jour en évoquant l’idée d’une gouvernance par l’intelligence collective. Le but serait de dépasser l’individu ou même l’équipe pour esquisser un dessein commun à l’échelle globale. Nous n’y arrivons pas encore, pourtant la nature y parvient déjà, comme le montre cette vidéo d’un nuage d’étourneaux se défendant d’une attaque de faucon.


Nuage d’étourneaux, gouvernance collective

Le système D, seconde économie de la planète

Si nous considérions le système D ou l’économie informelle comme une économie à part entière, ce serait la deuxième économie mondiale après les USA. Robert Neuwirth, a rappelé que cette économie existe dans le monde entier.

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Le système D, c’est cette jeune femme qui vend des produits alimentaires dans sa pirogue ou ces hommes qui vendent des crédits de communication mobile sous un parasol. 1,8 milliards de personnes fabriquent cette économie dans le monde. Le produit de leur commerce s’élève à 10.000 milliards de dollars par an. Procter et Gamble évalue la part de leurs ventes par ces canaux parallèles à 20%!

L’Homme réinventé

L’invitation au dépassement s’applique aussi à l’Homme.

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Elyn Sax, malade de schizophrénie est venue nous parler de son expérience et du rapport que nous avons avec l’écart à la norme et en particulier à la maladie. (Son talk est disponible sur TED.com)

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Ruby Wax, a poursuivi la réflexion par une intervention flamboyante sur la nécessité d’arrêter de stigmatiser les maladies mentales. Elle a notamment évoqué l’idée que notre époque évolue à une telle vitesse que la « bande passante » de notre cerveau est désormais insuffisante.

Ces deux idées ont naturellement amené la réflexion sur le terrain du transhumanisme et du développement de nouvelles capacités cognitives.

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Wayne McGregor, chorégraphe, a tenté sur scène un exercice périlleux de « Physical Thinking » consistant à exprimer le contenu d’un mot, lettre par lettre, sous la forme d’une danse… L’idée était probablement de démontrer comment le cerveau est capable de transformer du sens en espace et en mouvement. Frappée par la beauté de la performance j’avoue ne pas avoir saisi le concept.

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En revanche, Neil Harbinson est venu nous présenter son Eyeborg, un capteur qu’il porte au-dessus de la tête en permanence et qui lui permet de percevoir les couleurs par des sons. En effet, ce jeune artiste est né avec l’achromatopsie, une condition qui ne lui permet de voir qu’en noir et blanc. Il a fait construire un troisième œil, une caméra qu’il porte en permanence et qui transforme les couleurs captées par des sons. Aujourd’hui il est capable de percevoir des bandes de fréquences qui ne sont pas perceptibles par l’œil humain (l’infrarouge et le l’ultraviolet) et a appris à l’inverse à voir les sons en couleur… Il a fondé la Cyborg Foundation pour le droit à tous d’être un Cyborg.

Un climat modifié

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Vicki Arroyo en sait quelque chose en matière de climat. Directrice du Georgetown Climate Center, elle a expliqué que les dés étaient jetés. Nous ne pourrons pas changer le cours des choses en matière de climat. La planète se réchauffe et les eaux montent. Il est temps désormais d’adapter nos habitats, nos villes, nos maisons, tout en continuant à diminuer notre consommation de CO2. Elle a rappelé que l’inaction dans les deux cas n’était pas une option.

Des énergies mixtes et biomimétiques

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En matière d’énergie, on peut regretter que l’impasse eut été faite sur la question du nucléaire. Il reste encore deux jours de conférence pour se rattraper. En revanche les systèmes alternatifs étaient bien représentés. Notamment par le projet Omega de la Nasa, qui utilise des photoréacteurs à base d’algues marines afin de créer un écosystème filtrant pour l’eau usager et générer du biofuel.

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La Tunisie était présente sur scène, grâce à Hassine Labaied, qui présentait son projet d’éolienne sans pales deux fois moins cher et deux fois plus productif que les systèmes actuels.

Une médecine personnalisée

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Enfin, la thématique qu’on attendait est évidemment arrivée, celle de la manipulation du vivant et en l’occurrence de l’usage des cellules souches en médecine. Susan Solomon a expliqué comment les cellules souches pouvaient servir de laboratoires individuels pour tester des médicaments. Jusqu’à présent un laboratoire passait 13 années à tester un produit, cela coûtait 4 milliards de dollars avec un taux d’échec de 99%. C’est un très mauvais business model et un problème éthique important. Les tests sont effectués sur des animaux ou des êtres humains. Aujourd’hui, nous pouvons désormais tester les molécules sur des cellules artificielles et sur chacun des organes du corps humain. Cela accélère le processus de distribution de médicaments mais aussi personnalisera demain la médecine.

Black-out, particules… et crash en perspective!

Quatrième et cinquième jours à TED Global, l’intensité était au plus haut. Robin Chase, créatrice de Buzzcar, une société de location Peer to Peer de voitures qui s’installe en France cet été, a précédé un des premiers moments phares de ces dernières sessions : l’arrivée de Jason McCue qui a jeté un pavé dans la mare sur la question du terrorisme. Il a invité à « voir le terrorisme comme une marque, comme Coca Cola » et donc à montrer aux « consommateurs » qu’on est capable de proposer « un meilleur produit ». En l’occurrence, il a rappelé que « montrer un meilleur produit est certainement à l’inverse de ce qui a été fait avec Guatanamo ».

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Le Black-out

Puis il s’est passé une chose très étrange : en plein milieu de l’intervention d’une jeune « gameuse » venue expliquer comment le jeu pouvait aider à soigner, la salle s’est subitement obscurcie. Black-out ! J’étais dans un des espaces de retransmission au sous-sol, quand le noir est devenu total dans un fracas sourd et brutal : les plombs du centre de conférence ont sauté !

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Les choses sont rentrées dans l’ordre après quelques minutes mais ce moment est resté gravé comme si nous avions atteint la paroxysme de l’attention et que toute la machine n’avait pas suivi. Puis lentement une nouvelle série d’interventions nous a transportée aux confins de l’infiniment petit, dans l’atome et le quanta.

Particules

Boaz Almog est venu présenter un prototype de lévitation quantique à base de supraconduteurs. La technologie permet de faire léviter un disque contenant une couche supraconductrice d’un demi micron et d’un poids équivalent à 70.000 fois son propre poids.

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Ramesh Raskar, professeur au MIT, a montré un extraordinaire dispositif capable de photographier la lumière… à la vitesse de la lumière.

2012-06-29-Ted4.pngL’expérience a été effectuée sur une simple bouteille de Coca Cola traversée par « une balle » de lumière. Le phénomène est lent et silencieux. Il est ralenti d’un facteur 10 milliards, soit une nano seconde à l’échelle de la vidéo ci-dessous:

Cette technologie, la femto-photographie, permettrait de créer des systèmes permettant de voir « en travers » ou « dans les coins » en utilisant la réfraction sur les obstacles et autorisant ainsi de nombreuses avancées, notamment en médecine. D’autant que cette technologie est désormais open-source.

Même si Imogen Heap n’a pas officiellement conclu la conférence, elle a clôt mon expérience TED Global cette année avec une superbe expérience musicale. Habillée d’une combinaison et de gants sensibles aux mouvements, aux sons et à la lumière, elle a improvisé une performance étonnante. Les gants lui ont permis « d’activer la musique autour d’elle » et de transformer l’espace et la lumière en sons.

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TED Crash

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TED Global se termine toujours par un grand pic-nic en plein air dans Holyrood Park. Cette année le mauvais temps a chamboulé le programme et l’immense centre de conférence d’Edimbourg a accueilli le pic-nic sous son toit. On dit toujours qu’après cinq jours d’une telle intensité, on souffre de ce que Chris Anderson appelle le TED crash. Une courte dépression de quelques jours. Cette fois la descente sera difficile, car Bruno Giussani, l’architecte de TED Global, nous a offert le meilleur TED de ces quatre dernières années.

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20 Juin [VIDEO] #TEDxParisSalon, le making of des auditions publiques de TEDxParis

Par Agence RED partenaire de TEDxParisSalon à la Gaité Lyrique

RDV le 12 septembre pour la prochaine édition des auditions en public. 

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