De l’authentification des contenus numériques : une question cruciale pour l’information


 
En effet depuis quelques années, les professionnels de la photo et en particulier les journalistes photographes utilisent des appareils numériques pour rendre compte en image de ce qui se passe sur le terrain. La capacité de retouche et donc de manipulation qu'offrent les outils numériques posent une question cruciale pour cette profession en pleine mutation. 
 
Jetez un oeil ci-dessous à ce qu'il est désormais possible de faire à l'aide d'un simple logiciel du commerce sur un ordinateur portable...


 

Cette question est d'ordre éthique.

La nécessité d'établir une charte des contenus numériques journalistiques est donc urgente. Mais cette charte ne peut uniquement s'appuyer sur un contrat moral. Il faut permettre aux journalistes, aux éditeurs, aux techniciens... et aux consommateurs d'informations que nous sommes de pouvoir vérifier l'intégrité d'un contenu et garantir sa « non altération » tout au long de la chaîne de traitement depuis la prise de vue jusqu'à sa distribution.
 
La solution préconisée aujourd'hui par les différents acteurs du métier est de rétablir la bonne et vieille "règle du négatif". A partir de 2011 seules les photos en format "Raw" seront acceptées par le jury du festival. Le format Raw est celui qui est le plus proche d'un négatif électronique. Il contient en plus de la "donnée photo brute" des identifiants de contexte temporel et parfois géographique ainsi que des données techniques de prise de vue.
 
C'est aussi et surtout une question technique
 
Le principal problème est qu'il n'existe pas aujourd'hui de format "Raw" standardisé utilisé et respecté par tous les constructeurs. Il existe bien un projet de standardisation porté notamment par Adobe : "DNG" pour Digital Negative mais celui ci n'est pas encore adopté par tous les constructeurs.
 
La question technique reste centrale dans ce débat. Et la problématique sous-jacente est connue depuis très longtemps par les experts de la sécurisation des données numériques. Les 3 dimensions de la sécurité numérique sont : l'intégrité, l'authenticité et la confidentialité. Ici il s'agit de garantir aux contenus numériques intégrité et authenticité. Par intégrité on entend qu'entre deux point de transmission (de la prise de vue au documentaire par exemple), aucune information n'a été ajoutée ni retranchée au contenu. Par authenticité on veut dire que la prise de vue a été effectuée par untel, tel jour et à tel endroit. 
 
Or les réponses à ces questions existent depuis des années dans l'univers de la sécurité informatique. Elles ont deux noms: le haching de données et la signature électronique par clés asymétriques. Pour résumer en quelques mots il suffirait par exemple à un appareil photo de contenir un dispositif GPS, une horloge ainsi qu'un certificat électronique authentifiant le propriétaire de l'appareil. Chaque photo prise contiendrait alors ces métadonnées de contexte dans un format digital ouvert. Afin d'assurer l'intégrité et l'authenticité de l'ensemble de ces données (photo et métadonnées), un résidu unique de la combinaison de ces deux informations pourrait être généré à chaque photo. Ce résidu étant unique (on appelle cela un hash en jargon informatique) la moindre modification de la photo ou des métadonnées ne permettrait pas de retrouver ce hash. Enfin afin d'authentifier l'ensemble, une encryption de ce même hash à l'aide d'une clé asymétrique, équivalent d'une signature électronique, renforcerait le tout infailliblement.  (Pour en savoir plus sur le système signature par clés asymétriques)

 
La situation à l’heure du contenu amateur
 
A l’heure ou les sources d’informations et par conséquent les contenus se multiplient aussi vite que diminuent les coûts d’acquisition du matériel, il est crucial de se doter d’outils d’authentification des contenus. Autrement nombre de medias innovants, en particulier ceux qui donnent la parole aux témoins amateurs de l’actualité vont se retrouver dans une situation de plus en plus difficile à mesure que les processus de validation deviendront de plus en plus complexes. Aujourd'hui, à ma connaissance, aucun constructeur n'implémente de format ouvert de contenus digitaux signés à la source.

A noter: Toute information qui contredirait cela est plus que bienvenue car j'ai bien envie, vendredi prochain, d'aborder cette question à la table ronde VISA pour l'image sur le thème de l'éthique à l'heure du multimédia. 



Trêve estivale

L'été, le soleil et la plage... Trêve estivale!

Je vous propose de nous retrouver en septembre pour le rythme hebdomadaire habituel! En attendant, restons connectés sur Twitter (j'y poursuis notamment ma veille quotidienne. RDV dés lundi depuis TEDGlobal où je suivrai / commenterai la conférence).



De l'avenir d'Internet

A quoi ressemblera le réseau en 2025? Quels usages? Quels modèles économiques? Quelles technologies? Voici une série d'hypothèses plus ou moins sérieuses...

"Véritable identité" & Géolocalisation:

A lire sur le blog de François Nonnenmacher (billet original de Philipp Lenssen)

Internet est découpé par pays en environ 120 régions. Cela permet que du contenu divertissant approprié vous soit diffusé, et que vous ne trouverez pas de contenu dérangeant. Votre localisation géographique devrait être automatiquement déduite de la position de votre point d'accès qui, s'il concorde avec le pays déclaré sur votre carte VéritableIdentité, vous permettra de continuer. (...) Chaque jour, de nouveaux articles, images, nouvelles non localisées font leur apparition sur Internet. Avant qu'ils ne puissent être distribués sur les versions localisées du réseau, ils doivent être réécrits pour correspondre localement aux nécessités culturelles et légales. En tant que Re-rédacteur Contenus, votre travail consiste à connaître ces nécessités et d'adapter le contenu en conséquence, en retirant les partie dérangeantes et en réécrivant les faits et parties qui peuvent entraîner une dissonance cognitive pour les consommateurs.

Les 5000 prochains jours du Web

(Très grand classique par Kevin Kelly à TED)

 

Dead-web, réalité augmentée, réseaux sociaux, Google Street Live view...

3 présentations interactives inspirantes (par mikiane, soi-même)

 

Le Web 5.0 !?

Par Joel de Rosnay à TEDx PARIS 2010

 

L'internet des objets

Gardez note quelque-part de cette marque "Sen.se" ! Il s'agit du nouveau projet de Rafi Haladjian le papa des Nabaztags. Il nous promet de belles réalisations dans le domaine de l'Internet des objets... (excellent papier par Daniel Kaplan)

 

Et pour finir votre propre vision... !

...vision qui est la bienvenue en commentaire... pour compléter ce mini-dossier !



Comment le Web a changé mon cerveau !

 

Le web a changé mon cerveau. Il m’a notamment appris à lire autrement. Une lecture qui s’apparente à une activité hypnotique…

 
Quand j’ai commencé à utiliser Internet, fin des années 90, je n’imaginais pas que ce nouveau média changerait ma façon de penser. Je veux parler d’une modification drastique de ma structure mentale, des mécanismes de réflexion et de mon aptitude à créer… Ce que je dis ici est un constat personnel. Le résultat d’une réflexion établie sur mon expérience après de longues années de pratique intensive du net et des environnements interactifs.
 
Lorsqu’à l’école on nous incitait à lire, l’un des objectifs visé était d’apprendre à se concentrer en faisant le vide dans son esprit et en se laissant absorber par un texte. Aujourd’hui notre cerveau est de en plus incité à travailler en mode parallèle. Au point que, et c’est une conclusion personnelle, l’activité cérébrale « mono tâche » nécessite un effort parfois douloureux. Ne nous êtes vous par surpris à peiner en essayant de vous concentrer sur la lecture d’un texte sans jeter un œil à vos emails, votre téléphone, ou consulter un site web ? Je sais ce que je dis peut faire peur. Peut-être suis-je psychologiquement malade ? Laissez-moi seulement terminer avant de conclure sur ma santé mentale… :-)
 
En réalité ceux qui comme moi ont réappris à lire sur un écran trouvent très difficile cet état de solitude et de laisser-aller au fil d’un récit. Notre mode de pensée a changé avec le Web. D’une pensée linéaire, qui se laisse guider au fil d’une histoire dictée par un auteur, nous avons désormais pris l’habitude de bifurquer (certains diront zapper), suivre notre propre chemin, guidés par les choix de certains hyperliens. Et donc simultanément nous avons perdu en capacité de concentration : nous ne restons plus fixé sur une ligne droite, nous naviguons, explorons, sautons d’un texte à un autre, d’une image à un film, à un son, de la lecture à l’écriture aussi. Nous avons en fait développé un des symptômes les plus répandus chez les hyperactifs.
 
On peut penser que cette modification de nos capacités cérébrales est négative pour notre intelligence. En l’occurrence parce que nous n’entrons plus dans les profondeurs d’un texte et donc n’en retenons que l’écume vagabonde et éphémère, nous perdons en culture et richesse intellectuelle ! Et bien c’est exact. Oui, nous avons appris à nous contenter de lectures partielles et synthétiques. Personnellement, la dernière fois que j’ai lu la totalité d’un livre, dans son exhaustivité je veux dire, en me laissant emporter par l’histoire où la pensée de l’auteur, cela date de l’époque où le web n’existait pas !!!
 
Est-ce une mauvaise chose ? Je ne le pense pas. J’y trouve un avantage de taille. Depuis l’avènement du Web jamais je n’ai été autant en contact avec l’information. Jamais je n’ai réussi à autant « ingurgiter » de données. Jamais je n’ai lu, regardé, écouté autant de contenus. Pendant ces séances d’absorption d’informations j’ai le sentiment que quelque part, dans une zone particulière de mon cerveau, inconsciente ou préconsciente, toutes ces données, ces idées s’accumulent. Même si j’ai souvent l’impression de « rater » des bribes de textes ou de perdre le fil j’ai appris à ne pas m’en soucier. Les idées sont stockées et elles rejaillissent toutes seules sans que je n’ai à faire d’effort. Ca paraît magique et ça l’est presque. Cette accumulation d’information, cette sédimentation alimente mes associations d’idées et ma créativité. Comme pour l’hypnose cette méthode d’acquisition inconsciente, hyperactive, superficielle, me permet d’enrichir la partie créative de mon cerveau. Je ne lis plus de livre comme à l’époque du lycée et aujourd’hui je butine un peu partout sans mémoire consciente de cette activité quotidienne. Aujourd’hui ce que j’attends le plus de mes lectures est de me donner des idées, d’enrichir ma capacité à résoudre des problèmes et à trouver des solutions… Et j’y trouve mon compte !
 
PS : Tous les matins en allant au boulot je n’ai plus la possibilité de lire. Je suis en moto. J’ai donc fait l’acquisition d’un casque connecté à mon iPhone et j’écoute régulièrement des podcasts (à bas volume, pour des raisons de sécurité). Récemment, j’ai découvert Audible.fr un site filiale d’Amazon qui propose une large offre de bouquins à écouter (et ce billet n'est pas un publi redactionnel!). J’avale de cette manière presque deux bouquins par semaine. Toujours la même idée, j’accumule ces infos en mode multitâche, et elles n’atteignent pas le même niveau de conscience que si je lisais un livre dans le métro par exemple. Pourtant j’ai vraiment le sentiment que quelque chose passe et ressort quand j’en ai le plus besoin. A bon entendeur…
 
Ne pas rater cette semaine sur le net:

 

 





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