Les contenus à l'heure de l'abondance

Merci pour votre recommandation

Pendant le long débat qui a précédé le vote de la loi HADOPI, la plupart des discussions ont été stériles, trop manichéennes... Chaque parti s'est retranché dans son camp laissant place à des dialogues de sourds.

Très frustré par la tournure qu'ont pris les débats j'ai réalisé un court documedia qui tente d'apporter de la lumière sur une question cruciale: comment accepter les nouvelles règles que nous imposent le réseau, donc la possibilité infinie de copie et de diffusion des contenus et garantir en même temps une juste retribution aux créateurs.

Je vous laisse juges...



Portrait de Vinvin

Quel boulot mes aïeux... Je

Quel boulot mes aïeux... Je vais me le refaire. Il y a clairement deux parties. Je vais aller à la deuxième : les solutions.

Portrait de Julien

Chercher des revenus côté

Chercher des revenus côté diffusion, c'est nous accrocher à l'économie de la rareté.

Voilà pourquoi en quelques points (et avant tout, merci pour cette vidéo très bien construite !!) :

1.
"ceux qui vivent de la création de contenu" sont une part minoritaires des créateurs.

La majorité des créateurs ne sont pas rétribués pour leurs création, ou de manière totalement anecdotique.

Les écrivains, les artistes visuels, les musiciens, et même certains journalistes utilisent des métiers ombrelles comme universitaire ou graphiste, des résidences, etc. pour financer *a priori* leur production.

Quand l'œuvre est produite, elle est déjà financé -- au frais des artistes

2.
"le financement des contenus est indispensable..."

Absolument pas.

C'est le financement des créateurs et du processus créatif qui est indispensable -- financement de leur temps, tout d'abord.

Or, dans le système vocatif de l'art et de la création aujourd'hui, le financement des œuvres se fait en très grande majorité "au frais des artistes".

3.
Un petit nombre de *hit* entretien l'illusion que le phénomène courant, normal, pour un artiste est de vivre de son œuvre.

C'est exactement le contraire : ce sont les créateurs qui financent majoritairement leurs créations, sauf pour quelques stars.

La plus grosse part des revenus revient aux intermédiaires qui contrôle les systèmes de distributions.

Exemple:
Un succès *soudain* comme Kamini, par exemple, c'est 10 ans de pratique auto-financé.

L'album était fait, le clip réalisé bénévolement, la major a juste eu à se pencher et à monopoliser, au sens juridique, le travail de Kamini -- avec son consentement bien sur.

La maison de disque investit ici dans le marketing, pour maximiser la rentabilisation d'une œuvre déjà préalablement financé...

Bel effet de levier financier, et sans trop de risque dans ce cas, mais c'est en tout cas Kamini qui a financé la création de son contenu musical.

4.
"...sans quoi les contenus de qualités disparaitront"

Un peu de dramatisation ici ?

La notion de qualité est très subjective, n'est-ce pas ?

Lier la qualité directement au financement me parait historiquement douteux.

On pourrait s'amuser à trouver des chefs d'œuvres créés sans financement, voire dans la pauvreté, et des œuvres médiocres fortement financés.

Enfin, les contenus existants ne disparaîtront pas en enfer si l'économie actuelle des contenus s'écroule

Au contraire, leur diffusion gratuite leur assurent un public potentiel plus grand que jamais.

5.
Je ne connais pas d'enquête ou business actuel qui indiquent que les consommateur sont prêt à payer pour les "filtres" proposé par les producteurs même du contenu.

Les filtres qui se mettent en place sont communautaires, sociaux, ou algorithmique (Google News).

Et tout ces filtres sont hors de contrôle des producteurs de contenu, qui ne gagneront probablement que des miettes avec.

6.
Une première porte de sortie est de se souvenir que le fameux *droit de gagner de l'argent sur la diffusion d'une œuvre* dont on nous rebat les oreilles est une exception récente au domaine public.

Les champs grégoriens (contenu musical de qualité, non ? :-) n'ont pas été *financés* par leur diffusion.

Les moines avait des revenus, et c'est revenus leur permettait de créer.

Les tableaux a succès, jusqu'au 19ème, faisaient l'objet de copie, imitations, gravures, tirages...

Qu'une œuvre produite soit librement diffusable n'est pas une hérésie gauchiste. Cela s'appelle le domaine public !

Le monopole du droit d'auteur -- ou des brevets -- n'est qu'une exception accordés aux auteurs, pour *encourager la création et la diffusion des idées*

Le domaine public est la norme, et les œuvres y retournent naturellement après un certain délai.

Et ce délai est aujourd'hui beaucoup trop long. Ces décennies de monopole nuisent à la société dans son ensemble en terme de création et de diffusion des idées -- au lieu de lui bénéficier.

7.
Si l'on était cynique, on pourrait dire qu'une fois l'œuvre produite, le créateur n'est plus utile -- à moins qu'il prouve qu'il peut recommencer !

Pourquoi payer un contenu déjà produit ?

Soyons donc cynique : une fois Thriller déjà écrit et enregistré, qu'apporte à la société le monopole de Michael Jackson sur son œuvre, des décennies après ?

Ou encore : de quel droit les Beattles restants peuvent-ils limiter la diffusion de leur œuvre et en empêcher la vente sur internet ?

Plus une œuvre est socialement importante, et moins son auteur est légitime à en contrôler la diffusion.

8.
La diffusion devient totalement libre.

Le cout de partage avec la terre entière d'une contenu tend vers zéro.

Réjouissons nous, avant tout.

Puis accentuons les mécanismes d'aide publique et de financement privé de la création *avant* diffusion.

Portrait de Tom

As-tu déjà été "auteur",

As-tu déjà été "auteur", Julien?

Aujourd'hui, et depuis longtemps, être auteur, c'est accepter de travailler pendant un an (disons) et n'être payé que l'année suivante, et seulement si son travail plait.

Accepterais tu, toi, de travailler pendant un an sans être payé? Et de ne recevoir ton salaire que dans un an, seulement si ton travail a plu?

Demain, tu voudrais qu'en plus de pas gagner d'argent l'année de son travail, un auteur de gagne plus d'argent du tout? Ni l'année suivante, ni jamais, que son travail plaise ou non?

Crois-tu qu'autant de créateurs investiraient leur temps et leur énergie (et que des producteurs leur donneraient les moyens de le faire) sans la perspective de gagner leur vie?

Portrait de Courageux anonyme

Combien d'auteurs, de

Combien d'auteurs, de créateurs (peintres, musiciens,...) sont mort dans la misère...
l'important pour eux n'était pas nécessairement la richesse, mais la production d'une oeuvre : ils étaient de véritables artistes
Aujourd'hui, les artistes véritables se comptent sur les doigts de la main du baron d'Empain, et on voudrait que n'importe quel pseudo artiste vive comme un pacha de la guimauve qu'on oblige le peuple à acheter à force de matraquage radiophonique / télévisuel...
...peut-être y aurait il donc moins de "créateurs" qui investiraient leurs temps et énergie, mais peut être y aurait il plus de véritables créations !

Portrait de Axl

Et pour compléter,

Et pour compléter, j'ajouterai cette citation de Desproges :
"On a envie d'aimer mais on ne peut pas. Tu es là, homme mon frère, mon semblable, mon presque-moi. Tu es là, près de moi, je te tends les bras, je cherche la chaleur de ton amitié. Mais au moment même où j'espère que je vais t'aimer, tu me regardes et tu dis :
— Vous avez vu Serge Lama samedi sur la Une, c'était chouette."

Remplacer Serge Lama par n'importe quel starillon à 30 cents : on ne perdra pas grand chose s'il ne produisent plus rien ; on gagnera peut être même en sérénité...

Portrait de Julien

Bonne ou mauvaise réalité,

Bonne ou mauvaise réalité, très peu d'artistes vivent de la diffusion de leurs œuvres.

La majorité des créateurs vivent d'autre chose, en lien ou pas avec leur activité artistique.

Tom, je crois que nous sommes d'accord là-dessus ("être auteur, c'est accepter de travailler pendant un an disons et n'être payé que l'année suivante, et seulement si son travail plait.")

- - -

Le caractère vocatif du travail artistique (métiers d'offres et non de demande, en gros) est une des causes de cette spécificité.

La perspective du succès (légitimité, argent...) est une forte motivation dans un métier vocatif. Mais seule une très faible minorité a accès au succès maximum.

Sur ces points, il faut lire -- entre autre -- "Portrait de l'artiste en travailleur" de Menger.

Cessons donc cet idéalisme en matière de revenus des artistes.

Les auteurs dépensent bien plus que la diffusion de leurs œuvres leur rapportent, sauf exceptions. Seul les hit inversent la tendance.

- - -

La destruction du système actuel n'est absolument pas à somme négative pour la majorité des créateurs. La levée des barrières de diffusion a un effet positif pour une immense majorité d'artistes sur leur accès au public, à la légitimité, et à des sources de revenus.

Faut-il encore une fois le souligner, il y a aussi un effet positif pour la société dans son ensemble.

- - -

Il faut totalement renverser la vision en se focalisant à nouveau sur la création même -- et non le contenu, déjà financé, déjà reproduit à l'infini.

On ne sauvera pas les systèmes économiques actuels, basés sur une réalité qui s'efface chaque jour.

Certains circuits de financements qui étaient marginaux vont prendre de l'importance et devenir la nouvelle norme.

Ainsi, peut-être, les filières de financement préalables déconnectées de la diffusion -- qui existent dans de nombreux domaines artistiques.

Ces filières sont aujourd'hui fragiles, mais c'est un modèle bien plus encourageant, et socialement bien plus généreux que le cadenassage des contenus et le retour des monopoles.

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(Pour répondre à l'ad hominem, «As-tu déjà été 'auteur', Julien?».

Une rapide petite enquête t'aurais montré que j'ai été en effet auteur d'œuvres nouveau média, que mes amis sont en incroyable majorité créateurs, auteurs et artistes, que ma mère est écrivain jeunesse, etc.

Mais faut-il répondre à un ad hominem ? ;-)

Portrait de Karlos

Très belle

Très belle argumentation.

Le seul point qui me titille un peu : beaucoup d'outils permettant de filtrer existent déjà de façon gratuite, comme les flux RSS...

Des filtres plus automatiques (basés sur l'activité récente sur internet ou sur des données perso plus statiques) peuvent être mis en place. Ils soulèvent néanmoins des questions de vie privée (et plus on veut une segmentation fine, plus on a besoin de données).

En d'autres termes : Google qui a accès à mes mails / à mes recherches / mes flux RSS ainsi qu'à de nombreuses autres choses est en mesure de me proposer des contenus intéressants de façon plus pro-active. Mais est-ce ce qui est souhaité?

Avez-vous d'autres exemples de filtres différents?

Portrait de cpa

Très intéressant et

Très intéressant et pertinent !

Cela dit dans les commentaires, je vois et cite :
"Combien d'auteurs, de créateurs (peintres, musiciens,...) sont mort dans la misère...
l'important pour eux n'était pas nécessairement la richesse, mais la production d'une oeuvre : ils étaient de véritables artistes", ce qui résume pas mal de choses.

Je ne suis pas d'accord avec cela ; certes, il y a des artistes qui ne cherchent pas la gloire et l'argent, juste à faire "leur truc".
Mais il me semble que la majorité des artistes veut bien être riche et reconnue !
Mourir dans la misère n'est pas gage de qualité et ne donne pas - à mes yeux - une plus grande crédibilité à l'auteur/musicien/...

Et ne perdons pas de vue que l'on parle d'ici d'un changement global des comportements. Bien peu de personnes aiment les chants grégoriens (désolé !), les tableaux de maitre, les oeuvres de Nabokov. On aurait tendance à croire le contraire ; mais la majorité est silencieuse et ne se fait pas trop entendre dans le débat. D'ailleurs la majorité a probablement entendu parler d'Hadopi entre la poire et le fromage, au jt de 20h.

Cette majorité là est celle qu'il faut cibler, peu importe son bon goût ou son raffinement. Et, par exemple, comment financer un film d'envergure (du genre Transformers, un gros blockbuster qui a bien marché) sans producteurs ? Un tel projet demande quelques années de travail et des millions d'euros (on parle en centaines) ! Un tel budget est inenvisageable avec des métiers "ombrelles".
Pareil pour les séries télé ou les tournées d'une troupe de théâtre.

D'ailleurs, artiste n'est peut-être pas le bon terme. Dans ce post et ces commentaires, j'ai pas l'impression de reconnaitre les Britney Spears et les Brad Pitt qu'on voit dans les magazines people ! Et pourtant eux aussi, créent du contenu, de la culture. On dit même de la culture de masse. Ben ouais. C'est bien ce type de culture qui produit le plus grand impact sur notre société. Ce sont bien ces "artistes" qui - toutefois minoritaires - font les produits qui seront les plus regardés demain.

Je ne pense pas que les gens veulent à tout instant voir et entendre du talent. Ils veulent du divertissement de qualité. Ce divertissement est cher à produire, et il ne passe pas forcément par la case talent.

Aimer les beaux-arts, la belle musique nécessite une éducation que la majorité des gens n'ont pas. La véritable création est une utopie raffinée, qui ne saurait plaire à la majorité.

Panem et circenses, disaient-ils. Déjà.

Portrait de Capcanaveral

Excellent travail. Merci

Excellent travail. Merci Mikiane !
Très intéressant et pertinent encore une fois !
Hâte de voir les prochains sujets et vidéos.

Portrait de Michel Levy-Provencal

Merci pour ces commentaires

Merci pour ces commentaires encourageants.

J'ai reçu pas mal de demandes de transcription du documedia.

Voici une transcription non éditée (elle comporte certainement des fautes...)

A quoi ressembleront les contenus des dix prochaines années? Comment les financerons nous ? Quels modes de consommations allons nous voir émerger?

Les modalités de création, de consommation et de financement de contenus pour la presse écrite et pour l'édition changent. Ils mutent. Nous sommes spectateurs et acteurs de cette mutation depuis prés de 10 ans. Internet et sa culture laminent progressivement les anciens systèmes d'intermédiation et assurent simultanément l'émergence de nouveaux modèles.

S’il n’y avait qu’un mot à retenir de la révolution qui vient ? Ce serait..."hybridation"!
Hybridation des formats de contenus en particulier: vidéos, images, son, texte, interactivité, 3D, relief, kinesthésie... Le contenu devient protéiforme et la convergence joue à plein régime. L'impact de cette mutation sur les métiers de création et de diffusion est naturellement considérable et la synergie entre techniciens, créateurs et marketing inévitable.

Un créateur, un artiste, un journaliste qui offre un service de valeur doit être rétribué pour cela, que le mode de rétribution soit direct ou indirect. C'est indiscutable. Financer un contenu c'est assurer sa qualité.
La capacité infinie de copie et de diffusion qu'offre le numérique et internet pose un problème à ceux qui vivent de la création de contenus.
En effet, désormais, tout ce qui se crée et se vend peut se numériser et se redistribuer très facilement, voire gratuitement
Un contenu a beau être protégé par toute une série de dispositifs de plus en plus durs, il peut facilement être "piraté" et copié, puis diffusé si sa valeur est assez importante. Un nombre potentiel de copie infinie pour un coût nul met par terre tout modèle de financement basé sur la rareté.

Les partisans de la Culture Libre, défenseur de la liberté de copie et de partage sous certaines conditions, ont intégré les nouvelles capacités et contraintes qu'offrent Internet.
Ils pensent que l’économie de la rareté n’est pas le seul modèle possible. Ils pensent qu’une économie de l'abondance pourrait être une autre solution.
Beaucoup de politiques, créateurs et industriels renchérissent sur le thème de la protection. Ils souhaitent, parfois de bonne foi, protéger la création. Mais ils perdent de vue qu'ils mettent en péril l’écosystème culturel et informationnel.
En réalité, l’écosystème peut parvenir à alimenter chaque maillon de la chaîne si on apprend à l’apprivoiser.

Revenons à la définition même du processus créatif: l'idée d'une création pure est un mythe! Une création est toujours une hybridation. Par conséquent, tenter de limiter le processus de transformation qui passe nécessairement par la copie est contre-productif.
Autrement dit, parce-que la création est toujours hybridation, plus on a accès à de la matière première plus la créativité est émulée.

Il faut le répéter le financement des contenus est indispensable, sans quoi les contenus de qualité disparaîtront.
L'équation qui reste donc à résoudre est la suivante: comment à la fois intégrer les caractéristiques du nouveau marché des contenus et permettre aux auteurs d'être rétribué pour leur travail ?

Le réseau nous dicte sa loi naturelle, et nous n'avons pas le choix. La seule solution possible pour protéger la création consiste à "accompagner le mouvement". Il faut accompagner la construction d'une nouvelle économie de la création qui sache à la fois rétribuer les créateurs et laisser libre cours à la copie et l’hybridation.
La mauvaise nouvelle c'est qu'aujourd'hui il n'existe pas de modèle de financement parfait.
La bonne nouvelle est qu'il existe plusieurs modèles économiques, plus ou moins efficaces en fonction du contexte.
La folie serait de refuser le changement, et de protéger à tout prix l’ancien modèle. Cela ne ferait que mettre dos à dos producteurs et consommateurs. Cela coûterait trop cher et engagerait un combat perdu d'avance pour la sécurisation des contenus et des réseaux.
On peut schématiser les modèles de financement de la création en trois familles.
- La distribution de contenus gratuits financés par la publicité
- La distribution de contenus gratuits subventionnés
- La distribution de contenus payants
Le modèle publicitaire est en train de vivre une crise sans précédent. Jamais le marché de la publicité n'a été aussi tendu, quelque soit le type de média. Les prix de la publicité se calent progressivement sur ceux pratiqués sur internet et le coût est inversement proportionnel à la rareté des supports, donc proche de zéro...
Les médias dont le modèle de financement est basé sur la publicité sont en train de souffrir. Cela durera-t-il? La publicité ira aux plus importants diffuseurs de flux, elle continuera à être rentable pour les très gros acteurs et sera un miroir aux alouettes pour les autres.
Seul le modèle subventionné, sous des formes variées le mécénat, le love money ou les subventions publiques est aujourd'hui encore préservé. C'est un modèle rare, mais il apporte le plus de garanties aux médias d'informations et aux artistes.
Enfin, le modèle payant est celui qui suscite le plus d'intérêt. C'est celui qui est le plus intéressant à étudier car il est caractéristique de la révolution en cours. On a pris l'habitude de croire qu'il est nécessaire de protéger un contenu pour pouvoir espérer en tirer un revenu direct. mais c’est un peu plus compliqué que cela... Regardons de plus près.

Dans une économie de la rareté, on paye ce qui est très peu distribué, ce qui n'est pas facilement accessible. Dans une économie de l'abondance on paie pour ce qui est débarrassé du bruit dans la masse d'informations parasites. Les consommateurs sont encore prêt à payer pour l'information purifiée et pour l'information dont la qualité est garantie. La qualité de diffusion, l'assurance de l'intégrité, et l'instantanéité de l'accès ont un prix au delà de celui du contenu lui même. Dans l’économie de l’abondance, la valeur est apportée par les filtres!
Pour comprendre le fonctionnement de l'économie de l'abondance il faut intégrer quelques principes clés.
Dans un écosystème où les contenus abondent il faut filtrer les parasites et identifier les sources les plus intéressantes.
Pour cela il faut introduire la notion de "contenu à valeur négative". Le contenu à valeur négative est celui qui n'a pas de pertinence, c'est le produit de la grande caisse de résonance, celui qui parasite et qui noie la pertinence dans la masse.
Plus un contenu est pertinent, exclusif et en haute qualité de rendu plus il a de valeur...
Or, plus un contenu est pertinent, plus sa libération est rapide. Sa valeur décroît alors à mesure qu'il est libéré, copié et diffusé. Mais sa valeur et celle de ses dérivés n’est en revanche jamais nulle... Et il y a là tout un univers à explorer.

Parce-que l'abondance est facteur d'émulation, c'est un élément clé pour le processus de création. Avec l'abondance naissent les ruptures et les innovations. Et c’est également là que réside la valeur.

A quel moment dans le cycle, cette économie génère-t-elle de l'argent?
Au moment où les contenus ont le plus de valeur: particulièrement au tout début de la diffusion ou en fin de cycle au travers des produits et services dérivés.
Le coût d'accès à un contenu est crucial. Aujourd'hui, payer par exemple 20 euros pour acquérir un DVD que l'on visionne une fois ou deux tout au plus est une hérésie. Internet et les systèmes de consommation en VOD alternatifs proposent des tarifs avoisinant la gratuité pour le même produit, avec un temps d'attente souvent réduit à la minute, voir à l'heure en cas de télé-chargement. Comment encore penser que le DVD dans ces conditions a de l'avenir?

Les télévisions, les radios, les distributeurs, prendront tôt ou tard cette donnée en compte. Ils se transformeront massivement en producteur et distributeurs de contenus à la demande à un coup beaucoup plus bas que celui de l'industrie dominante.
Nous sommes au début de cette révolution. Et à ce stade, les médias et les acteurs de la Culture ont intérêt à tout essayer pour encourager la richesse et la diversité des créations et permettre aux créateurs de vivre de leur travail... Ne laisser aucune piste de côté.

Par exemple, La Licence Globale. Ce serait un premier mode de financement intéressant qui s'apparente à de la subvention.
Ensuite, la création de services Premium pourraient proposer la diffusion à la demande de contenus le plus rapidement possible après leur mise à disposition sur le marché. Cela permettrait à certains acteurs économiques de profiter au maximum du pic de valeur. Les supports haut de gamme et les technologies de rendu à très haute fidélité pourraient compléter cette offre premium...
La commercialisation de produits et services dérivés, merchandising, concerts, spectacles permettraient de profiter aussi de la fin du cycle de vie des contenus,
Il est aussi urgent de miser sur l’éthique en créant des labels respectueux des droits d'auteurs et en pariant sur la responsabilité des consommateurs, la confiance plutôt que la surveillance et la répression.

Enfin, il n'y a pas de solution miracle. Il faut expérimenter, tester, trouver des idées nouvelles...
Il faut mixer, hybrider, faire muter les modèles pour trouver les équations qui fonctionnent.

Prenons l’exemple de l’industrie des médias, de la radio et de la télé
La création audiovisuel n'est pas épargnée par la mutation en cours.
Compte tenu de la lente métamorphose qui s'opère, les médias audiovisuels devront aussi s'adapter.
Quand la radio a été créé on a crié à la fin des concerts, puis des disques.
Quand la télé est arrivée on a crié à la fin du cinéma.
Quand Internet est arrivé...
Internet a raccourci considérablement le cycle création / diffusion / consommation de contenus.

La radio et la télé ne sont plus des objets, dans nos salons, nos bureaux, nos voitures, ... ce sont désormais des flux!
Les médias se sont concentrés longtemps à générer de l'audience sur leurs supports tant sur les ondes que sur les réseaux numériques.
Demain ils s'efforceront à emmètre leurs contenus partout, le plus vite possible, le plus largement possible, au delà de leurs traditionnels sites et antennes.
Parce-que le contenu est un "support" pour les marques, pour la publicité, pour rebondir sur d'autres contenus, les médias transformeront et parfois abandonneront leurs supports traditionnels pour se métamorphoser en "centrifugeuses".
Seule la consommation à la demande a un sens aujourd’hui. Les programmations sont dépassées. Certains acteurs ont d'ores et déjà entamé leur métamorphose. La plupart des chaînes de télé et de radio proposent des services de "visionnage" ou d'écoute "on demand" : en streaming ou en télé-chargement.
Le direct n’est utile à la télé comme à la radio que pour des cas très exceptionnels comme les évènements politiques, culturels ou sportifs et les éditions spéciales.
Mais qu'est ce qui empêche l'explosion de ce type de services?
Le coeur de la problématique est aujourd'hui la question des droits de diffusion. Tant que distributeurs, producteurs et artistes n'auront pas laissé derrière eux le modèle du CD et du DVD pour adopter celui de la "centrifugeuse" de contenu, le problème restera le même.
Les radios tendront à se transformer en hybride de service de streaming comme Deezer quand les télés se métamorphoseront en des services à la demande comme Hulu.
Plus les services de consommation à la demande permettront de proposer du contenu tôt, du contenu à très haute fidélité de rendu plus ils adopteront les nouveaux usages. Plus ils permettront de donner accès à un catalogue filtré par segment de marché très fins, plus ils auront légitimité à vendre leur service, et plus les auteurs pourront bénéficier d’une rémunération.
Enfin, plus le prix sera faible, plus cela dissuadera les “pirates" de perdre du temps à chercher des contenus dans une masse d'information parasites...

Portrait de Wissam

Vrai pour la télé mais pas

Vrai pour la télé mais pas pour la radio
Merci pour cette présentation structurée, limpide et soulevant les bonnes questions.
Je suis d'accord concernant l'avenir tragique des chaînes de télévision mais je ne partage pas la même analyse pour la radio.

En effet, les chaînes de télévision se sont construites sur une valeur ajoutée de "programmation", alors qu'on s'oriente progressivement exclusivement vers la consommation à la demande. Bien sûr, les TF1 et compagnie continueront à enrichir leur propre plateforme de VoD mais il n'est pas dit que dans le rapport de force qui s'établira avec les producteurs ils pourront continuer à bénéficier de l'exclusivité. En effet, les producteurs de contenu (en particulier les plus grands) ne préféreraient-ils pas distribuer leur contenu en direct (en plus des plateformes de type iTunes ou Hulu) qu'en passant par les chaînes de télévision traditionnelles? Il leur restera le direct (sport, infos, éditions spéciales, nouvelle star et autres) mais là aussi, rien ne peut freiner l'avancée des thématiques (chaînes d'infos, chaînes de sport, chaînes exclusives "big brother" 24h sur 24, etc.) qui se multiplient sur câble ou internet? En tout cas, seules les chaînes qui sauront investir intelligemment dans la production de contenu exclusif pourront résister - quitte à savoir le monétiser intelligemment, ce qui est une autre histoire.

La programmation à la radio est de nature différente car elle concerne souvent des morceaux de 2 à 3 minutes, et je ne suis pas sûr que la réaction "je veux choisir moi-même quand et quoi je vais consommer" soit aussi vraie pour la télévision que pour la radio. Et ceci pour plusieurs raisons:
1) L'effort requis par l'utilisateur n'est pas comparable: Le temps requis pour programmer une playlist d'une heure est beaucoup plus important que le temps requis pour choisir l'émission qu'on va regader en VoD
2) La "programmation" a une vraie valeur ajoutée à la radio: Contrairement à la télévision, il y a de la valeur à un bon arrangement de chansons fait par un bon DJ
3) La "re-consommation" n'est pas appréciée de la même valeur : on apprécie écouter plusieurs fois un morceau qu'on aime mais on ne regarde pas une émission plusieurs fois. Par conséquent, on va même prendre un certain plaisir écouter à la radio un tube que nous possédons déjà (chouette, le DJ a les mêmes goûts que moi) mais on ne va pas regarder à la télé un film que nous avons déjà visionné en VoD.

Portrait de Fizmoo

Pour ma part, je fais de la

Pour ma part, je fais de la photo en amateur, il faut comprendre par là que ce n'est pas mon métier.
Actuellement, le monde de la photo professionnel est en crise car avec l'avènement du numérique n'importe qui (moi donc) peu prendre n'importe quoi en photo et éventuellement proposer son image à la presse et comme les appareils sont de plus en plus perfectionnés et que nous avons la possibilité de voir instantanément le résultat, nous voyons de moins en moins de photos faites par des non-professionnels qui soient techniquement mauvaises.

De mon petit point de vue, si on transposait la loi HADOPI au problème actuel de la photographie, cela reviendrait à empêcher le partage de grosses images sur internet, a brider les appareils photos destinés au grand public pour éviter que les photos qu'il réalise soient exploitable autrement que dans un cadre privé.
En poussant cette logique un peu plus loin, on pourrait interdire la vente des appareils numériques au grand public, cela aurait éviter de voir les fabricants de pellicules photos fermer de grosses usines et cela aurait éviter des chômeurs supplémentaires.

Portrait de Michel Levy-Provencal

Dire qu'HADOPI tire tout le

Dire qu'HADOPI tire tout le système de la création de contenu vers le bas n'est pas faux...

HADOPI est tout simplement une loi conservatrice.

Si je reprends ton analogie et la renverse: pousser les gens à faire le boulot de photographes professionnels, poussera ces derniers à trouver de nouveaux formats, de nouvelles idées, à améliorer la qualité des contenus et de rendu. Bref à créer et à grandir...

Portrait de bc

Intéressant. Je partage

Intéressant.

Je partage ton point de vue concernant la faible pertinence de diffuser en direct des "non événements", cependant, je ne crois pas forcement à la fin de la télévision et autres agrégateurs de contenus. Le problème(cf le brillant exposé sur le paradoxe du choix dispo sur TedxParis --> http://www.youtube.com/watch?v=VO6XEQIsCoM ) c'est que les consommateurs de contenus préfèrent en général ne pas trop choisir, plus précisement avoir un choix restreint. L'agrégateur de contenus joue un rôle de filtre, pas exactement comme celui que tu évoques mais dans une logique similaire.

De même, le rôle d'une distributeur de contenus ne peut pas demeurer en état, entretenir un réseau de distribution coûteux pour vendre des supports de reproduction physique qu'on stocke chez soi n'a aucun sens, c'est fondamentalement lié à une offre rare et économiquement absurde pour le consommateur et le distributeur car il serait avantageux de dématérialiser l'ensemble du réseau de distribution et de vendre des abonnements accessible via un PC, un IPhone, une freebox ... Mais pour que cela fonctionne, il faut bien éradiquer le piratage des contenus qui n'ont pas été créés pour la libre reproduction.

Quant à la pub, si elle est en crise, encore une fois cela concerne plutot les supports plutot traditionnels, l'internet par sa capacité à cibler les consommateurs plus précisement et à pouvoir en second lieu les agréger joue aussi un rôle de filtre. le mass media traditionnel n'est pas le filtre efficace, sa valeur en tant que point de contact entre le producteur et le consommateur réduit d'autant ...

Bien à toi,
Et merci pour la video.

Portrait de JF

Merci et bravo c'est clair

Merci et bravo c'est clair limpide et visionnaire
EXCELLLENT !

Portrait de rimbus

Bravo pour cette excellente

Bravo pour cette excellente vidéo. Elle est cohérente avec ce que dit Paul Krugman au sujet du téléchargement libre.
J'ai repris la vidéo sur mon blog (avec audace et sans scrupules).

Finalement, le web c'est un peu comme Derb Ghalef, il y a tout, c'est pas cher, et si on cherche bien on trouve la bonne affaire.
… et Ce blog est une des bonnes affaires du web (je n'étais jamais venu, c'était une grave lacune) ;-)

Portrait de Francois

Merci pour cette belle

Merci pour cette belle réflexion. Je pense qu'on peut aller un peu plus loin, en intégrant à ce raisonnement la notion de longue traîne, qui va nécessairement se créer pour les "créations de l'esprit"

F

Portrait de imbolcus

C'est passionnant comme

C'est passionnant comme document. Merci beaucoup. Ca concentre et eclaire beaucoup de choses dans le meme esprit mais qu'on voit apparaitre ca et la en ordre dispersé.

En fait, si j'ai bien compris, les majors cherchent actuellement a conserver leurs revenus sur le debut de cycle la ou les contenus sont exclusifs (mais en oubliant la haute qualite de rendu et la rapidite de mise a disposition) et refusent de tester la recherche de valeur en fin de cycle (ou les contenus sont ultra abondants et tres peu chers) ?

Le probleme avec ce modele est, me semble t il, que meme les services premium pourront avoir une forte concurrence avec des "filtres" gratuits et efficaces
car purement communautaires. Comment les majors pourront elles nous assurer que leur service premium est un bon "filtre" en suivant NOTRE interet et non celui de leurs services marketing ?
De plus, une grosse partie de ce modele est basee sur le Temps. Or il me parait evident a l'heure actuelle que le Temps se raccourci sur le net.
Le contenu passera combien de Temps dans le service premium avant d'atteindre sa seconde phase ? Et surtout : comment conserver ce Temps dans le temps ?(desole, pas trouve mieux comme phrase :)

Il me parait assez clairement maintenant que les services premium sont eux aussi voués a disparaitre. D'ailleurs,le modele de distribution actuel (en fin de vie) n'est il pas une forme de service premium ?

Mes reflexions sont elles fondees ou completement a cote de la plaque ? :)

Cordialement,

Portrait de imbolcus

Il faudrait remplacer cette

Il faudrait remplacer cette phrase :

"Le probleme avec ce modele est, me semble t il, que meme les services premium pourront avoir une forte concurrence avec des "filtres" gratuits et efficaces car purement communautaires."

Par celle ci pour mieux comprendre mon texte :

"Le probleme avec le modele de vente que vous proposez est, me semble t il, que meme les services premium pourront avoir une forte concurrence avec des "filtres" gratuits et efficaces car purement communautaires."

Portrait de imposture

Très très intéressant.

Très très intéressant. J'avais commencé à écrire quelques notes sur ce que j'appelle «La Civilisation du Rien» dans laquelle Internet nous accélère. Cette civilisation étant déjà en route depuis 20 ou 30 ans…

Il y a une multitude de prismes de lectures et de décryptage de cette centrifugeuse - pour reprendre votre analogie - dans laquelle nous avons tous basculé à des degrés plus ou moins élevés. Votre constat est juste. Les solutions, je n'en sais rien, et effectivement il va falloir tester, se planter, tester, se replanter, etc. Au passage, ces «tests» vont coûter un fric fou et probablement au dépriment d'investissements dans la vraie vie. Sans faire l'oiseau de mauvaise augure, je pense que l'on se dirige à nouveau vers un grand plantage économique du web 2.0. Comment des usines à gaz comme Twitter, Facebook, Dailymotion, Youtube et compagnie qui coutent des millions de dollars par semaines en personnel de développement, d'entretien, de régulation, de serveurs à capacités abyssales et bandes passantes monstrueuses pour héberger des contenus dont 95% (pour ne pas dire 99…) ne présentent strictement aucun intérêt à part entre des micro-petits groupes de personnes ? Et qui jusqu'à preuve du contraire ont encore des comptes d'exploitation en perte…

À une époque, avant qu'il fasse une mauvaise publicité pour Rolex, J. Seguela avait dit «trop de pub, tue la pub». Aujourd'hui c'est «trop de contenu, tue le contenu». Il y a quand même une donnée biologique que tout le monde zappe : les temps «indispensables» dans une journée (dormir, se laver, se déplacer, travailler, manger…) et les temps «libres» pour se cultiver, s'informer, se distraire, faire du sport, voir des gens en vrai, etc. Ça a commencé avec le câble et le satellite, où on avait 50 chaines TV du jour au lendemain. Est-ce qu'on regardait plus la télé pour autant. Non, on zappait surtout… Et que retenait-on ? Pas grand chose. Et on peut encore plus se poser la question face à ce déluge permanent de signes, textes, sms, vidéos, twit… où se mélangent vraies informations, détournements, vraies créations, MDR et LOL dans une bouillie où plus rien n'est classé…

Avec l'Internet on zappe à puissance cent-mille, on blog, on post, on email, on télécharge, on torrent, on youtube, on dezzer, hier on msn-nait, ce matin on facebookait, cet après-midi on twitte… Et ce soir ? Sans parler de la duplication de ce comportement sur son téléphone portable qui n'en a plus que le nom…

Je viens de passer une dizaine de minutes à regarder votre vidéo, quelques minutes à lire en zig zag – en fait survoler, donc ne rien lire – les commentaires de ce post, puis encore une dizaine de minutes à gratter ce commentaire. Bref une demi-heure d'échanges entre des inconnus. Intellectuellement c'est passionnant, sans aucune ironie, au contraire.

Maintenant comment imaginer que ce grand système – ce bazar de l'Internet et de la téléphonie qu'il a joyeusement bouffé – puisse être le socle d'une économie, alors que tout y est volatile (twit-twit… je n'ai pas pu résister), superficiel, et surtout monstrueusement chronophage. Et le temps c'est de l'argent.

Pendant cette demi-heure j'aurais pu aller au bistrot du coin, discuter de média, de communication et contribuer à l'économie, la vraie, en payant ma bière ou mon café… Ou aller à la Fnac m'acheter un disque. Car la dématérialisation de la chose, comme tout le monde l'annonce, est une des pire chose qu'il puisse arriver. La Civilisation du Rien…

Portrait de Courageux anonyme

C'est insupportable l'audio,

C'est insupportable l'audio, pourquoi c'est pas écrit ?

Portrait de Michel Levy-Provencal

La retranscription est dans

La retranscription est dans les commentaires...

Portrait de cissp training

Malgré cette très bonne

Malgré cette très bonne analyse, je ne reste pas convaincu de la réalité économique d'un marché basé sur l'abondance et non plus sur la rareté... Produits dérivés, concerts OK, mais on reste dans le marché de la rareté. Celui de l'abondance n'a aucun avenir financier... HADOPI ne fait qu'essayer de retarder les choses...
Ce qui me met le plus en rogne c'est qu'on nous a supprimé notre droit à la copie privée puisque la notion de magnétoscope numérique déporté comme le proposait IWIZZ a été lourdement sanctionné...
Pourquoi personne ne se mobilise pour cette suppression de notre doit à la copie privée? Pourquoi n'ai-je pas le droit de m'abonner à un service de magnétoscope en ligne?

Portrait de .H.

Bien vu ! Pertinent &

Bien vu !

Pertinent & Conscient !

Le futur nous le dira...

Portrait de Daniel

Cette bonne vieille

Cette bonne vieille HADOPI... Je sais meme pas si on peut parler de débat, d'ailleurs je vois meme pas où dans cette démocratie le fait d'ailleur un débat fait avancer les choses... Celui qui est au pouvoir fait ce qu'il veut, point barre.

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Le simple fait que vous ayez put créer un petit reportage, le publier sur le net prouve que les autres modes de communications sont en retards mais surtout qu'ils font considérablement diminuer le choix donné aux gens et la créativité. En plus on remarque que par leur monopole les grands médias font augmenter artificiellement tous les prix. Le web a donc de beau jours devant lui, sauf si des "politiciens" mettent un terme a tout cela...

Portrait de James

Malgré cette très bonne

Malgré cette très bonne analyse, je ne reste pas convaincu de la réalité économique d'un marché basé sur l'abondance et non plus sur la rareté... Produits dérivés, concerts OK, mais on reste dans le marché de la rareté. Celui de l'abondance n'a aucun avenir financier... HADOPI ne fait qu'essayer de retarder les choses
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Portrait de Benson

Pendant le continued débat

Pendant le continued débat qui a précédé le vote de la loi HADOPI, la plupart des discussions ont été stériles, trop manichéennes 640-816... Chaque parti s'est retranché dans son affected laissant abode à des dialogues de sourds. Très frustré par la tournure qu'ont pris les débats j'ai réalisé un cloister documedia qui tente d'apporter de la lumière sur une catechism cruciale 640-863: animadversion accepter les nouvelles règles que commonsense imposent le réseau a+ certification
, donc la possibilité infinie de copie et de circulation des contenus et garantir en même temps une juste avengement aux créateurs.

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Je ne comprends pas que les

Je ne comprends pas que les majors n'est pas anticipée internet. Avec leur moyens, les grandes compagnies auraient put faire travailler des créatifs pour proposer de nouveaux concepts et exploiter l'internet plutôt que de la combattre.
Mais une autre chose retient mon attention c'est qu'aucune loi ne pourra encadrer la création. Avant quand on achetait un disque il était rare d'avoir un album complet de qualité, seules quelques chansons étaient bien, les autres étaient la pour meubler et les chanteurs ne faisaient même plus de tournée. Finalement internet permet de revenir a l'essence des mouvements artistiques.

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