Pourquoi je suis solidaire de Val

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crédit photo : www.flickr.com/photos/slemo/

Est il nécessaire de préciser que j'apprécie Philippe Val comme peu d'autres journalistes. J'en ai temoigné ici à plusieurs reprises depuis des années. Les mauvaises langues n'y verront qu'un simple relant communautariste... Peut-être. On n'est jamais vraiment à l'abri de certains aveuglements. Ceci dit je vais tenter d'expliquer pourquoi je suis solidaire de lui dans l'affaire Siné.

Tout d'abord les faits, tels qu'ils sont relatés dans la presse :

  • Charlie Hebdo du 2 juillet : Siné écrit une brève satirique dans laquelle il évoque le désir de Jean Sarkozy de "se convertir au judaïsme avant d'épouser sa fiancée, juive, et héritière des fondateurs de Darty"! Et de conclure : "Il fera du chemin dans la vie, ce petit!"
  • Une semaine plus tard, Claude Askolovitch, sur RTL, qualifie le texte sur Jean Sarkozy d'"antisémite", "Sous-entendu, pour faire du chemin dans la vie, vaut mieux être juif".
  • La direction de Charlie Hebdo demande alors à Siné de s'excuser et ce dernier accepte de signer un texte dans lequel il explique : qu'il "voulait dénoncer l’imbécillité de se convertir à une religion quelle qu’elle soit" et qu'il s'excuse auprès de ceux qui avaient compris son propos comme un "raccourci ambigu et condamnable". La rédaction de Charlie Hebdo souhaite publier ces excuses en précisant qu'elle était "habituée aux fantaisies de Siné mais que la dernière ne l'a pas fait rire du tout. Qu'elle la réprouvait unanimement, qu'elle était ravie qu'il en fasse autant  (...) et que les atteintes à ses valeurs communes n'ont pas leur place dans le journal." Siné refuse alors la publication de ses excuses dans ces conditions.
  • Philippe Val, "supplie" mais ne parvient pas à convaincre Siné de publier cette lettre avec le mot de la rédaction. Il décide alors de l'écarter du journal. Il justifie l'importance des excuses en rappelant que la conversion de Jean Sarkozy au judaïsme est "une fausse rumeur" et en expliquant que "ces propos pouvaient être interprétés comme faisant un lien entre la conversion au judaïsme, le mariage avec une jeune fille juive et la réussite sociale, ce qui est l’un des fondements de la rhétorique antisémite, et n’aurait été ni acceptable ni défendable devant un tribunal".
  • Siné rétorque qu'il reprochait à "Jean Sarkozy de se convertir par opportunisme." Et en précisant que "s'il s'était converti à la religion musulmane pour épouser la fille d'un émir, c'était pareil."

Soyons clairs : si on ne retient que les derniers mots de Siné on se dit qu'il s'agit d'une mauvaise blague de laïcard et qu'il n'y avait pas de quoi en faire un tel scandale. Des excuses en règle, comme les souhaitait Philippe Val, auraient pu dissiper le malentendu concernant le lien fait par Siné entre l'identité juive et la nécessaire réussite sociale qui en découlerait. Mais celui-ci a refusé que Val enfonce le clou. Tout est là : dans l'insistance ! Pourquoi Val voulait-il enfoncer le clou?

Pour comprendre, il faut se rappeler le combat que mène Philippe Val depuis plusieurs années. Val est une sentinelle, un des rares gardiens d'une tradition progressiste, démocratique et éclairée de la gauche. Depuis 2001 et l'affaire Durban, il n'a cessé de condamner les dérives totalitaires et obscurantistes de sa propre famille politique. Souvenez-vous de la campagne contre le Non au référendum européen, son parrainage au livre de Caroline Fourest ou l’édito sur les poujadismes, l’antisémitisme de droite et celui de gauche... Certains ont même été jusqu'à comparer son combat à celui du commandant Massoud. Il a été un des premiers libertaires (le premier?) à demasquer la trahison des idéaux progressistes chez les altermondialistes (c'est un des fondateurs d'ATTAC). Pendant et aprés Durban, il s'est acharné à expliquer combien une certaine gauche a été séduite par les discours antisémites.

Val ne supporte donc pas le moindre soupçon d'antisémitisme ou de racisme à l'égard de sa rédaction : c'est phobique. Il y a quelques années, j'ai pu me rendre compte de ses défauts lors d'un déjeuné avec lui et son équipe. C'est vrai qu'il a l'esprit de cour, il est rigide et tyrannique. Quand il parle, on ne bronche pas! En revanche, j'ai beaucoup d'admiration pour l'intelligence et le courage du combat qu'il mène. Il est une lueur d'espoir dans une gauche moribonde et je voulais exprimer ici ma solidarité, particulièrement dans ce moment difficile.  

PS: La différence qu'il entretient dans son camp politique, cette chose qui le rend singulier, cette altérité qui m'en rappelle une autre (celle du Juif que j'évoquais dans un précédent billet), s'il y a eu aveuglement de ma part, peut-êre est-ce dû aussi à tout cela ?

UPDATE (19/07/08 - 10:00): Modification du titre de "Val contre Siné : décryptage" en "Pourquoi je suis solidaire de Val" (Le premier titre ne me semblait pas assez clair). Et précisions dans les deux derniers paragraphes.



Portrait de Meyer

D'accord avec toi. J'admire

D'accord avec toi.
J'admire la cohérence, le courage et la perseverance de Val.
Souvent seul contre tous dans un monde devenu fou où il est facile d'etre d'un extreme ou de l'autre (souvent sans même en avoir conscience) et très difficile de faire ce qu'il fait : NI d'un extreme NI de l'autre ET d'un extreme ET de l'autre. Alors Nulle part ? Non ! Là où plus personne n'est plus, là où la gauche a disparu emportée par la vague suspecte altermondialiste, là où les intellectuels ont disparu emportés par la vague narcissico-médiatique, là où il nous attend, où il attend notre solidarité pour qu'enfin renaisse une vraie gauche du futur et pas celle de Ségolène, ni d'Olivier, ni de José ... ni de Siné s'il ne se resaissit pas sans en faire un plat médiatique.

Portrait de Eric

J'ai du mal à comprendre:

J'ai du mal à comprendre: ton texte est ironique ou tu soutiens vraiment Philippe Val? (Ce que je peux comprendre: personnellement il peut m'arriver de trouver qu'il dit des choses intéressantes)

Sinon, je trouve qu'il a commis une grosse faute: publier le texte de Siné sans le lire (ou le faire lire). Après, j'imagine comment ça s'est passé: Jean Sarkozy l'appelle pour se plaindre (il avait parfaitement raison de le faire, le texte est insultant). Et là, au lieu d'assumer son erreur, il enfonce son dessinateur (même s'il faut reconnaître qu'il a a essayé de rattraper le coup avec la lettre d'excuse). Tout ça ne serait pas arrivé s'il avait fait son boulot, en somme: s'assurer que les textes publiés dans Charlie ne sont pas diffamatoires.

Portrait de Michel Levy-Provencal

Mon texte n'a rien

Mon texte n'a rien d'ironique.

Val a commis l'erreur de ne pas relire Siné avant la publication du journal, tu as raison. Il a reconnu son erreur. Mais le coeur de la polémique ne réside pas là. On lui reproche d'être cette sentinelle. Comme le disait Meyer dans son précédent commentaire, c'est un raisonnement dangereux qui est en jeu chez les détracteurs de Val : on n'a plus d'espace d'expression entre les extremes. 

Portrait de leafar

Moi j'aime bien Val (

Moi j'aime bien Val ( http://club.u-lik.com/club.php?o=271895)
Il a bien fait et eric il arrive de se planter, inutile de l'enfoncer, siné doit aussi assumer ce qu'il voulait écrire. La proposition d'excuse me semble correct. Il suffit de vouloir trouver toujours des boucs émissaires. J'aime qu'on m'offre une belle liberté ... j'en assume les conséquences.

Portrait de Peggy Sastre

s'excuser, ça ne veut pas

s'excuser, ça ne veut pas dire assumer, ça veut dire se dédire de ses propos, du genre "retire ce que tu as dit"  - encore heureux que Siné ait refusé de le faire.

Portrait de Michel Levy-Provencal

Mais je ne vois vraiment pas

Mais je ne vois vraiment pas quelle honte on peut avoir à retirer des propos pouvant etre légitimement interprétés comme antisémites si on ne situe pas le point de vue...

Siné a eu l'occasion de situer ce point de vue, Val lui en a donné l'occasion. Il a préféré tenir tête à Val  (d'autres sujets qu'on ne connait pas, encore une histoire de contexte...) au risque de ne pas lever l'ambiguité antisémite... C'est nul et ça pue.

 

Portrait de Peggy Sastre

Encore une fois, le

Encore une fois, le "légitime" là, n'est pas si légitime que cela. Tu parles d'"honneur", ok, tu dis "ça pue", ok, il m'est donc légitime de penser que tu ne cherches pas le débat raisonnable mais que tu te mets dans un contexte affectif où le but est de légitimer le fait que quelques hystériques ont été choqués par tel propos.

Désolée, mais ça me fait gerber :D

Portrait de Peggy Sastre

Ouais bon, on va essayer

Ouais bon, on va essayer d'éviter les arguments ad hominem, du genre "val il est gentil, je l'aime" mais avoir vu de l'antisémitisme dans les propos de Siné relève de la débilité profonde. C'est avec ce genre d'affaire que la liberté d'expression s'érode peu à peu, et que personne n'a l'air de moufter parce qu'il faut bien "respecter" la sensibilité des gens. J'emmerde le respect, bien profondément. Ce n'est pas mon genre de faire les prophètes de malheur mais avec ce genre d'affaire, demain ça sera le retour du crime de blasphème.

Que cette petite hyène d'Askolovitch ait vu de l'antisémitisme dans les propos de Siné ne regarde que lui, Siné s'est expliqué, je pense qu'une certaine "raison" voudrait qu'on privilégie la "vérité" des intentions d'un auteur plutôt que celle d'un interprète. Dans le cas contraire, vive la chasse aux sorcières. Et le trip des excuses pitié ! Un caricaturiste s'excuse et la prochaine étape, c'est le bandeau "à consommer avec modération" sur tout ce qui titille d'un  peu trop près le politiquement correct. On nage en plein délire.

Et je passe sur l'allégeance au puissant, le fils à papa chialote, hop, le moutou noir est viré, mais ça m'agace aussi sévère. Même si je ne suis pas une lectrice assidue de Charlie Hebdo, même si le côté "fourbissez vos armes et choisissez votre camp" me gave, je défends Siné sur ce coup,

Portrait de Michel Levy-Provencal

" Un caricaturiste s'excuse

" Un caricaturiste s'excuse et la prochaine étape, c'est le bandeau à consommer avec modération sur tout ce qui titille d'un  peu trop près le politiquement correct. On nage en plein délire!"

On peut déraper, surtout quand on joue avec les limites comme le fait Siné et comme l'autorise Val dans son journal. Mais quand on dérape, on le dit, on s'en excuse, on est humain. Siné a refusé de publier les excuses. C'est tout le problème.

 

L'humour est affaire de contexte. Prenons un exemple caricatural : quand Dieudonné fait ses vannes sur les juifs, il le fait dans un contexte. La même vanne dans la bouche d'un Desproges ou d'un Coluche nous aurait probablement fait marrer. Le contexte, c'est le public, le discours politique autour, les accointances,...   Dieudonné peut faire rire, mais pour cela il faut soit etre antisémite, soit oublier le contexte dans lequel il évolue. Quand on n'est pas  antisémite, on peut rire au second degré des vannes de Dieudonné mais lui est au premier degré et on est alors piégé.

Mais revenons à Siné. Lui aussi evolue dans un contexte. La question de l'antisémitisme pour Val est au coeur de son combat à gauche. Siné  le sait... Et il sait aussi que dans le public de Charlie il y a des gens qui ne supportent pas les idées de Val. En surfant sur la limite il va jouer sur l'ambiguité et draguer cette frange gauchiste qui se cache derriere la liberté  d'expression pour exprimer des idées poisseuses : "un juif c'est riche". Pour lever toute ambiguité, Val a voulu une explication claire et des excuses. Siné a refusé la publication. C'est simple.

Pegg, tu te fourvoies quand tu défends la liberté d'expression à tout prix. On peut rire de tout mais tout  dépend avec qui. Il me semble que c'est exactement cela qu'a voulu préciser Val. "Si vous etes d'accord avec nos valeurs, ok... sinon ce n'est pas drole.". Siné a refusé que les valeurs communes à  la redaction de Charlie soit rappelées...

 

 

Portrait de Peggy Sastre

Ces histoires de contexte,

Ces histoires de contexte, c'est justement la chasse aux sorcières que je pointais précédemment. Tu dis que Siné "surfe", ça t'appartient, ça n'appartient pas aux intentions de Siné qu'il a précisées par ailleurs. Ce qui m'appartient, c'est de dire que le fouille-merde d'Askolovitch, qui n'a pas la cervelle pour faire autre chose que de la polémique à deux balles (et oui, l'épouvantail "antisémitisme", ça marche tellement bien) s'est servi d'un prétexte pour faire tomber une personne qui le dérangeait. Comme le font tous les proselytes, comme le font tous les curetons (qu'ils portent des soutanes, des kippas, ou des djelabbas, etc.) : la manifestation de leur intolérance passe par la destruction. Ca s'appelle aussi le maximalisme : tu as des valeurs, et tu veux que tout le monde ait les mêmes, sinon tu te sens mal. C'est ce genre de comportement que je dénonce ici. Et dont je suis bien désolée de voir que Val soit tombé dedans.

Sinon, pour le fourvoiement, je suis bien contente de voir que tu te proposes pour être mon directeur de conscience, mais je me vois dans l'obligation de décliner l'offre. Oui, je suis une acharnée de la liberté d'expression et d'opinion, et même pour les opinions et les expressions que je ne partage pas, qui peuvent me "déranger" (je vais pas la jouer Voltaire, hein). En essayant de marcher sur des oeufs, je dirais que l'affaire Siné revèle une certaine hystérie actuelle autour de l'antisémitisme, comme il peut en avoir une autre autour de la pédophilie (tiens, c'est pas Val qui a "renié" son ami de trente ans sous prétexte qu'il aurait palpé de la petite fille ?). On ne réfléchit plus, on matraque, on colle des stickers (rien à voir avec la promo mikiane.com hein), ça antisémite, ça pas bien, ça, on en parle pas. Et ne pas pouvoir parler de quelque chose, ne pas pouvoir y réfléchir, argumenter, débattre, est pour moi une violence intolérable.

Portrait de Michel Levy-Provencal

Je n'ai jamais nié le coté

Je n'ai jamais nié le coté cureton de Val. Il est tyranique et rigide, je le dis. Val a voulu préciser dans quel contexte SA redaction s'exprime. Il est le patron de Charlie où il y a des espaces de liberté mais aussi des valeurs communes comme dans tout canard. Et jusqu'à preuve du contraire c'est le patron du journal, donc c'est lui qui au final décide de la ligne. On n'aime pas on n'achete pas et on se  barre si on n'est pas d'acord. Val ne fait que préciser "d'où il parle" quand il a voulu publier la lettre d'excuse. Il a voulu rappeler les valeurs du journal...

Quand à l'hystérie sur l'antisémitisme, tu rejoins le discours de beaucoup de gens qui défendent la liberté d'expression par dessus "TOUT". Mais "TOUT" ca ne veut rien dire. Une relativiste devrait pourtant le savoir... Je trouve ça bien le relativisme, mais faut juste préciser d'où on parle... Etre relativiste dans l'absolu moi je ne comprends pas cocote. Il me semble que ça mène au chaos.

 

 

Portrait de Peggy Sastre

ouais, bon, si tu dévies le

ouais, bon, si tu dévies le sujet de la conversation tout le temps, on va pas y retrouver ses chatons...

réponds à cette question : le texte de Siné est-il antisémite ?

Portrait de Michel Levy-Provencal

Tout dépend encore du

Tout dépend encore du contexte. Mais pusique tu veux une réponse, compte tenu de la suite des évènements, à savoir Siné qui se braque et refuse la publication des excuses (à coté de l'article de Val rappelant les valeurs de Charlie) j'ai tendance à penser, oui, qu'il y a de l'antisémitisme dans cette affaire. S'il n'y avait aucun doute concernant les intentions de Siné, il aurait sauté sur l'occasion pour crier haut et fort ses excuses.

Le problème c'est qu'il n'y a pas que ça. Je pense aussi qu'il y a quelquechose de l'ordre du reglement de compte interne. Et que Val n'est pas un enfant de choeur, que son coté tyranique apparait au grand jour.

Concernant l'antisémitisme et la presse satirique, rappelez vous de l'affaire Renoma et des fringues chic de Hitler et Goering. Dans les années 60, Hara-Kiri. publie une pub pour le couturier Renoma: une photographie de Hitler et Goering, avec cette légende : « Pourquoi Hitler et Goering étaient-ils aussi chics ? Parce qu’ils s’habillaient chez Renoma ! » L’affaire a suscité un tel émoi chez les associations d’anciens déportés que Cavanna n'hésite pas une seconde avant de retirer la pub en question et présenter ses excuses. Quand on tient un journal comme Charlie on peut déraper, c'est pas le souci. La seule chose c'est d'être capable de le dire, rappeler ses valeurs et s'y tenir. 

 

Portrait de Peggy Sastre

Ok, tu ne réponds pas à la

Ok, tu ne réponds pas à la question. Avoir deux grammes de jugeotte, et puisqu'on est dans le décryptage des intentions cachées de qui ou qu'est-ce, ça serait aussi comprendre que s'excuser aurait justement attesté l'antisémitisme des propos, ou, soyons charitable, le fait qu'ils pouvaient "prêter à confusion". Quand on n'a rien à se reprocher, pourquoi s'excuser ? (Surtout que connaissant Siné, le côté confessionnal du recours en excuse publique a dû passablement le mettre hors de lui).

Plus loin, et parce que j'ai moi aussi le droit de dévier la conversation, ce dépiautage des intentions cachées est assez significative d'une certaine tendance sociétale (je m'excuse) qui veut que du moment où quelqu'un se dit choqué de quelque chose, alors la chose en question devient "choquante", pratiquement "en soi". Pour sortir de l'antisémitisme, prenons la questions des outrages sexuels en général, et la pédophilie en particulier. Et là, je laisserai Marcela Iacub parler pour moi (Par le trou de la serrure, pp254-255)

L'intérêt porté aux mobiles des auteurs et donc au type de jouissance qu'ils cherchent à éprouver est devenu fondamental pour le système judiciaire, au détriment de la quête de l'intention de commettre des actes précis. Le sexuel est dorénavant plus dans l'esprit que les actes eux-mêmes. Mais on sait que, lorsqu'on s'aventure dans ces opérations incertaines d'attribution à autrui de mobiles sexuels, ce qui prévaut, ce sont les fantasmes de ceux qui jugent et non par une quelconque réalité qui aurait habité l'esprit des accusés au moment de la commission des faits. Qui avait un mobile pornographique, la photographe qui prit un cliché de son fils dans une baignoire pour le présenter à une exposition ou les juges qui l'ont condamnée pour avoir enfreint l'article 227-23 du Code Pénal ?

Portrait de Michel Levy-Provencal

Bon pegg, ca troll là. Je

Bon pegg, ca troll là. Je vais tenter le commentaire conclusif (ou just do it, puisque tu as souvent le dernier mot cocotte : c'est un truc d'hystérique il me semble... :-) ) 

Je répète ma réponse: Siné qui se braque et refuse la publication des excuses (à coté de l'article de Val rappelant les valeurs de Charlie) me donne à penser, oui, à de l'antisémitisme. S'il n'y avait aucun doute concernant ses intentions Siné aurait sauté sur l'occasion pour crier haut et fort ses excuses.

Quant à l'argument de celui qui n'a rien à se reprocher il ne tient pas une seconde : quand on a rien à se reprocher on ne s'offusque pas :
1/ de présenter ses excuses à ceux qui auraient, eventuellement mal intepreté ses propos
2/ de rappeler ses valeurs et ses limites pour bien se faire comprendre

Quand à la question de la pédophilie, c'est une autre histoire, tu m'excuseras si je ne m'y attarde pas là maintenant, on pourra en reparler à une autre occasion, mais là pas le temps désolé. J'ai du taff et je crois que tu sais de quoi je parle petite tête va...

 

Portrait de Peggy Sastre

euh, non, je ne cherche pas

euh, non, je ne cherche pas à avoir le dernier mot (le fait que tu croies ça fait vraiment de toi un hystérique !) mais quand il y a matière à débattre encore, alors je continue

là, j'ai compris, c'est fini, au travail maintenant ! :D

Portrait de VinZ

Siné, c'est un vieil anar

Siné, c'est un vieil anar gauchiste qui n'aime personne, et qui donc déteste faire des gentillesses. Alors s'excuser… pour un propos détourné par Asko… à un Sarkozy !… à côté d'un article où on condamnait ses propos, c'était un peu trop pour lui.
C'est tout.
Quand Siné dérape, c'est par provocation, jamais par racisme.

Portrait de Michel Levy-Provencal

Vinz, je me trompe surement

Vinz, je me trompe surement mais je comprends qu'etre un vieil anar gauchiste qui dérape et provoque c'est necessairement au dessus de tout soupçon (d'antisemitisme en l'occurence). Je ne vais tout de même pas tomber si bas et rappeler les racines antisémites du mouvement anarchiste (Proudhon pour ne citer que le père...). Heureusement que beaucoup d'entre eux (sont morts :-) ) ont évolué et se sont éloigné de cette base crasseuse.

Pour Proudhon les juifs c'est le Capital (comme pour Marx... cf la "Question Juive"). Wikipedia évoque un extrait de ses carnets:

« Juifs. Faire un article contre cette race, qui envenime tout, en se fourrant partout, sans jamais se fondre avec aucun peuple. Demander son expulsion de France, à l’exception des individus mariés avec des françaises; abolir les synagogues, ne les admettre à aucun emploi, poursuivre enfin l’abolition de ce culte. Ce n’est pas pour rien que les chrétiens les ont appelés déicides. Le juif est l’ennemi du genre humain. Il faut renvoyer cette race en Asie, ou l’exterminer... Par le fer ou par le feu, ou par l’expulsion, il faut que le juif disparaisse... Tolérer les vieillards qui n’engendrent plus. Travail à faire. Ce que les peuples du Moyen Age haïssaient d’instinct, je le hais avec réflexion et irrévocablement. La haine du juif comme de l’Anglais doit être notre premier article de foi politique » (Proudhon)

Hum... ca flaire bon ça... Mais c'est un anar', gauchiste, qui dérape et provoque...

En France, Il faut remercier le vieux Cavanna et une partie de l'équipe Hara Kiri pour avoir fait le tri et créé un journal avec des anars, des libertaires, des gauchistes, des intelligents qui ont su grandir et  faire la part des choses. Val est vigilant!

Portrait de Lomalarch

J’arrive du lien laissé

J’arrive du lien laissé dans les commentaires d’Embruns et je vais prendre deux secondes pour affiner ce que j’ai dit là-bas.

Je pense que Val est un assez mauvais patron de presse : il semble avoir décidé qu’il était détenteur de la Vérité et que ses contradicteurs étaient systématiquement des sales types. Si je partage certains de ses combats (la sympathie d’une certaine gauche pour l’islamisme radical n’est pas acceptable), il a dérapé dans cette affaire, pour moi, une fois de trop. Exiger qu’un chroniqueur dont tout le monde sait qu’il est en désaccord avec lui qu’il se fasse publiquement désavouer par l’ensemble de ses collègues est indigne d’un patron. En entreprise on parlerait de harcèlement moral, et c’est ça qui n’est pas acceptable.

L’ambition de Val pour son journal d’être le « phare de la gauche » ci-dessus décrit ? Je suis abonné depuis plus de dix ans (et c’est bien pour ça que ça me pose un problème), et j’ai vu le journal dériver. Les seules analyses qui me semblent demeurer aujourd’hui sont celles de l’excellent Oncle Bernard. Le reste est, au mieux, du reportage, et le plus souvent du commentaire sur l’information déjà traitée ailleurs.

Les éditos de Val, dont la légitimité à incarner à lui seul la gauche dans la tempête m’interroge, ne sont pas, à mon sens, de l’analyse, mais bien de l’édito : humeur, commentaire, air du temps… Et je dis ça avec d’autant plus de peine que, pendant des années, j’ai lu avidement sa prose, me suis délecter de le voir affiner et mettre en forme des choses que je sentais de façon plus diffuse. Alors oui, j’ai vieilli, je ressens moins aujourd’hui la nécessité d’avoir un « prof » qui m’ouvre la voie, mais surtout quelque chose s’est cassé en 2005 quand, avec d’autres, au lieu de prendre acte du résultat du référendum en cherchant des pistes pour faire repartir l’idée européenne, il s’est mis (comme trop d’autres) à insulter copieusement, et pendant des mois, sa gauche qui l’avait trahi.

Bon, je ne suis pas chez moi, j’arrête de me répandre ;-)

Portrait de Michel Levy-Provencal

"j'ai lu avidement sa prose,

"j'ai lu avidement sa prose, me suis délecter de le voir affiner et mettre en forme des choses que je sentais de façon plus diffuse. " C'est exactement ce que j'ai vécu aussi.

Le coté prof lui va bien, c'est un peu un gourou, son coté cureton... Concernant le référendum, j'étais plutot pour le oui, d'où le fait que  rien ne se soit cassé... 

PS: Mais je t'en prie, tu ne te répands pas... :)

Portrait de narvic

La question des excuses de

La question des excuses de Siné semble un peu plus complexe que le résumé que tu en fais, non ? Le refus de Siné de publier ses excuses semble lié au texte que Philippe Val voulait publier à côté, faisant état d'une réprobration unanime de la rédaction, alors que cette unanimité n'était pas établie... (Michel Polac, entre autres, a refusé de s'y associer et l'a dit publiquement, à Marianne2) Tu parles en commentaires du contexte, qu'il faut prendre en compte : il y là un contexte interne à la rédaction de Charlie-Hebdo qui peut modifier la perception qu'on a de toute l'affaire...

Sur le caractère antisémite du propos de Siné, il y a matière à débat également. La position de Gisèle Halimi est intéressante sur ce point (communiqué publié par le NouvelObs) : "A la lecture attentive de ses quelques lignes, je suis en mesure d'affirmer - en spécialiste du droit de la presse - qu'il ne s'agit que d'un prétexte ; un procès pour antisémitisme n'aurait guère de chances d'aboutir. Cette opération participe donc des procès en sorcellerie qui se multiplient aujourd'hui pour maintenir une psychose du juif persécuté."

Contexte, prétexte... Tout ça me laisse penser que toutes les données du problème ne sont pas sur la table.

Portrait de Peggy Sastre

gosh, je suis d'accord avec

gosh, je suis d'accord avec Gisèle Halimi, il est temps que je prenne des vacances :D

Portrait de Jean

Non Mikiane. Les propos

Non Mikiane. Les propos infamants, « ordure », « antisémite », ne sont pas de Siné mais d'Askolovitch. Réécoutez-le. Relisez-le. Quant à Val, on ne peut à la fois publier les caricatures de Mahomet et taxer d'antisémitisme quelqu'un au prétexte qu'il a écrit « riche héritière juive ». C'est de la mauvaise foi. Vous ne savez pas ce qu'est l'antisémitisme : ça pue.

Portrait de JB Ingold

Comme directeur de

Comme directeur de publication c'était à Val d'autoriser ou non la publication de l'article litigieux. Donc il n'a pas fait son boulot dans un premier temps. J'ai été moi-même directeur de publication c'était moi le responsable ultime, d'où la nécessité de tout lire ou faire lire.

Dans un second temps Val a attisé le conflit et poussé Siné à la faute. En simplifiant il a voulu le prendre à partie face une rédaction "unanime". Il me semble que qu'il y a des enjeux internes et que cette histoire a été instrumentalisée par Val.

En même temps j'ai toujours trouvé suspect une certaine gauche qui ne fait pas la différence entre anti-sémitisme et racisme.

Portrait de Michel Levy-Provencal

Bien sur Val a  fait une

Bien sur Val a  fait une erreur en ne vérifiant pas ce qu'il y avait dans son journal avant publication. Ce n'est pas une excuse non plus, mais j'ai entendu qu'il ne lisait pas les papiers de Siné tellement il ne supportait plus le bonhomme et ses sorties "vielle garde". Je comprends très bien et je partage ce sentiment !

Je ne sais pas trop comment finira cette affaire : Charlie va-t-il imploser? Val arrivera-t-il a conserver une équipe de fidèles conservera-t-il le journal ? Nous verrons bien... mais j'espère qu'il y parviendra, son projet, marlgré les défauts qu'on lui connait est passionant.

Pour l'anecdote, avant de monter Rue89 avec les zozos que l'on connait, j'avais proposé à Val de créer une antenne internet du journal sur un mode participatif. Mais Val n'a jamais aimé l'internet. Il s'en est toujours mefié : "le terrain de jeu idéal des paranoïaques". Ce sont ses mots : quel dommage....

J'aurai beaucoup aimé travailler avec son équipe à aussi faire de Charlie un media web... A bon entendeur.. :-)

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